dimanche 31 mars 2013

Du temps de cerveau pour ... le Carambar


Oui, oui, le Carambar lui-même.

Evidemment vous avez suivi la gigantesque blague que Carambar a annoncé il y a 10 jours. Ils allaient arrêter de publier des blagues sur les emballages et les remplacer par des contenus ludo-éducatifs. Incroyable et pourtant on y a tous cru. On a même pensé à lancer ou signer des pétitions sur Internet évidemment. Et le buzz a enflé, enflé comme une bulle de Malabar. Et puis patatras, quatre jours après, ils ont annoncé que c'était une blague, presque aussi mauvaise que la blague carambar moyenne.

Même les pros de la communication se sont fait avoir, tellement la campagne marketing a été bien montée et tellement Carambar est une institution, et sa blague également depuis 69, année blagotique. On peut lire cet article très sérieux pour communicant frustré. A se tordre. Quand les rois du marketing se font prendre au jeu d'autres rois. Le marketing étant la science de la manipulation des consommateurs, il a prouvé sur ce coup qu'on pouvait manipuler les manipulateurs aussi. Nostalgie de publicitaires...



Le carambar c'est trois choses différentes :

- Un caramel au chocolat vaguement parallélépipédique, mou et déformable à la chaleur et aux doigts d'enfants, qui fond surtout au fond des poches quand on l'oublie ! Inventé dans le Nord par erreur en 1954 (belle année) comme la pénicilline (plus tôt) le carambar a changé de taille et de forme et a agrandi sa famille à plein de parallélépipèdes différents depuis. Il n'y a pas d'huile de palme (au contraire du Nutella) ce qui explique qu'on peut connaître le temps qu'il fait en mastiquant un carambar, suivant sa texture. C'est pratique et moins fatigant que de regarder le ciel. Les puristes vous diront qu'un carambar qui n'est pas dur ET collant ne mérite pas qu'on s'y arrête. Ceux-ci méprisent donc les versions colorées et molles qui sont ses enfants.

On les fabrique en vrai comme ça (je vous recommande vers 40" la pâte brute et vers 2'10" le long cordon avant qu'il ne devienne des parallélépipèdes emballés. J'aime bien le mot parallélépipède, il est intéressant à taper.



- Un papier jaune avec un peu de rouge et qui est très difficile à décoller du caramel précédent. Une icône du paysage français, un de ces logos qu'on n'oublie pas et qui déclenche un réflexe pavlovien de salivage chez les grands et petits enfants. Peut-être aussi chez les chiens d'ailleurs, il faudrait essayer. Ce n'est qu'à l'âge de 23 ans que le Caram'bar perd son apostrophe qui rappelle son origine de caramel en barre, en pleine crise pétrolière : une effet de l'encre chère ? En tous cas on en vend un milliard d'unités par an toutes variantes confondues...

- Une blague imprimée du côté blanc de l'emballage, ou deux si on a de la chance.
Pour trouver les blagues, ils ont des savants fous enfermés dans des cages lancent de temps en temps des concours, comme celui-ci.
La blague carambar est devenu un être vivant ayant toutes les caractéristiques de l'être vivant : elle bouge tout le temps, elle se nourrit de nos rires et elle se reproduit, car aujourd'hui ce sont les lecteurs eux-mêmes de blagues qui écrivent les nouvelles, y compris en recyclant de grands classiques... du moment qu'ils tiennent en une ou deux lignes.

La blague carambar doit être bête et nous faire sentir bêtes, sinon c'est une copie. C'est très difficile à faire et c'est devenu un mot du langage courant.

Exemples :
Pourquoi une salade ne boit pas de lait ? Parce que le lait tue
Mme et Mr Beckham ont un fils, comment s'appelle-t-il? David
Que dit un oignon quand il se cogne ? Aie
et celle ci aussi :

Un fou se tient tout en haut d'une grande échelle avec un livre. 
- Que fais-tu ?, lui demande un passant. 
- Je fais des études supérieures.
Ah en fait, celle-ci ce n'est pas une blague vaseuse, juste une réalité, excusez-moi.


Pour résumer, et pour faire un vrai carambar, il faut :
- une friandise au bon goût
- une blague de mauvais goût
- un papier pour enrober le tout, bien collant.
- et surtout surtout des gens heureux pour les déguster.

Un petit pour la route ?




samedi 30 mars 2013

Une heure à perdre

Changement d'heure pour passer à l'heure d'été cette nuit.

Du banal maintenant depuis presque une quarantaine d'années. Tout le monde ou presque s'y est mis et seuls certains pays ont fait machine arrière. La Russie, il y a quelques années. Trop dur à gérer certainement. Et le roi du Bayrouland qui cette année nous conseille d'arrêter aussi. Il n'ont que ça à faire dans ce petit pays peuplé seulement de quelques dizaines de citoyens et où le couple régnant est réélu en permanence chaque année, Marielle et François (encore un François ??? on s'y perd).

Cette heure en moins pour notre sommeil est un manque à gagner pour les prostituées de nuit, maintenant que le délit de racolage passif est supprimé. Remarquez, vu le temps en cette fin mars, il y aura peu de passants cette nuit, même à Pigalle. Quoique, c'est un long week-end de Pâques et les touristes sont là.

C'est aussi une heure en moins pour les anti-Hollande qui montent en puissance à grande vitesse. Initialement limités à l'UMP et au FN, ainsi qu'à Mélenchon, le mécontentement gagne les cathos et les agités du cerveau qui croient au printemps français pour déboulonner un président qui ne leur plaît pas ou plus. Le Hollande bashing comme dit le Monde ? Le Monde est un journal rigolo mais pas trop quand même. Il y a quelques heures, le même article était titré différemment et comportait le mot Hollandouille. Un rédacteur en chef sénior a dû passer par là et demander à ce qu'on enlève l'insulte pour un mot plus correct (même en anglais). A l'heure de Twitter et de blogs anti-Hollande (le mien est pro-Hollande même si je reste critique) et avec cette vitesse de transmission des nouvelles, l'organisation de manifestations impromptues est facile.

La iguerilla urbaine est soft, sur les réseaux sociaux et redoutablement efficace. On apprend d'ailleurs avec joie que Matignon remanie sa comm et que l'Elysée a fait pareil il y a peu. Cette iguerilla est donc analysée, pesée et a été jugée suffisamment inquiétante pour agir. La crise, oui, la communication ferrugineuse, non !

Première action cette nuit avec la suppression d'une heure. Ce vol planifié des soixante minutes entre 2h et 3h du matin est un vol inique. Pas autant que celui (raté) des défenses de l'éléphante de Louis XIV, mais quand même ! C'est certainement la même bande de barjots car tout le monde sait bien que les éléphants du PS n'ont que faire de leurs défenses.




Un petit conseil pour la nuit : Si vous voulez battre le record du monde d'apnée, retenez votre respiration quelques secondes avant 2h et relâchez là après 3h. Bravo pour ce bel exploit. Dommage qu'il ne puisse être enregistré. On aimerait que plus de gens retiennent leur respiration avant de dire une bêtise, mais c'est comme ça. Bonne et courte nuit !



vendredi 29 mars 2013

Gueules de bois financières

Bon. François a parlé. La fête est finie. On passe à autre chose maintenant.

Gueule de bois, avec des statistiques dévoilées ce matin par l'INSEE sur le montant de notre dette et l'aggravation d'icelle. Jolie courbe, sans appel.


Dette au sens de Maastricht des administrations publiques en point de PIB 

On y voit nettement le début de Sarkozy de la crise en 2007 et si on a une double-vue un aplatissement progressif mais pas encore à partir de 2012. Ca baisse mais trop lentement. On était à 5,3%. On en est encore à plus de 4,8% par an et revenir à 3,7% dans 9 mois sera difficile... Il semble que les mauvais élèves de la classe soient les administrations locales. Vive la décentralisation et le transfert des devoirs aux collectivités locales sans leur en donner les moyens ou les droits.

La presse économique se délecte de ces nouvelles. La presse généraliste n'est pas encore capable d'expliquer en termes simples ces données. L'opposion critique et même Fillon parle d'une crise de régime et de violence !!! Oulala ! Bercy (le ministre Moscovici) explique que ça aurait pu être pire si le gouvernement n'avait pas agi dès l'été dernier. Il y a en effet une crise donc des rentrées fiscales moindres, ainsi que des coûts liés à l'Europe et au soutien aux pays en difficulté. Ah bon ?

Ouf ! Comme je l'écrivais dans mon billet en live pendant l'intervention de François : "L'Etat va faire des économies : moins de papier, de contrôles, des achats groupés et surtout le choc de simplification. Pour des réformes structurelles, c'est plus délicat : les dépenses vont diminuer en vrai, promis, juré, craché."

