La manif du 24 a eu lieu. Le gouvernement se félicite pour avoir corrigé les erreurs du 17 octobre et renforcé les forces de l'ordre, les manifestants se félicitent de leur nombre et de leur force en annonçant sans surprise la suite le 31, puis le 5 novembre avec la grande manif syndicale. Les lycéens et étudiants sont au cœur des préoccupations, avec de drôles d'annonces de part et d'autre. Le tout en attendant la rentrée scolaire la semaine prochaine. Dans ma ville, les commerçants qui se sont barricadés avec de moches panneaux en bois ont décidé de ne pas les enlever. Une atmosphère entre joie et tristesse, ou les deux à la fois, comme disent les mélancoliques.
Alors ? On commence par les actualités de la semaine dernière, avec ce que j'avais annoncé ici il y a une semaine.
Actualités de la semaine dernière
23/10 - Note de Moodys
L'agence de notation a décidé de ne pas dégrader la note de la France, une surprise pour beaucoup, mais a quand même nuancé : son communiqué ne constitue pas « une action de crédit » et elle conditionne le maintien de son appréciation à l’adoption d’un budget 2027 permettant de réduire le déficit public et à une certaine accalmie sociale ; Moody’s souligne également « le risque accru que la fragmentation du paysage politique français continue de nuire au fonctionnement des institutions ».
Autrement dit, on passe un tour pour voir. Le gouvernement soupire et prend ça comme un argument pour avoir un budget voté, et comme une dernière chance avant la baisse. Les oppositions n'en parlent pas, puisque leurs projets sont violemment contre les critères de ces agences de notation. Un non événement ? Rendez-vous ici en janvier sur ce sujet.
23-25/10 - Congrès du RN (Bardella ?)
Un congrès bizarre pour un parti qui se voit déjà au pouvoir. En vrac : un service d'ordre qui évacue Mediapart (pôvre Bardella) et qui cherche des Femen en tâtant le soutien-gorge des femmes ; un grosse manif anti-RN dans Orléans avec la police entre les deux camps ; un Bardella réélu président mais seulement à 98%, petit bras et face à de manifestants de l'UEJF exclus manu militari ; Une Marine Le Pen qui en douce a cédé son fauteuil de présidente du groupe parlementaire à son Chenu préféré, tout en se faisant acclamer comme candidate de son parti pour une renaissance (LOL) de la France, après son discours "à la présidente" suite au 17 octobre. Elle a aussi ajouté vouloir un gouvernement d’union nationale et pluraliste dirigé par Jordan Bardella (re-LOL). Elle caracole toujours en tête et a annoncé aussi discrètement qu'elle serait toujours candidate même si elle doit porter un bracelet électronique... La séparation des pouvoirs, elle connaît ?
26/10 - Ballon d'Or (oui, je sais, vous vous en footez...)
Par ailleurs :
Les manifs du 24 octobre ont donc été massives et sans réel problème. Où étaient les casseurs, pilleurs et autres black blocs ? En détention, en vacances ou en train d'essayer de revendre leurs prises ? Les commerçants restent barricadés ou remplis de vigiles et certains influenceurs s'en moquent en disant que les commerces en ville ne servent à rien puisque tout s'achète en ligne, une position évidemment débile, mais bon, on ne se refait pas quand on est avant un tout un ou une promoteur de soi-même, de son portefeuille et de ses quinze minutes secondes de célébrité.
Les manifestants ont donc été nombreux, même sur des parcours bizarres, loin de tout commerce et le mouvement s'amplifie doucement en attendant le 31 et le 5. Par contre, du côté des gilets jaunes, c'est pas ça, il n'y a que de moyennes mobilisations et très (trop) urbaines. Ils sont furieux et changent de format pour le 31 octobre : des casseroles, des points fixes et pas de défilés, comme pour leurs ancêtres, histoire de protester contre les dérives autoritaires du gouvernement.
La réunion organisée par le Premier ministre avec les syndicats et avec les partis n'a servi qu'à obéir à l'ordre de Macron. Mélenchon avait annoncé vouloir pourrir la réunion des partis, mais même pas besoin, elle s'est pourrie toute seule.
Anecdotiquement, Macron a d'ailleurs dû se dire qu'il avait fait n'importe quoi autour du 17, entre Céline, son discours et le Moyen-Orient. Alors il essaye d'être présent partout, mais ça ne trompe personne, il est clairement hors jeu, sauf à dissoudre ou à démissionner, et ses anciens soutiens, macronistes ou alliés, se désolidarisent de plus en plus, Edouard Philippe en tête. On est doucement passé à une république parlementaire sans le savoir, et le pauvre Lecornu est bien seul.
