lundi 17 juin 2019

La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain?

Bon, allez, je me dévoile. J'ai un fils qui passe le bac cette année et qui aura peut-être choisi ce sujet pour l'épreuve de philo(sophie).
Moi en tous cas je l'aurais pris, car en tant que chantre (à ne pas confondre avec cancre ou chancre) de la francophonie et de la diversité culturelle, je ne pourrais pas faire autrement.

Le sujet est plus facile que celui-ci, mais on ne parle pas vraiment du même niveau ! Mes commentaires sur les vrais sujets du Bac en 2012 et ici pour les sujets de 2013, ainsi que ceux de 2014, ici pour l'année 2015 et là pour ceux de 2016.

La pluralité des cultures ? Évidente pour qui a déjà rencontré une autre culture face à face, elle n'est pas si facile que ça à décrire sans introduire des jugements de valeur. Quand les américains des années 50 et 60 (et avant avec Hollywood) ont cherché (et réussi en grande partie) à imposer au monde occidental l'american way of life, ils ont en même temps tenté d'uniformiser les cultures du monde autour des produits américains et réussi à installer les américains eux-mêmes dans une zone de confort, sans diversité, où on pouvait se balader de Hilton en Hilton dans des chambres identiques et manger des McDo identiques partout. Quand aujourd'hui les GAFA fixent des règles morales "à la Disney" qui s'imposent à tous leurs utilisateurs, on est dans le même combat, même si la pluralité existant, ils ont tendance à la limiter à quelques marges locales sans réelle importance. Même McDo ajuste ses menus à différents contextes culturels, puisque la bouffe est partie intégrante de la culture - Mens sana in corpore sano et tutti quanti (ou chianti ?) : des hamburgers au Homard au Canada, au tofu au Japon (aux patates douces sous les tropiques ?)... La pluralité des individus existe, sinon on serait dans le meilleur/pire des mondes, mais la pluralité des cultures aussi, même si les extrémistes et populistes veulent nous faire accroire que les autres c'est l'horreur, l'enfer c'est les autres comme disait Sartre, et que le communautarisme (le regroupement de gens partageant peu ou prou la même culture) est l'ennemi.

Le genre humain, c'est quoi ? L'espèce humaine ? L'Humanité ? L'Internationaaaaaaaale ? Un genre sans races mais avec une unité de base qui nous permet de nous reproduire avec n'importe quel autre humain (même s'il est déconseillé de le faire avec les premiers venus et sans protection) ? Le genre humain dans son ensemble, dans son unité (???) est un concept intéressant qu'il est pourtant difficile d'intégrer au quotidien, tellement il y a de différences entre nous. L'unité est un concept assez théorique en fait, cf. ce dessin du grand philosophe Sempé

...16 blanc-cassis, 11 pastis, 7 menthes à l'eau, 11 Claquesin, 3 cognacs, 1 Schweppes, 13 demis, 6 bocks, 23 Martini, 9 vermouths, 5 armagnacs, 1 Suze, 1 citron pressé, 2 orangina, 7 Dubonnet et un perrier-citron...

Le genre humain est-il unitaire et comment l'est-il ? Certains diront qu'il est profondément divisé entre Mars et Vénus (et toutes les autres planètes puisque la notion de genres (avec un s) est de plus en plus floue. En tous cas le genre humain n'a pas d'unité politique, sinon ça se saurait, ni culturelle, encore moins agissante dans le même sens (et non, il n'y a pas que des connards ou des Trump ou des climats-sceptiques).

Le mot-clé est évidemment le mot "obstacle. Si l'on part du principe que l'unité du genre humain n'est pas complète (à cette heure), ou même pour les optimistes naïfs qu'elle est atteinte mais fragile, la diversité des cultures peut-elle être considérée comme une empêcheuse de tourner en rond autour du Soleil ? S'il est facile d'opposer une pluralité à une unité (mathématiquement) et la culture à un concept plus englobant d'Humanité (à ne pas confondre avec les humanités des littéraires, puisque c'est un sujet de série S) qui comprend la culture mais aussi plein d'autres aspects, il en va tout autrement de cet obstacle supposé. C'est effectivement un obstacle pour les xénophobes et autres racistes bornés qui foncent dans ce mur sans dévier de leur amoralité, mais sont-ils représentatifs du genre humain ? Ce n'est non seulement pas un obstacle pour les autres mais une richesse, et j'ose le dire, un accélérateur d'unité.