On est en France, quoi ! Pas à Chypre ! A Chypre, tout va bien.
Le FMI a annoncé hier qu'il serait « difficile » d'étendre à d'autres pays européens la solution adoptée à Chypre. Dommage. On sent bien que le FMI aimerait le faire mais qu'il y a trop d'obstacles à ses politiques fameuses d'ajustement structurel concoctées dans des cabinets d'avocats financiers à Chicago et qui ont connu des succès absoluments nuls dans les pays en développement. Peut-être espèrent-ils les appliquer, ces politiques, dans les pays en dé-développement ?

A Chypre les contrôles stricts n'étaient censés durer que quatre jours, mais seront très certainement reconduits pour au moins un mois. Lisez cet article du Monde pour comprendre le rôle actuel et historique de Chypre dans le négoce méditerranéen et russo-européen. A déguster en particulier, cette citation de l'avocat fiscaliste consultant interviewé qui dit à propos d'éventuels blanchiments d'argent : "Quant à nos contrôles, ils sont très stricts. Nous vérifions le plus d'informations possibles sur nos clients. Nous allons parfois jusqu'à leur demander une facture d'électricité.". 

Que celui qui a réussi à obtenir un prêt bancaire en France sans facture d'électricité lève la main !



jeudi 28 mars 2013

Télé François et ses fans

Billet en direct ce soir, pendant l'intervention de François.

Plein de manifestants contre le mariage pour tous devant le siège de France Télévisions. On attend les images de chocs, comme dimanche dernier, car il y a des extrémistes dans tous les camps. Christine Boutin est-elle de la partie ? That is the question.

En attendant le début, on dit bye bye à Laurence Parisot qui doit quitter le MEDEF. La reine des patrons est morte, vive le prochain roi. On espère d'ailleurs que François parlera beaucoup de social et d'économie, de notre vie de tous les jours. La France va entrer en récession et le pouvoir d'achat des français a baissé en 2012 pour la première fois depuis les débuts de Mitterrand.

H-2 minutes : petite table en tête à tête entre François et le journaliste fétiche de France 2.

H comme heure et comme Hollande. Ton rapide du journaliste qui interrompt même François. Première question plus personnelle sur le président, s'il se sent bien dans la peau de président ? Pas de réponse, mais François dévie tout de suite sur les briques de sa politique. Intéressant évitement, comme s'il continuait sur sa lancée prévue d'avance, sur son erre. Il rentre tout de suite dans des mesures déjà connues et très techniques. François est en fait en position de justification, d'accusé presque.

Il ne se défausse pas, ne se met pas en contradiction avec son prédécesseur. Mais la crise est plus forte que prévue et les prévisions avant son arrivée étaient irréalistes. Il a eu le courage de dire les vrais chiffres. Dit-il évidemment. Intéressant de voir qu'il maintient le cap sur la croissance comme un objectif et pas comme un outil. Restaurer la croissance avec plein de gadgets ; la boîte à outils est là et il ne reste qu'à l'utiliser. A priori ça devrait être suffisant ? Bof, non, mais il va y avoir un choc de simplification (grosse insistance sur le mot choc) ?!? Ah bon, ça va aller aussi mal, mais ça sera plus simple de le savoir.

Formation professionnelle des chômeurs plus vite ? Super ! Vive les formations. Je chôme, tu me formes, il compte les chômeurs, nous continuons à chômer, vous nous reformez, ils continuent à compter.

François compte sur les entrepreneurs, les innovateurs, les filières d'avenir en technologies. Vive les patrons raisonnables ;) pour les 75% d'impôts on ne pourra plus à cause du Conseil constitutionnel, donc c'est l'entreprise qui payera et ce sont les actionnaires qui décideront. Certaines entreprises utiliseront cet argument pour ne pas augmenter leurs patrons... Ah bon ???

Pour les impôts, grosse gêne. Il y a eu beaucoup de petites taxes avec un effet pendant deux ans, mais cet effort est limité et de toutes façons on ne pouvait pas faire autrement. En 2013 pas d'impôt supplémentaire. Ah si, peut-être pour la sécu et les collectivités locales. Bon, ça sort du même portefeuille. Par contre l'Etat va faire des économies : moins de papier, de contrôles, des achats groupés et surtout le choc. Pour des réformes structurelles, c'est plus délicat : les dépenses vont diminuer en vrai, promis, juré, craché.

La France fait des bébés, c'est une bonne nouvelle. Continuez ! À l'autre bout, les retraités vivent plus longtemps, et travailleront donc plus longtemps, c'est annoncé, et toucheront moins. Les chômeurs devront pouvoir travailler à temps partiel. Et les militaires ? Pas de diminution, scoop. Les pros du bâtiment seront chouchoutés. Je suis perdu et je pense que les téléspectateurs aussi...

Ah, le pouvoir d'achat... C'est la faute aux autres avant moi. Je vais débloquer la participation et tout lesbénéficiaires pourront le faire sans pénalité fiscale, sans raison particulière.

En France, on est les meilleurs. On est attendus !!! Cocoricoooooooooo

Jamais on ne touchera aux dépôts jusqu'à 100 000 euros dans les banques, c'est pour préparer l'Union bancaire européenne... La France, ce n'est pas Chypre. Mais l'Europe est en crise. Le pacte européen de croissance prend du temps. Trop de temps. Tension amicale avec l'Allemagne. Madame Merkel est européenne mais ça ne se remarque pas beaucoup. Attention aux populismes montants.

Pas en forme, François. On dirait aussi qu'il a trop mangé et qu'il a du mal à respirer. Digestion difficile ? Respiration délicate ? Décidément, il le fait de plus en plus. Il a peut-être bu du Champagne ou du Perrier ?

Je ne suis plus un président socialiste, mais le président de la France. Dangereuse phrase, qui sera reprise à gauche.

Au Mali, les objectifs ont été atteints, sauf retrouver les otages. La France est le pays de la délivrance. En juillet, seulement la moitié de nos soldats resteront, et un quart fin 2013. Et les solutions politiques ? Élections fin juillet et dialogue entre toutes les composantes.

En Syrie, livraisons d'armes mais seulement pour les opposants légitimes et coupés des terroristes. Certitude difficile à atteindre, et en tous cas pas maintenant.

Ah le mariage pour tous ! Un de ses engagements depuis longtemps. Un moment clivant comme pour l'IVG ou le PACS. La PMA n'est pas dans le texte et François respectera l'avis du comité d'éthique. Les mères porteuses resteront interdites. Pas d'accord évidemment, mais c'est une décision politique.

Suppression des peines planchers dès qu'on aura trouvé un autre dispositif. Pas encore fait... Mais François tend un doigt accusateur, très policier ou professeur ;)

Les signes extérieurs religieux doivent rester interdits, pour le service public de la petite enfance, comme pour l'école. Une loi à venir alors pour les missions de service public. Un débat qui recherchera le consensus.

Le non cumul des mandats ? C'est pour quand ? La semaine prochaine au Conseil des ministres, puis avant la fin de ce blog du mandat. Que sera, sera...

Cahuzac, un cas d'exemplarité, pas un cas personnel. Idem dès qu'il y aura une procédure contre un ministre. Sarkozy mis en examen, une bonne nouvelle ? Rien à dire, mais je suis garant de l'indépendance de la justice et du respect des juges et de leurs décisions.

Retour sur l'autorité personnelle de François pour conclure : Pujadas ne lâche pas une question sans réponse. Réponse de François : je veux réussir et faire réussir le pays, je veux donner espoir. J'ai enduré des attaques, j'ai les nerfs et le sang froids. Je suis en ordre de bataille, le chef de cette bataille, je ne suis pas commentateur de ma propre action. Je garde mon cap. Je connais les humeurs et les modes et n'en suis pas affecté. Je serai jugé sur les résultats. Savoir être exigeant et apaisant en même temps.

J'aime tous les français.

1heure et quart quand même... Bonne nuit. Pas convaincu.

mercredi 27 mars 2013

Des BRICS dans le mur de Bretton Woods

Sommet historique à Durban, en Afrique du Sud.



Mardi et mercredi, les dirigeants des pays émergents se rencontrent.
BRICS = Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud (South Africa).
Ce club est assez fermé pour l'instant mais a vocation à s'agrandir, même s'il est actuellement dominé par les deux poids-lourds que sont la Chine et la Russie.

Ce n'est pas la première fois qu'ils se rencontrent, c'est leur 5° Sommet. Mais cette fois-ci ils ont décidé de s'émanciper un peu de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International.

