mardi 27 octobre 2026

2026 à 2027 : Les jeunes au coeur de l'actualité, mais pas qu'eux

La manif du 24 a eu lieu. Le gouvernement se félicite pour avoir corrigé les erreurs du 17 octobre et renforcé les forces de l'ordre, les manifestants se félicitent de leur nombre et de leur force en annonçant sans surprise la suite le 31, puis le 5 novembre avec la grande manif syndicale. Les lycéens et étudiants sont au cœur des préoccupations, avec de drôles d'annonces de part et d'autre. Le tout en attendant la rentrée scolaire la semaine prochaine. Dans ma ville, les commerçants qui se sont barricadés avec de moches panneaux en bois ont décidé de ne pas les enlever. Une atmosphère entre joie et tristesse, ou les deux à la fois, comme disent les mélancoliques.

Alors ? On commence par les actualités de la semaine dernière, avec ce que j'avais annoncé ici il y a une semaine.

Actualités de la semaine dernière

23/10 - Note de Moodys

L'agence de notation a décidé de ne pas dégrader la note de la France, une surprise pour beaucoup, mais a quand même nuancé : son communiqué ne constitue pas « une action de crédit » et elle conditionne le maintien de son appréciation à l’adoption d’un budget 2027 permettant de réduire le déficit public et à une certaine accalmie sociale ; Moody’s souligne également « le risque accru que la fragmentation du paysage politique français continue de nuire au fonctionnement des institutions ».

Autrement dit, on passe un tour pour voir. Le gouvernement soupire et prend ça comme un argument pour avoir un budget voté, et comme une dernière chance avant la baisse. Les oppositions n'en parlent pas, puisque leurs projets sont violemment contre les critères de ces agences de notation. Un non événement ? Rendez-vous ici en janvier sur ce sujet.

23-25/10 - Congrès du RN (Bardella ?)

Un congrès bizarre pour un parti qui se voit déjà au pouvoir. En vrac : un service d'ordre qui évacue Mediapart (pôvre Bardella) et qui cherche des Femen en tâtant le soutien-gorge des femmes ; un grosse manif anti-RN dans Orléans avec la police entre les deux camps ; un Bardella réélu président mais seulement à 98%, petit bras et face à de manifestants de l'UEJF exclus manu militari ; Une Marine Le Pen qui en douce a cédé son fauteuil de présidente du groupe parlementaire à son Chenu préféré, tout en se faisant acclamer comme candidate de son parti pour une renaissance (LOL) de la France, après son discours "à la présidente" suite au 17 octobre. Elle a aussi ajouté vouloir un gouvernement d’union nationale et pluraliste dirigé par Jordan Bardella (re-LOL). Elle caracole toujours en tête et a annoncé aussi discrètement qu'elle serait toujours candidate même si elle doit porter un bracelet électronique... La séparation des pouvoirs, elle connaît ?

26/10 - Ballon d'Or (oui, je sais, vous vous en footez...)

Harry Kane a battu Kylian Mbappé de peu et Lamine Yamal. Vive lui. On attend les scores samedi prochain (enfin, on..., certains attendent, pas tous, hein ?) Le foot est l'opium du peuple, panem et circenses, blablabla...


Par ailleurs :

Les manifs du 24 octobre ont donc été massives et sans réel problème. Où étaient les casseurs, pilleurs et autres black blocs ? En détention, en vacances ou en train d'essayer de revendre leurs prises ? Les commerçants restent barricadés ou remplis de vigiles et certains influenceurs s'en moquent en disant que les commerces en ville ne servent à rien puisque tout s'achète en ligne, une position évidemment débile, mais bon, on ne se refait pas quand on est avant un tout un ou une promoteur de soi-même, de son portefeuille et de ses quinze minutes secondes de célébrité.

Les manifestants ont donc été nombreux, même sur des parcours bizarres, loin de tout commerce et le mouvement s'amplifie doucement en attendant le 31 et le 5. Par contre, du côté des gilets jaunes, c'est pas ça, il n'y a que de moyennes mobilisations et très (trop) urbaines. Ils sont furieux et changent de format pour le 31 octobre : des casseroles, des points fixes et pas de défilés, comme pour leurs ancêtres, histoire de protester contre les dérives autoritaires du gouvernement.

La réunion organisée par le Premier ministre avec les syndicats et avec les partis n'a servi qu'à obéir à l'ordre de Macron. Mélenchon avait annoncé vouloir pourrir la réunion des partis, mais même pas besoin, elle s'est pourrie toute seule.

Anecdotiquement, Macron a d'ailleurs dû se dire qu'il avait fait n'importe quoi autour du 17, entre Céline, son discours et le Moyen-Orient. Alors il essaye d'être présent partout, mais ça ne trompe personne, il est clairement hors jeu, sauf à dissoudre ou à démissionner, et ses anciens soutiens, macronistes ou alliés, se désolidarisent de plus en plus, Edouard Philippe en tête. On est doucement passé à une république parlementaire sans le savoir, et le pauvre Lecornu est bien seul.

Par contre du coté des lycéens et étudiants, ça a bougé cette semaine, avec une mobilisation intacte malgré les vacances scolaires (pas universitaires). Le gouvernement a annoncé des mesures, ici par exemple, après les consultations ouvertes (100 000 contributions annoncées, vive l'IA de Musk pour les trier) mais les lycéens ont déjà annoncé continuer le mouvement. Sur Parcoursup, les annonces ménagent la chèvre et le chou : pas de suppression mais un remplacement par APB (non, plutôt un autre nom, genre Monavenir.com ?), une transparence améliorée (ce ne sera pas difficile car les critères d'admission dans les formations, les écoles ou les universités sont trop opaques, sans parler de leur application réelle), des moyens supplémentaires (comme s'il y avait de la place pour étudier, puis des emplois pour des bacheliers à plus de 90% : un rêve, une utopie, un espoir, mais pas une réalité à court terme).

