mercredi 10 octobre 2018

Tempête à Erevan pour la Francophonie et cyclone en Amérique

C'est la semaine du Sommet de la Francophonie, comme tous les deux ans à pareille époque. Cela se passe à Erevan, sans Aznavour mais avec ses pensées et ses chansons dans toutes les têtes présentes en Arménie.

L'objet de ce Sommet est multiple :

- la nomination d'une Secrétaire générale pour cette institution intergouvernementale. L'actuelle (haïto-canadienne) a cru jusqu'au bout qu'elle se ferait réélire, malgré les casseroles qui lui sont attachées et le peu d'efficacité de son organisation ; la prochaine (très vraisemblablement), Louise la rwandaise, ayant le soutien de l'Union africaine, de la France, de la plupart des pays et depuis hier soir du Canada et du Québec, malgré la nationalité de l'actuelle patronne du machin francophone. Le Rwanda n'est pas le pays le plus francophone d'Afrique, ni le plus respectueux des libertés, mais Kagamé le dirige et préside l'Union africaine en même temps. Le seul élément de suspense est de savoir si Michaëlle Jean se retirera avant le huis clos final. Tout dépendra comme d'hab du poste qu'on lui proposera et des conditions pratiques de ce poste (salaire, avantages, appartement, piano, voiture, lieu et titre), que des choses essentielles à la paix dans le monde, d'évidence.

- l'adhésion de nouveau pays. Parmi les candidats on notera la Gambie, l'Irlande, Malte et la Louisiane... On ne parle plus de l'Arabie Saoudite pour le moment, on ne sait déjà pas comment gérer le Qatar qui ne paye pas ses cotisations. Vous avez dit la Louisiane ? C'est Trump qui va être content. Le cyclone Michaël (au masculin, à ne pas confondre avec Michelle Jean) approche des côtes de la Floride mais devrait épargner la Louisiane (Comme Louise ?) et les cajuns, tant mieux. L'Irlande ??? Keep calm !!!

- des rencontres bilatérales en tous genres entre chefs d'État, car il y a des échéances importantes à venir, à l'ONU notamment, et une défense collective du multilatéralisme contre les diverses montées de nationalisme et d'unilatéralisme un peu partout.

Macron y arrive ce mercredi soir. Le remaniement gros ou petit est donc suspendu jusqu'à son retour. Grosse fréquentation de pharmacies pour acheter des calmants à destination des ministres, futurs-ex, futurs et candidats. Macron tient un Conseil des ministres comme si de rien n'était avec un ordre du jour banal (juste le financement de la Sécu pour 2019 et autres broutilles). Il a aussi rencontré hier le monde agricole pour leur dire "allez-y, maintenant que la loi est votée". On notera le rythme frénétique des rédactions, comme ici sur le site du Monde, pourtant un modèle du genre d'habitude (je parle de la dernière ligne) : un lapsus ? Une envie de dire merde ? un acte manqué ?...




Sur ces bonnes paroles, je vous laisse. On reparlera de Francophonie après le Sommet ;)

lundi 8 octobre 2018

Hésitations lundinomatitudinales entre climat, Art et gouvernement : vive la poésie d'action

Olala. Je ne blogue plus assez souvent et aujourd'hui, patatras, il y a trois actualités qui se heurtent dans mon cerveau mal réveillé. Que faire, sinon parler des trois ? Sans oublier le lien possible entre elles, voir à la fin (Haha, ça c'est du tease ou je ne m'y connais pas !)

D'abord, le dernier rapport du GIEC, disponible ici en anglais of course, et d'ailleurs on appelle aussi IPCC ce groupe d'experts gouvernementaux mélangeant des scientifiques et des experts mandatés expressément par leurs gouvernements. Le rapport comprend un résumé pour les décideurs (qui n'ont pas que ça à faire, non mais) et pour les paresseux, il y a aussi les articles de la presse qui recopient des dépêches AFP, comme ici ou . J'aime bien le titre de Libé d'ailleurs, car il rappelle que le "réchauffement" climatique est un mot qui ne veut pas dire chaud partout, puisqu'il s'agit d'un changement climatique et d'une exacerbation des extrêmes. Le rapport est pessimiste, comme il se doit. De moins en moins de solutions s'offrent à l'Humanité pour éviter des conséquences catastrophiques. Les experts alertent et les décideurs décideront. Même s'il y a eu consensus international (y compris Chine et USA) sur ce rapport à quelques broutilles près au niveau des experts, il est évident que le consensus politique n'existe pas, ni celui des industriels concernés.

C'est peut-être l'occasion de rappeler que lorsqu'on parle d'environnement ou d'éco-système, il faut inclure l'humain dedans : l'Humanité, nous, vous et moi. Le mot environnement risque en effet d'être trompeur en parlant de "notre" environnement sans nous y inclure, comme si c'était ailleurs, une part de l'Autre, dont évidemment nous ne sommes pas responsables et dans lequel nous essayons juste de vivre ou survivre. Et comme dans toute approche systémique, l'environnement est un ensemble où les relations sont multiples : changer quelque chose a des conséquences sur beaucoup d'autre choses. Alors ? Alors, si l'Homme change de comportement, le reste aussi changera. Non ?

Ensuite, à l'autre extrême de l'axe futilité-importance, il y a la dernière affaire Banksy. Deux publications sur Instagram la résument mais les journaux en font des gorges chaudes. Un et Deux. Cet événement est en fait plusieurs événements : une installation comme beaucoup d'artistes en sont coutumiers, une première mondiale puisque personne ne l'avait encore fait, un canular à la fois dans la réalité et sur Instagram, un immense coup de pub pour l'artiste, pour Sotheby's et, last but not least, une très bonne affaire pour l'acheteur qui vient en quelques secondes de voir multiplié par au moins 10 la valeur de l'oeuvre qu'il venait d'acheter, pourtant une simple reproduction d'un graffiti... L'ambiguïté du marché de l'Art est bien connue, et ceci en est une démonstration. Pourtant Banksy est un artiste qui combat efficacement certaines dérives de notre temps (voir par exemple ici). Le détournement artistique peut-il alors sortir de son environnement (le marché de l'Art) ou est-il automatiquement absorbé par ce monstre aux multiples gueules ? Vous avez 4 heures... Qui a dit détournement ?

Enfin, c'est la semaine du nouveau gouvernement en France, ce petit pays qui était à la manoeuvre lors de la COP21 à Paris et qui n'a pas pris énormément de mesures depuis. Ce n'est pas un moment crucial de l'Humanité ou en France, sauf peut-être le départ de la ministre de la culture, attendu par tous - et tant pus pour l'Art. On pense que le ministre de l'environnement va rester, sinon ça ferait bien court comme passage, quitte à ce que son portefeuille évolue à la marge. Je ne cie cet événement que pour ce qu'il vaut, comprenez-moi bien. Le vrai événement dont je parlerai ici est le Sommet de la Francophonie avec Macron et d'autres chefs d'État : il s'agira de confirmer l'actuelle secrétaire générale de l'OIF ou de la remplacer, a priori par Louise Mushikiwabo...

Louise, avant

Alors, un lien entre ces trois actualités ?