Ces deux institutions et d'autres ont été créées à Bretton Woods juste à la fin de la deuxième guerre mondiale (en juillet 1944). Elles sont très largement sous la domination des Etats du Nord et développés qu'on appelle "l'Occident"et des USA entre autres. Qu'on parle de l'accord originel, de l'état actuel qualifié souvent de Bretton Woods II ou d'un futur accord, les mécanismes sont toujours dominés par "l'Occident". La France par exemple participe bien à leur financement et n'en retire pas autant.

"La France est le 4ème actionnaire de la Banque mondiale, à parité avec le Royaume-Uni.
Elle dispose d’un Administrateur permanent, représentant le Gouverneur qui est le Ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi, ainsi que d’un suppléant. Cas de figure unique au Conseil : l’Administrateur français est également administrateur pour le FMI (mais il a alors un autre suppléant)."

En décidant de créer une banque de développement sous leur contrôle conjoint et multilatéral, ils créent un nouvel instrument international. Petit instrument pour le moment, on ne parle que de quelques dizaines de milliards de dollars, mais tout le monde a commencé petit. Et les réserves de change de ces pays, cumulées, dépassent les 1300 milliards de dollars. Les désaccords sont nombreux, évidemment, mais la volonté commune est là et elle s'affiche fortement. Décidé en fait il y a deux ans ce projet prend son envol cette année. Il y a des sceptiques, le journal Le Monde en particulier...

Les fonds d'aide au développement, qu'ils soient des dons ou des prêts "à la Bretton Woods" continueront évidemment à couler vers ces pays émergents et vers l'Afrique. Mais cette nouvelle banque va finalement essayer de financer aussi des projets, en Afrique par exemple.

Avez vous entendu parler de la Chinafrique ou même de la Chinindafrique (diaporama ici) ?
On y reviendra de temps en temps ici, mais en quelques mots, il s'agit de la manière pour la Chine et/ou l'Inde d'investir en Afrique pour financer leur développement (et le développement africain que le monde entier identifie comme une futur eldorado).

On est loin de la Françafrique sulfureuse et peuplée de vieux réseaux et de porteurs de mallettes vers la France. Les mallettes iront ailleurs et si un jour la corruption baisse elles deviendront des coffres aux trésors pour les peuples africains. Les dérapages français et de certaines dictatures corrompues en Afrique ont laissé des traces. Pareil avec les anglais et autres colonisateurs historiques de l'Afrique. La sympathie pour les pays émergents est forte, naturellement forte, et permet de bâtir des relations différentes, d'un nouveau type. A ce titre la Chine est très avancée et ce n'est pas un hasard si le nouveau numéro 1 chinois poursuit sa tournée dans plusieurs pays d'Afrique plus "tentants".

A propos de Chine, connaissez-vous cette agence de presse ? On trouve souvent de très intéressantes nouvelles sur Radio Chine Internationale, en français et sur l'Afrique notamment. C'est juste un petit signe, un signal faible comme disent les veilleurs professionnels. Mais c'est un signe.

Business Day note d’ailleurs que la banque d’import-export chinoise Exim Bank accorde déjà davantage de prêts que la Banque mondiale, pour financer des projets «Made in China».

Une petite nouvelle en passant, donc. Rien de bien important et en espérant que la France réussisse à se qualifier pour la Coupe du monde de Foot en 2014 ... au Brésil.

mardi 26 mars 2013

Nuages

Nuages nombreux aujourd'hui.

A Chypre, les banques qui devaient rouvrir aujourd'hui ne rouvriront que jeudi. Presque deux semaines sans retraits au guichet et très limités aux distributeurs.

Les citoyens normaux se sentent perdus. La société moderne a besoin de banques de dépôt et de retrait, indépendamment des placements et autres paradis fiscaux. C'est comme un gros tas de bâtons de Mikado entremêlés. Quand quelqu'un a besoin de liquide, il faut quelqu'un pour lui en donner et au bout d'un certain temps ça tombe toujours sur les mêmes qui refusent de bouger. Chacun suit son petit chemin et boum. Il semble qu'à l'échelle de Chypre, ça coince au bout de deux semaines. Par chance, ils espèrent que cela sera résolu avant la fin du mois et son cortège de virements en tous sens entre salaires, loyers, échéances et autres virements mensuels. C'est une mesure intéressante pour nos sociétés modernes.

Les riches déposants spéculateurs ont certainement déjà pris leurs précautions pour tout faire migrer ailleurs. Pas de nuages pour eux, jamais. Ou alors très passagers.

Les banquiers sont inquiets. Le patron de l'Eurogroupe a fait un lapsus calculé en affirmant que le cas Chypriote était un cas d'école et non un cas particulier. En disant explicitement qu'il s'agissait d'un précédent, ce dirigeant européen a semé le trouble. Il a dû se rétracter, mais le mal était fait. Tout le monde a repris ses propos et les bourses ont baissé. Pourquoi ? Parce que les investisseurs seront tentés maintenant de quitter les pays en situation délicate, au cas où de telles mesures seraient également prises chez eux. Les investisseurs, russes, oligarques, spéculateurs ou non n'aiment pas qu'on leur ponctionne jusqu'à 30% de leurs placements, même à risque. Gros nuages à venir sur les fonds placés en Europe. Ceux qui croyaient que les Etats les protègeraient envers et contre tout sont devenus inquiets. Il parait maintenant que ce dirigeant est jeune et inexpérimenté ! Ca sent la panique chez les financiers.

Evidemment aucun souci en France, comme pour le nuage de Tchernobyl. Pas d'inquiétude. Ca ne peut pas se produire chez nous. Soyez tranquilles. Tout va bien, tout va même très bien.

En France, aujourd'hui, un seul nuage dans le ciel, comme nous le rappelle Z Lartiste.


Ca n'a évidemment rien à voir avec des placements bizarres, ou des financements occultes, ni avec des paradis fiscaux. C'est juste une information qui a été surgonflée dans la presse et qui va continuer à l'être car finalement que ferait la droite sans Sarkozy ? J'adore ces dessins de Martin Vidberg. D'ailleurs à ce propos, Sarkozy est sur Facebook où il peut clamer son rejet de cette mise en examen injuste et infondée. Moi aussi je suis sur Facebook et on n'en fait pas tant de foin...

Et tous cas, ça ne doit pas nous faire oublier où sont les vrais enjeux de cette journée : France-Espagne en foot ce soir, avec un ciel (miraculeusement) éclairci pour la France si on bat l'Espagne, serein si on fait match nul et normalement gris si on est battus. On attend François et le premier ministre espagnol dans la tribune présidentielle du Stade de France. Sarkozy sera-t-il là ou seulement l'ombre immanente de son nuage noir ?





lundi 25 mars 2013

Esclaves de tout et de rien, mais esclaves


Aujourd'hui, c'est la journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage.

"Libres à jamais", c'est un beau titre pour ce jour qui cumule plusieurs anniversaires :

- 220 ans depuis le décret français pour l'émancipation générale qui a permis la libération de tous les esclaves dans l'actuelle Haïti, et son indépendance juste après. C'est le germe fondateur de l'ensemble des abolitions suivantes. Hommage ;
- 180 ans depuis la proclamation de la loi de l'abolition de l'esclavage de 1833 qui a mis fin à l'esclavage au Canada, dans les Antilles britanniques et au cap de Bonne Espérance;
- 170 ans depuis que la Loi sur l'esclavage indien de 1843 a été signée;
- 165 ans depuis l'abolition de l'esclavage en France, avec un certain Victor Schoelcher
- 160 ans en Argentine,
- 150 ans dans les colonies hollandaises
- 125 ans au Brésil.
Enfin, 2013 marque le 150e anniversaire de la Proclamation d'émancipation aux États-Unis qui déclare qu'à compter du 1er janvier 1863, « toutes personnes possédées comme esclaves, dans un État ou dans une partie désignée d'un État, dont la population se trouvera en rébellion contre les États-Unis, seront, à partir de ce moment, et pour toujours, libres » (Abraham Lincoln).

Une commémoration, en général, c'est pour se souvenir de quelque chose de passé et de terminé.
Effectivement les victimes passées pendant 300 ou 400 ans d'esclavage généralisé ne peuvent revivre et il s'agit bien de se souvenir de leurs souffrances. Il y en a des traces multiples en France et dans ses anciennes colonies : dans les ports négriers, à Nantes et à Bordeaux principalement ; dans notre histoire et nos romans, d'Alexandre Dumas au siècle des lumières ; dans les routes de l'esclavage, maritimes et en Afrique, avec les points de rassemblement ; à Gorée, à quelques encablures de Dakar avec un musée reconstitué...