On notera par contre que le couac de lundi pour les annonces du gouvernement est révélateur de leur éloignement de la jeunesse : convier des influenceurs spécialisés dans l'éducation ou influents dans le mouvement actuel et leur donner la primeur des annonces du gouvernement avant de recevoir les organisations représentatives est une faute. Point. Une erreur d'appréciation pour le seul bien de la communication gouvernementale qui ne se fait plus par les canaux anciens, et qui montre aussi que la montée en puissance des collectifs sans tête est un mouvement fort et puissant, manipulé ou non par des vrais partis ou des intérêts personnels. À ce titre le parallèle avec l'élection en Serbie et la victoire d'un mouvement jeune est à méditer, surtout par les gérontocrates, vieux leaders avachis ou représentants d'idées du XXe voire XIXe siècle. Les signaux faibles sur les changements en cours deviennent de plus en plus forts : réseaux sociaux, IA, écologie, vie locale... Et c'est un boomer qui vous parle. Dans la série Vieux, écoutez le discours de Claude Malhuret par exemple, contre Mélenchon et Le Pen) ou n'importe lequel de Mélenchon ou de Le Pen.

Sinon, dans un registre beaucoup plus important, j'ai oublié de vous parler de cicatrice : Le Pape a été opéré pour son cancer et tout a l'air de bien se passer mais je n'ai pas trouvé de photo de sa cicatrice. Par contre Larry, the best of us, a été aussi opéré à 19 ans avec succès d'un kyste et là j'ai une photo. Il va bien, rassurez-vous et la photo servira donc aux deux :



Et, encore plus important, le Parlement a abrogé définitivement et symboliquement le Code Noir, même si celui-ci était vidé de tout poids juridique depuis 1848. L'Histoire, la mémoire, les symboles, c'est aussi important. Surtout quand le racisme progresse (et tue, à Trappes et ailleurs).

Pour les geeks et les humains normaux la cybersécurité s'est beaucoup agitée la semaine dernière, entre les bugs de PHP qui ont conduit des milliers de sites à fermer le temps de se faire corriger, et Orange qui a laissé sans réseau 4G/5G ses abonnés mobile parce que la veille ils ont coupé la 2G sans prendre assez de précautions, on sait déjà que tout ça va se multiplier pendant un certain temps, merci l'IA, puisque la découverte de failles (et leur exploitation) est devenue tellement facile que même moi je pourrais le faire (mais je ne le ferai pas). On notera quand même qu'Orange se fout du monde en ne proposant qu'un dédommagement inutile pour 99% de ses victimes.

Actualités de la semaine à venir (à voir si on en parle la semaine prochaine)

Semaine - Projets de loi (casseurs-payeurs, Corse) en attendant le budget

31/10 - Acte III et manifs diverses, avec déguisements d'Halloween ?

Semaine - Élections au Brésil, en Israël et leurs suites

Liste des candidatures déclarées 

Cette liste est amenée à évoluer régulièrement, jusqu'au dépôt officiel : 27 octobre matin

Les 31 candidatures déclarées n'ont pas changé :

  • Nathalie Artaud (Lutte ouvrière)
  • François Asselineau (Union populaire républicaine)
  • Gabriel Attal (Renaissance)
  • Delphine Batho (Génération Écologie)
  • Olivier Becht (Renaissance)
  • Xavier Bertrand (Nous France)
  • Karim Bouamrane (La France Humaine et Forte)
  • Juan Branco (Les Ruches)
  • Bernard Cazeneuve (La Convention)
  • Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)
  • Sylvain Durif (Sans étiquette)
  • Clara Egger (Solution démocratique)
  • Raphaël Glucksmann (Place publique, Parti socialiste, et Gauche républicaine)
  • Anasse Kazib (Révolution permanente)
  • Selma Labib (NPA-Révolutionnaires)
  • Francis Lalanne (France libre)
  • Marine Le Pen (Rassemblement National)
  • David Lisnard (Nouvelle Énergie)
  • Lydie Massard (Union démocratique bretonne)
  • Benoît Mathieu (Sans étiquette)
  • Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)
  • Antoine Mikolajczak (Équinoxe)
  • Manolo Mlékuz (Trajectoires)
  • Édouard Philippe (Horizons)
  • Florian Philippot (Les Patriotes)
  • Natacha Polony (Nous sommes la France)
  • Bruno Retailleau (Les Républicains)
  • Fabien Roussel (Parti communiste français)
  • François Ruffin (Debout !)
  • Marine Tondelier (Les Écologistes)
  • Eric Zemmour (Reconquête)

mardi 20 octobre 2026

2026 à 2027 : un 17 octobre qui laisse son empreinte

La manif du 17 a eu lieu. Les manifs plutôt, et ce qu'il y a eu autour aussi. On en reparle plus bas, puisque c'est l'événement de la semaine (et plus). Je parlais d'un calme entre deux tempêtes, il n'a pas duré longtemps et le prochain "calme" risque le même sort.

À ce propos, allez voir cette page spéciale de mon blog avec 106 Unes de la presse française et internationale suite à la journée et la nuit du 17 octobre. La plupart parlent du chaos, mais de très rares parlent de la forte mobilisation lors des manifs. En voici quatre, presque au hasard :






Alors ? On commence par les actualités de la semaine dernière, avec ce que j'avais annoncé ici il y a une semaine.