Non, finalement. Juste le fait que quand on est à l'écoute du monde, on enregistre des faits, divers et sans rapport - et bien au-dessus des faits divers banals - qui nous démontrent le vaste gouffre qui sépare nos vies quotidiennes des hauteurs où vivent les puissants. Et qui nous poussent encore plus à aimer la poésie en chacun de nous comme un remède au mal du monde et un puissant facteur d'action pour le changer, ce monde où nous vivons et que nous préparons pour la suite.

Cette poésie d'action qui est en nous et que nous ne devons laisser à personne : ni aux experts, ni aux artistes, ni aux marchands, ni aux politiques.




lundi 1 octobre 2018

Un p'tit café ?

C'est la journée internationale du café (si, si !)

C'est aussi lundi et le début d'un mois dans les premiers frimas. Alors le p'tit café du matin sur le zinc est particulièrement nécessaire, maintenant qu'on n'y trouve plus d'oeufs durs :

On n'est pas obligé de prendre un croissant avec, m'enfin...

Il y a donc aujourd'hui plein d'articles sur le café, une boisson qui déclenche les passions. Il y a les partisans d'un bon café filtre, les partisans de George Clooney, ceux d'autres marques et les avaleurs de jus de chaussette. Sur toute la chaîne, bio a priori, sans prendre en compte le coût carbone du transport des grains évidemment jusqu'à nos petites tasses. Les amateurs vont en Italie, mais pas seulement :


Comme on peut le voir sur le site officiel de la journée, le thème cette année est "les femmes dans le café", à ne pas confondre avec "le café dans les femmes" pour les buveuses de café et "les femmes dans le bar" qui dépend fortement du quartier où est le bar, entre Pigalle et la place de la Sorbonne. Non, non, il s'agit des femmes de la fève à la tasse (sic), tout au long de la chaine du café, puisqu'il n'y a pas de raison que les femmes ne soient pas aussi bien mal traitées que les hommes. À ce sujet, quelle photo préférez-vous ? Moi je penche pour la 8, l'infini debout du café grand-mère... Ce site est celui de l'ICO, l'International Coffee Organization, le vertueux lobby du café.

Je parle de temps en temps de café, comme ici en 2015, et là aussi, et j'ai même écrit quelques histoires avec, ou pire, moulu sans café ! Même les IgNobel en ont parlé l'année dernière (en dynamique des fluides), mais c'est aujourd'hui le début de la semaine des "vrais" Nobel avec le prix de Médecine et on attend un prix sur les effets du café, indubitablement. Par contre pas de prix de littérature cette année puisque le harcèlement sexuel est venu frapper les jurés du prix plus rapidement que la vérole sur le bas clergé breton et la honte sur les hauts dignitaires de l'église lyonnais.

Vu à Londres, en hommage aux Rolling Stones, évidemment

Pas vu à New-York

Alors, aujourd'hui en particulier, buvez vos cafés avec délectation, sirotez-les, trempez votre langue dedans sans vous brûler, laissez-les glisser entre votre langue et votre palais, laissez-les réchauffer votre gorge enrouée et sentez-les descendre au plus profond de vous. Pendant ce temps, ayez une pensée émue pour vos êtes chers, buveurs de café ou non. La mienne en boit !

Et méditez le principe d'Archicaféde : "Tout café avalé par un corps produit un effet proportionnel à sa densité, pas à son volume".



mardi 25 septembre 2018

Le visage de l'origine du monde ? Je ne veux pas le voir !

Lecture fascinante et dérangeante à la fois

« L’Origine du monde », de Gustave Courbet.


Certains mystères de la vie restent des mystères, d'autres sont résolus, pour le bien ou pour le mal. Pour les mâles en l'occurence. Ce mystère en particulier fait l'objet d'un livre (normal dans notre société où tout se consomme) et je vous laisse découvrir ce qui cloche dans la couverture de ce livre. Je vous rappelle aussi que les algorithmes de Facebook avaient à tort censuré ce tableau avant un rétropédalage gêné. (Censureront-ils tous les articles sur ce sujet, dont celui-ci) ?

Comme tous les amateurs d'art, je connais ce tableau et vous aussi, forcément. Au-delà de son caractère subversif, révolutionnaire et/ou pervers, l'absence de visage est l'un des principaux traits saillants de ce tableau (non, je rigole). En fait, l'absence de visage renforce le côté choquant du tableau et le rend d'autant plus beau. Le mystère de la femme sans-visage est intrinsèquement, consubstantiellement lié à l'attrait de ce tableau.

Savoir avec une quasi certitude qui était ce modèle enlève, je trouve, à la beauté du tableau, car il ne s'agit plus de l'Origine du monde avec un grand O largement ouvert, ni même de la Femme, mais d'une femme en particulier, quelle qu'ait été sa vie et ses relations forcément tumultueuses avec le peintre, le commanditaire et les autres intellos terre à terre de la fin du XIX° siècle.

Je n'ai pas envie de voir ce visage.

Je l'ai aperçu au détour d'un lien mais je l'ai tout de suite oublié et je vous conseille de faire pareil. Le tableau contient toutes les femmes, et pas seulement cette Constance née vers 1830. Constance ? Constance et inconstance de l'Art ? Quel bel oxymore. Pourquoi toujours vouloir mettre des visages sur des images. Au plan scientifique, je comprends puisque les chercheurs sont toujours à l'affût de découvertes recherchées ou survenues par surprise (comme celle-ci). Mais au-delà de la science, l'Art procède d'une autre dimension, à ne pas confondre avec la réalité, puisqu'il la sublime.

Alors, oui le mystère de l'Origine du monde reste entier et ne peut pas être résolu. Ne doit pas être résolu. Au mépris de la réalité de la science !




vendredi 21 septembre 2018

Oublis

Ohlala, je ne sais plus depuis combien de temps je n'ai pas blogué... Il faut dire que c'est aujourd'hui la journée mondiale Alzheimer et que j'ai donc des excuses. En vérifiant, il semblerait que cela soit le 14 septembre, soit donc il y a une semaine exactement. Pfffft. Le temps passe vite...

En ouvrant le journal ce matin j'ai vu deux choses, mais je ne m'en souviens que d'une. Alzheimer a donc sa journée mondiale aujourd'hui, à ne pas oublier. On sait que les traitements curatifs sont encore loin, mais on connait de mieux en mieux des moyens de prévenir la maladie et ses dérivés. Cela implique une activité du cerveau pour lui conserver une agilité minimale. Il y a plusieurs possibilités, et donc des études pour les analyser, comme Silver Santé Study qui se focalise sur les vieux normands divisés en trois groupes : ceux qui ne font rien, ceux qui méditent (ce n'est pas la même chose semble-t-il) et ceux qui apprennent l'anglais.

Quand on vieillit on pense forcément à ce type de maladie et on entend des connaissances en parler. Au-delà de la blague attribuée à Ronald Reagan qui en est mort "ce qu'il y a de bien avec Alzheimer, c'est qu'on rencontre des gens nouveaux tous les jours", la notion de dégénérescence nous interpelle tous. La SF est pleine d'histoires de longévités exceptionnelles, à coups de régénération ou de transhumanisme plus ou moins moral, mais la vraie vie est bien plus dure que l'imagination des auteurs de SF. Il y a une pudeur bienvenue quand on parle de la fin de vie, qu'on sent même dans les livres les plus audacieux sur le sujet, mais dont je ne me souviens (évidemment) plus...

