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jeudi 27 mai 2021

Le Klondike en Amazonie

Juste un peu plus d'un siècle de différence, mais sinon c'est pareil

De l'or, des indigènes et des territoires dévastés, un appui du gouvernement.

On est fin XIX° au Brésil, le nouveau Klondike...


Ah si, une autre différence : à l'époque les réseaux sociaux et l'internet n'existaient pas. Ni la conscience des indigènes (les indiens des cow-boys), ni celle de la planète et du rôle d'un des poumons de la planète qui semble maintenant produire plus de carbone qu'elle n'en retient, comme un puits à l'envers.

Juste un billet pour vous faire flipper.

lundi 8 octobre 2018

Hésitations lundinomatitudinales entre climat, Art et gouvernement : vive la poésie d'action

Olala. Je ne blogue plus assez souvent et aujourd'hui, patatras, il y a trois actualités qui se heurtent dans mon cerveau mal réveillé. Que faire, sinon parler des trois ? Sans oublier le lien possible entre elles, voir à la fin (Haha, ça c'est du tease ou je ne m'y connais pas !)

D'abord, le dernier rapport du GIEC, disponible ici en anglais of course, et d'ailleurs on appelle aussi IPCC ce groupe d'experts gouvernementaux mélangeant des scientifiques et des experts mandatés expressément par leurs gouvernements. Le rapport comprend un résumé pour les décideurs (qui n'ont pas que ça à faire, non mais) et pour les paresseux, il y a aussi les articles de la presse qui recopient des dépêches AFP, comme ici ou là. J'aime bien le titre de Libé d'ailleurs, car il rappelle que le "réchauffement" climatique est un mot qui ne veut pas dire chaud partout, puisqu'il s'agit d'un changement climatique et d'une exacerbation des extrêmes. Le rapport est pessimiste, comme il se doit. De moins en moins de solutions s'offrent à l'Humanité pour éviter des conséquences catastrophiques. Les experts alertent et les décideurs décideront. Même s'il y a eu consensus international (y compris Chine et USA) sur ce rapport à quelques broutilles près au niveau des experts, il est évident que le consensus politique n'existe pas, ni celui des industriels concernés.

C'est peut-être l'occasion de rappeler que lorsqu'on parle d'environnement ou d'éco-système, il faut inclure l'humain dedans : l'Humanité, nous, vous et moi. Le mot environnement risque en effet d'être trompeur en parlant de "notre" environnement sans nous y inclure, comme si c'était ailleurs, une part de l'Autre, dont évidemment nous ne sommes pas responsables et dans lequel nous essayons juste de vivre ou survivre. Et comme dans toute approche systémique, l'environnement est un ensemble où les relations sont multiples : changer quelque chose a des conséquences sur beaucoup d'autre choses. Alors ? Alors, si l'Homme change de comportement, le reste aussi changera. Non ?

Ensuite, à l'autre extrême de l'axe futilité-importance, il y a la dernière affaire Banksy. Deux publications sur Instagram la résument mais les journaux en font des gorges chaudes. Un et Deux. Cet événement est en fait plusieurs événements : une installation comme beaucoup d'artistes en sont coutumiers, une première mondiale puisque personne ne l'avait encore fait, un canular à la fois dans la réalité et sur Instagram, un immense coup de pub pour l'artiste, pour Sotheby's et, last but not least, une très bonne affaire pour l'acheteur qui vient en quelques secondes de voir multiplié par au moins 10 la valeur de l'oeuvre qu'il venait d'acheter, pourtant une simple reproduction d'un graffiti... L'ambiguïté du marché de l'Art est bien connue, et ceci en est une démonstration. Pourtant Banksy est un artiste qui combat efficacement certaines dérives de notre temps (voir par exemple ici). Le détournement artistique peut-il alors sortir de son environnement (le marché de l'Art) ou est-il automatiquement absorbé par ce monstre aux multiples gueules ? Vous avez 4 heures... Qui a dit détournement ?
Mise à jour le 17 octobre : Banksy a publié une vidéo plus longue (un Director's cut comme on dit) qui montre que le tableau aurait pu (dû) se détruire en entier...

Enfin, c'est la semaine du nouveau gouvernement en France, ce petit pays qui était à la manoeuvre lors de la COP21 à Paris et qui n'a pas pris énormément de mesures depuis. Ce n'est pas un moment crucial de l'Humanité ou en France, sauf peut-être le départ de la ministre de la culture, attendu par tous - et tant pus pour l'Art. On pense que le ministre de l'environnement va rester, sinon ça ferait bien court comme passage, quitte à ce que son portefeuille évolue à la marge. Je ne cie cet événement que pour ce qu'il vaut, comprenez-moi bien. Le vrai événement dont je parlerai ici est le Sommet de la Francophonie avec Macron et d'autres chefs d'État : il s'agira de confirmer l'actuelle secrétaire générale de l'OIF ou de la remplacer, a priori par Louise Mushikiwabo...

Louise, avant

Alors, un lien entre ces trois actualités ?

Non, finalement. Juste le fait que quand on est à l'écoute du monde, on enregistre des faits, divers et sans rapport - et bien au-dessus des faits divers banals - qui nous démontrent le vaste gouffre qui sépare nos vies quotidiennes des hauteurs où vivent les puissants. Et qui nous poussent encore plus à aimer la poésie en chacun de nous comme un remède au mal du monde et un puissant facteur d'action pour le changer, ce monde où nous vivons et que nous préparons pour la suite.

Cette poésie d'action qui est en nous et que nous ne devons laisser à personne : ni aux experts, ni aux artistes, ni aux marchands, ni aux politiques.




mercredi 29 août 2018

Hulot en vacances

En attendant Godot le remplaçant de Hulot, si on revenait un peu sur la démission de Nicolas Hulot du gouvernement ?

Si vous ne l'avez pas entendu sur France Inter (en direct ou en podcast), voici le verbatim de l'annonce de sa démission. À lire/écouter avec attention pour bien comprendre que toute tentative de récupération politique ou industrielle est vaine, de la part du gouvernement, de toutes les oppositions et même des écolos "officiels". Cela n'a pas empêché depuis lundi tout un tas de responsables politiques et de médias de récupérer, mais on est habitués maintenant à leur attitude insouciante. Chacun en prend pour son grade, un exemple ici dans Les Échos.

Ce qu'il dénonce, une fois de plus, est le peu d'importance pour les responsables de notre société de l'écologie et du long terme : écologie évidemment, au sens complet du concept, et long terme, c'est-à-dire au-delà de la durée des mandats électifs et des durées de vie des responsables. Il le dénonce non seulement chez les responsables politiques, mais aussi dans les autres compartiments de la société, industriels, syndicats, financiers, militants écolos ou anti, et particuliers. Une forme ancienne de protestation qui n'a pas réussi à trouver d'expression efficace, suivie d'actions, dans ce domaine.

Au-delà de sa personnalité et de son aura, sans parler vraiment de son statut de star, Hulot est l'un des rares représentants visibles de cette écologie théoriquement désirée par beaucoup et pratiquement prioritaire pour très peu de gens. À cette heure on ne sait pas comment il sera remplacé (un ou plusieurs ministres) et quelles seront les inflexions de la politique du gouvernement dans les principaux dossiers en cours. Dans son discours aux ambassadeurs, lundi soir (avant la démission surprise), Macron avait parlé (un peu) de l'accord de Paris sur le climat. Je note cette phrase : "Cette diplomatie environnementale est majeure pour répondre à ce grand bouleversement du monde. Elle est majeure parce qu’elle caractérise l’engagement français et européen en la matière, parce qu’elle permet de nouer de nouvelles alliances, en particulier avec la Chine et plusieurs autres puissances, et donc construire, là aussi, nouvelle forme de coopération internationale, et parce qu’elle permet très profondément de répondre à nos intérêts, sur le court, moyen et long terme."Hum... On verra à la COP 24, en décembre en Pologne, non ?