Le fameux commerce triangulaire était simple : l'Europe envoyait des armes et de l'alcool en Afrique pour acheter des esclaves officiellement ou non ; ces esclaves étaient envoyés dans les colonies des Amériques où ils servaient à produire des biens comme le sucre, le café ou le rhum ; puis ces biens revenaient en Europe. Au passage les négociants, les armateurs, les producteurs s'enrichissaient partout. Seuls les esclaves restaient pauvres ou mouraient, et seule l'Afrique était enfoncée dans un système où on l'empêchait de se développer. Parfait exemple de capitalisme gagnant-gagnant-perdant. Encore aujourd'hui, l'Afrique a du mal à produire ces mêmes produits, y compris le coton, dans des conditions économiques correctes, alors que les USA sont devenue une grande puissance mondiale et que l'Europe continue à tirer les ficelles du développement.

La journée mondiale de l'ONU n'existe que depuis 5 ans ! Sans commentaire.

Mais l'esclavage "moderne" continue aujourd'hui. Caché et honteux au plan international, il est assumé dans certaines zones et de multiples affaires nous le rappellent de temps en temps, y compris dans les palaces parisiens qui accueillent de riches familles pleines de pétrodollars, ou dans certains pays à la limite du Maghreb et de l'Afrique sub-saharienne : Le Mali, la Mauritanie par exemple mais il y en a d'autres, comme le Maroc. La "culture" explique souvent ces comportements très anciens, mais la diversité culturelle ne doit pas justifier tout et son contraire.

L'ONU définit cet esclavage moderne ainsi : "Pourtant, l’esclavage reste aujourd'hui un problème grave qui se manifeste sous diverses formes : servitude pour dettes, servage, travail forcé, travail et servitude des enfants, trafic de personnes et d’organes humains, esclavage sexuel, utilisation d’enfants soldats, vente d’enfants, mariage forcé et vente de femmes et exploitation de la prostitution."

Alors, dans un tourbillon de nouvelles, de la plus haute importance évidemment, il est bon de s'arrêter un peu de temps en temps.

dimanche 24 mars 2013

Du temps de cerveau pour ... Le métro


"Dites 333" a dit le docteur RATP. Hier à été inaugurée la 333° station du métro parisien. Il s'agit de Mairie de Montouge, au sud. On ne dira plus la ligne porte de Clignancourt - porte d'Orléans... Mais direction Montrouge. Il va falloir en changer des panneaux et des cartes ! Et tous ces pauvres touristes qui vont être perdus car la ligne 4 est l'une des plus fréquentées à Paris, la ligne Nord Sud toute droite avec plusieurs gares importantes dessus. Heureusement elle ne sera prolongée plus loin vers le sud qu'en 2019 ou plus tard...

Depuis un certain nombre d'années, le métro parisien a adopté les numéros et les couleurs pour les différencier, au lieu de leur simple appellation avec leurs deux terminus. La ligne 4 est rose clair comme l'équipe de rugby. Dire qu'à son lancement, le métro avait interdiction de sortir de Paris et qu'il a fallu attendre longtemps pour briser cette limite politico-financière. Ces hésitations dans les noms des lignes et leurs limites est un signe clair pour la complexité du futur grand Paris et de son réseau. Il y a tellement de décideurs impliqués qu'il est difficile de se résoudre à des noms créatifs et à des routes lisibles. Dire nord, sud, est ouest serait facile partout. Personne ne le fait et ça n'est écrit nulle part.

Wikipédia est plein de pages sur le métro, ligne par ligne aussi. On y apprend tout ce qu'il faut. Mais finalement a-t-on envie d'en savoir plus sur ce lieu où l'on aime rester le moins de temps possible ?

Non, sur tous les moments de notre vie qui s'y passent et même si quelques rares moments de sourire viennent s'y insérer exceptionnellement. Entre les retards dûs aux grèves, incidents techniques, lignes surchargées, accidents de voyageurs et autres pizzas, la liste est longue. Il est vrai qu'on y trouve aussi de quoi téléphoner, bientôt du wifi, des jolies publicités, des dessinateurs qui nous croquent, des photographes au pied de la lettre (comme la première photo de ce billet) et quelques traces encore de Dubo, Dubon, Dubonnet. Ça ne suffit pas à remplacer les mauvais chanteurs et leurs amplis crachotants, ou les mendiants qui ont du mal à trouver des discours neufs ou les bandes de jeunes filles pickpockets. Le mot transport est bien adapté au métro. Il s'agit de nous transporter et pas de nous faire voyager, de nous faire quitter quelques instants la vie quotidienne. Ne pas confondre non plus être transporté ou être transporte DE joie. Ce n'est pas le même verbe.

Oui par contre pour l'histoire, la nostalgie et la comparaison avec d'autres villes (Paris est arrivé après Londres, New-York et Budapest et seulement en 1900 parce qu'il y avait l'expo universelle. Grâce à ce monsieür.

Six lignes au début, dont la 4 qui était à l'époque opérée par deux compagnies différentes au Nord et au Sud. Ce n'est qu'en pleine crise, en 1930, que la ville reprend le tout dans une régie. Entretemps le métro avait connu sa première grève, des attentats et des accidents. Dont l'inondation de 1910 avec la grande crue quelques jours seulement après l'inauguration du premier tunnel sous la Seine (ligne 4 encore). Les stations Cité et Saint Michel devaient être profondes pour que le métro passe aussi sous la ligne de chemin de fer qui passait le long de la Seine, RER C aujourd'hui.

Le métro a fait l'objet de nombreux livres : le Métronome est un des plus connus et récents qui nous fait visiter l'histoire de Paris à travers les lignes de métro et avec l'aide de quelques imprécisions historiques. La petite histoire du ticket de métro de Paris était un blog à l'origine. Le poinçonneur des Lilas date de 1958 et le ticket était alors celui-ci. Très beau blog ! Un autre ici avec des photos panoramas, assez étranges ;

Maintenant il y a des métros partout dans le monde. Connaissez-vous tous ceux-là ?


Allez, c'était dimanche, un jour sans métro pour la plupart. Bon lundi ;)

 

samedi 23 mars 2013

Eau + Énergie = Planète

Ce samedi, à 20h30, beaucoup de grandes villes éteindront leurs monuments les plus connus pendant une heure. C'est Earth Hour, 60 minutes pour la planète.

L'année dernière 7000 villes de 152 pays avaient participé à cette opération organisée par le WWF. En France pas mal de villes y participent officiellement, independamment des particuliers qui le souhaitent, des commerces ou des entreprises. À Paris, la Tour Eiffel sera éteinte 5 minutes. Wow ! On ne va quand même pas risquer de perdre des touristes un samedi soir, hein ?

Cette initiative sensibilise à l'importance des économies d'énergie et aux possibilités des nouvelles énergies, renouvelables et propres. Elle reste du domaine du symbolique et est souvent critiquée pour cette raison. Par exemple en rallumant plein d'appareils électriques tous au même moment, on sollicite beaucoup plus les réseaux électriques que d'habitude et l'électricité doit bien être produite pour cette pointe. Mais les symboles sont importants. Et en cette septième année depuis la première fois à Sydney, cet événement a deux intérêts : faire parler de lui par tous les moyens (même sur un petit blog) et permettre à chacun de s'impliquer un tout petit peu et de se poser des questions.

Cette fois, ça tombe le lendemain de la journée mondiale de l'eau, qui marque le lancement par l'UNESCO de l'année de la coopération dans le domaine de l'eau. L'eau ! Sous toutes ses formes, l'eau est ce qui caractérise la vie. La coopération pour l'eau est une belle idée, mais la réalité est autre. Combien de guerres ont lieu pour des raisons de contrôle de l'eau ou de ses usages ? Quelques exemples : le Jourdain entre Israël, la Palestine, la Jordanie, la Syrie et le Liban ; le Tigre et l'Euphrate entre Turquie, Syrie, Iran, Irak...

Je te mets un barrage ici, tu développes l'irrigation là, il pollue au milieu, nous nous bagarrons, vous nous vendez des armes, ils meurent.

Vous connaissez certainement cette image : à l'échelle du globe, la "grosse goutte bleue" représente toute l'eau disponible, la petite l'eau douce, et la minuscule l'eau de surface (rivières et lacs). L'eau est fragile et il y en a peu. Si peu que c'en est presque risible.


Pour les passionnés une intéressante leçon à ce sujet sur le site du Collège de France, j'y étais. Très belles diapos pas encore accessibles à l'heure ou j'écris. Audio seulement pour l'instant. De l'utilité des satellites pour observer ce qu'on ne peut voir que du ciel, et ce que certains ne veulent pas qu'on sache.

Après ces nouvelles de la planète, retour en France.C'est samedi et les nouvelles sont bonnes.

La France est en tête de son groupe pour les éliminatoires de la Coupe du monde. C'est du foot évidemment. Grosses dépenses d'électricité et beaucoup d'eau consommée, en général pas pure.

