Semaine calme dans les faits et agitée dans les têtes. Un entre-deux classique où tout part un peu dans tous les sens. La politique politicienne est revenue en force. Tous pensent que ça va être dur de tenir six mois encore comme ça. Je suis désolé de vous importuner chaque mardi avec mes billets de blog. Mais au moins, vous n'êtes pas obligé de les lire ;)
Alors ? On commence par les actualités de la semaine dernière, avec ce que j'avais annoncé ici il y a une semaine.
Actualités de la semaine dernière
27-28/10 - Projets de loi en cours
Le projet de loi casseurs-payeurs a été adopté par le Sénat réactionnaire le 27/10 et on attend son examen à l'Assemblée (commission depuis le 28/10), avec des positions radicalement opposées dans l'hémicycle. Le Sénat a encore durci le texte du gouvernement... Normal, Larcher ne dormait pas.
Le même jour, deuxième lecture du projet de loi constitutionnelle sur l'autonomie de la Corse, rejeté par le Sénat (le même). Un débat qui tombe mal en ce moment mais qui est nécessaire. Quelle majorité pour un tel texte en 2026 à moins de six mois d'une élection présidentielle ? (réponse : aucune).
Par contre, pour la minute de silence suite à l'attentat raciste de Trappes, l'ambiance était... radieuse, calme, orageuse.
31/10 - Acte III
Le 31 a été plus calme encore que le 24 octobre. Il faut dire qu'en cette deuxième semaine de vacances, les universités aussi étaient en vacances. Moins de monde dans la rue et des revendications qui font le grand écart. Tout le monde attend le 5 novembre. Les forces de l'ordre étaient en nombre (70 000 vraiment ?) et tous se demandent si un tel rythme est pérenne. Le gouvernement essaye de distiller des mesures mais elles sont ensevelies sous la masse des réseaux sociaux : le SMIC ? La baisse du gazole ? Pfffft... Ce qui est rigolo c'est de voir les politiciens se fliquer et se dénoncer : toi, tu n'étais pas à cet événement, toi tu m'as empêché d'y être vu, toi tu y étais... Risible.
Semaine - Élections au Brésil, en Israël et leurs suites
Au Brésil, Lula a gagné, même s'il est face maintenant à un parlement hostile. Il a la santé ! Le fils Bolsonaro, accusé de plein de choses, s'est lui enfui aux USA chez son pote Trump, où il a reconnu sa défaite. Dans un continent à forte majorité de pays d'extrême droite, la réélection de Lula est un miracle. Comme quoi, l'argent de Trump n'aura pas suffi, face à l'armée invisible de Lula sur les réseaux sociaux. À plus de 80 ans, chapeau !
En Israël, Personne n'a encore gagné, donc Netanyahou a perdu (comme l'opposition, mais plus). Les deux partis arabes, qui ne sont pas tout-à-fait sur la même ligne, joueront donc le rôle d'arbitres, par une alliance avec l'opposition ou pas. Le système électoral israélien est complexe et Netanyahou est très habile, mais on espère qu'il va gicler. Cela risque de durer un temps certain, ne vous précipitez pas ! Tout est possible, d'une autre guerre à un état d'urgence ou à des manipulations d'arrière-salle. En France, Rima Hassan tweete « every inch of Israel is Palestine » et lance sa tournée pour vendre son livre Palestine errante.
Par ailleurs :
Un débat sans vote a été organisé par le gouvernement à l'Assemblée Nationale, le 28/10 sur Parcoursup. Gros bordel, comme dans un amphi de fac pendant une AG. Chaque groupe a campé sur ses positions connues depuis longtemps entre un énorme effort pour développer l'enseignement supérieur (et le nombre de places disponibles) ou une sélection renforcée à l'entrée, des positions traditionnellement gauche-droite, avec en plus la question des formations privées. Le gouvernement voulait - a priori - des pistes pour le futur système en 2028 (dont il ne s'occupera pas) mais il a eu des slogans classiques. Un seul point semble faire consensus, c'est la clarté améliorée des critères de sélection choix des établissements, avec entre autres la disparition (illusoire) de la mention du lycée d'origine et du contrôle continu. Sur le reste, les manifs lycéennes et étudiantes continueront, puisqu'ils considèrent que les annonces du gouvernement ne sont que des miettes, tout en ne fixant pas de revendications précises supplémentaires... Étrange manière de mener des négociations... à moins qu'il ne s'agisse pas de négociations mais d'autre chose.
Christine Lagarde a annoncé son départ de la BCE en février prochain et cela a relancé le débat sur sa candidature à la présidentielle en France puisque les délais sont maintenant compatibles. Elle a dit non, jusqu'à maintenant, et dit préférer un poste international, mais le bloc centre-droit est tellement mal qu'ils croient à tout. 70 ans, c'est jeune encore ;). Il n'y aura a priori pas de primaire à droite, malgré le souhait factice de Attal, puisque Edouard Philippe n'en veut pas. Personne n'est d'ailleurs capable de définir les bornes-limites de ce bloc coincé entre Glucksmann et Lisnard.
