lundi 6 janvier 2020

Grèves : la suite en 2020

J+41 ..................... 15 janvier

Ça se tasse un peu partout, mais ça se développe aussi par d'autres formes, moins frontales. Nos journaux référence n'est parlent plus ce matin et La Croix s'interroge sur l'après (ce qui permet de moins parler de l'avant chez les cathos, très secoués en ce moment d'ailleurs).


Je vais donc arrêter ce billet pour parler d'autres choses, en attendant d'y revenir dans les semaines et les mois à venir évidemment, puisque cette affaire est loin d'être terminée. Il y a bien d'autres choses dont on pourrait parler non ? Le Brexit imminent ; L'affaire des Sussex au Royaume-Uni et dans le Commonwealth ; L'Iran ; La campagne présidentielle aux USA ; Les 50 ans de la Francophonie en cette année 2020, après le traité de Niamey en 1970 ; L'urgente nécessité d'aimer ; Le poids des mots et le choc des vidéos ; L'Internet en danger ; L'Afrique ; La Planète ; Mars ; Les JO ; L'Euro de foot ; Le retour de The Far Side ; Les ratons-laveurs ; La poésie ; La vie à Paris et en Normandie...

J+36 ..................... 10 janvier

Grosses manifs hier et discussions en ce moment à Matignon. Le projet de loi a commencé à fuiter et il est plein de mentions sur l'âge d'équilibre/pivot. Avec un bémol, mais qui ne devrait pas être suffisant pour la CFDT : entrant en vigueur fin 2020, le projet de loi mentionne que l'âge pivot n'entrerait en application que neuf mois après, sauf si les partenaires sociaux se mettent d'accord avant sur une autre solution "meilleure". Une sorte de bébé par défaut après une grossesse forcément douloureuse... Le principe d'une conférence sur le financement semble de plus en plus admis par tous, même la CGT. Mais le principe des trois tiers fera hurler : 1/3 gagneront, 1/3 y perdront et 1/3 ne sont pas concernés.

Semaine prochaine chargée puisque le projet devrait (?) être présenté au Conseil des Ministres du 14 janvier, un mois avant la Saint-Valentin le début des votes au Parlement. Actions attendues d'ailleurs et déjà annoncées les 14, 15 et 16...

Dommage que la France ne soit plus une monarchie. Pourquoi ?

Nos chers amis britanniques sont passionnés en ce moment par le Megxit, l'annonce par le couple royal qui ne règnera jamais (Meghan-Harry) de leur désir de s'installer au Canada et de ne plus occuper de fonction officielle "royale". Gros drame puisque la Reine n'était pas prévenue et est furieuse et qu'il va falloir qu'ils se trouvent des revenus (les pauvres) rapidement, Meghan étant déjà retournée au Canada depuis leur coup d'éclat. La Presse ne parle que de ça et a presque oublié le Brexit alors qu'hier était un jour fondamental puisque le Parlement a approuvé le retrait de l'UE selon le plan négocié auparavant pour le 31 janvier. Un vote historique, qu'on apprécie ou pas le résultat. Mais un vote absent de la Presse...

Donc si on avait un Roi ou une Reine en France, on parlerait d'eux et pas de manifestations. Nous sommes peu de choses face à des médias qui orientent dramatiquement nos opinions. En plus la retraite n'existe pas vraiment pour les monarques (décapitation en France ou Le Roi est Mort, vive le Roi partout ailleurs).


J+35 ..................... 9 janvier

Manifs aujourd'hui. Donc les rues sont plus vides et les transports moins chargés ce matin, paradoxe des journées sociales.

Rien à dire encore puisque les discussions sont en cours.

Un lien souvenir par contre, d'il y a 5 ans, le 9 janvier 2015. Lire aussi les billets du 7 au 12 janvier 2015... :(


J+32 ..................... 6 janvier

Bonne année. Oui je sais, je suis en retard, mais bon j'espère que vous me pardonnerez. Bonne année aux malheureux qui ont déjà recommencé, aux heureux qui ne recommencent qu'aujourd'hui, et aux autres. Une année bissextile, une année olympique, une année quasiment palindromique qui on ajoute un 0 devant, une année propice aux jeux de mots vinicoles, scolaires et autres. Votre année !