La crise est terminée et François nous l'annoncera jeudi en direct à la télé. En avant-première, Z Lartiste s'est procuré le plan du discours du président. Ça va décoiffer.

C'est l'heure du thé, je vous laisse. De l'eau, de l'énergie et des feuilles. À votre santé.

vendredi 22 mars 2013

Nettoyages de printemps.

C'est le printemps. On nettoie. Partout et encore ailleurs.

A Chypre, les banques devaient rouvrir ce jeudi matin, avec des retraits limités et en ayant préservé un peu les petits épargnants locaux. C'était déjà pas mal ! Mais le parlement chypriote a voté contre le projet de loi instituant ces nouvelles taxes exigées par l'Europe et le FMI. Retour de bâton immédiat et la Banque centrale européenne refus de fournir des fonds aux banques locales. Résultat de ce blocus financier inédit dans l'Union européenne : impossible d'importer légalement des billets à Chypre. Impossible de payer des factures à l'étranger et de faire des virements internationaux. Queues aux distributeurs d'argent et ... banques toujours fermées, jusqu'à au moins mardi. Le récurage des fonds va devenir un sport à grande échelle. Y aura-t-il des émeutes comme en 2002 en Argentine ? Le plan chypriote sera-t-il accepté par ses bailleurs et quel rôle joueront les russes, oligarques, investisseurs, gaziers ou touristes permanents. (N'oublions pas les turcs qui partagent l'île).

Le grand nettoyage des fonds bancaires pourrait pourtant commencer. L'argent sale va devenir doublement propre après ce blanchiment officiel via une taxe.
Pour les russes, oligarques ou non, acteurs ou non, il va falloir qu'ils se trouvent d'autres endroits, à moins que la taxe soit jugée suffisamment basse pour rester dans la lessiveuse européenne ou que les montages financiers soient un moyen pour se faire encore plus d'euros.

Z Lartiste nous envoie d'ailleurs des nouvelles de notre ami belge-russo-français Depardieu. Chypre alors ! On compatit avec lui.



Mais le printemps a lieu ailleurs aussi.

Chez Spanghero, on a trouvé du mouton anglais découpé illégalement à la machine, sous le cheval roumain et en lieu et place du boeuf français. S'ils continuent à nettoyer les entrepôts, ils vont trouver quoi ? Du rat des champs ? de la vache folle ? du chien andalou ? Il faut que ces nettoyages s'arrêtent (Liste des produits ici). Il serait temps de nettoyer aussi chez les courtiers. D'ailleurs, souvenez-vous, dans la longue liste des intermédiaires de cette affaire, il y avait un courtier hollandais et sa filiale à ... Chypre. Certainement pas pour des raisons fiscales, non, non.

Et puis, à Bordeaux, un juge très indépendant et connu depuis longtemps pour sa raideur a décidé par surprise de mettre Sarkozy en examen, après une longue confrontation avec ... les anciens domestiques de Madame Bettencourt, dont il aurait profité de la faiblesse... Les sarkoboys qui préparaient déjà son retour avant 2017 s'énervent et crient à la manipulation. Balkany (très belle photo ici) et son "Je vous emmerde" à l'intention de l'avocat du majordome, c'est mieux que du Feydeau. On hésite entre le systéme Ribadier, la main passe, occupe toi de Carla d'Amélie, et cent millions qui tombent.

Z, notre reporter à Bordeaux ne chôme pas et nous a produit un autre dessin d'actu.



Le printemps ne fait que commencer et déjà, ça sent bon l'odeur de la lessiveuse.
Reste plus qu'à battre la Géorgie (ce soir) puis l'Espagne (mardi) au foot et on sera heureux.



jeudi 21 mars 2013

Livres de salon

Salon du Livre de Paris - phase 1 - aujourd'hui.

Le plus grand pince-fesses de Paris commence ce jeudi soir avec l'inauguration du Salon du Livre. Emeutes à prévoir autour des nombreux stands qui offrent des cocktails, du Champagne et des petits fours. L'élite intellectuelle de Paris, de France, du Monde et de l'Univers se pressent en coeur pour se nourrir intellectuellement et accessoirement physiquement (oups, je voulais dire le contraire). Il faut y avoir été pour se rendre compte de la foule de ce jeudi soir exclusif pour des milliers de VIP. Les vrais VIP sont dans des salons privés et des arrière-stands protégés par des gardes musclés, des jupettes endiablées, et des attachées de presse ne regardant pas le menu fretin. Les quelques rares auteurs qui osent marcher dans les allées ne le font en général qu'une fois, avant de se réfugier chez leur éditeur. Ou ils attendent le lundi, jour des professionnels, libraires, bibliothèques, éditeurs et autres maillons de la longue chaîne de l'édition.


François au salon de l'année dernière. Il tient Iznogoud dans ses mains ??? 
Cette année, est-ce que cela sera Haroun El Poussah ?

Le Salon du Livre ouvre le vendredi matin au grand public, vous et moi, juste le temps d'avoir nettoyé les miettes de macarons et de pain Poilâne. Et de vérifier l'absence de rat, comme nous le rappelle Z Lartiste avec talent.



Quelles sont les tendances du Livre en cette belle année 2013, placée sous le double signe du président François et du Pape François ?

Le numérique est de plus en plus incontournable. La lecture sur des écrans se développe à vue d'oeil. Les USA ont vu l'année dernière le "dématérialisé" dépasser le papier, et même en France le décollage semble se produire. Un article de la Réforme ici (même les chrétiens s'y mettent). Il y a des tonnes d'études sur le livre numérique, son marché, ses acteurs. Une (ancienne) sur ses cathédrales : Lire ce beau texte de Victor Hugo, Livre V, chapitre 2 de Notre-Dame de Paris.

Qui dit numérique dit évidemment appareil pour lire. Il semble bien à ce sujet que le grand gagnant ne soit pas la liseuse, mais la tablette. Le confort initialement vanté par les fabricants de tablettes utilisant une technique d'encre électronique est patent. On peut lire sur la plage. Mais on ne peut pas lire le soir dans son lit. Ce confort et ses limites ont été complètement écrasés par les tablettes dont l'ancêtre, l'iPad se porte très bien. L'objet où lire est devenu le même que l'objet où naviguer, jouer, s'instruire ou préparer son repas. Les liseuses ont encore de beaux jours, mais ne représenteront que des niches, pas le courant principal.

Qui dit numérique dit livres et endroits où se les procurer. De nombreux sites de livres en français tombés dans le domaine public existent. Un nouveau site les recense et sert de portail. A déguster sans aucune modération. (pour y lire Notre-Dame de Paris par exemple). A la question : quels livres lire sur écran et quels livres lire sur papier ? il n'y a pas de réponse stable. Les techniques changent et s'améliorent. Les auteurs et éditeurs conçoivent des livres qui ne pourraient pas être imprimés, car interactifs, animés, ou plein de liens hypertextuels. Même le roman littéraire de base, sans image, peut bénéficier de ce mode de lecture, avec des signets, des recherches de personnages, des explications de mots, des notes plus instructives, des annotations ou des dessins sur les pages.

Qui dit numérique dit aussi boutiques où acheter (ou sites pour pirater si on a l'âme pour ça). C'est là que le bât blesse, car chaque boutique essaye de vous rendre captif, pour l'achat ou la location, avec des systèmes assez bloquants de DRM (en clair de barrières pour que vous n'alliez pas ailleurs). Ça a commencé avec les grands sociétés informatiques (Apple, Google, Amazon) puis les grands circuits de distribution (Fnac, Barnes & Nobles) puis les libraires et les éditeurs. Même les soldurs et le marché de l'occasion va commencer à s'y mettre.

Et à part le numérique ? Et le Brésil invité d'honneur, et la Roumanie ? Rien. Pour 10 euros, si vous n'avez pas la chance d'avoir récupéré une invitation, vous aurez accès à la plus grande librairie de France, à des files interminables pour dédicaces et à une bousculade continue de l'entrée aux toilettes en passant par les caisses enregistreuses des éditeurs.

Mais il y aurait d'autres choses à dire sur le livre numérique, que j'adore, personnellement. Récemment à force de tourner des pages sur un écran tactile, j'ai par mégarde essayé la même manoeuvre sur un livre papier. Et bien figurez-vous que ça n'a pas marché. Dingue, non ?

A partir de cette année, l'entrée au salon du livre sera remboursée par la sécurité sociale, car la bibliothérapie a été inventée. Ah zut, c'est au Royaume-Uni seulement et pour lutter contre la dépression. Dans le livre tout est bon. Que fait le ministre de la Santé culturelle en France ???

dessin de Victor Hugo, écrivain par ailleurs

mercredi 20 mars 2013

Francophonie

20 mars, journée internationale de la francophonie dans le monde.