Actualités de la semaine dernière

13/10 - Vote solennel de l'Assemblée sur le projet amendé de loi intégrale sur les violences sexuelles et sexistes

Ça y est. Un vote à l'unanimité (avec des abstentions, notamment de tout LFI), c'est rare. Le texte a été expurgé de certaines phrases, puisque chacun y est allé de son écot, et que le consensus était recherché. Rappelons que même si ce texte est imparfait et critiqué par de nombreuses associations c'est un paradoxe : il faudrait aller plus loin, oui, mais comme c'est un premier texte intégral fondateur, il a une valeur certaine de premier jalon, même s'il aura besoin de textes pour son application... et au fait qui sera au pouvoir pour les textes d'application ?

17/10 - Dernier concert de Céliiiiiiiiine à Paris (Enfin on va pouvoir parler d'autre chose)

 Ouf. Votre blogueur favori ne l'a pas vue en direct, mais Macron, Brigitte et leur famille y étaient (balcon et loge VIP of course). Si ça ne s'appelle pas du mépris social de classe, je ne sais pas quoi écrire. Beaucoup de médias l'ont relevé, car le choc des photos est terrifiant. Il dira naturellement que c'était prévu depuis longtemps et blablabla, mais l'Histoire retiendra ces images, genre Néron regardant Rome brûler. C'est un anachronisme et une erreur de 24 heures, mais les réseaux sociaux s'en foutent.


17/10 - Manif et suites

C'était la plus grosse manif depuis longtemps, puisqu'on oscille entre 500 et 800 000 participants partout en France. Elle n'était pas du tout unitaire, puisqu'elle mêlait les lycéens et étudiants, un peu de CGT, des gilets jaunes (le retour), des associations et groupes d'intérêt, des partis politiques principalement de gauche, et des citoyens contre la vie chère. Les promoteurs et partis parlent de convergence des luttes mais c'est de la méthode Coué politique puisque les revendications étaient notoirement contradictoires, entre jeunes et vieux par exemple. Pas important. C'était une belle manifestation. LFI a organisé dans la manif à Paris un meeting pro-Mélenchon comme d'hab, mais se défend d'avoir organisé quoi que ce soit. C'était en tout cas une belle occasion pour faire son marché d'électeurs de tous profils et de planter les graines de la révolution souhaitée.

Mais... il y a eu autre chose. Un chaos mémorable avec un mélange de black blocs, d'ultra-gauche comme on dit maintenant (voir d'autonomes ou de trotskistes-léninistes comme on disait avant), de casseurs-pilleurs habituels, de pilleurs-casseurs occasionnels ou d'opportunité comme on commence à dire aujourd'hui, de policiers de tous profils, provocateurs ou provoqués, de pompiers applaudis ou empêchés, et de citoyens spectateurs, victimes ou pas, avec des commerçants paniqués et heureusement non armés. Tous avec des téléphones pour prendre des photos et vidéos, voire des selfies, ou pour connaitre les rues où aller (et où ne pas aller), puisque les réseaux sociaux sont de facto l'alpha et l'oméga de tout, il faut que vous vous y fassiez. La police en a pris plein la gueule, les renseignements en ont pris plein le cerveau (lent) et le ministre de l'intérieur a même dû s'excuser.

Après un week-end stressant, le calme est revenu. Pas vraiment à cause du discours vide de Macron, ou des couvre-feux partiels et locaux annoncés par le gouvernement, ni même en attendant la future démission du pauvre Nunez. Mais parce que c'est la semaine, que ce sont les vacances et que tout le monde se prépare pour l'acte 2 des gilets jaunes le 24. Les gens ne parlent que de ça, pendant que MacNéron est parti chercher du gazole au Moyen-Orient. Et comme les premiers frimas arrivent, le moral est dans les baskets (pas ceux que vous pouvez acheter à prix réduit, neufs et encore emballés, sur LeBonCoin ou Vinted depuis samedi soir).

Les conséquences de ce week-end sont complexes à analyser et la plupart des commentateurs, même les plus aguerris, ne s'y risquent pas. M'y risquerais-je ? Allez, oui. Les commentaires de ce blog sont ouverts pour me taper dessus : 

  • Tout cela fait le jeu des deux extrêmes, LFI et RN, et condamne les petits candidats qui auraient pu émerger. Cela remet en question les équilibres politiques entre les deux. La bataille pour la seconde place, derrière l'indéboulonnable Le Pen se resserre entre Mélenchon, Philippe et Glucksmann. Les tensions sociales vont s'intensifier. 
  • Sur le plan budgétaire, tout dépend de la note de Moodys cette semaine : soit elle reste identique et on aura un budget au fil de l'eau avec peu de mesures pour calmer le jeu, donc des mouvements sociaux et de société importants, pendant longtemps ; soit elle baisse, et le gouvernement pourra refaire des cadeaux financiers pour calmer le jeu, en laissant les conséquences sur la dette et les taux au futur gouvernement issu des élections de 2027, puisque la note aura déjà baissé. Lâcher du lest ou pas ? Je pense qu'ils en lâcheront en essayant de mettre la responsabilité sur les autres (LFI of course). 
  • Sur le plan politique, le RN et Le Pen sont évidemment les vainqueurs du chaos actuel, ce qui pose la question du vote. Marine Le Pen ne se sent plus et son "allocution" à la mode "moi présidente" en a été la preuve absolue. Zemmour s'est régalé avec son racisme anti racailles, et l'ultra-droite en est sortie renforcée en paradant dans les rues de Lyon.  Si on a un deuxième tour Mélenchon - Le Pen, LFI gagne dans les deux cas : Si Mélenchon est élu il essayera d'appliquer son programme et la révolution par la voie légale, s'il est battu, il organisera la révolution dans la rue, accompagné de tous les anti-RN et il y en a ! Si on a un deuxième tour avec Le Pen et un autre, et si c'est l'autre qui est élu, rebelote avec la situation actuelle, sauf extreme habileté et bon leadership de l'autre. Pas simple, hein ? Mélenchon a changé de ton ce week-end d'ailleurs. Pas sûr que la situation actuelle lui apporte des voix pour ce premier tour...