En ouvrant le journal ce matin, pendant que je buvais mon café mutin du matin, je suis tombé sur cet article. "Le mystère de la carotte de Barbès levé" ? Really ? WTF ! Je vous encourage à le lire car c'est très instructif. Ce n'est pas un article pour les lapins où les gens aimables, car cette carotte est en fait l'emblème des bureaux de tabac, bien connu de tous.


Il n'y a pas de bureau de tabac en dessous de la carotte, mais des vendeurs à la sauvette qui roucoulent toute la journée "Marlboro, Marlboro" et peuvent vous vendre tout ce que vous voulez, et pas seulement des cigarettes. Un lieu très connu et archi-surveillé. Les artistes qui ont accroché cette carotte ont voulu marquer le coup par cette "installation", depuis démontée.

L'art est un détournement de la vie et la réciproque est vraie aussi. On se plait à imaginer d'autres enseignes plantées ça et là :
- Une croix de pharmacien au-dessus des lieux de vente de drogues, à Barbès et ailleurs
- Un petit bonhomme vert pour traverser la rue au-dessus d'une agence pôle emploi
- Une sucette pour aider à traverser entre l'église et le cimetière pendant la canicule
- Le logo Amazon au-dessus de chaque boutique en ville
- L'affiche "Big brother is watching you" chaque fois qu'il y a marqué wifi gratuit
- Une colonne de barbier au-dessus des centres des impôts avec le slogan "ici on rase pas gratis"
- une grande affiche "je pollue" obligatoire sur les quatre côtés des véhicules roulants et autres...

J'ai oublié de quoi je voulais vous parler. Ah si ! L'équinoxe c'est dimanche ! La fin officielle de l'été. Mais pas encore la fin de l'heure d'été, ouf. On va pouvoir encore déguster quelques carottes apéritives le soir, tant qu'il y a de la lumière et quelques lueurs d'intelligence en nous. Et on pourra deviser sur les microtaxes qui pourraient être supprimées cette année. Exercice donc pour la prochaine fois : quelles taxes supprimeriez-vous dans l'empilement progressif de textes qui se superposent sans jamais être nettoyés ? On parle par exemple de cette taxe sur les assurances de véhicules étrangers circulant en France et qui ne rapporte presque rien (voir LégiFrance ici) parce qu'on suppose que personne ne la paye en fait. Mais on parle aussi de taxes qui font vivre des métiers ou des collectivités entières et pour lesquelles des guerres peuvent être déclenchées, comme la taxe sur la farine ou celle sur le ski de fond (et quand on skie dans de la poudreuse ?)...

Il faudrait que je blogue, moi, au fait. Ça fait trop longtemps. C'était quand la dernière fois ?




vendredi 14 septembre 2018

IgNobel 2018 : un cru époustoufifiant et à la limite de la censure

Enfin !

C'est vendredi mi-septembre donc le lendemain de la cérémonie des IgNobel. J'en parle ici tous les ans. Ici en 2017 (vous y trouverez aussi les liens pour toutes les années depuis 2012). Pour les anglophones, l'information brute (et non fake) est ici. Quand la Science se moque sérieusement du monde et d'elle-même... Cette année, un peu de Q quand même.

Médecine (USA)
"Comment accélérer le passage des calculs rénaux grâce à des montagnes russes ?"
Un beau sujet en effet, mais qui fait un peu mal quand même au bide (et un peu plus bas) quand on en a eu quelques-uns et qu'on s'imagine à Disneyland en pleine crise. Il faut dire que les montagnes russes d'aujourd'hui ont fait beaucoup de progrès, avec des mouvements de plus en plus vertigineux et des photos souvenir au pire moment. On espère d'ailleurs que la photo n'st pas prise au moment du passage du train de 18h43 du calcul rénal. Cet article, en tous cas, m'a fait pisser de rire.

Il semblerait même que cela dépende de l'endroit où on s'assoit

Anthropologie (Une flopée de pays hétérogènes en Europe et en Indonésie)
"Les chimpanzés imitent les humains aussi souvent et bien que l'inverse"
Une nouvelle rafraîchissante pour l'espèce humaine qui ferait donc aussi bien que les chimpanzés. Après Darwin et quelques millénaires, voici un élément important pour l'avenir de l'Homme. Les observations ont eu lieu dans un zoo et on imagine très bien l'ambiguïté de la situation : qui est de quel côté de la barrière ? Où est le spectateur et le spectaté ? Personnellement, j'aimerais bien voir quelques vidéos...

Biologie (pays variés dont la France, vous verrez pourquoi !)
"Les experts oenologues peuvent identifier par l'odeur la présence d'une seule mouche dans un verre de vin"
L'odeur de la mouche est donc suffisamment forte pour perturber un vin (même une piquette ?). On savait déjà que les oenologues recrachaient le vin après l'avoir goûté et on comprend donc pourquoi. Mais la question important reste celle du devenir de la mouche après l'expérience : a-t-elle été sauvée (aucune mouche n'a été blessée durant l'expérience) ? a-t-elle été dégustée par l'expert ? recrachée ? écrabouillée ? ré-utilisée dans un autre verre (comme on dit chez les mouches, rouge sur blanc et tout fout le camp) ? Ça me rappelle une blague classique avec quatre copains de nationalités différentes qui boivent des bières à une terrasse. Une mouche tombe dans chaque verre. L'allemand regarde et avale tout, le français pousse une gueulante et demande à faire changer sa bière, l'anglais sort délicatement la mouche et boit sa bière, et le japonais sort délicatement la mouche et la mange.
Mais on parle ici de vin, pas de bière, et c'est différent, non ?

Puisque l'image dans le verre est trop violente, les voici sur une myrtille

Chimie (Portugal)
"Mesure du pouvoir nettoyant de la salive humaine sur les surfaces sales"
La Madame elle est sortie, et elle n'a pas acheté les produits qu'il fallait. Alors je crache (sur vos tombes la table). Intéressant comme étude. On espère que beaucoup de surfaces, de taches et de salives ont été testées. Nous ne demanderons pas de quelles surfaces il s'agit, naturellement. Ayons cependant une pensée émue pour les personnes qui ont tout nettoyé après.

Éducation médicale (Japon)
"Auto-coloscopie en position assise, grâce à un instrument de petit diamètre et de souplesse variable"
Il doit y avoir quelques vidéos de ces expériences mais la décence nous interdit ici d'indiquer leurs URL sur YouPorn. La science est souvent impénétrable et la position du scientifique pas toujours agréable et facile à tenir. On aimerait quand même bien lire les conclusions de l'étude et les leçons apprises, car on est là dans un domaine important de la santé publique. On attend d'ailleurs les articles suivants dans d'autres positions et avec d'autres tailles.