Autre acte en février prochain : Lecornu bient d'annoncer un relèvement du plafond du livret A qui pourrait aller jusqu'à 30 000 euros (avec ou sans intérêts ?). Histoire de dégonfler un peu plus les revendications ?
Mélenchon se dit furieux contre TF1 qui a laissé Edouard Philippe dire que l'intégration était un échec (partiel) en France à propos des émeutes ("calomnies racistes"). TF1 défend sa journaliste (Anne-Claire Coudray) et fait remarquer perfidement que l'interview de Mélenchon avait été annulé avant la diffusion de celui de Philippe. Règlement de comptes à OK Corral, à chacun sa vérité et son électorat. À ce propos, l'affaire du Janonisme - l'armée invisibles des partisans de LFI contre l'extreme-droite, importé du Brésil avec les supporters de Lula - est intéressante à suivre, même si LFI le pratiquait déjà en grande partie, selon eux.
Dans le domaine de l'IA, les géants américains sont dans une phase ambiguë, puisque la Chine est en train de voir sa bulle se dégonfler et que les appels à financements ou introductions en bourse ne sont plus aussi efficaces qu'avant. Ainsi OpenAI ne va lever que les deux-tiers de ce qu'il a prévu, avec des fonds venus d'Abu Dhabi et avec l'installation de méga data centers dans les émirats où il y a dollars, énergie, espace, eau et "autorité" à profusion. Intéressant, non ? Le lieu où sont stockées vos données moissonnées ou exploitées ou calculées par les IA dans des pays vraiment démocratiques ? Ça va plaire aux influenceurs, en tout cas. En parallèle, la sortie de Sam Altman, patron d'OpenAI, contre les particuliers qui ont de la RAM dans leurs ordinateurs et qui ne l'exploitent pas assez, comparé aux data centers où ces mémoires sont utilisées à plein temps, est aussi révélatrice : ces méga compagnies préfèreraient-elles que tout passe par elles, leurs IA en ligne et leurs centres de données, histoire de mieux dominer les particuliers (et les entreprises) qu'il suffirait alors d'équiper de mini-terminaux ? Retour du mainframe et du Minitel ? Colonialisme ? Esclavagisme ? C'est une question à se poser, non ? Ceux qui croient au virtuel sont toujours rattrapés par les infrastructures.
L'affaire Mbappé serait-elle en train de se résoudre ? Après le Ballon d'Or où il a fini deuxième pas très loin du premier, la pub faite à son ancien interview sur Mao (qui datait du printemps dernier) a déclenché les foudres de la Chine qui n'aime pas qu'on dise que Mao a été un dictateur. Blocage de matchs espagnols, suppression de pubs avec Mbappé, excuses, craintes diverses pour ce grand marché qu'est la Chine... Tout y était pour faire un bon polar, y compris les licenciements d'une bonne partie des instances dirigeantes du parti en Chine (ce qui n'a officiellement rien à voir). Je pense que cette petite phrase, ressortie opportunément au moment du Ballon d'Or) a eu un impact quasi-galactique bien imprévu. Mais, comme tous les orages, le calme va revenir après la tempête (proverbe de Lao Tseu).
4/11 - Élections aux USA : to Trump or not to Trump ?
5/11 - Manifs et grèves de l'intersyndicale contre la vie chère (entre autres)
6-7/11 - Les Gilets Jaunes ont annoncé leur six-seven (ils sont jeunes ?)
Liste des candidatures déclarées
Cette liste est amenée à évoluer régulièrement, jusqu'au dépôt officiel : 3 novembre matin
Les 31 candidatures déclarées n'ont pas changé, c'est toujours autant une fierté de lions :
- Nathalie Artaud (Lutte ouvrière)
- François Asselineau (Union populaire républicaine)
- Gabriel Attal (Renaissance)
- Delphine Batho (Génération Écologie)
- Olivier Becht (Renaissance)
- Xavier Bertrand (Nous France)
- Karim Bouamrane (La France Humaine et Forte)
- Juan Branco (Les Ruches)
- Bernard Cazeneuve (La Convention)
- Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)
- Sylvain Durif (Sans étiquette)
- Clara Egger (Solution démocratique)
- Raphaël Glucksmann (Place publique, Parti socialiste, et Gauche républicaine)
- Anasse Kazib (Révolution permanente)
- Selma Labib (NPA-Révolutionnaires)
- Francis Lalanne (France libre)
- Marine Le Pen (Rassemblement National)
- David Lisnard (Nouvelle Énergie)
- Lydie Massard (Union démocratique bretonne)
- Benoît Mathieu (Sans étiquette)
- Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)
- Antoine Mikolajczak (Équinoxe)
- Manolo Mlékuz (Trajectoires)
- Édouard Philippe (Horizons)
- Florian Philippot (Les Patriotes)
- Natacha Polony (Nous sommes la France)
- Bruno Retailleau (Les Républicains)
- Fabien Roussel (Parti communiste français)
- François Ruffin (Debout !)
- Marine Tondelier (Les Écologistes)
- Eric Zemmour (Reconquête)