On en reparlera.

19-20/10 - Procès correctionnel de Rima Hassan pour apologie du terrorisme en ligne

La première journée a été épique et pleine d'injures. Rima Kalimero Hassan, évidemment parée de son keffieh, a dit par exemple " Je suis l’élue la plus poursuivie de l’histoire de la Ve République "... Elle a aussi dit " Je veillerai à l’avenir à prendre davantage le temps sur ce type de posts "... Dont acte LOL.
Seconde journée ce mardi. À suivre pour le verdict.
MàJ : Le parquet a réclamé mardi dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité.

Par ailleurs :

Le budget s'enlise au point que les débats à l'Assemblée ont été reportés à la fin octobre pour laisser la place au PLFSS. Beaucoup d'amendements ont été examinés et votés, un peu dans tous les sens, surtout celui du laxisme, puisque c'est la saison des promesses électorales : ne pas froisser ses électeurs ou potentiels électeurs, montrer ses gros muscles pour préparer la campagne, coincer les autres partis/candidats. Les chances d'adoption d'un budget (avec certains amendements intégrés mais pas tous, à la discrétion du gouvernement) sont de plus en plus minces, mais il est trop tôt pour que les positions finales se fixent, principalement pour le RN et ses alliés. On vit dans un drôle de monde où un budget pourrait être voté par des gens qui sont contre, mais rejeté par d'autres qui sont pour...

Anecdotiquement, Natacha Polony a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle. Aucune chance évidemment mais ça fera parler d'elle et vendre son bouquin. Tapez-moi dessus en mars si je me trompe. Elle a d'ailleurs des solutions pour la crise actuelle, des mesures immédiates. Si vous avez le courage, regardez son clip de lancement de campagne, en mode Gaullo-Chevènemento-Chiraco-Mitterrandien. Je vous laisse le trouver.

Encore plus anecdotiquement, Macron a parlé dimanche soir. Il aurait mieux fait de se taire. Le meilleur commentaire de ce discours est celui de Raymond Devos. Le voici en intégralité :

D'ailleurs je vous signale tout de suite mesdames et messieurs que
Pour rester dans le vent je vais parler pour ne rien dire. Non je
Sais vous pensez s'il a rien à dire il ferait mieux de se taire
Évidemment c'est trop facile, c'est trop facile. Vous voudriez que
Je fasse comme tous ceux qui n'ont rien à dire et qui le gardent pour
Eux? Eh ben non mesdames et messieurs, ah non. Moi quand je n'ai
Rien à dire je veux qu'on le sache. Je veux en faire profiter les
Autres. Et si vous-même mesdames et messieurs vous n'avez rien à
Dire, eh bien on en parle, on en discute. Je ne suis pas ennemi du
Colloque. Mais me direz-vous si nous parlons pour ne rien dire de
Quoi allons-nous parler? Eh bien de rien. Mais de rien car rien ce
N'est pas rien. La preuve c'est qu'on peut le soustraire. Rien moins
Rien égale moins que rien. Si on peut trouver moins que rien c'est
Que rien vaut déjà quelque chose. On peut acheter quelque chose avec
Rien en le multipliant. Une fois rien c'est rien, bon. Deux fois rien
C'est pas beaucoup. Mais trois fois rien, pour trois fois rien on
Peut déjà acheter quelque chose. Et pour pas cher! Alors maintenant
Si vous multipliez trois fois rien par trois fois rien, rien
Multiplié par rien égale rien, trois multiplié par trois égale neuf
Ça fait rien de neuf. Ça fait rien, ça fait rien, parlons d'autre
Chose. Parlons de la situation, tenez! Parlons de la situation sans
Préciser laquelle hein. Je vais essayer de vous parler de la
Situation le plus évasivement possible et en évitant de me
Compromettre. Si vous le permettez je vais faire brièvement
L'historique de la situation, quelle qu'elle soit. Il y a quelques
Mois souvenez-vous la situation pour n'être pas pire que celle
D'aujourd'hui n'en était pas meilleure non plus. Déjà nous allions
Vers la catastrophe et nous le savions, nous le savions, nous en
Étions conscients car il ne faudrait pas croire que les responsables
D'hier étaient plus ignorants de la situation que le sont ceux
D'aujourd'hui. D'ailleurs ce sont les mêmes. Oui, oui la catastrophe
Nous le pensions était pour demain. C'est-à-dire qu'en fait elle
Devrait être pour aujourd'hui d'ailleurs, si mes calculs sont justes
Or que voyons-nous aujourd'hui? Qu'elle est toujours pour demain
Alors je vous pose la question mesdames et messieurs, est-ce en
Remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous pourrions
Faire le jour même que nous l'éviterons? D'ailleurs je vous signale
Entre parenthèses que si le gouvernement actuel n'est pas capable
D'assumer la catastrophe, il est
Possible que l'opposition s'en empare

Actualités de la semaine à venir (à voir si on en parle la semaine prochaine)

23/10 - Note de Moodys

23-25/10 - Congrès du RN (Bardella ?)

26/10 - Ballon d'Or (oui, je sais, vous vous en footez...)