Ceci est une répétition

Littérature (Australie, Salvador et Royaume-Uni)
"La plupart des gens qui utilisent des produits complexes ne lisent pas le manuel"
Bon, soyons honnêtes, on s'en doutait et d'ailleurs on fait pareil, n'est-ce pas ? Les manuels sont pleins de fonctionnalités sans intérêt, du genre comment nettoyer l'appareil les jambes en l'air sans tomber. Les geeks utilisent l'expression RTFM mais les informaticiens sont les premiers à ne pas le faire (Read The Fucking Manuel). J'avoue que la littérature moderne me dépasse souvent, surtout quand il s'agit d'un ouvrage traduit en français directement et automatiquement à partir du coréen, avec un sens certain de la poésie absurde.

Nutrition (Zimbabwé, Tanzanie et Royaume-Uni)
"Un régime cannibale apporte moins de calories que la plupart des autres régimes carnés"
Il semble que leur étude se soit focalisée sur le paléolithique et non sur le monde moderne, sans expérience directe donc. Vous remarquerez quand même que les auteurs (colonisés et colons) ont un profil parfait pour cette étude (à ne pas confondre avec la côlonoscopie du dessus). Suite à la cérémonie, on attend un ouvrage d'un obscur faux médecin pour nous recommander un tel régime et une réaction de Brigitte Bardot. Le veau gras, oui, l'homme gras, non !

Paix (Espagne, Colombie)
"Mesure de la fréquence, de la motivation et des effets des injures pendant que l'on conduit une auto"
Il n'y a pas que dans les pays hispanophones, je crois savoir, que certaines injures peuvent circuler dans les rues et sur les routes. C'est le cas de toutes les langues latines, dont le latin. J'espère qu'il y a un glossaire des termes utilisés dans l'article, car cela peut être utile pour les apprenants de cette belle langue, hijo de p...a

Médecine de la reproduction (une palanquée de pays)
"Comment mesurer les érections nocturnes avec des timbres-poste ?"
C'est effectivement une très bonne question que je réalise soudain ne jamais m'être posée. Evidemment, la taille du timbre-poste devient cruciale pour ce type d'expérience, en tous cas le rapport entre les tailles du collé-collant. Reste à savoir si c'est de la salive (nettoyante, voir plus haut) qui a servi pendant l'expérience à coller le timbre, ou si c'est un autre liquide, d'origine portugaise ou non.


Économie (Canada, Chine, Singapour, USA)
"L'usage de poupées vaudous est-il efficace contre un mauvais patron ?"
Il semble que non, sauf en ce qui concerne l'effet psychologique sur celui ou celle qui tient l'aiguille, qui lui serait bien réel. Désolé. Vous notez cependant que les scientifiques concernés ne viennent pas directement de pays où l'on pratique le vaudou depuis des siècles. Vous noterez aussi que cet article a été publié dans une revue sur le leadership... No comment. Zut, où j'ai fourré cette mèche de cheveux ? Après tout, l'expérimentation est à la base de la science, non ?


À suivre l'année prochaine ;)

vendredi 31 août 2018

Heure d'hiver, so far away, so long ago ?

Aaaaaaaaaargh !

Serait-ce la fin annoncée de l'heure d'hiver ? En tous cas l'Union européenne semble vouloir aller dans ce sens après plus de 40 ans (merci Giscard) d'heure décalée en été à la grande époque de la crise du pétrole et d'une vision régalienne de la France et de l'Europe qui devait tout régenter même la couleur de notre papier toilette l'heure à laquelle nous allons boire l'apéro. Suite à une décision du Parlement européen et à un sondage massivement en faveur de l'heure unique, la décision pourrait être prise rapidement. Décision rapide ne veut pas dire application rapide (dès cette année). Ne rêvons pas, ce genre de décision met plusieurs années avant d'être appliquée. Pour quand alors ? Mystère...


Lorsque l'heure d'été a été créée en 1976 (après un essai infructueux au début du XX° siècle et quelques avatars plus anciens) elle avait plein de justifications officielles, voir Wikipédia of course. En plus elle visait à corriger un peu les méridiens en Europe, au lieu d'un alignement à l'est (sur l'Allemagne). La France, en particulier couvre en longitude 12° soit un peu plus que trois quarts d'heure entre l'Alsace et la Bretagne, largement de quoi créer de grosses différences, quand les jours sont très courts ou très longs.


Beaucoup de citoyens préfèrent l'heure d'été, puisqu'elle nous offre des soirées longues en été pour boire l'apéro et manger des tapas. Cela fait longtemps que les agriculteurs sont habitués à être décalés des horaires civils puisque la Nature n'a pas d'horaire, surtout dans les poulaillers industriels où la lumière électrique remplace le soleil à heures fixes. Les premiers sondages indiquaient que la préférence allait à une heure unique, sans changement d'heure qui perturbe les poules, les gamins, les vieux, les paysans, les cheminots et les râleurs. Le fait que l'Europe choisie l'heure d'été en dit long aussi sur notre société. Il s'agit de supprimer l'exception de l'été en mettant toute l'Europe en été. L'exception deviendrait la règle ? Hum. Les pays à l'Est ne seront pas contents, ce qui est naturel, et comme ils sont un peu plus réac en ce moment (ceci est un euphémisme pour anti-europe), cette décision risque de ne pas être appliquée.

Mais poursuivons le débat un peu plus loin. Pourquoi ne pas proposer d'autres scénarios ?

- Toute l'Europe à l'heure d'hiver et même pourquoi pas à celle de Moscou. Histoire de montrer à tous qu'on n'est pas là pour rigoler.
- Tout le monde à la même heure dans le monde (USA ou Chine par exemple). Après tout Paris est la ville lumière et on pourrait travailler la nuit.
- Tout le monde à l'heure solaire avec un libre choix zone par zone : la Bretagne en avance, l'Alsace en retard et la Corse à l'heure de la sieste ?
- Le remplacement de l'heure par des horloges floues comme celle-ci ou même pas d'horloge du tout comme ça on ne sera jamais en retard
- La généralisation de l'heure Internet.


En tous cas, si cette réforme se met en place un jour, on pourra tous lever notre verre au moment du coucher du soleil, en mémoire de cette heure d'hiver glaciale qui aura perturbé tant de gens et tant de moutons (qu'on ne compte plus avant de dormir, tellement il y en a).


mercredi 29 août 2018

Hulot en vacances

En attendant Godot le remplaçant de Hulot, si on revenait un peu sur la démission de Nicolas Hulot du gouvernement ?

Si vous ne l'avez pas entendu sur France Inter (en direct ou en podcast), voici le verbatim de l'annonce de sa démission. À lire/écouter avec attention pour bien comprendre que toute tentative de récupération politique ou industrielle est vaine, de la part du gouvernement, de toutes les oppositions et même des écolos "officiels". Cela n'a pas empêché depuis lundi tout un tas de responsables politiques et de médias de récupérer, mais on est habitués maintenant à leur attitude insouciante. Chacun en prend pour son grade, un exemple ici dans Les Échos.

