samedi 8 avril 2017

Les Fillon ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait

Sans paraphraser Michel Audiard. Dans le genre tonton flingueur, Fillon y va de plus en plus fort.

En se comparant à Vercingétorix qui a gagné contre Jules César à Gergovie, il place Macron en empereur. Macro se déclare jupitérien d’ailleurs mais ce n’est pas tout-à-fait la même chose et il ne donne pas l’impression de se sentir sorti de la cuisse de Jupiter. Le petit Fillon contre le grand Macron ??? Un aveu de faiblesse qui fait l’impasse sur l’Histoire. Rendez-vous à Alésia (ligne 4) quelques mois après Gergovie ? Un style bien ridicule qu'on croyait disparu depuis les discours de Sarkozy. Sarkozy qui vole au secours de l’ambulance Fillon dans les deux dernières semaines, pour qu’on ne l’accuse pas d’avoir laissé perdre son camp, et pour reprendre le rôle qu’il préfère, celui de l’homme du recours. Lorsque Fillon parle de César comme le favori des sondages, il a une vue bien bête de l’Histoire. César était le meilleur des généraux de son temps, mais à ce moment là il n’avait pas encore franchi le Rubicon avec ses troupes, En Marche vers Rome.

Fillon tient son grand meeting parisien ce dimanche. Il aime bien le dimanche, ça permet de faire venir plein de gens sans qu’ils ratent la messe. Sera-t-il enfariné encore une fois ? Aura-t-il eu le temps de faire nettoyer son costume chic ? Le suspense est terrible. C’est pourtant un titre de gloire de se faire enfariner ou entarter. Il devrait être fier, non ? Quand on pense à tous les bretzels alsaciens qui auraient pu être réalisés avec cette farine gâchée...

Je suis le seul qui ait un cap, que dis-je une péninsule enfarinée !

Fillon en veut aux journalistes, aux juges, aux suppôts de Satan que sont les gens au pouvoir. Il a dit : «  Dans la société contemporaine d’hypercommunication, le secret des sources des journalistes doit être adapté au respect des droits des personnes physiques et morales sans porter atteinte à la liberté d’expression »... Incroyable, hein ? pour celui qui pourrait être le gardien de la Constitution et celui qui incarne la France et ses droits. Peut-être devrait-il se faire soigner ? Un gâteau sarthois à base de farine ? Un sablé ?

Les sondages ne sont pas tendres avec Fillon, car il se fait rattraper par Mélenchon, dans cette course à quatre maintenant : Macro et Marine, Fillon et Mélenchon. Hamon est lâché mais tiendra bon jusqu’à l’absurde. Les politiciens se foutent de plus en plus de la présidentielle, car ils pensent que le Président élu devra composer avec une majorité éclatée, recomposée vraisemblablement. Même Fillon sait qu’il devra le faire, vu l’état de fronde chez les Républicains s’il est élu par hasard. Les sondages ne sont pas tendres mais les commentateurs non plus : nombreux sont ceux qui qualifient la campagne de Fillon de pathétique, ridicule, honteuse pour un homme qui se veut d’Etat.

Il reste deux semaines avant le premier tour.
Dans l’état actuel du quarté gagnant, on aurait au second tour, sauf surprise colossale, du genre ralliement de  :
Macron-Marine : le duo attendu par les sondages, extrême contre centre
Macron-Fillon : le duo droite-gauche classique selon Fillon
Macron-Mélenchon : le duo de styles, la chute de la droite massivement rassemblée
Marine-Fillon : 2002 revisité, l'horreur
Marine-Mélenchon : le duo le plus roublard et grande gueule, et tant pis pour l'Europe
Fillon-Mélenchon : le duo droite-gauche classique selon Mélenchon

Enthousiasmant, hein ? Comme je vous le disais, Fillon c’est l’homme du classique, du clivage et du passé revisité. Brrrrrrrrrr.

vendredi 7 avril 2017

Le poids des bombes, le choc des photos

J'écrivais hier à propos de Trump : 
La guerre comme solution aux problèmes intérieurs ? Pas une nouveauté !