Nous sommes ici et maintenant vivants parce que, métaphoriquement, les atomes qui se sont créés au moment du Big bang avaient une diversité culturelle (d'affinités) qui ont amené à ce que le magma initial soit plein de grumeaux (heureusement qu'à l'époque la farine Francine sans grumeaux n'existait pas), et qui ont permis cette diversité d'agglutinations, des galaxies aux humains en passant par les étoiles et les planètes. L'unité de l'Univers ainsi créé est pourtant préservée, grâce notamment à des lois naturelles qui entretiennent, dont la loi de l'entropie qui propose que l'on aille toujours vers le chaos (le désordre et le multiple) même si on part d'une unité. Mais la diversité culturelle - postulat de la francophonie entre autres - est effectivement un moyen de limiter cette entropie désordonnée.

Vous aurais-je, par hasard, convaincus ? Vous qui avez plusieurs identités culturelles simultanément en vous et plein de particularismes qui doivent nous aider, globalement, sans nous aveugler.

Mise à jour : mon fils n'a pas pris ce sujet finalement, mais le deuxième "Reconnaitre ses devoirs, est-ce renoncer à la liberté?

mardi 28 mai 2019

Élections européennes, ce qu'en dit la Presse

Comme d'habitude lors de grands événements, j'ai créé une page avec quelques Unes de la presse française et internationale, le lundi 27 mai matin, après une nuit plu ou moins longue selon les pays, l'indécision des résultats et les vitesses de dépouillement. Il y a 75 Unes au total puisqu'en dehors de l'Europe les autres pays n'en parlent pas ou presque pas.

Pour vous mettre en appétit :





mardi 21 mai 2019

GOTi, c'est fini

AUCUN SPOILER comme on dit vulgairement

Certaines choses ont une fin, pas toutes heureusement.

Racontons-ici ce que c'est que la fin d'une chose quand elle se produit. Je prendrai appui sur le dernier épisode de GOT diffusé dans la nuit de dimanche à lundi et que la plupart des fans auront déjà vu. Juste un exemple, aucun divulgâchage, aucun lien direct avec l'histoire, car finalement

qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse

Il ne s'agit pas de parler ici d'amour, comme Musset, cela vous embêterait et cela m'embêterait aussi, ma femme d'ailleurs également, car la sphère du privé n'aime pas éclater en public dans la rue de l'Internet, au risque de projeter des éclats d'amour qui trancheraient dans le vif d'autres vies et qui les éclabousseraient de leurs beautés intérieures et extérieures. Il y a tellement de gens qui sont "plus" amoureux de l'amour que de la personne à côté. Il y a tellement de formes différentes d'amour. Il ne s'agit pas ici de parler alcools et de discuter sans fin des mérites de telle ou telle substance. Il ne s'agit pas non plus de dévoiler la fin d'un feuilleton comme on disait au XIX° siècle, ou d'une série aussi populaire soit-elle.

Il s'agit de parler de ce qui se passe après la fin, quel que soit le flacon.

Moi qui suis un habitué des livres et des séries, notamment de ce qu'il est convenu d'appeler des sagas (africa ou non), je me suis habitué à survivre à la fin d'une série ou d'une longue liste de livres. Avec des sentiments mitigés selon les cas :