Ce qu'il dénonce, une fois de plus, est le peu d'importance pour les responsables de notre société de l'écologie et du long terme : écologie évidemment, au sens complet du concept, et long terme, c'est-à-dire au-delà de la durée des mandats électifs et des durées de vie des responsables. Il le dénonce non seulement chez les responsables politiques, mais aussi dans les autres compartiments de la société, industriels, syndicats, financiers, militants écolos ou anti, et particuliers. Une forme ancienne de protestation qui n'a pas réussi à trouver d'expression efficace, suivie d'actions, dans ce domaine.

Au-delà de sa personnalité et de son aura, sans parler vraiment de son statut de star, Hulot est l'un des rares représentants visibles de cette écologie théoriquement désirée par beaucoup et pratiquement prioritaire pour très peu de gens. À cette heure on ne sait pas comment il sera remplacé (un ou plusieurs ministres) et quelles seront les inflexions de la politique du gouvernement dans les principaux dossiers en cours. Dans son discours aux ambassadeurs, lundi soir (avant la démission surprise), Macron avait parlé (un peu) de l'accord de Paris sur le climat. Je note cette phrase : "Cette diplomatie environnementale est majeure pour répondre à ce grand bouleversement du monde. Elle est majeure parce qu’elle caractérise l’engagement français et européen en la matière, parce qu’elle permet de nouer de nouvelles alliances, en particulier avec la Chine et plusieurs autres puissances, et donc construire, là aussi, nouvelle forme de coopération internationale, et parce qu’elle permet très profondément de répondre à nos intérêts, sur le court, moyen et long terme."Hum... On verra à la COP 24, en décembre en Pologne, non ?

Les fans de SF savent bien que le thème de l'écologie est un grand classique. Nombre de romans, de nouvelles, de séries et de films ont pour cadre des catastrophes écologiques crées par l'homme. Dune, Le monde vert, Le troupeau aveugle, la trilogie Mars sur sa terraformation... Soleil vert, Avatar, Wall-E, Princesse Mononoké, Le jour d'après, Interstellar, Mad Max... Il y a pourtant une différence entre réalité et fiction, même si la science est dans les deux. Nous ne vivons pas dans un film mais dans une réalité qui est là, que nous pouvons ou pas influencer. Ou pas ? On peut toujours influencer la réalité, même un peu, sans aller jusqu'au battement des ailes d'un papillon qui peut déclencher un ouragan. Reste à en avoir la volonté. Et à tenir compte du temps et de toutes ses dimensions : le temps immédiat, celui de nos instants successifs, le temps long à notre échelle, celui de notre vie, le temps long pour l'Homme, le temps à l'échelle géoclimatique...

La démission de Hulot n'est qu'un micro-événement, pas surprenant car attendu, même si le moment choisi a surpris tout le monde. Mais s'il peut nous faire réfléchir un peu sur l'environnement, tant mieux. Au-delà des affaires de petites et grandes personnes.


jeudi 23 août 2018

Rentrez ou sortez...

C'est bientôt la rentrée mais pas encore tout-à-fait. Parlons un peu de Paris.

Il y a celles et ceux qui sont encore en vacances ou déjà repartis, histoire de ne pas être là au moment où les foules parisiennes se presseront, l'air gauche, dans les transports en commun, qui n'ont rien d'amoureux ou d'une communauté. Ne devrait-on pas plutôt parler, d'ailleurs, de compressions de masse, à la César ? Ceux qui ne sont pas à Paris ratent pourtant le faible rythme de la ville, les troupeaux de touristes suivant leurs guides panurgesquse, maintenant heureusement de plus en plus équipés de casques micro, et leurs moutons dotés d'oreillettes, ce qui est bien pour la tranquillité des lieux, notamment quand plusieurs groupes se bousculent dans le même endroit, au son de leurs criées comme sur le port de Marseille à l'époque de M. Brun. Mais je m'égare (de Lyon) on est à Paris, restons-y.

Il y a ceux qui ne sont pas partis, faute souvent de moyens. J'ai retrouvé mes sdf habituels, à peine déplacés de quelques mètres et dont les affaires n'ont pas été brillantes pendant l'été, faute de clients parlant français. Il y a aussi ceux qui sont faussement partis, par exemple dans les cafés où souvent des équipes de remplacement ont pris la place des permanents. A l'époque des bougnats, c'était ainsi l'échange entre un cafetier parisien allant en Auvergne remplacer le bougnat qui venait le remplacer à Paris. Une sorte échange de cafés pendant les vacances et de vacances loin/près de chez soi. Aujourd'hui, on voit de jeunes serveurs intermittents ne connaissant pas bien leur métier, et encore moins les prix des consommations, obligés de demander aux clients "réguliers" le bon prix.

Il y a ceux qui sont fraîchement rentrés, encore tous décalés : une tenue pas vraiment parisienne, surtout dans les souliers, avec peu de cravates et même presque des vestes de couleur, un bronzage évident et des tatouages frais comme la nuit. Surtout, on les reconnait à leur regard vague, encore émerveillé par les beautés de la ville et en même temps résignés comme des zombies allant de bon matin au point de sang s'abreuver du regard des autres. À leur démarche également, légèrement zigzagante, frétillante même (comme dans Pretty Woman pour les dames, stop wriggling, ou chaloupée chez les hommes). Les codes vestimentaires évoluent en été et c'est aux marges qu'on voit des dommages collatéraux - au début et à la fin des vacances - avec des chocs vestimentaires pas du meilleur goût. Mais enfin ! cessez ce va-et-vient !

Il y a la rentrée politique à venir. Premier conseil des ministres pour chauffer les troupes hier, premières universités d'été ou équivalentes mobilisations, souvent en ordre dispersé, puisque ce qui caractérise cette rentrée c'est l'absence de combats communs. Macron a sa stratégie, qu'on espère aller vers de la gauche, du social et du fraternel, mais il la déroule avec tellement de vitesse que cela ne laisse pas à ses (nombreux) opposants le temps de respirer entre deux combats. Les affaires de cet été n'ont servi qu'à remplir les colonnes des médias dans une époque post coïtale coupe du monde de foot largement inintéressante. Les médias annoncent une rentrée difficile pour l'exécutif. À voir ! Les arbitrages budgétaires seront connus très vite, puisqu'en août ce sont les cabinets ministériels et les hauts fonctionnaires qui bossent sur le budget. L'ordre des annonces sera crucial puisque c'est lui qui créera la bonne (ou la mauvaise) atmosphère en attendant la prochaine échéance électorale au printemps 2019 pour les européennes.

À Paris, ça sent de plus en plus mauvais pour Anne Hidalgo, même si les municipales ne sont que dans 18 mois. Sauf si elle arrive à diviser encore un peu plus ses nombreuses oppositions, il y a peu de chances pour elle de se faire réélire. Macron ne l'aime pas, c'est évident, et l'affaire de la grande roue et du marché de Noël délocalisés de la Concorde (gérée par la Ville) à quelques mètres aux Tuileries (gérées par le Ministère de la Culture) en est un exemple criant, même si personne ne se fait d'illusions sur la crédibilité de M. Campion. Il faut dire que comme chaque été, Paris est plein de travaux un peu partout et qu'il faut zigzaguer entre les barricades barrières. Sans Vélib, sans Autolib, avec un RERlib en travaux... Heureusement il y a Trotinnettelib !