Les fans de SF savent bien que le thème de l'écologie est un grand classique. Nombre de romans, de nouvelles, de séries et de films ont pour cadre des catastrophes écologiques crées par l'homme. Dune, Le monde vert, Le troupeau aveugle, la trilogie Mars sur sa terraformation... Soleil vert, Avatar, Wall-E, Princesse Mononoké, Le jour d'après, Interstellar, Mad Max... Il y a pourtant une différence entre réalité et fiction, même si la science est dans les deux. Nous ne vivons pas dans un film mais dans une réalité qui est là, que nous pouvons ou pas influencer. Ou pas ? On peut toujours influencer la réalité, même un peu, sans aller jusqu'au battement des ailes d'un papillon qui peut déclencher un ouragan. Reste à en avoir la volonté. Et à tenir compte du temps et de toutes ses dimensions : le temps immédiat, celui de nos instants successifs, le temps long à notre échelle, celui de notre vie, le temps long pour l'Homme, le temps à l'échelle géoclimatique...

La démission de Hulot n'est qu'un micro-événement, pas surprenant car attendu, même si le moment choisi a surpris tout le monde. Mais s'il peut nous faire réfléchir un peu sur l'environnement, tant mieux. Au-delà des affaires de petites et grandes personnes.


jeudi 30 mars 2017

Un grand pas pour la connerie, un petit pas en arrière pour le climat

Coup de gueule mesuré contre certains politiciens. 

Trump et Poutine pour ne pas les oublier. Tous les deux ont tenu des propos climatosceptiques éhontés très récemment. Trump en coupant les crédits à ses agence de protection de l'environnement, en nommant des lobbies pétrolier et charbonneux à des postes clés et en assurant que le charbon était l'avenir de l'Homme (américain). Et maintenant Poutine qui répète que le réchauffement climatique n'est pas et ne peut pas être de la faute de l'homme (russe). 

L'Europe reste tiède sur le sujet dans l'ensemble même si elle est beaucoup plus positive et morale. La Chine est en pointe, ce qui lui permet d'affirmer une image de puissance éveillée et veilleuse. Un clair signe avant-coureur de son futur statut de grande puissance, indubitablement. Puisque ça l'arrange, pour le moment, après avoir été traitée pendant des années de plus grand pollueur du monde. 

Lorsque les infâmes disent n'importe quoi sans aucune peur du qu'en dira-t-on, il est légitime de se demander comment agir contre ces orgueilleux égoïstes qui gouvernent le monde. Oui, que faire ?

Si j'avais une réponse, je serai l'homme le plus heureux du monde. Face à la vérité, le déni et la mauvaise foi sont des signes d'incompétence ou de malhonnêteté, voire des deux. En matière de climat, le temps est long, trop long pour ces politiciens futiles. 

Qui a envie de se retrouver (ou ses enfants ou petits-enfants) sur une Terre empoisonnée ? Qui a envie d'être obligé de mettre des œillères pour ne pas voir la misère du monde chassée par des crises climatiques ? Qui se satisfait de cette situation sous prétexte qu'elle n'arrivera pas ici - quel que soit votre ici - ou avant longtemps ?

La COP21 et l'accord de Paris sont déjà en sommeil, voire en hibernation. La France n'en parle plus puisque plus personne ne s'en occupe : Francois fait sa tournée d'adieu, les conseillers se recasent, Ségolène pense à son avenir international, au PNUD ou ailleurs, Fabius s'occupe de son futur rôle différent au Conseil Constitutionnel avec un autre PR. PR ? C'est comme ça que les hauts fonctionnaires appellent le Président de la République (notre POTUS à nous). 

Et pendant ce temps ? La Terre tourne. Le climat change. Trump et Poutine dansent ensemble la danse de la mort. 

samedi 25 février 2017

La vache

C’est le Salon de l’Agriculture, le cauchemar des papas fatigués de trimballer leurs bambins sur les épaules. François l’a inauguré tôt ce matin. Pas de manif contre lui car il est en bout de course et les agriculteurs attendent plutôt les candidats, leurs promesses, leurs réponses à des questions posées avec force et leurs touchers de cul de vache.

Fine, cette année, mais avant ?

Fine 2017

Cerise 2016, paix à son pis, elle est décédée en mettant bas après le Salon

Filouse 2015

Bella 2014

Aronde 2013
(Je m’arrête là, avant c’était Sarkozy, et pour les Miss France vous avez Google)

Fillon ira en plusieurs petites fois, histoire de fuir les mouvements de foule : en meeting, c’est facile, vu que la plupart des présents sont des fans, mais dans un grand Salon à 600 000 visiteurs, c’est autre chose. Il faut dire que le décalage de revenu est vertigineux entre un job fictif et un autre bien réel du matin au soir à la ferme. L’ouverture officielle d’une information judiciaire avec trois juges d’instruction est un mouvement clé dans ce dossier : il assure que l’affaire ne sera ni enterrée ni prescrite, même si rien de grave ne se passera avant les présidentielles (et peut-être pendant dix ans après) ; mais il confirme qu’il y a assez d’éléments pour instruire, et pas seulement le couple expert en optimisation financière, mais aussi d’autres éventuellement, des enfants au suppléant. On est donc bien loin de l’agriculture, aussi loin qu’un manoir bourgeois de notable d’une fermette avec quelques hectares, même dans la Sarthe.


Les autres candidats défilent en rafale, histoire d’avoir de belles photos.

En 2016 : Le Salon le plus difficile pour un François hué de partout, avec ce monstre croisé au détour d’un rail


En 2015 : Sarkozy, McDo et la mal bouffe
En 2014 : En pleine campagne... des municipales
En 2013 ? Euh, je n’en avais pas parlé de ce Salon là à l’époque. Même pas une allusion... sauf à considérer celle-ci.


Les vaches c’est important, mais ce n’est pas non plus la fin du monde. Les IgNobel de 2013 avait d’ailleurs récompensé un travail fondamental en Probabilités sur la vache. On n’a pas vu de vache aux César d’hier, juste la femme de George Clooney enceinte. Et aussi une vache qui s’est échappée du Salon (pour aller aux César ???). Oh la vache !

lundi 13 février 2017

Murs ?

Aux USA les murs ne sont pas en forme. 

Le Mur de Trump au Mexique est toujours dans les limbes pendant que Trump s'est vu refuser son décret anti immigration-arabe par une justice aussi indépendante qu'elle doit être dans un état de droit. Ils nous promettent un autre décret en attendant de pouvoir vraiment fermer les frontières. Et puis un autre et encore un autre si la Justice continue à contrarier le POTUS. Pendant ce temps les mexicains durcissent leur position. 

Les murs intérieurs cèdent aussi. Les arrestations et expulsions d'immigrés clandestins se multiplient. En d'autres temps on aurait dit des rafles. Et beaucoup de ces immigrés qui se sentent en danger quittent les USA par le Nord pour aller au Canada puisqu'il n'y a pas de mur là-bas et que les policiers américains se foutent des gens qui partent. Trudeau en profite pour venir voir son voisin et ami Trump. Ambiance. Vivement le prochain Sommet de l'ALENA. 

Comme métaphore des USA on notera aussi ce fait divers à Oroville en Californie du Nord. Le plus haut barrage américain a des fragilités et plus de 180 000 personnes ont été évacuées depuis hier. Lac plein à cause des pluies, déversoir avec un gros trou dans son mur (belle photo, non ?), obligation de réduire le débit du lait de l'eau, déversoir de secours troué également, danger d'écroulement de ce déversoir ce qui équivaudrait à l'écroulement partiel du barrage, pluies attendues cette semaine. Un bon scénario pour un n-ième film catastrophe. Même si les américains sont habitués aux exodes massifs en voiture à chaque catastrophe naturelle. 