- refuser la fin, en chercher une autre, critiquer, se fâcher, être dégoûté de l'arrêt brutal de quelque chose qu'on croyait devenu éternel, ou en tous cas plus durable que nous-mêmes
- lire et écouter des analyses écrites par d'autres pour avoir le sentiment de partager ce sentiment d'inanité, discuter sans fin comme un dernier au-revoir à un amour passager
- se plonger dans un délicieux bain de nostalgie en repensant à toute la série, et la laisser se faire digérer doucement pas nos sucs gastrico-mémoriels
- chercher à combler le manque en se replongeant dedans, soit en regardant le tout depuis le début, 73 épisodes quand même pour GOT, ou en relisant tous les livres et en espérant les avoir finis avant que le petit dernier sorte (enfin ?)
- chercher à combler le manque en trouvant une autre saga à lire ou regarder, car finalement

qu'importe la saga pourvu qu'on ait l'addiction

Vous remarquerez que beaucoup de ces réactions ressemblent à ce qu'on appelle les étapes du deuil, même si la gravité d'une mort n'a rien à voir avec la fin d'un feuilleton écrit par des humains pour vendre à d'autres humains le plus possible de produits. Dans le cas d'une série, il reste toujours l'espoir d'une reprise, d'un "reboot" ou de "spin-off" pour rester dans le même univers et vendre plus de produits suivre certains personnages attachants. Ou alors, comme Lelouch et un homme et une femme, il s'agit de prolonger le bonheur au-delà du raisonnable, car qu'est-ce que la vie sans la passion ? Dans le cas précis de GOT, il reste l'espoir l'attente des livres de RR Martin, et des résultats de son talent pour épaissir l'histoire. Dans le cas de la mort, c'est autre chose, un état permanent avec lequel il faut vivre dans le respect des autres.

Est-ce que la fin d'une série est alors comme une petite mort (et au sens littéral comme une sorte de geste orgasmique qui clôt une période avant d'en entamer une autre) ? Ce serait donner beaucoup d'importance à de tels produits. L'être raisonnable que vous êtes (et que je suis éventuellement) répondra bien sûr que tout cela est un peu abusé.

Il n'empêche qu'il existe aujourd'hui deux tendances opposées et pourtant aussi attirantes l'une que l'autre, et qui réussissent à coexister en beaucoup de gens : l'attrait du court et du long ; le goût de l'instant et de la durée ; l'éphémère et le durable...

Les formats courts sont de plus en plus appréciés des jeunes générations, numérisées à fond, quel que soit la quantité de fond, justement, qu'on peut instiller en quelques minutes. Je discutai hier avec des étudiants autour de "Ma Thèse en 180 secondes", ce concours pour des thésards devant présenter leur sujet (et conclusions) en moins de 3 minutes et en une seule diapo. Certains disaient qu'il était impossible sur le fond de résumer le travail de sa (jeune) vie et de sa future carrière en 3 minutes, d'autres clamant l'intérêt de savoir synthétiser un discours et de promouvoir la Science pour tous, au-delà des 7 spécialistes qui comprendront la thèse complète (en étant optimiste). Tous ont raison, s'ils savaient simplement écouter ce que disent les autres.

Les formats longs, les sagas comme GOT ou plein d'autres, sont aussi très attirants, par le type d'addiction positive (souvent) qu'ils créent. Si on sait ne pas en devenir prisonniers et si l'on sait sortir et respirer, par exemple dans une longue marche au bord de la mer, les yeux mouillés par les embruns, le vent et des larmes de bonheur.

“I guess we’ll have to start talking to each other on Sunday nights.” (The New Yorker)


Alors oui, pour celles et ceux qui vivent en cet instant le stress post-mortem de la fin de la série GOT, courage ! Et pour ceux qui ne s'y sont jamais intéressés, courage aussi, pour supporter les ratiocinations de fans comme moi ;). Parce que

qu'importe le blog, pourvu qu'on ait le plaisir

lundi 6 mai 2019

Oh Boy !


Qu'est-ce que l'éphémère, sinon l'insoutenable légèreté de l'être (surtout à son premier jour) ?

mercredi 17 avril 2019

Notre-Dame de Paris, ce qu'en dit la Presse le 16 avril 2019


Les Unes des journaux suite à l'incendie qui a détruit une partie de Notre-Dame le 15 avril vers 19h.
Ce sont les Unes du 16 avril au matin, à chaud !

Pour les Unes à l'international (225 !!!) c'est ici.
Pour les Unes en France (25) c'est là.

Sans commentaire, pour la simple mémoire du Monde.

Quelques exemples...