Et enfin, il y a la rentrée scolaire à venir. À partir du 3 septembre. La vraie date de la rentrée et du rush parisien. Angoisses chez certains bacheliers inscrits sur Parcoursup et qui devront attendre les deux derniers jours pour savoir où ils vont aller. Le système veut en effet que l'on puisse retenir ses voeux jusqu'au dernier moment, un peu comme une vente aux enchères à la chandelle, où c'est celui qui se retient le plus longtemps qui gagne. Un effet pervers bien connu et qui sera peut-être corrigé l'année prochaine, mais qui risque cette année de planter la plateforme dans les dernières heures le 5 septembre à cause d'une affluence record, largement prévisible. Pour les autres scolaires, ce sera une rentrée calme avec de belles images à la télé et pleins de stories sur Instagram.

Bon, je vous quitte, je dois aller fair les courses de rentrée avec mon terminaleux, justement. Au moins, il y en a qui ont mis l'été à profit pour grandir d'une ou deux tailles. Damn !!!


lundi 16 juillet 2018

Et une, et deux... et trois étoiles ?

Difficile de chanter "Et, un, et deux, et trois zéro" ce coup-ci. Quatre-deux ça ne sonne pas bien mais on s'en fout ;) La France a gagné la Coupe de monde de foot comme il y a vingt ans. Les vieux comme moi s'en souviennent. C'était un autre monde, sans réseaux sociaux et où la société était plus fermée : les femmes des joueurs étaient mal perçues, le fameux black-blanc-beur de l'époque était politique alors que la France d'aujourd'hui ne choque que les frontistes mal embouchés de l'absence de renommée, l'insécurité était plus diffuse et la droite était au pouvoir (ah bon, c'est pareil aujourd'hui ? En même temps...)

On espère donc pouvoir chanter l'air du titre dans 4 ans avec cette jeune génération, ou même dans 8 ans puisque le climat du Qatar n'est pas favorable au foot (à pas grand-chose d'ailleurs). En attendant, il faut aller racheter des maillots bleus avec deux étoiles ou savoir en coudre une autre. Pas simple... Et ranger ses drapeaux français jusqu'à la prochaine occasion. La coupe d'Europe dans deux ans ?

Au-delà du bordel dans les rues de France et même dans les endroits les plus improbables, on a le droit de laisser éclater sa joie (je vous y autorise). La liesse populaire est trop rare pour être boudée, quelles que soient les raisons de cette liesse. Le sport et notamment le foot arrivent à ce niveau et tant pis pour ceux qui préfèreraient des liesses populaires plus politiques ou plus sociales. L'époque individualiste et communautarisme ne s'y prête pas beaucoup et les grands organisateurs de manifs n'arrivent à rassembler que peu de personnes en général. Ça pourrait venir, mais ce n'est pas avec les mégalos genre Mélenchon que ça risque de motiver les foules (mon correcteur orthographique persiste à vouloir remplacer par métallo, on voit bien qu'il ne connaît pas Mélenchon !). Ce qui est bien avec ce sport, c'est qu'il rassemble des gens toujours très variés, même pendant peu de temps, pas seulement des jeunes, des amateurs de foot ou des hommes, mais toutes sortes de variantes d'êtres humains, des plus cons aux meilleurs en passant par ceux que les médias appellent les anonymes, puisque le mot peuple leur écorche la bouche. Difficile pour les élites de vivre l'instant présent sans se projeter dans un avenir forcément gris, puisque on a forcément l'esprit critique.

La RATP s'est amusée à changer (temporairement) le nom de certaines stations, comme ils le font de temps en temps (vous vous souvenez du métro Apéro ?)



Et les détournements sur l'Internet sont nombreux... Merci au Gorafi en tous cas


Alors, comme à chaque grand événement, je vous ai préparé une page avec les Unes françaises de la presse, puis internationales. Cette page se complètera au fur et à mesure où les Amériques se réveilleront, pour le moment il n'y a que 210 Unes, mais la page est déjà lourde, je vous aurai prévenus... On y note quelques slogans savoureux et de surprenantes photos. Un témoignage pour la prochaine fois, en espérant ne pas attendre 20 ans la troisième estrella. Quelques exemples ici


jeudi 5 juillet 2018

C'est pas du foot, c'est de l'Art, ou de la sociologie russe

J'ai eu envie de bloguer aujourd'hui. Juste à cause de ce tweet aperçu sur le mur infini des logorrhées numériques d'humains et de bots sevrés de vraie communication qu'est twitter :



Une photo comme celle-ci en dit long dans plein de domaines :

- Sur le foot lui-même et sa dramaturgie soignée, surtout lors d'une séance de tirs au but comme celle de Russie-Espagne, gagnée de manière imprévisible par les russes. Il y a une vraie tension dans ces moments, même quand ce n'est pas son équipe qui est à l'écran. Certains se voilent la face, d'autres prient ou croisent les doigts par superstition. Quelle que soit la façon dont on se prépare à cette phase de jeu, c'est toujours différent. Les anglais l'ont bien compris en se préparant mieux que les fois précédentes et ils ont eu bien raison.

- Sur l'intérêt porté par la population russe et sur le vent nouveau (et soyons clair, éphémère) apporté par les rencontres entre supporters, peuples et passants. Lire cet article sur le phénomène à Moscou, dans ce lieu symbolique entre Kremlin, KGB et temple de la consommation internationale. C'est dangereux d'organiser de tels événements. Les JO d'hiver à Sotchi c'est bien, mais c'était pour les happy few et une population locale isolée. Des matchs à Moscou et Saint-Pétersbourg par contre, ce sont des coups au coeur de l'empire russe actuellement incarné par Poutine. Des coups intéressants qui laisseront forcément des traces, même légères. C'est avec des petits pas qu'on avance, pas toujours avec des grands sauts, ou des bonds en avant comme disaient les voisins chinois avant leur envolée.

- Sur l'importance de la technologie dans nos vies. Que ceux qui croient qu'elle est superflue, addictive seulement et ultra personnelle, regardent bien cette photo où un smartphone même pas à l'horizontale retransmet en direct une image pour plusieurs personnes, des femmes et des artistes en plus. Elle est finie l'époque où l'image était réservée à quelques-uns, filtrée et contrôlée, accessible uniquement quand le regard des autres vous jugeait. C'est l'une des vraies révolutions introduites par ce type de technologies. Que ceux qui rigolent en pensant qu'il n'y a même pas une télé dans les coulisses du Bolchoï se calment un peu... Les téléphones sont partout à vous regarder.


- Sur l'Art. Du pain et des jeux ? Oui, mais quels jeux ? Le foot, la danse ? Quelles différences ? Des tonnes évidemment et personne ne comparera les dribbles ou les roulades de Neymar à des pointes et des entrechats de danseuses étoiles. Mais l'un n'est pas exclusif de l'autre. Quand on aime les deux, on peut ressentir, à certains moments et au fond de soi, des sensations similaires. Ce ne sont pas les mêmes émotions, quoique, mais elles peuvent être aussi denses. Danses. Comment ont dansé les danseuses du Bolchoï après la victoire de la Russie ? Avec plus de joie, de hauteur, de grâce, de sourires ? Les spectateurs ont-ils ressenti autre chose, comme un complément d'Art ?