La frappe ciblée d'hier soir (ici en Amérique) en est un exemple frappant et rapide. En pleine visite du President chinois dans le Trump Palace... En réaction à l'attaque chimique d'El-Assad contre sa population, une parmi d'autres, mais cette fois avec des photos horribles d'enfants morts - voir la Une de Libération hier. Dans notre société, les images changent tout, surtout celles de "beautiful babies" comme dit Trump. 

 

En pleine visite officielle de la Chine ? Justement, le seul grand pays qui adopte une position mesurée entre Trump et Poutine. Aucun rapport avec la Corée du Nord au menu des discussions entre deux trous de bombes golf. Trump a choisi un moment fort pour bombarder. Histoire de marquer sa silhouette musclée ? Ou moment-clé ? Moment-clé assurément. 

Une frappe de vengeance / unique / limitée ? Une frappe qui divise en camps prévisibles en tous cas. Résumé des camps ici, vu du Canada français comme dit Google. Précisons que le Canada n'a pas encore réagi à l'heure matinale de ce billet. 

 

Certains soutiens de Trump aux USA, et il y en a, sont choqués par leur Président qui s'était pourtant engagé à ne pas déclencher de nouvelle guerre au Moyen-Orient. Le hashtag #NoMoreWars commence à apparaître sur les réseaux sociaux. Trump n'est pas un diplomate, nous le savons tous, et ses solutions satisfaisantes ressemblent plutôt à des poussées d'herpès : rapides, avec plein d'effets indésirables. 

En prouvant qu'il existe "Je bombarde donc je suis" Trump agit comme on le pensait : le pire President américain depuis des lustres. A force de vouloir prouver qu'il n'est pas pro-chinois, pro-européen, pro-russe (histoire de dégonfler les accusations de collusion avant son élection), Trump ne va pas tarder à être anti-américain ! Paradoxe classique des coups de gueule des matamores. Obama n'était pas intervenu en 2013 dans des circonstances similaires car les russes s'étaient engagés à empêcher Bachar d'utiliser d'autres armes chimiques. En intervenant, Trump paradoxalement rapproché un peu plus les russes des syriens. En décidant seul d'intervenir, Trump agit contre son Parlement, contre l'ONU. IL N'aurait consulté que... les anglais !!!

Enfin quelques mots sur la campagne présidentielle en France. Macron était à la télé hier et il a encore une fois condamné Bachar. Fillon et d'autres ont été plus gênés sur ce sujet puisqu'ils soutiennent Poutine et Bachar, en tous cas partiellement. Depuis la frappe américaine, les réactions sont donc conformes aux lignes clivantes de nos chers candidats, même si presque tous se réfugient derrière l'ONU et le multilatéral que certains dénoncent pourtant régulièrement à grands coups de moulinets nationalistes. François retrouve, lui, un espace de parole (avec Angela, avec un Conseil de défense) lui qui était inaudible depuis des mois. 

jeudi 6 avril 2017

Coïncidences mondiales, que dis-je, galactiques !

Quelques nouvelles, ce matin, qu'il me plait de rapprocher. 

Ce matin ? Je suis à Montréal, sous une pluie qui aurait pu être de la neige avec un ou deux degrés de moins. Un printemps officiel qui tarde à venir, un entre-deux, un moment où la lassitude saisit les québécois en attendant un temps correct, sans même parler de l'été. C'est, à l'autre bout du monde, le moment qu'a choisi la Nature pour faire fleurir les cerisiers au Japon. Un moment court, une seule semaine. Un autre entre-deux. Ces phénomènes d'entre-deux me rappellent l'attente et le ras-le-bol en France par exemple avant cette élection présidentielle qui nous gave. Lorsqu'un Fillon passe son temps à se plaindre et à faire du chantage alors qu'il dit vouloir parler du fond, lorsqu'on voit le PS officiel et son pâle candidat pâlot en dessous des 10% refuser de s'allier à Mélenchon sous prétexte que le PS doit être présent, lorsque Macron se pose en libéral cassant les codes et amenant chacun à se demander où il est, lorsqu'on voit Marine goguenarde engranger les votes, et enfin lorsqu'on voit les fans extrêmes se déchaîner sur Twitter, on a envie de sortir de cette période. 