Liste des candidatures déclarées 

Cette liste est amenée à évoluer régulièrement, jusqu'au dépôt officiel : 20 octobre matin

Les 31 candidatures déclarées, puisque Natacha Polony a rejoint le peloton :

  • Nathalie Artaud (Lutte ouvrière)
  • François Asselineau (Union populaire républicaine)
  • Gabriel Attal (Renaissance)
  • Delphine Batho (Génération Écologie)
  • Olivier Becht (Renaissance)
  • Xavier Bertrand (Nous France)
  • Karim Bouamrane (La France Humaine et Forte)
  • Juan Branco (Les Ruches)
  • Bernard Cazeneuve (La Convention)
  • Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)
  • Sylvain Durif (Sans étiquette)
  • Clara Egger (Solution démocratique)
  • Raphaël Glucksmann (Place publique, Parti socialiste, et Gauche républicaine)
  • Anasse Kazib (Révolution permanente)
  • Selma Labib (NPA-Révolutionnaires)
  • Francis Lalanne (France libre)
  • Marine Le Pen (Rassemblement National)
  • David Lisnard (Nouvelle Énergie)
  • Lydie Massard (Union démocratique bretonne)
  • Benoît Mathieu (Sans étiquette)
  • Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)
  • Antoine Mikolajczak (Équinoxe)
  • Manolo Mlékuz (Trajectoires)
  • Édouard Philippe (Horizons)
  • Florian Philippot (Les Patriotes)
  • Natacha Polony (Nous sommes la France)
  • Bruno Retailleau (Les Républicains)
  • Fabien Roussel (Parti communiste français)
  • François Ruffin (Debout !)
  • Marine Tondelier (Les Écologistes)
  • Eric Zemmour (Reconquête)

mardi 13 octobre 2026

2026 à 2027 : entre primaire (élection) et quinaire (acte)

Bientôt les vacances scolaires et la manif du 17, si elle a lieu.

Nous avons vécu une semaine agitée dans tous les sens, mais le calme se dessine (après la tempête, ou avant une autre ?). El Nino frappe aussi le climat politique en France. Il y a eu quelques imprévus, aussi, comme la présence de Greta à Saint-Denis devant un lycée...

Alors ? On commence par les actualités de la semaine dernière, avec ce que j'avais annoncé ici il y a une semaine.

Actualités de la semaine dernière

5-12/10 - Les prix Nobel

Rien pour Trump. Il est furieux. Il a dû l'être encore plus en lisant ce billet d'un scientifique humoriste qui se prétendait membre du comité Nobel (à lire si vous voulez rire). Comme une bête blessée est toujours dangereuse, il a annoncé vouloir couper tous les moyens à la CJI (ICC) dont la récipiendaire fait partie. Entre ça et le bombardement par l'Ukraine d'un centre de données majeur de Yandex (le gros opérateur russe) en Russie, ce qui a eu pour conséquence une baisse drastique et jamais vue du nombre de bots présents sur les réseaux sociaux pour promouvoir Trump lui-même, il y a de quoi être furieux contre l'Europe. Il demande à l'Ukraine de ne plus bombarder la Russie (pour le pétrole mais aussi pour l'énergie et les data centers) ? Un hasard certainement. Vivement que les élections de mi-mandat se passent. On pourrait en écrire des tonnes sur ce personnage fou et sénile mais ce serait le valoriser encore plus, non ? Alors j'arrête pour cette semaine, en attendant qu'il renomme les océans Atlantique ou Pacifique en océans America ou Trump. L'océan Pacifique, ça irait bien avec un prix Nobel de la Paix, non ? C'est plus grand en mètres carrés.

Pour les autres prix, RAS : pas de femmes, comme souvent ; un belge et un français ; des économistes US qui ne sont pas pro-Trump... du banal quoi !

7/10 - Troisième anniversaire de l'attaque du Hamas en Israël : quels commentaires ?

Peu de commentaires le 7 (juste la présence de quelques hommes politiques en campagne), mais beaucoup plus dans les jours suivants pour dénoncer les attaques d'Israël à Gaza (génocide ou pas, la question divise toujours, nationalement, y compris dans la primaire à gauche, et internationalement). À propos le film NAZA qui a été primé à la Mostra de Venise est sorti pour quelques jours en France. Netanyaou a annoncé vouloir connaitre les noms des militaires interviewés, pour les punir, et a déjà protesté contre le nouveau prix Nobel de la Paix. Je crois qu'il y a des élections bientôt en Israël. Encore un hasard ? En France, LFI en a profité pour rajouter un coup. Et le RN ? Euh, ils sont de plus empêtrés dans l'affaire Bardella : Mediapart a sorti plusieurs suites sérieuses sur le croisement des données, Libé et le Canard ont enchainé (Ah Ah Ah, je suis drôle) sur l'effacement des données Facebook de Bardella, qui n'existaient pas selon lui. Un trou noir ? Une faille dans l'espace-temps ? Un mensonge ? Bof, tout le monde se fout de l'antisémitisme depuis un certain temps, comme si ce n'était pas important, en tout cas moins que d'autres formes de racismesou d'exclusions de l'Autre. Un signe des temps, largement porté par nos deux extrêmes, ici, qui dominent toujours les sondages. Un mauvais signe amha.

9-10/10 - Premier tour de la primaire à gauche

Premier et dernier puisque Glucksmann a été élu sans bavure au premier tour. Réactions crispées de Faure qui voit son siège de premier secrétaire du PS s'évaporer lentement avec un parti fracturé au moins en deux, et de Royal qui soutiendra peut-être mais du bout des lèvres, puisque malheureusement c'est le stagiaire qui a gagné (sic) !

On notera les chiffres : 140 000 inscrits et 120 000 votants. On ne connaît pas les détails mais c'est intéressant : les adhérents du PS, de Place publique et du mouvement de Maurel étaient inscrits par défaut, mais 42 695 inscrits à 10 ou 15 € se sont ajoutés, venus d'on ne sait où (notons quand même que le coût réel était entre 3 et 5 € après impôt).

PS = 68 047 ; Place publique = 28 456 ; Aucune adhésion = 42 695.