Sur le plan de la grève, la trêve n'a pas eu lieu, juste la baisse du trafic pendant cette période, avec un lundi 6 galère, les habitudes grèveuses des "usagés"n'étant pas encore complètement reprises. Tout le monde annonce une semaine décisive, entre reprise annoncée des négociations, premier conseil des ministres de l'année, digestion difficile des voeux de Macron, manifs et grèves interprofessionnelles, proposition de compromis du président de l'Assemblée nationale, et ouvertures vraisemblables sans que quiconque perde la face. À deux semaines du dépôt officiel du projet de loi avant le débat au Parlement en février. L'AFP a une jolie infographie :


À voir... En tous cas, presque tous cherchent une porte de sortie, mais il y en a plus d'une...

Extrait de The Far Side

La ministre du Travail a une jambe plâtrée (et une langue de bois). Dure, dure la rentrée... Elle devra trouver un accès handicapés et une porte (de sortie ?) adaptée.


La presse en parle de moins en moins d'ailleurs, en attente :


Je ne vous promet pas d'alimenter ce billet tous les jours comme en 2019 ;) mais de continuer à le centrer sur les principaux événements liés à ce mouvement social au fur et à mesure de leur occurence.

Comme pour le billet précédent - du 2 au 20 décembre 2019 - Les ajouts les plus récents sont en haut du billet ;)


lundi 2 décembre 2019

Grève(s) : chronique pour maux chroniques

Ceci est une chronique sur les grèves du 5 décembre 2019 et au-delà. Un article qui sera enrichi (si je puis dire) chaque jour en fonction du déroulé de ce mouvement social. Les éléments les plus récents en haut de page, pour vous épargner de la fatigue, car vous aurez besoin de toute votre énergie pendant cette période. Cet article se termine le vendredi 20 décembre... Fin de la première période sociale. Maintenant trêve (ou pas) puis retour le 6 janvier pour les décapiteurs de rois.

J+15 .................. 20 décembre

Coups de mou un peu partout, comme le dit bien la Presse qui a clairement envie de parler d'autre chose, histoire de ressortir les marronniers qui blanchissent à cette époque rituelle de l'année.


Puisque c'est la conclusion de cet article, je ne peux résister et je vous pose donc la question qui tue : Peut-on tirer des conclusions sur la crise socio-écocomico-politique en France, sur la base du dernier Star Wars (que j'ai vu hier soir, avec mon fils pour excuse, comme si j'avais besoin d'une excuse...) ? Question profondément existentielle puisque toutes les analyses ont été et seront produites pour n'importe quelle question philosophique ou autre... On pourrait en effet parler de l'ascension de EtienneWalker (Marcheur en français), ou de la lutte courageuse des forces du bien contre les forces du mal, et inversement.

Dans la vraie vie, cela fait du bien de voir des humains traverser la galaxie à toute blinde quand on est coincé dans l'escalier qui mène au quai de la ligne 14, par exemple. Il est vrai que personne ne tire (encore) sur nous, mais les habitués de la grève notent que depuis quelques jours, les agents RATP qui canalisent les voyageurs sont équipés de sabres laser verts (si, si !!!), petits il est vrai et peut-être pas laser, mais sabres lumineux quand même.

Que la Force soit avec nous tous et bonnes fêtes où qu'elles soient et quelles que soient les voies que vous empruntez pour vous y rendre...


J+14 .................. 19 décembre

Début de la troisième semaine de grèves : un léger mieux pour les usagers/clients/voyageurs à Paris et autour. Tellement mieux que les rythmes sont pris et les nouveaux trains souvent vides, puisque personne n'y croit vraiment : les sites d'information disent tout et n'importe quoi et avoir une information fiable suffisamment à l'avance semble toujours aussi impossible, en France, au XXI° siècle, dans la French Touch Nation ;). Paradoxalement la SNCF s'en tire plutôt bien en ce moment, même s'il faut appliquer trop fortement le principe de précaution, par exemple en n'assurant plus l'accompagnement des mineurs pendant ces vacances, histoire de ne pas avoir un gros titre dans la presse suite à un accident ou pire. Le stress s'accumule évidemment mais l'être humain s'habitue à tout (et pense aux vacances et fêtes prochaines).

La presse parle d'autre chose, théorie = politique, sauf le Parisien qui s'intéresse aux vrais gens comme d'hab en parlant du simulateur du gouvernement qui n'en est pas un. En IdF, la présidente Pécresse demande le remboursement des usagers (mais ne s'engage pas à le faire alors que les transports dépendent d'elle en grande partie). Reprise progressive du trafic, reprise sinueuse des négociations, reprise du travail avant la trêve qui n'en est pas une, reprise des achats... reprise des chaussettes aussi pendant ces vacances, entre les orphelines et celles que les gremlins ont emportées hors de la machine à laver.