 

 

Comme quoi, un mur c'est bien mais encore faut-il que le sol en-dessous tienne et qu'on investisse aux bons endroits. Une métaphore ? Oui !

Tout cela ne risquerait-il pas d'arriver en France si les Le Pen passaient ? Meuh non, nos murs sont solides, nous !...

samedi 21 janvier 2017

Journée nationale des fleurs

Nationale ? Fleurs ? Quelle nation ? Quelles fleurs ?

A Amsterdam, aux Pays-Bas, c'est la journée nationale de la tulipe (si, si). Ca ne vaut pas le grand tapis de fleurs de Bruxelles en août mais c'est bien aussi.


A Paris, en France, c'est ja journée socialiste des roses, à quelques heures de la primaire et alors que la campagne est officiellement close. Attention aux épines. On peut déjà prévoir qu'il y aura cinq blessés sur sept.

ou au choix   

A New-York, c'est la journée officielle des PussyHats roses, une autre sorte de fleur, plus macramé et broderie que naturelle, mais très rose (voir mon image d'hier...). On espère que les défilés seront plus intéressants que la répétition :




Vous reconnaissez ce style d'affiche, bien sûr. C'est le même artiste

Sinon, c'est évidemment le 21 janvier, un jour hautement symbolique pour le pouvoir (et la tête de veau). Mais c'est donc aussi l'anniversaire de la naissance de Christian Dior en 1905 en pleine loi sur la laïcité, un amateur de fleurs et de leurs parfums.

   et   
fleurs d'ici pour là (c'est pas moi, je le jure)

Bon, enfin, et c'est pas pour casser l'ambiance, mais quand même, j'ai Googlisé "Fillon fleurs" et je suis tombé sur ça... J'en suis encore tout retourné. Il faut dire que Marine Le Pen a choisi une rose bleue comme emblème et que Fleur Pellerin a quitté la politique pour le business. Elle sera d'ailleurs "grand témoin de la Francophonie" pour les JO d'hiver de 2018 en Corée. Ah, les joies d l'indexation par une "intelligence" artificielle.


Et pour la route, l'emblême des JO de 2020 au Japon ;)



PS si j'ose dire : hier on a vu une fleur bleue, à ne pas confondre avec celles de Queneau. 
Le rêve continu(e) ?

mardi 17 janvier 2017

Facteur vent ? Coup de froid climatique et politique

En France, on se met à parler basse température dès qu'il y a une petite brise fraîche, ce qui fait bien rigoler les québécois entre autres. On a beau alerter sur le fait qu'on est en hiver (au creux même de l'hiver entre mi-janvier et mi-février) et que cet épisode de froid est tout ce qu'il y a de plus normal, on ne se refait pas. Dès qu'il y a un centimètre de neige ou de glace, le pays crie au scandale et critique le gouvernement. C'est juste un signe de plus que la France est plutôt un pays du Sud.

La température ressentie, ou facteur vent comme on dit plus souvent, ou refroidissement éolien pour faire pédant, est ce qui caractérise l'effet froid quand il arrive au contact de notre peau en présence d'un vent même faible. C'est physiologique en vrai (lire la rubrique "Effet" de l'article de Wikipédia que vous trouverez plus bas) mais aussi psychologique. La formule pour calculer ce facteur vent est empirique et a été inventée au Canada


Fastoche, hein ? L'article de Wikipédia montre une abaque, c'est-à-dire un tableau qui permet à la fois de voir les valeurs et de mesurer les risques pour l'être humain non emballé dans des couches de protection, dont la plus importante est la plus extérieure, puisque c'est elle qui permet de minimiser le vent. En gros dans des conditions françaises, on perd facilement entre 8 et 12° ressentis dès qu'il y a un vent normal. Brrrrr
Extrait de ce très bon blog

Tout cela n'a rien à voir avec le froid anglophone qui s'abat sur l'Europe. Trump a signé un interview dans deux journaux (allemand et anglais) pour parler de l'Europe telle qu'il la voit. L'opposition est frontale entre une Grande-Bretagne adulée (et une Madame May efficace) et une Allemagne contestée (et une Angela maladroite mais avec laquelle on fera quand même du business). Pas un mot sur la France, à la traîne et mal engagée. On sent bien qu'il faudra au prochain président (présidente ???) beaucoup ramer pour redevenir un partenaire politique des USA de Trump. Gros coup de froid donc puisqu'aucun journal français n'a été invité pour cet entretien, mais autre coup de gel attendu aujourd'hui avec l'annonce par Madame May de sa stratégie pour le Brexit. Un discours attendu avec tremblements.

En politique, le facteur vent existe aussi. Ce sont les médias qui jouent le rôle d'Eole en soufflant le chaud et le froid à tout propos. Le quatrième pouvoir est celui des médias (dans le vent). Eux aussi sont capables de provoquer l'effet papillon (un battement d'aile d'un papillon qui se transforme en cyclone à l'autre bout du monde) à partir de n'importe quelle rumeur ou d'un simple tweet.

Gros coup de froid politique donc sur l'Europe et particulièrement la France cette semaine. Et pendant ce temps, François vaque à ses occupations avant de s'envoler pour le Chili et la Colombie pendant l'investiture de Trump et le premier tour de la primaire à gauche. Déconnexion ? Vous avez dit déconnexion ? En tous cas un signal fort pour ceux qui veulent le voir. Ca s'appelle gérer les affaires courantes.


lundi 16 janvier 2017

De l'air, de l'air

Vignettes Crit'Air obligatoires à Paris depuis ce matin. Détails ici par exemple ou sur le site officiel pour l'obtenir.

C'est donc à Paris la fin de la circulation alternée, puisque la prochaine fois elle sera remplacée par une circulation différenciée, selon la couleur de votre vignette Crit'Air. Sachant que les vieux véhicules ou trop polluants n'ont pas le droit d'avoir une vignette et que celle-ci sera obligatoire pour circuler certains jours, les contrôles seront facilités : pas de vignette, stop (ou même PV si les caméras vidéo s'adaptent à terme).

Pour le moment, ceux qui n'ont pas de vignette seront arrêtés de temps en temps, histoire de leur faire perdre du temps et de les sensibiliser. Ceux qui n'en ont pas besoin seront sanctionnés puisque Paris leur est interdit sauf les week-end et les nuits, ceux qui l'auront simplement oubliée seront rappelés à l'ordre public. On peut imaginer que certains voudront tricher en imprimant de fausses vignettes ou en en demandant à un de leurs amis, mais c'est plutôt risqué et idiot. Cela dit, les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'Audiard les reconnaissait. On imagine déjà certains journalistes de chaînes d'information continue conduisant sans cette vignette pour voir s'ils sont contrôlés. Bon courage !

Heureusement que les traversées de Paris (comme celle d'il y a une semaine) se déroulent le dimanche. Ca permet à toutes sortes de vieilles guimbardes de circuler. Il faut quand même qu'elles réintègrent leur garage ou qu'elles quittent Paris avant le lundi matin... Rendez-vous le 5 février à Vincennes pour la prochaine rencontre.


Je connais au moins une personne qui a acheté une voiture (d'occase) immatriculée paire justement pour pouvoir circuler alors que sa moto est impaire, au cas où. Dommage pour elle ! J'espère au moins que cette voiture ou cette moto auront une vignette de 1 à 3... Tout cela est bon pour l'industrie automobile, les voitures neuves et les occasions récentes. Lors du débat d'hier, les candidats de gauche à la primaire ont beaucoup parlé d'environnement et de pollution. Le problème du diesel a agité le débat à un moment, entre impact économique et impact écologique. Voir ici mon billet de blog en direct.