Glucksmann = 79 613 ; Faure = 17 398 ; Royal = 9 165 ; Maurel = 7 119 ; Guedj = 7 012

Le total des 3 candidats du PS est largement inférieur aux adhérents du PS (33 575 soit moins de la moitié). C'est le chiffre le plus intéressant à mon avis, avec celui de la victoire aux deux-tiers de Glucksmann, qui a été aspergé de riz et enfariné comme il se doit par des LFIstes.

Hollande ne doit pas être content, parce qu'il a un gros argument de moins pour se présenter en décembre. Mais on ne sait jamais, avec les égos des politiques. Les écolos aussi ne sont pas contents, mais c'est un classique et de toute façon il y a tellement de tendances en leur sein que c'est difficile de parler d'une position de leur part. Mélenchon, lui, a choisi le jour de cette primaire pour un gros meeting à 10 000 personnes, histoire de mobiliser ses troupes. Un autre hasard certainement. Pour le moment, il est en effet quasiment le seul à faire campagne et à se montrer à toute occasion. Mais la route est longue. Chi va piano va sano, chi va sano va lontano.

11/10 - 75 ans de JJ Goldman et meeting de Mélenchon (qui a eu 75 ans en août)

On a peu parlé de Goldman, mais il a parlé, ce qui est rare pour lui, notamment à l'occasion des 60 ans de RTL où il a rappelé que c'est une productrice de cette station qui l'a lancé, seule, à ses débuts. Il souhaite se faire oublier pour garder sa bonne image, c'est une stratégie à respecter.

Par contre Mélenchon, avec son grand métingue a beaucoup parlé, surtout des jeunes. Les vieux doivent-ils donner des leçons aux jeunes ? Tous les vieux ? Certains vieux ? C'est compliqué, mais lui n'a pas de problème avec ça. Sauf quand  il se fait embrasser sur la joue par Elwan, un jeune leader lycéen : un gourou, un dieu, un papa, un papy, un fantasme ? C'est compliqué en effet, la confusion des rôles. Heureusement il a derrière lui des grappes de fanas et de disciples qui mélangent allègrement l'allégeance à un vieil homme, la liberté individuelle au sein d'un groupe cohérent, et le combat pour le pouvoir aux jeunes (avec quelques vieux pour les guider quand même, c'est mieux ;). Dommage que ce soit lui qui incarne ce mouvement.

Par ailleurs :

Le budget poursuit sa route. La commission des finances l'a rejeté comme prévu et les débats se focalisent sur des amendements sans consensus, avec un rejet toujours en perspective, sauf si les prétendants jugent qu'il vaut mieux un mauvais budget que pas de budget du tout (une loi spéciale leur liant beaucoup plus les mains en 2027 et même 2028). En parallèle quelques votes se poursuivent : les tickets restaurants qui deviendraient totalement utilisables partout pour de l'alimentaire, au grand dam des restaurateurs, mais avec un large consensus à l'Assemblée ; la loi intégrale sur les violences sexuelles qui progresse mais avec des batailles incompréhensibles de LFI ou du RN pour contester certaines dispositions, pour des raisons évidemment politiciennes.

On notera aussi la position de Mathilde Panot contre le ruban rose d'Octobre rose, sous prétexte que les problèmes dépassent la prévention individuelle et le dépistage (oui, mais alors, on ne fait rien pour les femmes et les hommes atteints ?) ou que les promoteurs seraient liés de loin à Israël (!!! cf. plus haut dans ce billet). Contester dogmatiquement et à tout prix, ça a un prix, justement, Madame.

Pour les manifestations lycéennes (et un peu plus), les discours commencent à diverger. L'acte V de ce mardi est un prélude à la manif inter-professionnelle (???) du 17 octobre. Les revendications se concentrent autour des problèmes internes des lycées (emplois du temps, manques de profs, locaux dégradés), ce qui est le souhait du gouvernement, pour circonscrire l'incendie, mais aussi celui de nombreux personnels de l'éducation. La baisse de la natalité entraîne déjà une baisse des effectifs au collège et la question est de savoir quoi en faire : réduire les moyens parce qu'ils sont proportionnels aux nombres d'élèves et que ça fait des économies sur un budget plus que tendu, ou ne pas les diminuer pour améliorer la situation des élèves, des profs et des établissements ? En tout cas, ce n'est pas la présence de Greta Thunberg qui va changer quelque chose, sauf au plan médiatique, de la lutte globale jusqu'à la révolution, de la promotion de la Palestine puisque c'est son nouveau combat après le climat, ou du nombre de selfies postés. Le maire de Saint-Denis(LFI) , sans keffieh, ne se sent plus : "Saint-Denis, capitale de la résistance et de la convergence des luttes !"


Actualités de la semaine à venir (à voir si on en parle la semaine prochaine)

13/10 - Vote solennel de l'Assemblée sur le projet amendé de loi intégrale sur les violences sexuelles et sexistes

17/10 - Dernier concert de Céliiiiiiiiine à Paris (Enfin on va pouvoir parler d'autre chose)

17/10 - Manif syndicale (ou pas, puisque lancée anonymement sur TikTok)

19-20/10 - Procès correctionnel de Rima Hassan pour apologie du terrorisme en ligne

Liste des candidatures déclarées 

Cette liste est amenée à évoluer régulièrement, jusqu'au dépôt officiel : 13 octobre matin

Les 30 candidatures déclarées, puisque 4 ont été éliminées suite à la primaire à gauche :