On va dire que cet article s'arrêtera demain vendredi à J+15. Pour trois raisons : parce qu'il commence à devenir lourd à charger ; parce qu'on entre dans la phase molle des fêtes/vacances ; parce que je pars justement en vacances aussi ! Yay !

J+13 .................. 18 décembre

Deux semaines pleines... La manif d'hier a maintenu à peu près les mêmes masses (selon les sources comme d'habitude, plus à Paris et moins ailleurs en moyenne), malgré l'apport des syndicalistes de la CFDT et autres. Deux semaines ça fait beaucoup pour le stress ambiant. Un stress qu'on ressent de plus en plus dans les lieux publics : un peu plus de bousculades, de comportements stressés-stressants et de trajectoires individuelles, chacun enfermé dans sa bulle (très petite la bulle d'ailleurs, avec un rayon souvent négatif si je puis dire). Le stress public est une chose étrange, car il déteint sur le stress individuel et met du temps à nous quitter une fois le calme revenu. Il déteint donc sur plein d'autres endroits, de moins en moins épargnés... Même si cela a l'air un peu plus calme ce matin, les annonces actuelles de l'intersyndicale nous promettent des vacances en rouge CGT (au lieu du jaune fluo des gilets il y a un an) : la mode change mais les manifs continuent. En tous cas à cette heure, avant les entretiens gouvernement-syndicats aujourd'hui en individuel et demain en groupe.

La Presse n'est pas folichonne ce matin, puisque les journaux essayent de se projeter vers la fin de la crise, chacun à sa façon, entre espoir et méthode Coué :


Un petit mot sur les acronymes qu'on voit de plus en plus : JPD (et ses 3 13 14 NN mandats) nous a quitté et a été remplacé dans la nuit par le député LREM (La République d'Emmanuel Macron, à ne pas confondre avec celle de Platon) qui allait défendre le projet de loi au Parlement, un certain LP au nom difficile à passer dans un correcteur orthographique, (Laurent Pietraszewski, comme un 33 tours qui tourne lentement et calmement grâce à un sillon unique en spirale concentrique). Il faut également noter le revirement du Sénat, à travers son président LR (Les Retraités), qui semblerait prêt à entrer dans un système universel. Incroyable !!!

J+12 .................. 17 décembre

Journée de manifs. Trop tôt pour en parler ce matin. La CGT sera en tête, la CFDT et les autres syndicats réformistes en queue. Où seront les gilets jaunes et les violents ? Quand sera la réaction du gouvernement ? Rendez-vous prévus à Matignon demain mercredi.

Moins de gens dans les rues donc pour le moment puisque beaucoup ont pris une journée (grève, télétravail ou congé). Un trafic paradoxalement plus fluide. L'attente des annonces par la SNCF des trains disponibles pour les fêtes se terminera à partir de 15h. Certains attendaient le Père Noël, on aura le joyeux bordel... Et encore, quand je dis joyeux, ris jaune (comme un briseur de grève).


Les médias se régalent, mais la star du jour reste M. De la Voie Royale et surtout son remplaçant-mystère à venir. Choix délicat !

En exclu sur ce blog, j'ai réussi à obtenir la photo du nouveau Monsieur/Madame Retraite :

Shiva !!!


J+11 .................. 16 décembre


Retour de la vraie galère en ce lundi re-pluvieux. Record battu de bouchon en région parisienne, plus de marcheurs (au sens premier du terme, non politisé), moins de transports. Retour des Unes partisanes. Même le Parisien s'y met ??? Ben ça alors !


La manif de demain ira de République à Nation en passant par la Bastille, un des parcours les plus longs et les plus emblématiques, histoire de montrer sa force, même si les 8 organisations syndicales qui défileront seront divisées en deux camps, plus que d'habitude, dans compter les casseurs et les gilets jaunes qui essayent toujours de se faufiler en tête. À noter cet "ultimatum" intéressant de la CGT.

Le comptage des possibles conflits d'intérêt du cher Monsieur De La Voie Ferrée se poursuit. On doit en être à 13 aujourd'hui. Ira-t-on jusqu'à 18 comme le fameux poème de Prévert ? Ça aurait de la gueule, non ?