Par contre du coté des lycéens et étudiants, ça a bougé cette semaine, avec une mobilisation intacte malgré les vacances scolaires (pas universitaires). Le gouvernement a annoncé des mesures, ici par exemple, après les consultations ouvertes (100 000 contributions annoncées, vive l'IA de Musk pour les trier) mais les lycéens ont déjà annoncé continuer le mouvement. Sur Parcoursup, les annonces ménagent la chèvre et le chou : pas de suppression mais un remplacement par APB (non, plutôt un autre nom, genre Monavenir.com ?), une transparence améliorée (ce ne sera pas difficile car les critères d'admission dans les formations, les écoles ou les universités sont trop opaques, sans parler de leur application réelle), des moyens supplémentaires (comme s'il y avait de la place pour étudier, puis des emplois pour des bacheliers à plus de 90% : un rêve, une utopie, un espoir, mais pas une réalité à court terme).
On notera par contre que le couac de lundi pour les annonces du gouvernement est révélateur de leur éloignement de la jeunesse : convier des influenceurs spécialisés dans l'éducation ou influents dans le mouvement actuel et leur donner la primeur des annonces du gouvernement avant de recevoir les organisations représentatives est une faute. Point. Une erreur d'appréciation pour le seul bien de la communication gouvernementale qui ne se fait plus par les canaux anciens, et qui montre aussi que la montée en puissance des collectifs sans tête est un mouvement fort et puissant, manipulé ou non par des vrais partis ou des intérêts personnels. À ce titre le parallèle avec l'élection en Serbie et la victoire d'un mouvement jeune est à méditer, surtout par les gérontocrates, vieux leaders avachis ou représentants d'idées du XXe voire XIXe siècle. Les signaux faibles sur les changements en cours deviennent de plus en plus forts : réseaux sociaux, IA, écologie, vie locale... Et c'est un boomer qui vous parle. Dans la série Vieux, écoutez le discours de Claude Malhuret par exemple, contre Mélenchon et Le Pen) ou n'importe lequel de Mélenchon ou de Le Pen.
Sinon, dans un registre beaucoup plus important, j'ai oublié de vous parler de cicatrice : Le Pape a été opéré pour son cancer et tout a l'air de bien se passer mais je n'ai pas trouvé de photo de sa cicatrice. Par contre Larry, the best of us, a été aussi opéré à 19 ans avec succès d'un kyste et là j'ai une photo. Il va bien, rassurez-vous et la photo servira donc aux deux :
Semaine - Projets de loi (casseurs-payeurs, Corse) en attendant le budget
31/10 - Acte III et manifs diverses, avec déguisements d'Halloween ?
Semaine - Élections au Brésil, en Israël et leurs suites
Liste des candidatures déclarées
Cette liste est amenée à évoluer régulièrement, jusqu'au dépôt officiel : 27 octobre matin
Les 31 candidatures déclarées n'ont pas changé :
- Nathalie Artaud (Lutte ouvrière)
- François Asselineau (Union populaire républicaine)
- Gabriel Attal (Renaissance)
- Delphine Batho (Génération Écologie)
- Olivier Becht (Renaissance)
- Xavier Bertrand (Nous France)
- Karim Bouamrane (La France Humaine et Forte)
- Juan Branco (Les Ruches)
- Bernard Cazeneuve (La Convention)
- Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)
- Sylvain Durif (Sans étiquette)
- Clara Egger (Solution démocratique)
- Raphaël Glucksmann (Place publique, Parti socialiste, et Gauche républicaine)
- Anasse Kazib (Révolution permanente)
- Selma Labib (NPA-Révolutionnaires)
- Francis Lalanne (France libre)
- Marine Le Pen (Rassemblement National)
- David Lisnard (Nouvelle Énergie)
- Lydie Massard (Union démocratique bretonne)
- Benoît Mathieu (Sans étiquette)
- Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)
- Antoine Mikolajczak (Équinoxe)
- Manolo Mlékuz (Trajectoires)
- Édouard Philippe (Horizons)
- Florian Philippot (Les Patriotes)
- Natacha Polony (Nous sommes la France)
- Bruno Retailleau (Les Républicains)
- Fabien Roussel (Parti communiste français)
- François Ruffin (Debout !)
- Marine Tondelier (Les Écologistes)
- Eric Zemmour (Reconquête)