En France, la francophonie est à peu près inconnue au bataillon. A part quelques vieux militants ringards éparpillés dans une foultitude d'associations très conservatrices et défendant tout et son contraire, sous couvert de langue française, la francophonie est absente de nos médias et de notre vie. C'est pire que lorsque Monsieur Jourdain, bourgeois et quasi gentilhomme, faisait de la prose sans le savoir. Nous sommes tous francophones, enfin moi et vous chers lecteurs, mais pour autant nous ne nous battons pas pour ça.

On pourrait penser que les professeurs de français sont tous des ardents défenseurs de la langue, des littératures francophones ou des auteurs, mais ce n'est pas le cas pour tous, comme nous le rappelle Z Lartiste.


On pourrait penser que les écrivains, qui vivent de ça, nous en parlent avec amour et chaleur. Certains oui, et on retrouve avec les ans un peu toujours les mêmes. De moins en moins néanmoins. Comme en France la journée du 20 mars tombe au milieu de la semaine de la langue française et que ce jeudi commence le salon du Livre, tous les regards sont tournés vers le livre et ses métiers, ses problèmes et ses mutations face au numérique, ses best-sellers et autres objets marketing. Beaucoup de collections publiées en France ne sont d'ailleurs que des adaptations de collections étrangères, comme par exemple les "découvertes" de chez Gallimard qui sont directement issues d'une collection anglaise, et même si ces livres sont très beaux et bien faits.

Aujourd'hui, le conseil des ministres examine le projet de loi sur l'enseignement supérieur et la recherche dont on a déjà parlé, avec son article (6?) qui fait débat autour des formations entièrement en anglais pour attirer les étudiants solvables des nouveaux pays, comme la Corée du Sud, la Chine et l'Asie en général. Dans certaines écoles, les cours sont déjà très majoritairement en anglais. Je crois qu'à Science Po par exemple le pourcentage est autour des 75%. La francophonie aurait là un beau sujet pour mobiliser, ou au moins expliquer, débattre, proposer, prôner une diversité linguistique et un équilibre des langues partout, en réalité et pas seulement dans des discours vides d'opérationnalité. Mais aujourd'hui, cette francophonie là est bien silencieuse. Normal, c'est le jour de la Francophonie ;)

Aujourd'hui la France affiche sa grande opération sur les "femmes francophones" avec la ministre de la Francophonie, Yamina Benguigui. Attention, opération très contrôlée et réservée aux VIP et autres élites parisiennes au Musée du quai Branly. Réception à 16h30 chez François, le président. On attend des grandes déclarations. On se sentira mieux après, certainement. Désolé d'avoir dû écrire ce billet avant. Désolé aussi pour la vieille photo de la Ministre, mais Monaco est aussi un Etat membre de la Francophonie.



Mais ça c'est la France. La situation est différente ailleurs.

En Europe, le français recule. Un exemple ici.
Dans le monde la francophonie est surtout célébrée comme une occasion pour les francophones de se rassembler et de fêter ce qui les intéresse. Dans beaucoup de pays, ça fonctionne très bien. Feuilletez le programme ici : films au Vietnam, Satie en Palestine, mois de la francophonie à Chypre (si,si), etc.
En Afrique, il y a les ex-colonies, du Nord au Sud. Il parait qu'en 2050, compte tenu de la démographie africaine galopante plus des trois quarts des francophones du monde seront africains.

Au Québec, le français reste un combat phare et porteur de liberté, pour ne pas dire d'indépendance. La plupart des mots sont francisés et souvent pour comprendre un mot québécois, il est utile de trouver le mot anglais le plus proche et de le retraduire. Quelques exemples classiques :
- un char - > a car -> une voiture
- le magasinage -> shopping -> le shopping
- un courriel -> an electronic mail -> un email
- une moppe -> a mop -> une serpillière
...
Les origines du québécois dans le vieux français qui lui-même a irrigué le vieil anglais sont légion. Je vous recommande la lecture de ces dictées avec des mots venus de toutes parts pour déguster les variantes du français.

Mais au delà de la langue, la francophonie c'est quoi ?

Grand vide, et multiplicité de définitions, de visions.
D'abord il y a une différence entre Francophonie et francophonie. Si, si !

Avec un grand F, la Francophonie est la partie officielle, institutionnelle et politique, pilotée par des Sommets de Chefs d'Etats tous les deux ans et assortie de grandes déclarations. Cette Franciophonie là est dirigée depuis plusieurs années par l'ancien président du Sénégal Abdou Diouf, grand homme grand, et en place pour encore 18 mois. Elle est composée d'une mosaïque d'institutions en charge de tout, de TV5 pour la voix audiovisuelle internationale en français (depuis réintégrée dans l'audiovisuel extérieur  de la France), à l'association des maires francophones (présidée par Bertrand Delanoé), de l'organisation gouvernementale et intergouvernementale dont le siège est à Paris à l'association des universités francophones dirigée par un fonctionnaire français. Cette Francophonie n'a pas beaucoup de budget et est, comme on le voit, très proche de la France qui en finance la majorité. On n'est pas loin d'un objet bilatéral, malgré son côté officiellement multilatéral comme on dit à l'ONU.



Avec un petit f, la francophonie est le tissu social des associations, ONG, institutions et individus qui se réclament de ce combat, avec de grandes variations dans les messages portés. Ce tissu vivant est riche mais très peu animé. En fait il s'anime tout seul, plus ou moins selon les régions. C'est un objet flou, mais qui l'est moins qu'une anglophonie qui n'existe pas (puisqu'elle n'en a pas besoin) par exemple.

Ensuite, il y a la francophilie, l'amour de la France et de sa culture, de ses écrivains, du siècle des Lumières et de certaines valeurs que tout le monde se garde bien de préciser puisque, rappelons-le, un certain nombre de pays officiellement membres de la Francophonie sont des dictatures, ou des pays en crise ou en sortie de crise, ou des pays avec lesquels les valeurs des Lumières ne sont pas forcément partagées. Beaucoup de francophones confondent en fait la francophonie et la francophilie. Même en France, l'enseignement du français ne porte quasiment pas sur les auteurs francophones non français. On accepte d'inclure des départements d'outremer, mais il est plus difficile d'y ajouter des auteurs québécois, africains, belges ou roumains qui écrivent en français.

C'est bien compliqué et surtout peu motivant. Et pourtant ! Il suffit d'avoir assisté à des rencontres improbables en français entre des hommes et des femmes de culture, venus du monde entier, pour apprendre et partager beaucoup. Et je ne parle pas ici des préjugés contre les immigrés francophones en France ou des touristes français qui s'attendent à être compris dans le monde entier.

Alors, aujourd'hui, bienvenue dans la FrancoFaune !



mardi 19 mars 2013

Profitez de vos mercredis

La réforme de l'école avance. Paris (son maire) a décidé d'appliquer la semaine de quatre jours et demi à partir de la rentrée prochaine en septembre 2013, alors que d'autres villes ont choisi de repousser d'un an. Lille et Lyon en tête.



Concrètement à Paris, donc, les 137 000 écoliers du primaire auront trois heures de cours le mercredi matin et en échange finiront une heure et demie plus tôt les mardi et vendredi :
- problèmes donc pour les activités périscolaires du mercredi matin, mais comme ça les parents pourront ne prendre qu'une demi-journée au lieu d'un entière... et les nounous vont devoir se réorganiser. Embouteillages à prévoir dans ces activités le mercredi après-midi.
- regain d'activités le mardi après midi, car en finissant à 15h, les écoliers auront du temps pour des activités plus longues. Sauf que tenir jusqu'à 18h va être long pour eux. Montez des associations périscolaires, c'est le moment ! Les associations locales vont en effet devoir proposer des activités plus tôt qu'aujourd'hui. Il va falloir recruter...
- idem en théorie pour le vendredi après-midi sauf pour les riches parisiens qui pourront donc partir en week-end plus vite et être dans leur maison de campagne tranquillement le vendredi soir.
- les enseignants vont sortir plus tôt le mardi et le vendredi et perdent une grasse matinée. Finalement le prix réduit dans les cinémas le mardi va peut-être se déplacer au lundi ou au jeudi, progressivement.

Il semble que le consensus soit large autour de ce projet. La FCPE (les parents bobos de gauche) et les Verts sont d'accord. Les écouter ici. La France essaye ainsi de se rapprocher de rythmes scolaires plus proches de ceux ds pays du Nord de l'Europe. Sauf que les infrastructures sportives et culturelles sont largement à la traîne... pour le moment.

Vote le 25 mars au Conseil de Paris, mais a priori la majorité est trouvée.