Les pare-brise se remplissent donc petit à petit : la carte verte, le contrôle technique, la vignette Crit'Air, la vignette normale (Ah zut, elle a été supprimée depuis longtemps), le caducée (pour faire croire qu'on est médecin et qu'on peut se garer partout), le macaron bleu-blanc-rouge (pour faire croire illégalement qu'on est un élu de la Nation), l'auto-collant des pompiers (pour attendrir les contractuels) et celui de l'amicale des orphelins de la police (idem), l'auto-collant de télépéage pour plusieurs autoroutes, l'autocollant pour accrocher votre téléphone et votre GPS, les accessoires décoratifs et pour les clubs de supporters, la carte handicapés, le pare soleil... Vivement les voitures autonomes et automatiques...

lundi 7 novembre 2016

Billet (vert) publié (bien) après 16h34

Actualités d'un lundi pluvieux, froid et neigeux (faiblement) à quelques endroits. Je ne parle pas de Paris où le moindre flocon fait se pâmer les journalistes, sans aucun sens ds proportions...

Le 7 novembre à 16h34 est le moment calculé cette année pour la France pour indiquer le décalage de salaire entre hommes et femmes. Après ce moment précis et jusqu'à la fin de l'année, une femme en moyenne n'est plus payée (et travaille) alors qu'un homme est payé normalement (et travaille). C'est un calcul artificiel, moins intéressant que celui des femmes islandaises dont j'ai parlé ici, car les écarts sont différents entre un temps journalier qui finit à 17h et un temps annuel qui finit au 31 décembre Mais il a valeur de symbole sur des écarts qui subsistent, même en prenant en compte tous les paramètres : travail égal, même nombre d'heures et de jours de travail, conditions, etc. Ce billet est publié bien après 16h34, pas parce que je suis un homme, mais parce que je n'ai pas pu auparavant...

Les Verts ont choisi d'annoncer les résultats de leur primaire après ce moment (à 19h) pour être sûrs, puisque le deuxième tour mettait face à face une femme et un homme (tous deux ex-Greenpeace quand même), Michèle Rivasi et Yannick Jadot. C'est l'homme qui a gagné ? la femme ? Bingo, c'est Jadot, l'homme donc. Ça vous intéresse, hein ?

Pendant ce temps, à Marrakech s'ouvre officiellement la COP22. Rien à voir avec la COP21 de Paris qui était politique et décisionnelle. Celle-ci est technique, sur le "comment" on va arriver à mettre en oeuvre ce foutu accord de Paris, même s'il est entré en vigueur... Ségolène y parade en attendant de passer la main à un marocain, pendant que Fabius donne des interviews puisqu'il n'a pas le droit de faire autre chose. C'est donc une COP22 technique, qui sera traversée par les élections américaines dès son démarrage avec des scénarios très divers suivant le ou la présidente élue et suivant la composition du congrès américain. Car si les américains se dédisent, l'accord de Paris aura pris l'eau... Un joyeux mélange entre vert et billets vert et même vertitude comme aurait pu dire Ségolène.

Et enfin, suite au décret ignominieux qui officialise le fichage d'Etat de tous les français en mélangeant le fichier des passeports et celui des cartes d'identité, la ministre du numérique s'est réveillée comme le CNNUM et la CNIL. Mieux vaut tard que jamais. Face à la volonté du ministère de l'intérieur de faire des économies et en passant d'optimiser notre contrôle - rêve de tous les ministres de l'intérieur depuis avant même la royauté - le réveil est bien tardif. Un autre signe que la liberté individuelle est mal barrée (sauf pour le Vendée Globe).  

vendredi 4 novembre 2016

(G)ratifications primaires

Le mot primaire évoque plusieurs choses aujourd'hui. J'en parle en les classant par ordre d'importance décroissante, les premiers étant les plus importants.

Aujourd'hui est entré en vigueur l'accord de Paris suite à la COP21. Il a été en effet ratifié par les deux majorités nécessaires au plan mondial. C'est une bonne nouvelle avant le début de la COP22 qui commence lundi à Marrakech. Les délégués vont pouvoir se concentrer sur les mesures à prendre - et il y en a - plutôt que sur les négociations de couloir pour attirer ou non des pays dans le paquet des signataires. L'urgence est évidente de tous côtés, malgré les rares derniers climatosceptiques comme ici ou comme Sarkozy, l'ami de Bolloré et de Bouygues. Les Etats sont déjà en retard, la planète avançant plus vite que prévu vers son été caniculaire. Rappelons que l'accord de Paris n'est pas contraignant pour les Etats (sinon Obama n'aurait pu le signer sans un accord impossible d'un Sénat américain aussi Trumpien que Trump himself). Mais maintenant que cette étape est franchie, arrive celle que préfèrent les hommes politiques : agir, ou plutôt ne pas agir après avoir parlé à la tribune. Même en France, le dynamisme (si, si) de François bute sur les industriels du charbon qui menacent de fermer des centrales, ce qui n'est jamais bon à quelques mois des élections. En Allemagne, c'est pire dans la Rhur. Il n'empêche, c'est une ratification gratifiante.

Dans un autre registre, plus bas dans les priorités et en-dessous de la ceinture, ce week-end est organisée une vente aux enchères incontournable à Paris, celle des objets du Musée de l'érotisme à Pigalle qui ferme, faute de visiteurs. Article avec photos ici et catalogue de la vente chez le maître priseur. C'est une perte pour le quartier blanche (hum hum) et c'est un peu primaire, surtout parce que beaucoup de pièces sont des reproductions sexuées. Il n'empêche c'est un moyen de se faire gratifier dans le sens ancien du terme, un peu péjoratif, du genre onze mille verges. Allez je vous mets une photo, une gratte, mais c'est juste pour augmenter le nombre de visites.


Enfin, la dernière nouvelle du jour, la plus basse, bien au-dessous de la ceinture, c'est le deuxième débat des primaires qui a été diffusé hier soir. Vidéo intégrale ici pour les masochistes qui ne seraient pas rassasiés par la nouvelle précédente. Les petites phrases et attitudes ont été et seront disséquées un peu partout, ainsi que les vérités fausses décodées. Quelques belles insultes. Je ne m'attarderai que sur la dernière séquence, le mot final de chaque candidat, après plus de deux heures et demie de débat. Revue de détail :

Fillon
Querelles intestines, non ! Une anaphore sur "Je veux être le président" et "Choisissez"
Juppé
Discours de président avec du recul. Courage, pas de changement de cap tous les six mois. Chicayas politiques, non ! Espérance française
Sarkozy
Je. J'ai l'expérience. J'ai appris. Je connais. J'ai la volonté. Je sens que je peux. (Quoi ? Il n'a pas dit)
NKM
Burkina, gaulois, invasion centriste ? Pffffft. Extrême droite, non. Vive Chirac !
Copé
Comme Zorro, la France à cheval ! Une vision décomplexée, libérer les boulets. Peur de la gauche caviar ? non.
Poisson
Etat régalien et fort, un peuple avec ses solidarités naturelles. Changement de cadre.
Le Maire
Les derniers seront les premiers ? La Nation, un combat culturel et linguistique, l'Histoire. Les lois religieuses ? non. Un visage neuf.

Je ne voterai pas à ces primaires gratifiantes, au fait.


samedi 1 octobre 2016

Sale temps pour les États, de l'ICANN à la COP21

Le monde est divisé en États, divisés entre eux bien trop souvent, sans parler des États divisés en leur sein. 