En tous cas, une belle photo !

jeudi 28 juin 2018

La fable du capitaliste-chasseur sachant scier les os de son chien selon Banksy

Vous avez entendu dire, certainement, qu'à l'occasion de la journée internationale des migrants et des célébrations de Mai 68, Banksy et passé à Paris pour y déposer quelques graffs. Lire ici pour les voir et regarder comment certains ont déjà été dégradés.

Je travaille pas loin de l'un d'entre eux qui se trouve sur un mur juste en face de la Sorbonne, sur le mur aveugle et moche d'un hôtel où de riches touristes prennent leurs aises. Je passe même devant ce mur pour aller déjeuner dans mon petit restaurant chinois de quartier.

Laurence Parisot, qui habite tout près (il y a de beaux appartements dans le coin) a commis un tweet qui a fait scandale (lire ici) et je vous laisse rire jaune ou noir à la lecture de son interprétation, soit pas du tout politique soit au contraire très politique. En tous cas, quand on connait les combats militants et politiques de Banksy au Royaume-Uni et à beaucoup d'endroits dans le monde, on ne peut pas acheter l'interprétation "Brigitte Bardot" de Madame Parisot. Les allégories peuvent être détournées, mais depuis Platon et sa caverne on est plusieurs à avoir appris à les décrypter sans amalgame.



Ce capitaliste-chasseur sachant scier les os de son chien est très percutant. Un temps protégé par un panneau en plastique (dont il reste le cadre), il est redevenu nu et donc d'autres l'ont... comment dire... complété, un peu à la manière de ces street artists (ex-tagueurs) qui marquent leur territoire en pissant taguant au-dessus des autres. Voici une photo prise ce jour.


Vous remarquerez l'ajout d'un tag de la Cathédrale de Reims, apposé là (et signé car quand on est con, on est con et on aime le faire savoir) pour montrer qu'en plus des anciennes patronnes du MEDEF amies des animaux, il ne faut pas oublier les royalistes-cathos français, Môssieur. À moins que cela ne soit pour renforcer le lien entre capital, pouvoir et religion face à l'opprimé ? Hum... Il me semble d'ailleurs que du rouge sang a été ajouté sous la patte coupée du chien, de la même couleur que la signature du connard de droite à droite.

Le street art est un art dangereux donc nécessaire quand il est beau, qu'il a du sens et qu'il respecte les autres. C'est évidemment le cas de certains, dont Banksy. Qui dit art dit détournement, au risque de se faire détourner soi-même. À voir ce que va en dire la Maire de Paris, amoureuse de la modernité du Street art, sauf lorsque des élections municipales approchent (en 2020).

PS et mise à jour : ce billet a été posté jeudi. Ce vendredi le tag royal-catho a disparu mais le sang rouge est resté en bas ;) Quelle efficacité pour protéger l'Art !

mardi 26 juin 2018

Ich bin ein Vaticaner

26 juin 1963, JFK prononce ces mots en pleine guerre froide à Berlin (Ouest).

26 juin 2018, Macron ne prononce pas ces mots lors de sa visite au Vatican pour devenir Chanoine honoraire (ou d'honneur, c'est selon) de la basilique de Saint-Jean-de-Latran, comme Henri IV et Sarkozy (cherchez l'erreur).

La religion est-elle encore l'opium du peuple, les valeurs mystiques peuvent-elles exister en dehors de la religion, la métaphysique a-t-elle été indûment appropriée par les prêtres, la Vatican combien de divisions, la France serait-elle éternelle sans la religion, la France est-elle la fille aînée de l'Église, la guerre peut-elle être froide, Dieu est-il aussi existant qu'on le dit ??? Que de questions !

Mais rassurez-vous je ne vais pas vous parler de tout ça. Bien trop sérieux. Même pas de foot d'ailleurs, puisque mon patron a mis une réunion inévitable en plein match de la France cet après-midi ! Les traditions historiques et religieuses se perdent alors que tout le monde sait qu'il faut du pain et des jeux pour contenter le peuple, ce qui dans l'entreprise revient à dire qu'il faut des salaires et des réunions en dehors des matchs de foot de la France. Pfffffft.

J'ai même cherché dans l'éphéméride du jour, mais le saint officiel est un certain Anthelme, qui fut aussi chanoine mais qui a été canonisé, lui. Anthelme... C'est un beau nom pour un personnage de roman un peu fané, qui me fait penser au Stèphe des fleurs bleues de Queneau. À part ça, il n'y a pas grand chose à en dire, et je n'ai pas l'heur de connaître un Anthelme, à part peut-être Jean-Anthelme Brillat-Savarin, l'inventeur du "Dis-moi ce que tu manges : je te dirai ce que tu es."

J'ai vu quand même qu'il y en a moins d'une centaine en France, dont un à Caen, ville dont j'apprécie particulièrement les charmes. Il s'agit d'un écrivain public. Photo :


Ce n'est pas lui, mais juste pour montrer combien ce métier est noble et existe depuis longtemps. À l'époque de Saint-Anthelme, au XII° siècle, peu de gens savaient écrire. On copiait beaucoup, on recopiait. Pas encore d'imprimerie. Mais même aujourd'hui, et en France aussi, pas seulement dans les pays qui ont un plus fort taux d'analphabétisme que nous (si, si, il y en a), ce métier existe encore. Il prend même de l'ampleur avec l'illectronisme. Car écrire ou comprendre le monde numérique dans lequel nous vivons n'est pas donné à tout le monde et souvent, même les plus experts se perdent dans les dédales de formulaires à remplir ou d'explications obscurantistes à décrypter.

En tous cas il ne faut pas confondre un écrivain public avec un blogueur. Le blogueur écrit ce qui lui passe par la tête en ayant traversé son corps, son coeur, son esprit, son âme (amen). Il n'écrit pas pour les autres, car c'est un égoïste profond qui n'écrit que ce qu'il pense, au lieu de mettre son éventuel talent plumes que au service d'autres causes, comme un écrivain public ou un enseignant qui apprendrait le français à des réfugiés.

Pas besoin de faire appel à de valeurs métaphysiques ou à des phrases emblématiques pour s'occuper du quotidien. Il suffit de s'y plonger sans s'y noyer. Carpe diem. Rester zen. Surtout... surtout que demain c'est l'oral du bac de français de mon fils et que ce qui se conçoit bien s'énonce bien, par écrit ou par oral.

mercredi 20 juin 2018

Multilatéralisme

Petit coup de gueule aujourd'hui pour défendre le multilatéralisme.

Je vous encourage à lire l'article de Wikipédia (exemple parfait d'encyclopédie coopérative et multilatérale) sur ce sujet. Un extrait ? "Le multilatéralisme est donc, à l'intersection de la coopération et de l'anarchie internationale, un mécanisme imparfait de régulation des relations interétatiques." Intersection entre coopération et anarchie ? Un peu étroite cette crête entre deux utopies...