MàJ : Lundi 12h42 : Jean-Paul Delevoye a présenté sa démission. Le Haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, a présenté sa démission ce lundi, a indiqué son entourage à l’AFP. Emmanuel Macron a accepté « avec regret » la démission de Delevoye, qui sera remplacé « dans les plus brefs délais »


J+10 .................. 15 décembre (dimanche)

Un dimanche calme. Presqu'aucun moyen de se déplacer dans Paris, vive les commerces de proximité Amazon et la voiture. Vive le développement durable. Seul Laurent Berger pour la CFDT appelle à une grève de Noël. Le schéma est simple : grosse manif (notamment à Paris) mardi, puis réunions avec le gouvernement, retrait de l'âge pivot dans le texte, même s'il reste dans les textes d'application sous une forme déguisée, annonce de la CFDT que tout est bon, suivie des autres syndicats réformistes et fin de la grève sous pression de l'opinion, donc vacances de Noël Ok... Un schéma simple "si la CGT le veut bien", ce qui est quand même un pari osé. En mettant l'accent sur la vérité dite et assumée, le gouvernement joue une carte anti-syndicats évidente. Il y a vraiment un problème d'écoute suivi d'un problème de tactique (méthode) par ce gouvernement tendu entre droite et gauche de droite (ou droite de gauche, c'est selon).


J+9 .................. 14 décembre

Drôle de jour. Très difficile de se déplacer entre les villes entre les trains annulés et le mauvais temps, plus facile dans le centre-ville, puisque plusieurs lignes sont ouvertes à Paris pour les courses de Noël dans l'après-midi. Une sorte de trêve très courte. La plupart pensent à Noël et à des plans B ou C, ou même Z pour se déplacer. Les autres pensent à autre chose, comme nos deux journaux de référence depuis avant même la grève. Heureusement que Boris est là pour permettre de changer de sujet.


J+8 .................. 13 décembre

Vendredi 13, la poisse donc. Encore un peu plus le bordel dans les rues et un peu de pluie. Miam !
Ça va continuer jusqu'à mardi au moins, avec quelques soucis en plus (dans les raffineries et les dépôts de carburants en tous genres. Les journaux ne s'y trompent pas.


On en profite pour faire un break (breakfast/Brexit) ? Hier les britanniques ont largement voté pour les conservateurs qui ont une très grande majorité au Parlement (la plus grande depuis longtemps) grâce à la bonne campagne et au positionnement clair de Boris (Get Brexit done) face à un parti travailliste mal mené et pas clair, et qui a perdu ses bastions historiques dans la ceinture rouge). Boris a déjà dit que le Brexit aurait lieu comme prévu le 31 janvier et prévenu que l parti conservateur devrait changer car les députés ont été élus par de nombreux électeurs traditionnellement travaillistes qui était des pour le Brexit. C'est ce qu'aurait pu faire Chirac en 2002 avec une élection massivement en sa faveur (contre Le Pen père) y compris par des électeurs de gauche. Mais Chirac n'a rien fait et a durci sa droite. Que fera Boris ? Et son chien ?



Ce débat n'est pas que britannique, il touche toutes les démocraties lorsque les clivages historiques baissent d'intensité. C'est évidemment le cas de la France de Macron (et de la suivante en 2022 ?)

J+7 .................. 12 décembre

Brusque recentrage hier, donc, avec les annonces du gouvernement et les réactions politiques et syndicales. Pas un recentrage politique de la droite vers la gauche, mais un recentrage sur des priorités différentes pour chaque acteur. Chacun dans son rôle.

Habile jeu politique de la part de Macron, puisque malgré le simulacre de la réunion politique de la gauche (organisée hier par le PC canal historique), les partis de gauche ne sont que très légèrement d'accord sur les suites à donner : oui pour être contre la réforme, non pour un projet alternatif. Une gauche politique faible et divisée, une droite qui va se rallier à Macron et un RN isolé et non crédible en dehors d'un "Non" systématique : un paysage politique français pas enthousiasmant mais réel.

Habile jeu syndical de la CFDT qui sortira vraisemblablement vainqueur du bras de fer : d'accord sur le fond avec la réforme mais pas avec certains détails (la ligne rouge de l'âge pivot), la CFDT va montrer qu'elle seule est capable de parler au nom de tous (des manifestants aux silencieux) et donc qu'elle est légitime pour piloter la "nouvelle gouvernance" du futur régime (celui proposé par le gouvernement ou un autre à redéfinir, dans les deux cas c'est gagnant pour elle). Radicalisation des autres syndicats corporatistes ou globaux (menace de la CGT de pourrir les fêtes de fin d'année par exemple).

Intéressant débat sur le fond, entre réformateurs et réformistes (si, si, il y a une différence, renseignez-vous), entre gauche et droite et importance ou non du "en même temps" qui tire bien à droite en ce moment comme si le pneu avant droit avait crevé (que le grand cric me croque), entre jeunes et vieux en introduisant une nouvelle catégorie avec les "mûrs" à partir de 1975, 45 ans donc.