Il y a plusieurs moyens pour combattre cette division du monde, c'est ce qu'on appelle les initiatives multilatérales, par opposition aux négociations bilatérales pilotées en général par un État puissant face à des États plus faibles. Parmi les exemples de multilatéral il y a l'ONU et ses agences ou l'Union Européenne. 

Deux événements marquent cette tendance, par hasard en même temps. 

L'Union européenne a pris une décision historique hier à propos de la COP21. Les ministres de l'environnement ont en effet réussi le tour de passe passe d'autoriser la ratification de l'accord de Paris par le seul Parlement européen, sans être obligés d'avoir des ratifications dans chaque État. Quelques États ont déjà ratifié, bien sûr, comme la France, mais là il s'agit des 28 simultanément. Le vote au Parlement européen aura lieu le 4 octobre et il est acquis d'avance. Ça tombe bien car la date limite était le 7 octobre pour avoir le droit de participer aux négociations lors de la COP22 le 7 novembre. En plus donc, dès ce mardi, l'accord sera donc considéré comme officiel et en vigueur puisque les nombres minimum auront été dépassés. 

Évidemment, il reste à appliquer cet accord, mais du point de vue multilatéral, la révolution est ailleurs : un accord international est ratifié directement par l'UE sans passer par les États séparés. C'est une première, qui inquiète certains (petits) États. Quid d'autres accords internationaux ? On pourrait penser que c'est une péripétie. Non. C'est une décision majeure. Et lorsque les britanniques se seront retirés, ce précédent risque d'être encore plus utilisé. A moins d'un accordus interromptus toujours possible. 

Dans un autre registre (Haha ceci est un jeu de mots pour initiés) l'Internet a connu cette nuit une révolution majeure, attendue depuis des années. Les USA ont abandonné le contrôle total du DNS qui était assuré depuis le début de l'Internet par une organisation US, appelée IANA, en le confiant à l'ICANN une organisation multilatérale originale qui existe depuis une petite vingtaine d'années. Cela ne change rien pour l'utilisateur final, vous pourrez toujours acheter le domaine jefaisnimportequoi.xyz. Le DNS c'est un peu l'annuaire des noms de domaine et des milliards de machines sur l'Internet, un de ces trucs indispensables mais réservé aux spécialistes. 

En fait les USA faisaient face à une coalition de plus en plus forte contre ce contrôle US, principalement d'Etats ou de regroupements multilatéraux comme l'UE. Une autre possibilité aurait été de confier le contrôle du DNS à une agence de l'ONU (l'union internationale des télécommunications, qui essaye depuis des lustres de prendre le contrôle de l'Internet) mais ce multilatéral là fait peur : il y a dans le tas des États aussi démocratiques que la Russie ou la Chine par exemple, pas vraiment des amis intimes des américains. 

L'ICANN a un modèle original de gouvernance, multi parties prenantes (multi stakeholders), associant les États mais aussi les grandes compagnies, les universitaires, les spécialistes et des organisations internationales variées. Grâce à cette décision, l'Internet s'internationalise un peu plus même si le poids américain y reste prépondérant : il y a les GAFA par exemple et le fait que l'ICANN reste pour le moment en Californie. Les Républicains se sont opposés à cette décision, bien sûr, mais Obama tenait à ce qu'elle soit prise avant les élections US. Une dernière tentative a échoué hier pour obliger cette décision à passer devant le Congrès (majoritairement républicain). Elle venait entre autres du Texas. 

Alors, sale temps pour les États ? Peut-être pas totalement, mais c'est un signe important amha. 

lundi 26 septembre 2016

Attention piétons

Le Conseil de Paris a approuvé ce jour la piétonisation des berges de la Seine sur la rive droite. Une délibération attendue depuis longtemps et qui signe le début politique officiel du processus pour lancer le projet.


Après le dimanche sans voitures d'hier, certains parisiens ont pu constater combien Paris était agréable sans presque aucune voiture. Il y avait les taxis et quelques véhicules d'urgence par-ci par-là, mais dans l'ensemble peu de connards en infraction. Il faut dire qu'il y avait des barrages entourant une large zone au centre de la capitale. On a quand même pu voir des voitures banales qui avaient réussi à se glisser entre les mailles du filet ou parce que leurs conducteurs les avaient laissé là pendant la nuit. On a vu des fous (comme d'hab) à toute vitesse dans les rues désertes, sans aucun respect pour les 20 km/h et pas mal de scooters et autres motos qui en ont profité. Mais on a surtout vu des piétons, des vélos, des trottinettes et autres objets électriques étranges.

En 2015
En 2016. Plus grand, non ?

Et on a entendu le silence, comme un dimanche du 15 août. on ne sait pas encore si on a mieux respiré, AirParif nous le dira (peut-être).

Alors, c'est quand même paradoxal. Tout le monde trouve cette expérimentation sympa et utile, mais plein de gens s'opposent au "moins de voitures" de la Marie de Paris, comme si la voiture était inévitable et une fatalité. Les experts savent bien que c'est seulement sous la contrainte que les automobilistes changent de comportement. Pour qu'ils abandonnent leur voiture, il faut même de très fortes contraintes réglementaires, financières ou simplement physiques. L'automobile génère toujours une part immense d'irresponsabilité et d'égoïsme individuel, mais à certains moments on se demande pourquoi c'est comme ça.

Le coeur des transports est à Paris, une vieille tradition royale depuis les routes des postes. Le Grand Paris, qui est censé aider à se déplacer sans passer par Paris est encore bien petit. Et les autoroutes urbaines convergent presque toutes vers Paris, ou le traversent même, comme les voies sur berge. Lorsqu'il y a des embouteillages sur les rocades parisiennes, c'est souvent quand elles croisent des radiales qui convergent vers Paris. Quant à la Seine elle-même n'en parlons pas puisqu'elle n'apparait pas vraiment comme une partie de Paris, sauf pour les amoureux et les poètes qui sont, heureusement, nombreux.

Alors quand Paris décide de diminuer la place de la voiture, toutes sortes d'ennemis se déclarent :
- les ennemis politiques de la maire de Paris, comme la Région ou certaines communes périphériques qui protestent de toutes façons contre le poids de Paris, par nature et par habitude.
- les ennemis de banlieue qui refusent que les voitures restent ou passent chez eux. C'est tellement mieux chez le voisin, non ?
- idem pour les arrondissements calmes de Paris qui refusent de devenir agités
- les professionnels de toutes sortes qui ont investit la voie publique pour leurs activités, comme des stocks ambulants, des bureaux et ateliers volants et des livraisons à toute heure
- les riches qui n'aiment pas qu'on leur donne des contraintes. A titre indicatif j'ai une collègue qui a une moto et une voiture (selon les jours) mais qui a choisi sa voiture avec une plaque paire parce que sa moto était impaire et qu'elle veut pouvoir rouler même en cas de circulation alternée. Elle habite et travaille à Paris et a choisi naturellement un crossover, puisque Paris est une jungle. Un comportement pas si rare que cela.

La piétonnisation des voies sur berge, sur la rive droite, prend la suite de celles de la rive gauche. Très vite d'ailleurs les protestations contre cette première piétonnisation se sont éteintes. Gageons qu'il en sera de même à droite (façon de parler). Car le plan de la Mairie est simple : pour rendre de la qualité de vie à Paris et aux parisiens, il faut piétonnier et diminuer la voiture. Cela implique de développer les transports alternatifs et en commun et de coincer les automobilistes pour les décourager le plus possible.