  • Nathalie Artaud (Lutte ouvrière)
  • François Asselineau (Union populaire républicaine)
  • Gabriel Attal (Renaissance)
  • Delphine Batho (Génération Écologie)
  • Olivier Becht (Renaissance)
  • Xavier Bertrand (Nous France)
  • Karim Bouamrane (La France Humaine et Forte)
  • Juan Branco (Les Ruches)
  • Bernard Cazeneuve (La Convention)
  • Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)
  • Sylvain Durif (Sans étiquette)
  • Clara Egger (Solution démocratique)
  • Raphaël Glucksmann (Place publique, Parti socialiste, et Gauche républicaine)
  • Anasse Kazib (Révolution permanente)
  • Selma Labib (NPA-Révolutionnaires)
  • Francis Lalanne (France libre)
  • Marine Le Pen (Rassemblement National)
  • David Lisnard (Nouvelle Énergie)
  • Lydie Massard (Union démocratique bretonne)
  • Benoît Mathieu (Sans étiquette)
  • Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)
  • Antoine Mikolajczak (Équinoxe)
  • Manolo Mlékuz (Trajectoires)
  • Édouard Philippe (Horizons)
  • Florian Philippot (Les Patriotes)
  • Bruno Retailleau (Les Républicains)
  • Fabien Roussel (Parti communiste français)
  • François Ruffin (Debout !)
  • Marine Tondelier (Les Écologistes)
  • Eric Zemmour (Reconquête)

mardi 6 octobre 2026

2026 à 2027 : Entre Acte I et Acte III

C'est le temps des manifs. Avant les vacances scolaires.

On ne parle presque plus que des lycéens. Et des violences. Et de la police. Et de LFI. Et pendant ce temps le budget a commencé à être disséqué et la commission des finances va le détricoter. Bardella essaye de se faire oublier, et son parti essaye de le faire oublier, mais les médias ne l'oublient pas.

Alors ? On commence par les actualités de la semaine dernière, avec ce que j'avais annoncé ici il y a une semaine.

Actualités de la semaine dernière

1-4/10 - Deuxième et troisième débats de la primaire à gauche

Je suppose que vous avez zappé. Il y a eu beaucoup de redites. Le deuxième était encore vaguement intéressant, mais le troisième était clairement de trop. Déclencher une mobilisation grandiose ? Raté ! Faire oublier Mélenchon ? Raté ! Promouvoir un gagnant et une dynamique autour ? Raté ! Créer les conditions d'un rassemblement ? Raté ! La seule chose réussie est qu'ils ont réussi à mobiliser un peu les électeurs à 15€ : ils avaient jusqu'à hier pour s'inscrire et cela se chiffre à 140 000. pas terrible, mais mieux que ce qu'ils espéraient. On imagine déjà les discours des vaincus après le premier tour, du dernier vaincu après le second tour, du vainqueur, et de Hollande en décembre... Ça motive, non ?

1/10 - Présentation du budget (version alpha) en conseil des ministres

Un gros document, une grosse conférence de presse : les journalistes ont très vite retenu quelques mesures marquantes, comme les droits d'inscription en classe prépa ou en BTS. Euh... Cette mesure a duré quelques heures (un record) avant d'être annulée par le ministre de l'éducation. Il faut dire que le timing était parfait avec les manifs lycéennes (rappelons que les classes prépa dépendent des lycées et du secondaire, pas du supérieur). Il y a aussi les APL seulement pour les non-riches, mais c'est pour les manifs à venir. Le budget est très agressif et tout le monde y va de ses critiques. Pas assez, trop, pas là où il faut, pas juste, pas pour les méchants riches... De toute façon, soyons réalistes, ce serait un miracle s'il était adopté, même après plein d'amendements. On se dirige donc tout droit vers une loi spéciale (au fil de l'eau par rapport à cette année) ou des ordonnances improbables. Miracle ? Le Pape est reparti...

1/10 - Rentrées parlementaires à l'Assemblée et au Sénat

RAS. Larcher a rajeuni pendant quelques heures, puis il s'est rendormi. Après les élections sénatoriales, il y a donc maintenant 10 groupes au Sénat, dont celui du RN qui est plus fourni (15) que celui des écolos (13) !? Pour mémoire il y a 11 groupes à l'Assemblée nationale.

2/10 et 5/10 - Deux matchs de foot des bleus de Zidane

Zidane a gagné son pari : une équipe rajeunie et plus joueuse. 4 matchs, 3 victoires et 1 nul. La France est qualifiée pour les quarts, avant même les deux derniers matchs de poule en novembre. Vous avez donc quelques semaines de répit avant de reparler de foot. Enjaillez-vous ! Petite consolation pour les belges en ce mardi, après leur lourde défaite 1-4, puisque c'est un belge qui a eu le prix Nobel de Physique, grâce aux neutrinos. Ballon-Neutrino, même combat pour des bombardements intensifs !

Par ailleurs :

L'affaire Bardella-Mediapart a avancé avec la publication des preuves par Mediapart. Preuves ou pas preuves, la justice tranchera si elle est saisie et va jusqu'au bout. Mais tout cela va prendre du temps et les avocats du RN se chargeront de repousser les délais comme ils l'ont fait pour Marine Le Pen récemment. De toute façon, les électeurs convaincus du RN s'en foutent et peut-être même sont-ils encore plus convaincus. Les anti-RN (dont je suis) se renforcent dans leurs opinions. Quant aux autres, le marais, le pari de Bardella est qu'ils oublient et qu'on passe à autre chose. Après tout l'anti-sémitisme, est-ce si grave ??? Dans un climat où l'anti-sémitisme et les racismes se développent, s'auto-célèbre, se désinhibent, peut-on s'en étonner ? C'est un monde triste et horrible... mais c'est notre monde. Les extrêmes se radicalisent, tant pis pour la dédiabolisation. Et, comme d'habitude, ça tombe toujours sur les mêmes, les minorités dérangeantes...