Manifs aujourd'hui donc (à Paris, trajet inverse de la manif du 5), en attendant celle du 17 décembre à J+12 (il va falloir que j'ajoute un autre billet sur ce blog pour ne pas trop l'alourdir... on verra le 16 ;) Pendant ce temps, au fait, les galères continuent.

La Presse est fidèle à ses positions avec chacun son héros (Philippe à droite, Berger à gauche et La Croix crucifiée entre les deux en même temps. Intéressant, non ?

En tous cas cela prouve l'importance des accents (aigus) dans la langue française. On les appelle des signes diacritiques (du latin critique diurne, comme les manifestations).


J+6 .................. 11 décembre 2/2

Après la pub du CESE pour le CESE, qu'a dit le Premier ministre au CESE ? "pour une retraite plus simple, plus juste, pour tous" ?
- un nouveau pacte entre les générations, fidèle aux valeurs fondatrices (solidarité). Nous ne voulons pas confier la clé de nos retraites/anciens à l'argent-roi. Cette refondation/réforme n'est pas une bataille. Je ne veux pas de cette rhétorique guerrière. 3 principes : universalité, équité, responsabilité.

- universalité : liberté de mouvement entre statuts, par répartition, jusqu'à 120 K€ égalité. En points. La valeur du point sera fixée par les partenaires sociaux (valeur, évolution) sous le contrôle su Parlement. Règle d'or (pas de baisse, indexation sur les salaires). Pas d'exception, pour tout le monde.
Pour le personnel politique ? traités comme tous les français, c'est très bien ainsi ! Suppression progressive des 42 régimes dont les spéciaux.

- équité et justice sociale : le meilleur système du monde ? Oui, mais injustices : chômage important, études longues, carrières heurtées, temps partiel... Construire la protection sociale du XXI° siècle. Pension minimale 1000 euros nets pour une carrière complète au SMIC (en fait 85% SMIC). 150 heures par trimestre minimum ? un vestige peu glorieux. Les femmes seront les grandes gagnantes : rattrapage des salaires en cours, maternité à 1100%, points supplémentaires dès le premier enfant (au lieu du 3°), reversion garantie à 70% des ressources du couple, limite de 67 ans abaissée ? Pour les familles : 2% en plus si 3 enfants. Pour les hauts revenus ?  au-delà de 120K€, cotisation de solidarité augmentée.

- responsabilité : gouvernance par les partenaires sociaux. Pour les déficits existants ? Vive le paritarisme. La seule solution c'est de travailler progressivement plus longtemps. Age minimum légal maintenu à 62 ans, mais incitation à travailler plus : un âge d'équilibre avec un système de bonus-malus. Le COR dit 64 ans... Mais quid des salariés qui ne peuvent pas ? Début avant 20 ans, 2 ans plus tôt, maintenu. Handicaps maintenus. Pénibilité selon des critères identiques pour tous, compte pénibilité ouvert à la fonction publique (infirmières par exemple, ou travail de nuit). Emploi des seniors et aménagement des fins de carrière (temps partiels, transitions activité-retraite progressive).

Transitions et garanties ? Quel rythme ? Ni trop vite, ni trop tard. Transitions avec les 42 systèmes, un défi énorme. Le système à points sera simple et pratique, une fois lancé. Actuellement quid des poly-pensionnés ? Des principes : Respecter les projets de vie de chacun, en fonction proximité de la retraite; respecter le contrat social entre individu et entreprise; respecter les équilibres économiques de professions construites autour de ces données. Pour les jeunes nouveau système en 2022 (génération 2004). Pour les autres, génération 1975 pour 2025. Pour les nouveaux entrants, transition progressive, seules les années à partir de 2025 compteront. Pour les droits acquis ? 100% conservés dans les régimes actuels, avec des dispositifs très protecteurs (exemple des 6 derniers mois). Ne pas brusquer le retour à l'équilibre financier. Les principaux leviers seront entre les mains des partenaires sociaux (retour à l'équilibre et trajectoire), le gouvernement agira seulement si nécessaire. Echéancier ? Pas de fétichisme sur 2025 -> 2027 : réforme et équilibre, deux sujets différents, mais à ne pas fuir (au-delà du quinquennat). Nouvelle gouvernance au plus tard en janvier 2021, pour décisions au premier janvier 2022 au plus tard. Après adoption de la loi-cadre.