En ce sens, les retards provoqués par ces aménagements sont malheureusement trop faibles pour décourager vraiment les mordus de la houature. On ne parle que de quelques minutes de plus pour un trajet traversant par les berges "hautes" ou le Boulevard Saint-Germain. Seulement... Et en plus ce n'est que le début. Habituellement ces retards diminuent avec le temps. La Mairie doit donc amplifier son mouvement. Et rapidement.

L'usage rationnel de la voiture est un bel oxymore. Le comportement rationnel de l'automobiliste aussi d'ailleurs, même et surtout quand il n'a pas de voiture...

Hommage donc à Georges Pompidou, le chantre de la voiture à Paris, dans un autre siècle. Ceux qui se souviennent des Mange-Bitume de Lob et Bielsa en 1972 sauront de quoi je parle. Nostalgie, quand tu nous tiens... lâche-nous tout se suite s'il te plait !



vendredi 16 septembre 2016

Conseils aux climatosceptiques

Ceci est un billet pour climatosceptique. Les autres (les gens normaux) peuvent ne pas le lire, ou alors peuvent le lire s'ils rencontrent un anormal et souhaitent lui parler.

D'abord, il y a les climatosceptiques qui ne savent même pas qu'ils le sont ni ce que veut dire le mot climatosceptique, pas bien joli il faut le reconnaître. Autrefois on disait des connards, mais il parait que ce n'est pas politiquement correct. Etre climatosceptique aujourd'hui, cela veut dire plusieurs choses mais cela recouvre surtout en fait deux caractéristiques psychologiques : individualisme et malhonnêteté. On a beau retourner cela dans tous les sens, on y revient toujours. Mais après tout, les égoïstes malhonnêtes ont aussi le droit d'exister, non ? Même quand ils nous "ennuient" beaucoup. Le terrain choisi en l'occurrence est celui du changement du climat qui a des conséquences sur toute notre vie progressivement. Les vieux s'en foutent sauf ceux qui ont des enfants. Les jeunes ne sont pas aux commandes. Les autres ? Bof.

Parmi les climatosceptiques connus, il y a quelques scientifiques payés par des compagnies pétrolières et des Etats qui vivent des énergies fossiles, ainsi que des politiciens en recherche de voix un peu partout, surtout là où les gens ne sont pas informés. Trump aux USA en est un bon gros, mais il n'est pas le seul. Le dernier en date en France est Sarkozy. Une nouvelle connerie qu'on lui passerait si elle se perdait parmi les autres, mais qu'on ne peut lui pardonner cette fois, de la part de quelqu'un qui a été au pouvoir et qui souhaite y revenir.

Pour les climatosceptiques qui comprennent un peu l'anglais il y a cette superbe infographie de XKCD ou en français ce blog de Libé du Monde et ce dernier billet énervé (à juste titre). Il y a des tonnes de trucs à lire ou à regarder sur ce sujet qui expliquent la réalité du changement climatique, mais comme les connards ne lisent pas, c'est juste "pour mémoire". Il y a aussi des tonnes de sites climatosceptiques qui clament que tout cela est du vent, comme ici, et qui se réjouissent donc du renfort inattendu de Sarkozy sur le sujet. Après tout, tout le monde a le droit d'écrire, non ? Même des conneries... On a le droit de les critiquer aussi, ou de les ignorer quand elles sont trop grosses, comme les spams dans vos courriels ou les trolls sur les forums.

Souvent, le climatosceptique - vous - ne comprend rien aux enjeux scientifiques, politiques ou économiques derrière le changement climatique. Il se contente de deux critiques :
- soit "NIMBY", not in my backyard, pour dire que ce n'est pas son problème et que les autres n'ont qu'à le faire du moment qu'il n'a rien à changer lui (parce qu'il pèse si peu ou parce qu'il n'en a rien à votre en bon individualiste). Chacun voit midi à sa porte et regarde son petit thermomètre sans mesurer les conséquences au-delà de son train-train quotidien.
- soit "il y a d'autres choses pus importantes", et on ferait mieux de s'occuper d'elles : cela va des problèmes quotidiens réels ou fantasmés à des détournements de sujets : Sarkozy, encore lui désolé, détourne ainsi la conversation en pointant du doigt le changement démographique et donc plus ou moins implicitement la natalité dans les pays pauvres (Afrique par exemple) et l'impossibilité de les nourrir ou de les soigner. C'est le début du vrai racisme, puis pourquoi pas de l'eugénisme ou d'une vraie bonne guerre pour rester entre nous (ce qui nous ramène au NIMBY quand on ferme les frontières pour empêcher cette population de venir manger nos quelques grains de caviar.

Discuter avec un climatosceptique est un exercice fascinant d'illogisme. C'est un peu comme discuter de politique avec quelqu'un d'un autre bord ou parler de religion ou du dernier épisode de la série Mad Men. Les points de vue sont irréconciliables par nature mais le plaisir de la discussion est là (éventuellement). La science est alors au coeur des débats et comme peu de gens y comprennent quelque chose, c'est affaire de personnalité et de conviction. Ces discussions ressemblent effectivement à des guerres de religion. Rajoutez-y des touches de conspirationnisme et vous avez là tous les ingrédients pour une bonne soirée entre amis qui finit au poste de police.

Conseils donc aux climatosceptiques :
- parlez d'autre chose pour cacher votre individualisme et votre malhonnêteté, en privilégiant des sujets clivants comme la xénophobie
- justifiez votre position en disant que c'est justement parce que la position dominante est "de l'autre côté" donc c'est louche.
- documentez-vous pour lâcher un ou deux gros arguments conspirationnistes, ça marche toujours
- dites que si Sarkozy l'est, c'est donc une position normale
- déménagez dans une zone qui sera à peu près épargnée, loin des côtes et des montagnes, et achetez un logement dans une résidence privée et climatisée avec murailles, barbelés et vigiles.

Les discours de Sarkozy sont toujours clivants, c'est même leur seule caractéristique commune, quel que soit le point de vue qu'il défend (et ce n'est pas toujours le même). En venant en renfort des climatosceptiques ou des connards, Sarkozy joue une carte qui pue (amha). Mais il est vrai que les riches s'en sortiront toujours. Alors... autant rester individualiste et malhonnête.


Eviv yzokras

jeudi 5 mai 2016

Un code de conduite, ça sert à quoi ?

Heureux ceux qui comme Ulysse n'ont pas eu besoin de passer leur code lundi dernier. 

Gros scandale que les pouvoirs publics incompétents essayent de déminer depuis mardi. Le taux de réussite n'a été que de 1 sur 6 alors que d'habitude on est à 7 sur 10. Détails ici. Depuis, l'Etat a annoncé que les questions les plus difficiles (avec le moins bon taux de reussite) étaient retirées jusqu'à nouvel ordre. Il faut en effet que les candidats s'habituent, que les auto-écoles travaillent avec de nouveaux logiciels et que les éditeurs de livres specialisés travaillent. Seule bonne nouvelle pour les candidats malheureux, ils n'ont pas eu à payer et n'auront pas à repayer quand ils repasseront d'ici à quelques semaines. Les autres candidats payeront normalement leurs 30 euros puisque c'est le nouveau tarif, au lieu de 0€ avant pour le premier essai.

Cette nouvelle reforme est une bonne chose, mais elle a quelques caractéristiques qui montrent une "gestion du projet" insatisfaisante :
- choisir la date du premier mai était une mauvaise idée puisqu'à cause des ponts de l'Ascension et du lundi de Pentecôte, les équipes chargées de corriger éventuellement les problèmes, au sein des fonctionnaires concernés ou des auto-écoles sont moins libres. Résultat, le patron du permis de conduire conseille aux candidats d'attendre 15 jours, juste après la Pentecôte, heureux hasard.
- la multiplication des centres d'examen est arrivée au même moment, avec La Poste par exemple qui offre des lieux d'examens supplémentaires, évidemment pas encore rôdés à ce genre d'exercice. Le fait que les examens soient individualisés, avec des tablettes et des questions différentes pour chacun, a fait également chuter le taux de réussite, puisqu'on ne peut plus copier sur sa voisine.
- la communication sur cette crise a été pour le moins hasardeuse et maladroite, comme si c'était une surprise. En plus, la réaction officielle a été pleine de suffisance : c'est une réforme, on n'en fait pas sans casser des oeufs, c'est normal. Bonjour le technocrate qui tient la poële pour l'omelette.