Justement, le couple du RN a présenté ce mardi son contre-budget. La cheffe a présenté une trajectoire budgétaire pour "son" quinquennat et le naïf s'est contenté du contre budget 2027. Un partage des rôles qui se maintient, entre présidente et premier ministre, autour de propositions instructives : une sorte de Frexit déguisé par exemple, et du miel dans la gorge des patrons, avec des mesurettes pour les citoyens (seulement les nationaux, hein, évidemment). Voteront-ils la censure contre le budget, après des semaines de négociations discrètes ? Si ça les arrange, oui !

Du coté de Mélenchon, il commence à se lâcher. L'armure de bonhommie de l'été commence à se fragiliser. La posture était pourtant simple : le gourou est calme et en retrait, et ses proches lieutenants crient très fort. Je ne pense pas que ça puisse fonctionner longtemps. Exemples : 

  • Le gouverneur de la Banque de France qui parle de la dette et du déficit public a commis un acte de trahison et il sera poursuivi pour cela. Olala, il doit avoir peur, comme le gouverneur de la banque centrale des USA a peur de Trump.
  • Le lycéen qui dénonce la récupération politique du mouvement, tout en étant lui-même engagé chez Renaissance, est devenu une cible. C'est cocasse non ?
  • La police tue, mais il n'aime pas la pagaille, même si ses lieutenants disent que la violence est légitime. Ce n'est plus le fil du rasoir, c'est la blanche colombe qui virevolte dans l'air tel un drone russe au-dessus des victimes ukrainiennes...
Et pour les manifestations lycéennes (et un peu plus), les discours commencent à se structurer. Acte III ce mardi, sur le modèle des gilets jaunes et d'un opéra classique où certains espèrent que le commandeur meure à la fin (ou le héros). Il n'y a toujours pas de mot d'ordre global, même en restant au sein du monde de l'éducation car tout est complexe dans un tel système : il y a la norme nationale, les variantes locales ou par établissement ; il y a la multiplication des options en cours et au bac et ensuite dans les filières du supérieur ; il y a des contraintes contradictoires, par exemple pour les emplois du temps - comment plaire aux élèves, aux profs, aux chefs d'établissements, aux parents, aux périscolaires, aux commerçants du tourisme ? 


J'ai particulièrement aimé cette proposition de doter les établissements d'outils IA pour les aider à construire des emplois du temps efficaces et qui soient optimisés. C'est ce qui se fait sans IA depuis longtemps, et il y a un savoir-faire certain dans le milieu de l'éducation pour ça. Mais beaucoup de profs négocient officieusement des aménagements de leurs emplois du temps, et c'est un processus très peu transparent, qui ne sera pas facile à "automatiser". Les élèves veulent des horaires plus compacts et plus courts mais ne veulent pas qu'on réduise les vacances. Bon, c'est pas grave il suffit de supprimer les cours de musique, de sport et de matières sans intérêt comme l'histoire, l'éducation civique ou la philo. Il suffira aux élèves d'aller dans la rue, d'écouter les manipulateurs et autres influenceurs cultivés (?), de passer leur temps sur les réseaux sociaux, et tout ira bien, non ?

Les violences ? C'est pas nous, c'est les autres... Lorsqu'il y a manif organisée, avec des services d'ordre de la CGT par exemple, la situation est calme et ça ne surprend personne. Mais à la fin des manifs, c'est autre chose. Être policier ou gendarme, ce n'est pas facile aujourd'hui. Être prof ou parent, non plus.

Actualités de la semaine à venir (à voir si on en parle la semaine prochaine)

5-12/10 - C'est la semaine des prix Nobel (Trump à la Guerre ?)

7/10 - Troisième anniversaire de l'attaque du Hamas en Israël : quels commentaires ?

9-10/10 - Premier tour de la primaire à gauche

11/10 - 75 ans de JJ Goldman et meeting de Mélenchon (qui a eu 75 ans en août)

Liste des candidatures déclarées 

Cette liste est amenée à évoluer régulièrement, jusqu'au dépôt officiel : 6 octobre matin

Les 34 candidatures déclarées, dont 5 à la primaire PS, Place publique et al :

  • Nathalie Artaud (Lutte ouvrière)
  • François Asselineau (Union populaire républicaine)
  • Gabriel Attal (Renaissance)
  • Delphine Batho (Génération Écologie)
  • Olivier Becht (Renaissance)
  • Xavier Bertrand (Nous France)
  • Karim Bouamrane (La France Humaine et Forte)
  • Juan Branco (Les Ruches)
  • Bernard Cazeneuve (La Convention)
  • Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)
  • Sylvain Durif (Sans étiquette)
  • Clara Egger (Solution démocratique)
  • Olivier Faure (Parti socialiste) - Primaire
  • Raphaël Glucksmann (Place publique) - Primaire
  • Jérôme Guedj (Parti socialiste) - Primaire
  • Anasse Kazib (Révolution permanente)
  • Selma Labib (NPA-Révolutionnaires)
  • Francis Lalanne (France libre)
  • Marine Le Pen (Rassemblement National)
  • David Lisnard (Nouvelle Énergie)
  • Lydie Massard (Union démocratique bretonne)
  • Benoît Mathieu (Sans étiquette)
  • Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste) - Primaire
  • Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)
  • Antoine Mikolajczak (Équinoxe)
  • Manolo Mlékuz (Trajectoires)
  • Édouard Philippe (Horizons)
  • Florian Philippot (Les Patriotes)
  • Bruno Retailleau (Les Républicains)
  • Fabien Roussel (Parti communiste français)
  • Ségolène Royal (Parti socialiste) - Primaire
  • François Ruffin (Debout !)
  • Marine Tondelier (Les Écologistes)
  • Eric Zemmour (Reconquête)