jeudi 30 juillet 2026

Écrire, Éditer, Publier, Diffuser, Lire, Numériser, Injecter dans une IA, Détruire ?

Le livre est un objet paradoxal. Et nécessaire.

Objet physique et/ou numérique ; objet sous plusieurs formats qui appellent différents modes de lecture, de l'écrit à l'oral ; suite de lettres, de tokens, de mots, de lignes, de paragraphes, de chapitres, de volumes, selon les usages qu'on en fait ; objet travaillé à plusieurs la plupart du temps ou par une seule personne ; objet humain ou AI, en partie ou en totalité ; objet de désir, de plaisir, d'inquiétude voire d'angoisse selon les publics et les instants ; objet ou sujet ou même sensation pure ; objet des moments où on l'écrit et le travaille, ou alors des moments où on le lit, le stocke, le feuillette, le regarde, ou on s'en souvient plus ou moins précisément ; objet à acheter, à louer, à emprunter, à voler, à pirater ou à regarder ; objet avec ses lieux de culte que sont les librairies, les bibliothèques et autres médiathèques, les musées, les boites à livres, les bancs publics, les supermarchés ; objet de culture ou d'inculture ; objet de manipulation ou de transmission ; objet commercial ou dans le domaine public ; nécessité, contrainte, ou devoir ?

J'aurais pu continuer longtemps comme cela. Dans votre tête et dans vos expérience, vous avez certainement d'autres points à ajouter...

Le livre, dans toutes ses incarnations, est au coeur de nos sociétés depuis un certain temps. Il s'est transformé avec les temps et se transformera encore. Combien de temps existera-t-il ?

On peut exister tant qu'on est visible. Accessible même. Ou idéalisé, pourquoi pas. Mais quand on n'est ni l'un ni l'autre, existe-t-on ? Le livre, sous toutes ses formes est de plus en plus présent, mais de moins en moins lu/écouté/vu. Nous connaissons tous les difficultés de cet objet merveilleux : la filière du livre et ses impératifs commerciaux voire politiques, par des acteurs économiques vieillissants ou venus d'ailleurs pour vendre autre chose ; la multiplication des livres qui ne sont pas des livres, mais seulement des suites de lettres noires de mots dans le meilleur des cas ; la concurrence d'autres vecteurs de culture - ou d'inculture - plus séduisants ou mieux gérés, en tout cas souvent plus attirants au premier regard ; le règne grandissant du court, voire du très court, contre le plus long, avec la baisse de la concentration nécessaire pour tout ce qui est long...

À propos de cet article, un sujet dont vous avez certainement entendu parler un peu partout, le livre serait donc en train de franchir une nouvelle étape : devenir le simple combustible d'IA qui les utilisent - à leur seul profit - pour s'enrichir ainsi que leurs actionnaires, et qui sont ensuite détruits parce que trop chers à conserver.

Ray Bradbury détruisait les livres par le feu dans Fahrenheit 451. 

Le feu a été inventé il y a très longtemps par l'homme et nous a bien servi. 

Mais depuis que l'IA a pris le pouvoir, plus besoin de feu. 

L'IA détruit les livres également. Mieux même que le feu. 

L'idéal du bien public commun que pourrait être la culture est donc en train de tomber comme Icare près du soleil de l'IA. Cet idéal était de toute façon coincé depuis longtemps par les ayant-droit qui refusent toute notion de bien public commun. Il est maintenant menacé par les IA qui réduisent les livres à des litanies de tokens "humains" et qui préfèrent empêcher leur lecture directe (parce que les ayant-droit protesteraient) plutôt que les protéger. Par exemple, en choisissant des livres disposant d'un ISBN, l'excuse est qu'un exemplaire a forcément été déposé dans une bibliothèque nationale, donc le livre n'est pas détruit. Hypocrite, non ? Marketing, oui !

Le vrai paradoxe est là : les ayant-droits, à force de protéger leurs droits, poussent à la destruction des oeuvres par les IA. 

Un autre monde de l'édition aurait pu être possible : rémunérer les ayant-droit qui le souhaitent (auteurs mais pas seulement), alimenter les IA avec des contenus humains, permettre à tous de lire librement tout ce qu'ils veulent et de le trouver facilement sous le format qu'ils souhaitent. Mais si un tel modèle devait être implémenté, il faudrait changer tellement de choses, que chacun dans son petit coin y perdrait. 

Alors, oui, il est tellement plus facile d'accuser l'autres (nimby) et de se foutre du bien public commun.

Merci aux auteurs et aux lecteurs. Finalement, c'est vous qui faites vivre le livre. Vous seuls. Oui.


PS : Au fait, puisqu'on n'est jamais servi aussi bien que par soi-même, je publie des recueils d'histoires fraiches. Zéro euro. Liens ici sur mon site principal. Bonne lecture ;)



mercredi 1 avril 2026

Appel à textes - concours d'écriture

Ceci est un appel à textes, un con-cours d'écriture pour celles et ceux qui osent, aimeraient oser mais n'osent pas, écrire. 

Un concours international, mondial, voire plus, pour des écrivaillons francophones de tous pays, de tous âges et de tous sexes (plusieurs possibilités, même simultanément).