Les questions sont donc d'une aute nature. Il y en a 15 qui tournent en boucle sur l'Internet, une démo pour se faire une idée, par exemple ici. Si vous voulez quelque chose de plus complet, il y a ce site par exemple, gratuit, avec 40 questions comme le jour de l'examen (il en faut toujours 35 pour réussir). Des questions qui surprendront les vieux conducteurs (c'est-à-dire ceux qui ont leur permis depuis au moins six mois). On apprend des choses intéressantes, remarquez...

Alors, oui le code est important. Comme tous les codes de conduite du monde, y compris dans le monde politique, où les dérapages incontrôlés sont nombreux, ou du sport, où les cartons jaunes et rouges sont encore trop nombreux. Je me souviens de cette question lorsque j'ai passé mon permis : la bière est-elle une boisson alcoolisée ? Vous répondriez quoi (hips) ?



Bon, je vous laisse, c'est l'heure de l'apéro, je suis en retard...

PS Le petit journal propose de nouvelles questions :


lundi 2 mai 2016

Un nouveau venu dans la famille des leaks, #TTIPLEAKS

Greenpeace (Pays-bas) s'est procuré un extrait conséquent du projet de traité transatlantique sur le libre échange entre les USA et l'UE. Texte intégral ici sur leur site, en anglais.

Appelé TTIP ou TAFTA selon votre langue, ce projet de traité est en cours de négociation. Le texte est réputé être secret et c'est la première fois qu'on en voit autant de parties disponibles à la fois. Cela ne va pas faire plaisir aux américains, puisque du côté européen et depuis le début, la transparence est assez bonne sur le mandat donné par les Etats membres. La version diffusée par Greenpeace date du 29 avril et est donc forcément déjà obsolète. Certains croyaient que le traité pourrait être signé en 2016 (avant la fin de mandat d'Obama) mais c'est mal (ou plutôt bien) parti, car il y a beaucoup de points de divergence. Les allemands ont pris le parti des USA pour essayer d'obtenir une signature rapide, mais ça coince dans beaucoup de pays, dont la France qui est aux avant-postes contre un traité mal négocié. D'ailleurs même le préambule affiche une préférence pour un traité ambitieux plutôt qu'un texte bâclé pour être signé rapidement.

Ces péripéties sont donc profondément modifiées par la publication aujourd'hui d'une version du texte. Chacun va pouvoir regarder en détail les parties qui l'intéressent, le texte couvrant vraiment  un spectre très large.

Quelques commentaires :

Comme d'habitude dans ce genre de texte, un certain nombre de points sont liés aux différences de langage, entre anglais de Grande-Bretagne et anglais d'Amérique. Exemple :
[EU: provide] 
[US: supply] a service
La plupart du temps ces petites divergences ont peu d'impact sauf pour les profs d'anglais et d'américain comparés, mais cela peut avoir des conséquences graves lorsque ces mots se rattachent à des législations très différentes. 

C'est pourquoi chaque partie du texte commence par des définitions, comme dans la partie 4 sur les télécommunications et l'Internet. Les USA par exemple cherchent à sortir les câblo-opérateurs américains dédiés à la télévision de l'accord, à une heure où pourtant la convergence internet-télévision est flagrante. La notion d'acteurs majeurs est omniprésente. Comprenez par là "les multinationales". Le pouvoir des Etats leur est officiellement transféré dans un grand nombre de domaines.

Greenpeace est forcément intéressé par toutes les questions liées à l'environnement et au vivant (dont les humains). Sur ces points, leur communiqué de presse est inquiétant (VF ici). Un certain nombre de principes historiques pour l'Europe ne sont pas cités, comme le principe de précaution ou celui sur la protection de l'environnement pourtant fondamental pour l'OMC : "None of the chapters we have seen reference the General Exceptions rule. This nearly 70-year-old rule enshrined in the GATT agreement of the World Trade Organization (WTO), allows nations to regulate trade “to protect human, animal and plant life or health" or for "the conservation of exhaustible natural resources" [1]. The omission of this regulation suggests both sides are creating a regime that places profit ahead of human, animal and plant life and health".

Si vous ne lisez qu'un texte sur les 16 disponibles, lisez le dernier puisqu'il liste les points de désaccord entre les parties (EU et USA) et l'état d'avancement des discussions. En lisant cela on se dit qu'il y en a pour longtemps puisque chacun essaye de pousser l'autre à accepter le maximum de compromis. Les USA cherchent à minimiser les contraires réglementaires et à faire de cet accord un traité qui s'impose aux autres régulations européennes, alors que les européens essayent de garder le texte cohérent avec les actuelles et futures régulations européennes. Un vrai débat de fond. Un état des lieux des discussions en cours, où chacun valorise sa position ? Il n'empêche que si les européens restent fidèles à leur parole, il n'y a pas grand-chose à signer pour eux là-dedans, sauf des trivialités.






samedi 30 avril 2016

Les mers. Vertes ou bleues.

Deux photos aujourd'hui. 





La Méditerranée et la Manche. Deux ambiances différentes. 

Deux couleurs de mer qui n'ont rien à voir, pas de nuages dans les deux cas, pas de parasitage lié au gris des nuages. Juste deux mers différentes à savourer. 

Et pourtant. C'est la même eau qui entoure note petite planète. Une eau précieuse. À protéger, comme tout ce qui vit dedans ou qui en vit. Un petit rappel de l'échelle de l'Homme face à la nature. Infime. Infinitésimale même. 

Bon week-end. Respectez la nature. 

mardi 26 avril 2016

Le temps des atomes n'est pas celui des politiques

30 ans jour pour jour depuis Tchernobyl. Parlons un peu du temps. 

La durée d'abord. Trente ans, ce n'est rien pour des produits radioactifs où on doit raisonner au minimum en siècles. Mais c'est beaucoup pour des humains, entre un tiers et la moitié d'une vie. Dans ce genre d'anniversaire dont presque personne ne veut entendre parler, il y a juste une poussée de mémoire de temps en temps : un an après, cinq, dix, vingt, vingt-cinq, trente, quarante, cinquante, cent, deux cents... Avec une dilatation perceptible du temps sauf pour les plus endurcis, de moins en moins nombreux avec le temps. 

Le moment précis ensuite. 1h23 du matin ce 26 avril, lorsque les réacteurs ont explosé durant un test de résistance (un peu comme les patients qui meurent pendant un test d'effort chez leur médecin RIP Goscinny). Une diffusion immédiate de radiations mortelles et qui a continué pendant des mois. Mais c'est un moment qui n'a été connu que plus tard, au moins une semaine après lorsque les suédois ont mesuré une augmentation de la radioactivité chez eux, puis le 14 mai lorsque Gorbatchev a avoué l'incident. Incident seulement à l'époque. On était encore en pleine URSS avant la chute du mur (et de Gorbatchev). 

Le temps du nuage ensuite. Pisté à travers toute l'Europe par des autorités pas neutres du tout, surtout en France, le nuage s'est étendu vers l'Ouest en épargnant la France grâce au mur idéologique bâti par le gouvernement de l'époque sur nos frontières. Ce voyage à défrayé la chronique depuis. Autres temps autres mœurs. Le gouvernement de cohabitation était dirigé alors par Chirac, composition ici. 