Sinon, la discussion sur le projet de loi pour la refondation de l'école avance à l'Assemblée nationale. Les points principaux de cette n-ième réforme sont les suivants pour mémoire :
- un enseignement moral et civique du primaire à la terminale (ajout du "moral")

- un socle commun de connaissances, de compétences et de culture (revisité)
- une langue vivante au début du primaire (choix possible entre anglais, anglais, anglais, anglais, russe, allemand, anglais, anglais, anglais et chinois)
- scolarité à partir de 2 ans dans les zones défavorisées (si possible)
- des ponts entre école et collège entre CM2 et 6° (comme aujourd'hui, quoi)
- le Conseil supérieur des programmes écrit les programmes (nouveau nom pour un vieux truc)
- écoles supérieures du professorat et de l'éducation pour former les enseignants (IUFM sans le dire, renommés en ESPE dépendant des universités)
- 60 000 postes créés sur cinq ans, dont un tiers d'enseignants titulaires (et sur ce quota les deux tiers sont pour le primaire)
- Ah oui, et ... développer le numérique (encore ?)


Comment s'appellera le prochain projet de réforme : Pour la transmutation de l'école ? Pour la régénération de l'école ? Pour une école refondre ? Ecole émancipée (ah, non, là c'est déjà pris depuis les années 70 ;)



lundi 18 mars 2013

T'Cheapre

T'Chypre comme prononceraient les anglophones. Very cheap indeed !

Le feuilleton du week-end agite les financiers qui brandissent le scandale.

On avait évoqué cette possibilité samedi dans ce billet : "En Méditerranée, il y a embouteillage de pays en crise. Chypre est le cinquième pays à être officiellement soutenu par l'Europe, en échange de contreparties et de taxes contre son côté paradis fiscal... C'est paradoxal. Vous avez un paradis fiscal dénoncé partout et dont l'économie ne vit presque que de ça. L'Europe et le FMI financent le pays pour éviter une crise nationale et en contrepartie ponctionnent les compagnies financières établies là-bas. En fait, tout est logique. Il s'agit juste d'éviter des faillites en cascade un peu partout en Europe. CQFD. Pour éviter la crise, il faut soutenir les banques frauduleuses. C'est le même coup qu'aux USA. Vive les financiers rois du monde."

La situation s'est complexifiée pendant le week-end. Le Parlement chypriote devait voter dimanche ce plan et donc instaurer une taxe sur les dépôts locaux et étrangers dans les banques du pays. Il n'a pas réussi à se mettre d'accord. Il devait se réunir ce lundi (jour férié pour les banques) et n'a pas réussi à se mettre d'accord. Il devrait donc se réunir mardi (pendant la messe inaugurale du Pape ???) pour voter cette loi, les banques étant fermées (ou non). La gauche locale crie au scandale, protégeant ainsi les citoyens locaux et les trafiquants et autres spéculateurs friands de paradis fiscaux. Les russes crient au scandale, protégeant ainsi les citoyens locaux et les oligarques très investis dans le pays (31 milliards estimés a priori), ainsi que leurs intérêts pétroliers et gazéiformes. Les députés chypriotes protestent, protégeant ainsi les citoyens locaux, leurs électeurs ainsi que l'indépendance du pays. Les financiers internationaux protestent, protégeant ainsi leurs intérêts.

Les bailleurs de fonds internationaux ont fait fort sur ce coup là. C'est une première et comme le disent certains de leurs détracteurs, cela risque de miner la confiance dans les banques, pour les déposants. Ils ont bon dos les petits déposants locaux qui vivent malgré eux dans un paradis fiscal européen officiel. En leur nom, on peut tout clamer. Et le sauvetage de banques présenté comme le seul moyen vertueux de restaurer un pays en crise, c'est un air de déjà vu qui sent bon...

C'est un ballon d'essai très clairement. Reculer sur ce coup sera perçu comme une victoire éclatante des banques, des financiers et des spéculateurs. Et il y en a beaucoup. Continuer à avancer impliquera un gros coup de colère de tous. Comment ? Je vis dans un paradis fiscal et on veut m'imposer des taxes ??? Mais je refuse ! Et je vais créer une crise grave comme ça je m'en tirerai toujours. Rassurez-vous, il ne s'agit que de scénarios catastrophes et nous pouvons compter sur l'altruisme des banquiers, sur le désintéressement des spéculateurs, sur le courage et l'honnêteté des politiques et sur le sang-froid des citoyens. Le citoyen de base, le petit épargnant comme on dit, n'a rien avoir avec le richissime spéculateur. Ils partagent les mêmes banques souvent malheureusement. L'Europe est donc prête à assouplir les mesures, par exemple en exonérant les premiers 20 000 euros de toute taxe...

Les banques chypriotes vont se vider très vite maintenant. Premières photos de queues cauchemardesques attendues mardi ou mercredi, selon le moment où les banques rouvriront. A comparer avec celle-ci de 1929 aux USA.



Devinette : où va aller tout cet argent ? Dans quels paradis fiscaux où le blanchiment est plus pardonnable que dans un pays membre de l'Union européenne. Si j'avais des dollars, où devrais-je les placer ?

NB : Penser à acheter un nouveau matelas.

Et merci à Z Lartiste, encore une fois ;)


PS Par ailleurs, le Pape des chypriotes pauvres a son blason, enfin ! Beaucoup plus simple que celui des papes précédents.


dimanche 17 mars 2013

Du temps de cerveau pour ... le Burger

Le burger ? Quelle drôle d'idée !

C'est en voyant cette image que je me suis dit "Voilà un beau sujet pour un dimanche, la veille de Top chef où on leur fait cuisiner des plats en forme de burger". Avez-vous déjà vu une choucroute en forme de burger (émission du 11 mars) ? Le choc des cultures et le choc des coutumes gastronomiques est toujours fascinant. Cliquez sur l'image pour l'agrandir, elle en vaut le coup.


On connait tous le burger au cheval boeuf. Mais les variantes locales sont intéressantes :

- Au Québec en particulier,, manger un burger au homard est une expérience rare. Il faut le faire en saison évidemment (mai-juin) et savoir qu'à cette époque on trouve partout du homard très bon et pas cher et que le plat "steak et lobster" est très populaire. Cette coutume s'étend à toute la façade atlantique nord des Amériques. Mais au Québec, on peut accompagner ça d'une poutine (frites, fromage, sauce écoeurante et plein de graisse, Miam).
- En Asie, le riz prend toute sa place, comme galettes pour remplacer le pain rond. Les végétariens indiens mangent des mélanges épicées de pommes de terre et de pois au curry à la place de la viande ou remplacent la vache sacrée par du poulet, de l'agneau ou du porc. Les japonais mettent évidemment des crevettes à la place du boeuf et peuvent même y ajouter du gratin de macaronis. Il y a peut-être des sushi burgers d'ailleurs. Plus à l'est encore on met des spaghettis dans le burger.
- En Italie on peut mettre de la pizza ou du calzone, en France de la baguette de pain, en Europe des croque-monsieurs, en Angleterre du bacon évidemment, beaucoup de bacon et que ça. Ils ont toutefois oublié quelques perles : Le fois gras burger chez Quick pour les fêtes il y a quelques années par exemple.

Si vous êtes toujours là et pas écoeuré, restons un peu chez MacDo pour parler économie avec le fameux indice Big Mac créé maintenant il y a presque trente ans par des économistes pressés et non dénués de sens de l'humour. Cet indice a été étudié très sérieusement et on peut s'étonner de quelques-unes de ces conclusions. Le lien ci-dessus pointe vers les statistiques de janvier 2013, et on peut télécharger la feuille Excel pour s'amuser avec des camemberts burgers :
- Le pays où le Big Mac est le plus cher par rapport au dollar est ... le Vénézuéla. Chavez doit se retourner dans sa tombe. Il ne sera pas embaumé et son peuple ne peut pas se goinfrer de Big Mac sans dépenser trop. Est-ce une vengeance ? La zone euro est légèrement plus cher que les USA, comme le Canada d'ailleurs.
- Le pays où il est le moins cher, toujours par rapport au dollar est l'Inde, la Chine n'étant pas loin.
Le seuil de pauvreté est souvent estimé à 2 dollars par jour. Pas de quoi de payer un Big Mac.

L'origine du hamburger est confuse. On pense que cela vient de marins allemands (donc du port de Hambourg) qui auraient importé cette tradition allemande aux USA au 19° siècle. Au départ, les allemands mettaient du porc (Normal) dedans (mais pas de choucroute, maintenant on met la choucroute dans les hot dogs à New-York,si,si). Les vaches américaines étant fort nombreuses, il est normal d'avoir mis cette viande dans ce qui devient un classique de la cuisine américaine puis internationale. Ca me rappelle un album de Lucky Luke où l'on voit, dans une de ces villes champignon qui poussent à l'occasion d'une ruée quelconque, un stand de hamburgers envahi par les clients, des vaches derrière paissant paisiblement et le patron crier pendant qu'il sert : "Jack, hache moi une autre vache"...