Aux USA, à quelques encablures d'ici, Trump est en pleine panique. Après ses précédents échecs internes, il cherche des coups d'éclat à annoncer. Aujourd'hui son nouveau juge à la Cour suprême doit être adoubé par le Sénat, ce qui devrait lui permettre de faire passer des décisions auparavant impossibles. Hier, il a dû changer de discours sur la Syrie, en menaçant d'agir seul (contre les russes et Bachar), face à une indignation populaire grandissante. Le Conseil de sécurité vote aujourd'hui sur une résolution contre cet usage d'armes chimiques, mais la Russie de Poutine opposera son veto. Trump en profite pour recevoir le président Chinois dans son club de luxe en Floride. A-t-il capté que les clubs de luxe sont interdits aux dirigeants chinois ? Bof, il s'en fout, du moment qu'il peut aussi se battre contre la Corée du Nord soutenue en gros par la Chine suivant le sens du vent. La guerre comme solution aux problèmes intérieurs ? Pas une nouveauté !

D'ailleurs tout cela me fait penser aux circuits de décision et à leur vaste palette : l'autocratie avec des décisions imposée par un seul, ou par quelques-uns dans des domaines disjoints ; l'unanimité qui suppose des efforts importants pour trouver un sujet réellement capable de générer une telle unanimité, sans qu'un quelconque droit de veto ne s'exprime ; le consensus, en général mou et diplomatique, pour lequel aucune opposition forte ne s'exprime mais aucun enthousiasme non plus ; le vote majoritaire, plus ou moins égalitaire selon les règles qui déterminent qui peut/veut voter, et qui dans certains cas ne permettent pas d'élire le meilleur candidat ; le tirage aléatoire ou l'algorithme...

Et puis, et puis, cette nouvelle. Miam !!! Lorsque la neige, l'eau, les fleurs, le sable, l'épice et le pouvoir se rejoignent pour nous promettre des jours meilleurs... On est impatients. 


mercredi 5 avril 2017

Retour (très) rapide sur #leGrandDébat

C'est théoriquement à propos du Grand Débat à la télé d'hier soir qu'un blogueur consciencieux devrait bloguer aujourd'hui. Seulement voilà...

- Je suis au Québec cette semaine et les horaires tombent mal quand on travaille, avec les 6 heures de décalage qui correspondent à peu près à un quart de notre belle planète sphérique, comme une orange (bleue évidemment) qu'on couperait en quatre quartiers. Pardonnez cette redondance puisqu'il ne devrait y avoir que quatre quartiers, sinon on devrait dire onze onzetiers de candidats. 

- Ce genre de débat n'a d'intérêt qu'en direct, ou alors il suffit de regarder le lendemain les morceaux choisis, les meilleures petites phrases, punchlines ou coups de ligne comme on ne dit pas en québécois, puis qu'ici on dit simplement le punch. Il y a en effet les phrases dites puis les tweets dessus qui les critiquent ou les subliment. Des discours et des méta-discours. 

- Il semble que les défenseurs des travailleurs se soient bien défendus. Dignes héritiers des Laguiller et Krivine, Arthaud et Poutou ont profité de cette réelle égalité du temps de parole pour bien en user. Fillon en a pris plein la gueule et le veston, Marine aussi, face à cette absence d'immunité ouvrière invoquée par Poutou. On attend avec impatience le procès que Fillon va lui foutre... Et que Poutou va intenter (causons français) à Luc Ferry - suppôt de Fillon - pour avoir confondu son T-shirt à col tunisien avec un Marcel dans un de ces tweets extrémistes chers aux supporters énervés de poulains pas en forme. 

- Sur le fond, je n'ai pas réussi à lire un article qui en parle vraiment. Tout se passe comme si le fond ne comptait pas. Seulement la forme. Poutou a réussi à être plus visible que Mélenchon ! C'est dire ! Il semble difficile d'envisager un deuxième débat à onze dans un format similaire. Celui de France 2 a d'ailleurs du plomb dans l'aile et encore plus depuis le débat d'hier. 

- Alors ? On se lasse. On n'attend plus que les clips à la télé pour voir ce qu'ils vont nous sortir. Comme pour les pubs à la mi-temps du Superbowl. En attendant ? On a les super boules ! Je vais me bouffer un PFK, moi, tiens. Un PFK ? C'est le nom québécois du KFC.