Le temps personnel. J'étais en voyage à Kiev en juin 1986. A l'époque notre niveau d'information était sous le contrôle du ministre de l'intérieur, un certain Pasqua. Faible, donc. Même les guides russes de l'époque nous poussaient à manger de la salade. Un risque nul "si loin de la centrale"... Et personne n'en parlait. Juste un incident soigneusement encadré par la propagande pasquaïenne soviétique. 

Le temps du sauvetage : bilan contesté pour les morts directes et indirectes. Omerta et glasnost ne font pas bon ménage. Des milliers c'est sûr et des conséquences possibles sur plus de 100 000 habitants. Aujourd'hui la centrale est en Ukraine comme une quinzaine d'autres. Héritage russe. Trente ans après on ajoute une nouvelle chappe protectrice sur le sarcophage qui avait été posé à la hâte et qui n'était prévu que pour quelques dizaines d'années. La nouvelle nous est promise pour cent ans minimum. Une broutille pour l'atome et le temps pour ceux qui auront gagné du fric avec d'être morts tranquillement dans leur lit, loin des radiations. Bouygues entre autres construit ce sarkophage bis, car la France est connue dans le milieu. Elle est le deuxième pays dans les centrales nucléaires après les USA. Statistiques intéressantes ici sur les réacteurs en activité. 

Le temps des politiques ? Il est court. 10 ans au maximum pour être gentil. Incompatible avec les décisions courageuses. Alors que François lance ce lundi sa "dernière" conférence sur l'environnement et que les écolos se déchirent entre eux, il y a des débats que tout le monde cherche à étouffer. Le bilan carbone du nucléaire est meilleur que celui du charbon, du gaz ou du pétrole. Mais le bilan radiations ne fait pas partie de la COP21 signée déjà par 175 pays. 

Bilan ? A vous de le faire. Lisez les témoignages des survivants, directs et indirects, par exemple ici ou ici. Et pensons aux autres accidents comme Fukushima et comme ceux qui arriveront inévitablement. Sans compter les conséquences pour nous, nos enfants ou petits enfants. 

vendredi 22 avril 2016

Conte de la terre nourricière, de ses rois, de ses peuples et de son prince

Jour de la Terre, de la Terre nourricière même, ou Mother's Day en anglais, puisque c'est Gê qui est notre mère à tous, nous les êtres vivants coincés sur cette planète en voie de dégradation. J'en parlais ici en 2014 par exemple. 

Créée en 1970 cette journée a été adoptée par l'ONU. Tout le monde attend 2020 pour ses cinquante ans, mais cette année 2016 est exceptionnelle. 

Car après la COP21, l'ONU a choisi ce jour symbolique pour faire signer la convention approuvée de justesse à Paris en décembre. 160 rois représentants d'états ont donc rendez-vous aujourd'hui au siège de l'ONU à New-York pour y signer officiellement l'accord. Ainsi pourront débuter les ratifications, en général par les parlements nationaux. Il en faudra au moins 55 pour que l'accord devienne officiel et internationalement contraignant (si peu, si peu). La France est représentée par François himself, histoire de se reverdir un peu après son accès de goutte macronnienne. 

La France espère ratifier parmi les premiers. On parle de juillet au Parlement car tout est lent en France surtout en matière parlementaire. Ségolène est sur le pont, puisque Laurent Fabius a été relégué dans les soutes du Conseil Constitutionnel où il est chargé de la délicate mission de virer les anciens présidents du Conseil. Ségolène se débat entre écolos anti-nucléaire, anti-NDDL, et lobbies industriels. Les objectifs annoncés dans le paquet énergie français sont ambitieux pourtant. Dommage que cela ne soit que des objectifs. La France donneuse de leçons plane souvent sur le monde. 

Ce jour de la Terre a donc une saveur particulière cette année. En attendant la COP22 (décembre, pas avril). Ayons une pensée pour Solar Impulse en train de voler actuellement au-dessus du Pacifique entre Hawaï et San Francisco où il devrait atterrir dimanche matin. C'est lent ? Oui, car Solar Impulse ne fonctionne su'à l'énergie solaire...

La presse aurait pu en parler plus, de notre Terre, mais patatras, Prince est mort et tous les médias sortent des articles en catastrophe de leurs armoires à nécrologies écrites d'avance. Peu de vidéos et de musique en ligne puisque Prince détestait l'Internet et se battait pour ses droits d'auteur contre les plateformes numériques et même contre les éditeurs. Une image reste pourtant. 

RIP Rest Inpeace Prince. 



Rien à voir avec la Terre nourricière, juste un symbole d'amour pour tous les amours. Un conte à écrire. 



mercredi 2 mars 2016

RSE ou REE

Petites réflexions à propos de la mésaventure du gouvernement sur le préjudice écologique. 

Les faits d'abord : dans la nuit d'hier, le gouvernement avait déposé un amendement au projet de loi sur la biodiversité, un projet de loi qui est en train de terminer sa navette parlementaire. A la surprise générale, cet amendement limitait le préjudice économique et les réparations aux victimes, aux communes, etc. Un amendement qui plaisait au MEDEF, à Total et aux autres grandes compagnies responsables de désastres écologiques, passés, futurs ou potentiels. 

Tollé des écologistes qu'ils soient au gouvernement (Barbara Pompili par exemple) ou en dehors, comme Corinne Lepage. Surprise des ministres et de Ségolène herself qui a combattu avec succès le drame Erika dans sa région d'alors. Retrait de l'amendement précipité, comme si les membres des cabinets ne savaient plus faire leur métier ou ne se sentaient plus motivés par lui, à l'instar de ce conseiller historique qui a démissionné avec fracas de son poste au cabinet de la ministre El Khomri (qui va bien, merci pour elle) à cause d'un projet de loi jugé trop à droite. 

Micro-anecdote qui traduit un verrouillage insuffisant de l'Etat, un de ces signes de décadence qui ne trompent pas. Je n'ai pas dit FN de règne (fin, mais ce correcteur orthographique m'énerve...) surtout qu'il s'agit ici d'un projet de loi sur la biodiversité qui n'est que l'un des aspects de l'écologie et d'un amendement glissé là à la hâte entre deux couches de pétrole sur nos plages. 

Un signe aussi d'un poids de plus en plus grand du MEDEF et de Gattaz qui aura certainement une médaille en or offerte par ses collègues-patrons pour son intense lobbying. Le patronat entre dans de plus en plus d'esprits comme "le sauveur de la Nation", un paradoxe débile mais de plus en plus vérifié, même au gouvernement. Le jour même où Apple témoigne devant le Sénat US pour justifier de son refus d'obéir à un juge et pour persuader les élus américains de légiférer dans son sens. Un lobbying public, connu et assumé. Même si sur le fond moral, la position d'Apple paraît la meilleure. Se dirige-t-on vers un tel modèle en France ? On dirait, à bien lire ce type de nouvelle. 

Enfin, parlons RSE, responsabilité sociale des entreprises. Sociale, sociétale et environnementale et j'en passe. Tout le monde en parle, on crée des normes à ce sujet et on glose. Mais dans les faits, au-delà des jolies plaquettes marketing sur papier glacé, personne ne veut payer et encore moins les grandes entreprises. Cette histoire remet cette RSE sur le devant de la scène et il est temps, messieurs les grands patrons, de balayer un peu chez vous. Dans les cabinets ministériels, où l'usure est perceptible, il est également temps de remobiliser les troupes !

Comme quoi, la vigilance est nécessaire, tout le temps et par un maximum de gens, dans les cabinets ministériels, les ONG, les partis, les médias, le peuple et même... les blogueurs.