En Corée du Nord en tous cas, on sait que le hamburger a été inventé par  Kim Jong-Il dans les années 2000. La propagande et la publicité, voici un sujet intéressant pour une autre dimanche. Les inventeurs auto-proclamés en tous cas se bousculent au portillon, comme les sites internet qui vantent la culture fast food, comparent les restaurants et donnent des recettes (J'aime bien Marmiton, par ailleurs).

En 2004, sortait "Super Size Me", ce documentaire américain où un journaliste s'était fixé le pari de manger uniquement des gros hamburgers de chez MacDo pendant un mois. Il a survécu mais a mis plus d'un an avant de s'en remettre. La malbouffe au carré, c'est impressionant.


Le burger, malgré tout, se porte bien. Burger King est de retour en France depuis quelques mois. On attend avec impatience ce burger, originellement proposé au Japon en 2009... Depuis Windows est passé de 7 à 8 et on devrait donc avoir une huitième tranche.



De plus en plus de restaurants font des hamburgers maison avec des variantes intéressantes et vous demandent même quelle cuisson vous préférez pour le cheval boeuf. Certains doivent être durs à manger, comme celui-ci.

Je pense que vous êtes calés maintenant. Juste une dernière question existentielle de la plus haute importance. Mange-t-on le hamburger avec les doigts ou non ? Le monde civilisé (c'est à dire le monde entier) se divise en deux à ce sujet. Moi je préfère avec les doigts. Et vous.

Si vous préférez avec les doigts, j'ai déniché pour vous un lien qui vous expliquera comment le faire avec distinction et propreté. A déguster de toute urgence ... et bon appétit !




samedi 16 mars 2013

Embouteillages du samedi

Embouteillages de toutes sortes aujourd'hui.

Sur les routes évidemment pour les parisiens qui rentrent de vacances d'hiver. Rien ne vaut quelques bons gaz d'échappement après l'air pur de la montagne, ni cette bonne odeur de Paris, reconnaissable entre toutes, avec sa charmante couleur grise.


A Bordeaux, inauguration d'un pont. Pour éviter les embouteillages à l'intérieur de la ville et de son pont de pierre. Un pont Chaban-Delmas, inauguré par François avec un Juppé pas loin. Un pont de plus. A vue de nez, on dirait une table à l'envers. Je suis un expert en ponts, ça se voit, non ? En fait c'est un peu notre Tower Bridge à nous car il se relève comme une fenêtre à guillotine chère aux anglais (alors que le Tower Bridge se relève comme une fenêtre à la française ou une double porte).


François était à Bruxelles auparavant, avec embouteillage de chefs d'Etats et de gouvernement pour ne parler de rien. Ah si, François veut livrer des armes aux rebelles syriens, en accord avec les anglais mais pas avec les allemands. Les couples à trois, c'est dur. Surtout si en plus les américains s'en mêlent avec leur envie d'envoyer des drones pour détruire les rebelles, mais uniquement les extrémistes islamistes sans toucher aux autres... Tout est clair. Embouteillages d'armes à venir. Ce n'est pas comme au Mali, dont on parle moins en ce moment. Quoique. L'arrestation d'un patron de presse et journaliste malien a fait très mauvais genre cette semaine. N'oublions pas que le Mali a fait l'objet d'un récent  coup d'Etat et que des élections doivent venir cet été. La presse libre ne se bouscule déjà pas en Afrique. Si en plus on ferme la route, c'est sûr qu'il n'y aura pas d'embouteillage. Z Lartiste a un avis sur la situation au Mali d'ailleurs.



En Méditerranée, il y a embouteillage de pays en crise. Chypre est le cinquième pays à être officiellement soutenu par l'Europe, en échange de contreparties et de taxes contre son côté paradis fiscal... C'est paradoxal. Vous avez un paradis fiscal dénoncé partout et dont l'économie ne vit presque que de ça. L'Europe et le FMI financent le pays pour éviter une crise nationale et en contrepartie ponctionnent les compagnies financières établies là-bas. En fait, tout est logique. Il s'agit juste d'éviter des faillites en cascade un peu partout en Europe. CQFD. Pour éviter la crise, il faut soutenir les banques frauduleuses. C'est le même coup qu'aux USA. Vive les financiers rois du monde.

A Paris, enfin, embouteillage de manifs (comme presque tous les samedis). Mais cette fois, nous sommes entourés par des manifestants en jupe (pas en Jupe, Eh comme à Bordeaux). C'est le bordel habituel.

D'un côté les Ecossais qui débarquent à Paris avec leurs kilts et leurs cornemuses. Comme tous les deux ans, lors des matchs France Ecosse à Paris, ils investissent les bars avant le match (21h ce soir) où on espère que la France va se ramasser honteusement, ce qui ferait quatre défaites et un nul, plus une jolie cuillère de bois, pas aussi grosse que celle à cinq défaites, mais une cuillère de bois quand même. C'est à Montmartre qu'on trouve le plus de kilts. La preuve !



Pas loin, à Pigalle, grande manif du Strass, les "travailleurs du sexe", prostituées de tous genre et autres travailleurs qui réclament l'abolition du délit de racolage passif. Les effets pervers (et non les vêtements sexy) de cette loi dont ils demandent l'abolition ont été depuis une dizaine d'années, puis avec le renforcement Sarkozyen, de cacher les putains loin des bourgeois dans des lieux moins sûrs et donc de développer les violences. Manif certainement haute en couleurs et en hauteurs de jupettes. Je n'ai pas de photo, désolé ;), alors une photo d'archive.



Ayons une pensée émue pour tous les automobilistes coincés derrière l'une ou l'autre de ces deux manifestations. Au moins ils ne seront pas flashés pour excès de vitesse.




vendredi 15 mars 2013

Comment garder ses facultés ?

Parlons un peu d'enseignement supérieur en France.

Pas en Argentine, avec l'université catholique et jésuite que dirigeait indirectement le nouveau pape dans les années 70. Ni au Vatican avec l'une des plus belles bibliothèques au monde.

En France, dans le même domaine, avec l'acceptation par Sarkozy en 2008 puis le refus proposé par les Assises de François (à ne pas confondre avec le François d'Assises) de reconnaître les diplômes délivrés par le Vatican dans les écoles et instituts catholiques supérieurs en France. On ne sait pas où on en est vraiment et les étudiants inscrits découvrent souvent après coup que leur diplôme est valable au Vatican mais pas reconnu en France. Situation trouble, diplômes obéissant à leurs propres règles. Un peu plus de flou dans un monde de plus en plus marchandisé où l'on peut acheter presque tous les diplômes en ligne.

En France, avec la discussion imminente du projet de loi sur l'enseignement supérieur, suite à ces mêmes Assises de France. Les débats font rage. Le CNESER, haute autorité de l'enseignement supérieur et de la recherche en France, a émis un avis partagé le 25 février, qui équivaut à un oui. C'est un vote historique pour cette instance habituée à des refus plus tonitruants. La division de ce domaine entre les acteurs est en effet patente depuis longtemps. A l'époque de la loi sur l'autonomie universitaire, la LRU, le vote consultatif avait été négatif mais le projet avait été ensuite proposé et adopté quand même par le Parlement. D'autres acteurs s'en mêlent, comme le think tank de gauche Terra Nova. Les universitaires savent écrire et aiment ça. Ils aiment argumenter et savent le faire. Donc ils le font. Ils aiment lire aussi. Allez voir ici pour les différentes plateformes de livres et revues scientifiques libres en ligne. Sans compter les multiples blogs tenus par des scientifiques sur ces sujets de politique.

En France, on se prépare aux manifestations, assemblées générales et grèves, comme d'hab. Comme ici, le 2 mars, avec sa motion finale ici. Quelques belles manifs à venir (après le réchauffement évidemment).

Toujours dans ce projet de loi, il y a une mesure pour appuyer officiellement les cours donnés en anglais dans les universités et écoles supérieurs françaises. Cette mesure logique est contestée par les vieux militants de la francophonie et par les professeurs de français, ainsi que par des écrivains plus ou moins célèbres. La polémique enfle, le Salon du Livre approchant. Pétition ici ou ici. La journée de la francophonie et la semaine de la langue française c'est le 20 mars et la semaine prochaine. Pour le moment les réactions officielles de la Francophonie officielle sont très, très timides.

Dernier jour de l'hiver froid et long pour le français ou premier jour d'un renouveau printanier ? A vous de choisir.

Entre l'anglais et le français, Z Lartiste a choisi ;)