Réponses spécifiques à certaines professions, oui évidemment. Dérogation pour forces de sécurité intérieures et militaires, enseignants (ne pas perdre le moindre euro de pension, garantie sanctuarisée dans la loi, revalorisations nécessaires progressives dès 2021, évolution des métiers de l'enseignement -> été 2020), aides-soignantes (pénibilité et rythmes de travail, temps partiel en fin de carrière), indépendants de tous statuts (CSG au 1er janvier 2022, convergence douce des cotisations en 15 ans, réserves qui resteront dans les caisses concernées sans aucun siphonnage.

Le calendrier ? Dialogues dès aujourd'hui, pour arrêter les grèves, dans les grandes entreprises. Projet de loi soumis le 22 janvier, au Parlement en février. Ordonnances ou décrets ensuite. 1er janvier 2022, réforme irréversible. 2025 pour les jeunes.

Texte intégral ici par exemple

J+6 .................. 11 décembre 1/2

Les manifs d'hier ont été moins massives, donc : entre 1/3 et la moitié en moins par rapport au 5/12. C'est à ce point que la manif de jeudi a été annulée et remplacée par des initiatives locales (?!?) en attendant le mardi 17. Ce matin, léger mieux sur la RATP, de ci de là. Mais si le mouvement ne s'élargit pas, il se développe en profondeur et s'étend à une contestation plus globale du Macronisme. De plus, entre une semaine et dix jours de conflit, usuellement, les revendications se durcissent et il devient difficile de sortir sans concessions, quelles qu'en soient les modalités.

Pour la presse, pas de surprise, juste des points de suspens(ion) avant les annonces de ce midi, même si les fuites sur la dernière réunion d'arbitrage de cette nuit sont nombreuses : les politiciens ne peuvent s'empêcher de parler et d'avoir une audience, et les journalistes de charcuter leurs invités pour avoir des exclusivités (exemple de Léa Salamé sur France Inter ce matin - au fait la grève est finie, là ?). Je vous ai juste ajouté Le Monde puisqu'on y parle des réactions des économistes Pro-Macron qui sentent le danger : attention de ne pas comparer aux rats qui quittent le navire, ce serait malpoli.


Je ferai un point à chaud sur les annonces du Premier Ministre ce mercredi, avant de parler demain des réactions.

J+5 .................. 10 décembre

Sur le front des grèves, il y a une lente amélioration, avec surtout des habitudes de débrouille qui se créent de plus en plus chez les "clients" des transports ou les entreprises. La nature humaine est ainsi faite. Je vous ai rajouté la Une du Parisien ce matin qui est un bon exemple de cet état d'esprit. Les franciliens qui arpentent les rues de Paris sont de plus en plus efficaces, comme si un code de la route alternatif se mettait en place, des piétons aux deux-roues sous toutes leurs formes.


Manifs cet après-midi. Objectif : comparer les masses à celles de jeudi dernier, naturellement. Au moins il fait beau à Paris aujourd'hui... On est entre-deux, en attente des annonces et réactions de demain. Si on met de côté ceux qui ont d'ores et déjà finalisé leurs réactions et qui n'en changeront pas quelles que soient les annonces (rejet en bloc de ce type de réforme, grand soir anti-Macron et/ou anti-système, partisans de droite d'une réforme consolidant les parties prenantes existantes...) tout sera dans les détails et les manières d'annoncer ou de réagir. 

J+4 .................. 9 décembre

Galère mouillée (à grosses gouttes) à Paris. Plus de monde, un tout petit peu plus de transports en commun. Petites mines en papier mâché (mouillé) des franciliens. Bureaux assez déserts encore...


Gros embouteillages puisque lundi c'est toujours compliqué, jusqu'à 631 km ce matin, un record absolu. En plus Radio-France est en grève et il ne reste plus qu'à écouter des pubs dans sa petite auto bien polluante. Il semble que le déjeuner de concertation et d'arbitrage soit repoussé de 24h à mardi, ce qui en dit long sur les différentes factions qui s'opposent au gouvernement et autour. C'est le temps des arbitrages. C'est dans ce genre de moment qu'on reconnait (ou pas) un gouvernement et un président qui agissent (ou pas). Le titre de Libé est à ce titre assez exceptionnel, comme souvent.



Préparations pour la manif de demain, histoire d'aller emmerder un peu à la fois les beaux quartiers et Rachida Dati (qui avait déclaré vendredi que le gouvernement avait la réforme "honteuse". Un préservatif ?