L'objectif du concours est d'écrire un court texte (1000 mots maximum) pour la "prédiction, prévision, prescience, prémonition, préparation, prévisualisation, élucubration ou projection" autour d'un des thèmes ci-dessous. Il est permis de mélanger plusieurs thèmes dans le même texte, et d'en ajouter d'autres mais au moins un des thèmes doit être présent dans le texte, à peu près, indibutablement comme dans Furax. Le texte doit être humoristique au premier, second ou quatrième degré, mais pas au troisième. Tous les textes mentionnant de près ou de loin des poissons seront éliminés.

Le jury est composé de personnalité(s) indubitable(s), reconnue(s), experte(s), formelle(s) mais sa composition est tenue secrète pour des raisons de sécurité. Tous les textes doivent être envoyés exclusivement via le formulaire en bas à droite de cette page. Plusieurs gagnant(e)s seront désigné(e)s selon des catégories définies au fil de l'eau par le jury, ou pas.

Les lots sont les suivants : aucun. Sauf l'honneur unique d'avoir été désigné(e) meilleur(e) dans sa catégorie. Les textes des lauréats, avec leur autorisation expresse seront publiés ici sur ce blog internationalement reconnu, si l'auteur de ce blog le désire, ou sur le site de la Ville de Qan, s'ils le méritent bien sûr.

La date limite des soumissions est le premier avril de l'année que vous souhaitez.

Les thèmes possibles sont :

- la guerre, l'entre-deux paix, la fausse paix avec des justifications bidons (mais pas de morts SVP)

- Trump et/ou Poutine et/ou n'importe quel autre leader autocrate du monde, vu sous son meilleur jour

- l'info, l'intox, l'info, la vérité, les médias avec un exemple totalement imaginaire, genre la France ou les USA

- l'IA, ses hallucinations, ses paradoxes, ses gourous, ses esclaves, autour d'une application non immorale

- la politique française avant les élections de 2027 et ses coups tordus (ce n'est qu'une suggestion)

- l'avenir de la francophonie, de ses opérateurs, de ses financements avec un peu d'optimisme si possible (oui, je sais, c'est difficile d'être optimiste)

- le marketing et sa splendeur rayonnante pour vendre des merdes, une fois, plusieurs fois, ou sur abonnement

- la science, la vraie, la seule, ou les fake sciences et leurs prophètes grassement payés

- l'avenir de la planète à un horizon proche (entre 100 et 1000 ans), s'il y en a un

- la natalité, la famille, les enfants, et les bêtises qu'ils feront (à ne pas confondre avec les conneries des mêmes enfants devenus adultes)

- l'opinion que vous avez de l'auteur de ce blog et l'avenir que vous lui souhaitez

- et bien sûr, comme on dit à Miss Univers, la paix dans le monde.


À vos plumes, à vos écailles ou à vos poils...

lundi 29 décembre 2025

Brigitte Bardot, Bardot

C'est un événement médiatique, alors je vous ai concocté comme d'habitude une page avec des Unes de la presse française (ils s'y sont tous mis) et internationale (avec quelques pays improbables). 137 Unes quand même, y compris des numéros spéciaux, mais on n'est que lundi et même si les médias ont préparé leurs nécrologies depuis longtemps, ils ne sont pas encore tous dispos... À retrouver dans le futur musée du Prado de Bardot à la Madrague, avec sa tombe à côté, of course.

Et un super bonus, qui a marqué ma jeunesse (à part le fait que ma soeur Annie lui ressemblait beaucoup, même époque à peu près), que vous pouvez déguster à loisir, même les plus jeunes... Brigitte Bardot, Bardot... Brigitte Bardot, Bravo...



Un petit extrait des Unes ici, mais toutes les autres sont là






















jeudi 13 novembre 2025

Il y a dix ans sur ce blog

Le vendredi 13 novembre 2015, j'avais publié un billet normal, sur le rôle des femmes dans la science (déjà un sujet). Le billet commençait par "C'est vendredi 13 et il n'y a rien à en dire"'... Quel science de la prescience de ma part...

Et puis les attentats terroristes sont arrivés dans la soirée et notre monde a changé.

Le billet du samedi 14 novembre était sombre, plein de dégoût et d'énergie aussi.

Avec une page pour les Unes de la presse dont voici la première, venue du Mexique :


Le dimanche 15, en plein deuil national, une nouvelle, comme beaucoup de dimanches à cette époque. J'espère terminer bientôt le recueil de ces nouvelles d'ailleurs (plus d'une centaine, à réviser un peu car elles ont souvent été écrites en quelques heures au mieux). Celle-ci était basée sur une contrainte, un thème imposé.

Le lundi 16 puis le mardi 17, deux billets pour se poser des questions et se chercher des réponses. À chaud, évidemment.Aujourd'hui, que dirait-on ? Que diriez-vous ? Qu'avez-vous dit ?

Et puis, parce qu'il n'y a pas que la France au monde, voici le billet du 23 novembre, suite aux attentats en Belgique et à la traque des terroristes quelques jours après le 13 novembre. L'humour et le flegme belges pourraient être des modèles dans le pays d'Astérix et d'Obélix où les médias adorent parler tout le temps et souventt à tort et à travers. À cette époque (dix ans) Twitter n'était pas encore devenu un cloaque.