J+3 .................. 8 décembre (dimanche)



Un peu de violence samedi, mais pas trop. Un signe que les gens sont soit combattifs dans un autre registre soit épuisés. Pendant ce temps le gouvernement consulte et se met d'accord avec lui-même. Tout le monde y va certainement de son conseil. Beaucoup de choses dépendront de la CFDT (qui rappelons-le n'est dans la grève que par ses cheminots). Les forfaits téléphone de certains doivent exploser ;)

Un dimanche un peu plus serein côté transports car il faut bien partir/revenir pendant le week-end ou se terrer chez soi, ou faire ses courses de Noël : les courses ont de plus en plus lieu le dimanche, car c'est le mois où presque tout est ouvert, et qu'on risque moins de bordel que le samedi, jour où se croisent toutes sortes de manifestations.

J+2 .................. 7 décembre

Quelques manifs à prévoir aujourd'hui en plus de la poursuite des grèves dans les transports. Annonces par l'intersyndicale du menu de la semaine prochaine avec une manif interprofessionnelle mardi (et certainement jeudi puisque ce sont les deux jours traditionnels de grève en France depuis des lustres). Mardi pour peser sur ce qu'annoncera le premier ministre mercredi à midi au CESE et jeudi pour protester contre (quoi qu'il annonce). Clash violents ou pas ? Récup par les gilets jaunes ? Oui, je sais, c'est une question paradoxale et idiote puisqu'il y a quelques mois on parlait de récup des gilets jaunes par les syndicats, sans succès... O tempora, O mores.




J+1 .................. 6 décembre

Première journée réussie hier pour les syndicats. On est autour du million dans toute la France. Peu à Paris puisque les transports étaient difficiles pour tout le monde y compris les manifestants. Mais dans certaines villes de province, gros succès, exemple à Caen, dans une grande région (l'Ouest) où es mobilisations sont souvent très fortes. Le J+1 est toujours aussi puissant et les syndicats s'apprêtent à planifier la semaine prochaine. Il y a eu finalement peu de débordements, avec un gros point autour de la Place de la République, noeud parisien névralgique en matière sociale. Il faut dire que les grandes places populaires ont des noms évocateurs - République, Nation, Bastille - à l'Est, à ne pas confondre avec l'Étoile, l'Opéra ou la Concorde à l'Ouest (à gauche sur la carte alors que c'est plutôt à droite sur la carte sociale, mais passons).

J'en profite pour vous confirmer que la gare routière de Paris-Bercy est un endroit très peu convivial, alors que c'est un lieu de plus en plus fréquenté avec les bus Macron et les cars qui desservent toute l'Europe, sans parler d'un jour de grève comme ce vendredi où c'est quasiment le seul moyen d'aller en Normandie. Presque pas de sièges, pas de chauffage ou de lieu d'attente. Un lieu de pauvres, en fait.


PS : Ah oui, j'allais oublier, grève aussi de ce côté... (Je parle des poubelles, pas d'Enedis derrière :)


J .................. 5 décembre

Je rajoute quelques photos à la litanie des images d'un Paris vidé, avec des piétons et des deux-roues.
Une gare St-Lazare vide et un quai de ligne 14 (automatisée) tout-à-fait normal ce matin à la fin de l'heure de pointe.

Même les écrans sont vides


Évidemment Paris n'est jamais vide. Mais il suffit d'un peu moins de véhicules pour avoir ce sentiment de quasi silence qui change tout. Les vélos et les piétons ne font pas de bruit, en général, surtout quand il fait froid.

La presse est en attente et nos deux Unes de référence se ressemblent, en fait :


Sur le fond, on ne sait pas grand chose de plus puisque les déclarations vont dans tous les sens. Le "futur?" régime unique sera simplement un système de points avec plein de solutions dérivées pour les accumuler et les utiliser, en fonction des secteurs, au lieu de régimes séparés et "spéciaux" qui ont chacun des règles différentes. Encore une fois, une question de marketing politique et syndical. La vraie contestation est ailleurs et elle s'accumule contre un appauvrissement galopant. Les luttes partielles se multiplient (des employés, des usagers, des syndicats, des partis et même des ministres entre eux) mais le gouvernement table sur la non globalisation de ces luttes. Il n'a pas (encore ?) réussi à mobilier autour de causes communes, alors il essaie de ne pas en voir une émerger. 

On attend donc pour conclure sur cette première journée.

J-1 .................. 4 décembre

Les pompiers sont toujours Place de la République pour cette Sainte-Barbe. C'est sur le trajet de la manif de jeudi.
Les grèves commencent souvent ce soir (19h pour les prises de service à la SNCF par exemple). Il faisait 0° à Paris tôt ce matin, début de gel. Froid et sec. Le temps idéal pour manifester emmitouflé.

Dans le monde des médias, tout le monde ne parle que des conséquences pratiques et de la débrouille. Sur le fond, tout le monde dit n'importe quoi sans vérifier (contrexemple ici). Je discutais ce matin avec un italien (si, si) expat à Paris. Il dit ne pas comprendre pourquoi il y a une grève alors que le projet de loi n'est pas connu encore. Je lui ai répondu que si c'est bien Sun Tzu qui a écrit L'Art de la Guerre, c'est un français qui devrait écrire L'Art de la grève. Il s'en fout, il vient en vélo.

Tous ne parlent que de la bataille de l'opinion : Qui est soutenu par ce "on" brumeux qu'est l'opinion ? Pour le moment, le gouvernement n'a pas gagné cette bataille (ou guerre) mais va à l'affrontement. Et la presse y va en ordre dispersé : Le Figaro pense en termes globaux, parties prenantes, économie, entités collectives, comme si "La France" était une personne physique ou morale ; Libé raisonne individuel, limite corporatiste. Un vrai clivage.



J-2 .................. 3 décembre

Les pompiers (quelques-uns venus de plusieurs régions) se sont installés Place de la République à Paris depuis la nuit d'hier pour parler pacifiquement de leurs conditions de travail. Ils manifesteront jeudi, mais célébreront aussi ce mercredi 4 décembre, la Sainte-Barbe, leur patronne. Ça tombe bien, avec la Saint-Nicolas ce vendredi, et la journée du don aujourd'hui...

Aujourd'hui, la presse nationale ne titre pas sur la grève à partir du 5, sauf l'Huma bien entendu. Le yoyo de communication croisée entre gouvernement, médias, partis et syndicats a commencé. Comme dans toute négociation, c'est celui qui parle le premier qui a perdu (oui, oui, je sais, c'est un peu simpliste, mais c'est quand même souvent vrai).


Il fait de plus en plus froid. Une bonne petite gelée ? Mettez-vos gants en tous cas. Surtout si vous attendez de l'essence dans une station-service (dans l'Ouest pour le moment). C'est le moment de tous les combats petits et grands. Est-ce le moment de la convergence des luttes ?

A propos de convergence, laissez-moi vous ramener à un autre temps, dans le passé, pas naguère, non, mais jadis. Il y a 1600 ans... Il y a une expo petite mais intéressante à Paris, méconnue : à la mairie du Vème, sur le 1600° anniversaire de la naissance de Geneviève, la patronne de Paris (et des gens d'armes et autres gardes républicains), une sainte qui a sauvé Paris des Huns et les parisiens de certaines maladies, en des temps confus où il existait encore des Francs (bien avant l'euro). Geneviève était une noble franque de l'époque. L'expo est donc au sommet de la "montagne" Sainte-Geneviève, pas loin de son tombeau initial et de l'abbaye qui a pris la place de vestiges romains plus anciens, comme toujours avec les cathos. Elle a pour partenaires les voisins de la place du Panthéon : la mairie, le Panthéon (ancienne église, temple républicain de la mémoire), l'église Saint-Etienne-du-Mont, le lycée Henri IV avec son cloître et sa chapelle et la bibliothèque Sainte-Geneviève, bien connue des étudiants pour sa queue. Manque l'Université Panthéon-Sorbonne, isolée dans sa splendide grandeur depuis très longtemps. Cette convergence de partenaires républicains, culturels, religieux, mémoriels et intellectuels est assez rare pour être notée ;) Photo, prise du bureau de la Maire du Vème.


Sur cette photo, il manque les étudiants en train de manifester, mais cela devrait venir ;)

J-3 .................. 2 décembre

Soleil froid sur Paris comme à Austerlitz. Le séminaire gouvernemental d'hier dimanche est censé avoir réglé les pendules et tiré au clair les différends au sein du gouvernement. Conclusions ? Une vue droite-gauche ?


Vous noterez la différence entre épreuve sociale à droite et mobilisation à gauche. Entre les deux, il y a un gouvernement flou : "Une semaine ça va, la deuxième ça va se tendre, au-delà on ne tiendra pas." Un appel clair et contre-productif pour mobiliser plus longtemps, poussé par les allumeurs excités à droite, sachant que LR ne s'est pas encore prononcé. Quand à la Macronie... lire ceci pour se préparer au cyclone !?! Tous les conflits sociaux sont imprévisibles. Celui-ci encore plus. Et pour suivre l'actualité des manifs en région parisienne, une seule adresse : Démosphère. Et pour les usagers/clients/voyageurs/parents/salariés ? Pas de panique, la presse est là.