Le multilatéralisme est fragile. C'est déjà un concept difficile à prononcer, encore plus à mettre en oeuvre, surtout à une époque de résurgence des nationalismes, des protectionnismes, des individualismes et des populismes qui tous vont dans le même sens : on pense d'abord à nous et ensuite - éventuellement - aux autres, que cela soit au niveau des individus, des communautés ou des États.


Les diplomates connaissent bien ce concept. Staline disait en 1941 "Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est négociable". Cette phrase a été déformée plein de fois, la seule partie invariante étant le "Ce qui est à moi est à moi", le reste pouvant être "ce qui est à toi est à moi", "ce qui est à toi on le partage", "ce qui est à toi ne l'est plus"... Elle déforme d'ailleurs un verset de la Bible, dans un autre domaine, quoique la religion soit l'opium du Peuple, n'est-ce pas ?.

Les exemples actuels de lutte contre le multilatéralisme sont nombreux. En voici quelques-uns :

- Trump, l'homme de Lui d'abord et de l'Amérique aussi, a prouvé maintes fois qu'il n'aime pas toutes ces institutions qui ne sont pas dans le domaine de la négociation musclée (à son avantage). Il a simplement renforcé et officialisé une tendance américaine ancienne d'unilatéralisme, en coupant ses subventions à l'UNESCO, en quittant l'Accord de Paris sur le climat, celui sur le nucléaire en Iran ou en quittant hier le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU - conseil hautement criticable car parodique et mal composé mais qui a osé critiquer sa politique anti-immigration avec le Mexique. Il défie l'OMC sur les accords commerciaux en mettant en place des barrières à l'importation. Mais c'est logique. Les USA ont très souvent, en tant qu'État fédéral, agi contre le multilatéralisme, y compris au conseil de sécurité de l'ONU justement. Trump ne fait que rendre cette parole publique et assumée, tout en laissant ses conseillers et les patrons des grandes entreprises américaines négocier discrètement des accords bilatéraux. Bilatéraux, oui, justement. Et pas seulement sur notre belle planète de moins en moins accueillante. Dans l'Espace aussi, puisque Trump a dit "It is not enough to have an American presence in space, we must have American dominance in space."

- En Europe, les attaques fusent de partout contre cette Union Européenne qui n'est perçue et présentée que comme apporteuse de problèmes, comme le bouc-émissaire ultime, le Malaussène du grand magasin européen où l'on trouve tout ce que l'on veut. Evidemment, l'un des mécanismes préférés du multilatéralisme est celui de la négociation en groupe, à travers le consensus, l'acceptation des règles de décision quelles qu'elles soient, incluant l'unanimité ou la simple majorité (de quoi d'ailleurs ? une voix par pays comme à l'ONU, plusieurs voix selon la puissance ou la population ou la taille des cheveux du représentant ?). Ces règles peuvent être dénoncées ou contournées à tout moment, il suffit souvent d'une élection, comme en Europe en ce moment avec les exemples italiens ou allemands au sein d'alliances électorales de pâté de carpe et de lapin farci à moins que cela ne soit le contraire. Nous en sommes aujourd'hui à une Europe des Nations où chacun fait ce qu'il lui plaît dans ses domaines régaliens comme on dit en France, dans cette République qui a pourtant guillotiné son Roi. Une Europe fédérale, donc multilatérale à son échelle, est loin de nous. Une Europe unie encore plus. Le multilatéralisme est délicat à mettre en oeuvre, et il est facile d'en critiquer la faiblesse au-delà de ses frontières quand on ne regarde pas chez soi. Le élections européennes tourneront implicitement autour de ce thème l'année prochaine, gageons-le.

- Dans le monde du développement international, on parle souvent d'aide multilatérale et d'aide bilatérale. Lire cet article si cela vous intéresse, d'où est extrait le graphique ci-dessous


Malgré les discours, les aides bilatérales restent les plus nombreuses, quelles que soient leurs origines, sauf en Europe où c'est assez équilibré, justement à cause du degré légèrement multilatéral de l'Union européenne elle-même. En Afrique par exemple, le contraste est saisissant. Dans ce futur grand marché, dans cette mosaïque d'Afriques très différentes même au Sud du Sahara, dans ce continent bientôt l'un des plus peuplés et qui n'arrive toujours pas à nourrir ou fournir de l'électricité et de l'eau à tous, les aides diverses et variées se multiplient. Les discours ambitieux se confrontent aux réalités dures de l'Afrique, et chacun accuse l'autre de néo-colonialisme, d'ingérence ou même de laxisme. L'Afrique est un exemple parfait de multilatéralisme raté, ou pour être optimiste de multilatéralisme en cours de construction à travers l'Union africaine ou d'autre "supranational bodies", comme dans la carte ci-dessous qui complète celles que j'avais déjà publiées ici en 2014. Une carte qui donne une bonne idée de la difficulté de mettre en place un multilatéralisme efficace dans notre monde de brutes.


- Dans notre monde numérique, celui du "partage", le multilatéralisme est profondément vicié au bénéfice quelques-uns. Lisez ce livre pour en avoir une belle critique, même si elle est déjà ancienne puisqu'elle date de 2016 et que le monde du numérique va vite. L'Internet est devenu l'un des fondements de nos vies grâce à tout ce qu'il permet. Il a été basé sur une idée de partage dès sa conception et sur le multilatéralisme dans sa gouvernance (même si les USA ont toujours eu un poids déterminant, celui-ci a beaucoup diminué sous Obama et Trump risque d'ailleurs de revenir en arrière...). Les nouveaux services de partage ont pourtant presque toujours le même but, c'est de traiter les clients comme des données vendables à d'autres clients ou pour de la publicité ciblée. En l'occurence "Ce Qui Est À Toi Est À Moi" devient une appropriation par certains de ce qui nous appartient, puisque les bénéfices ne sont pas équitablement partagés. Rien à voir avec le multilatéralisme des États, me direz-vous ? Hum... Le multilatéralisme de la politique internationale ne concerne plus aujourd'hui que les États, justement, mais aussi les grandes compagnies internationales qui ont intérêt à négocier des accords bilatéraux partout, afin de garder étanches entre eux les segments de marché.

Mais l'étanchéité n'existe pas, comme lors du naufrage du Titanic lorsque les segments du paquebot se sont remplis comme de vulgaires vases communicants. Alors, le multilatéralisme, vous êtes prêts à lutter pour lui ? Moi, oui.


mercredi 6 juin 2018

Joueurs de foot ? Statistiques amusantes

Désolé pour les non-amateurs de foot...

La liste officielle des joueurs pour la coupe du monde de foot (pdf) est parue. Quelques analyses débiles ci-dessous :

Maths
32 équipes de 23 joueurs = 736 joueurs et 32 entraîneurs. Sur le site de la FIFA, cela permet de voir toutes les équipes en 4 lignes de 6 (dont l'entraîneur en fin de liste). A raison de 8 poules de 4, cela va nous faire 64 matches en tout en comptant le match pour la 3ème place. A chaque match chaque joueur serre au début la main aux 11 autres joueurs adversaires + les arbitres, je vous laisse donc calculer le nombre total de poignées de mains retransmises à la télé (sur les chaines payantes et sur TF1 - moins de matchs).

Genre
Que des hommes... Vous me direz que c'est normal puisqu'il y a aussi une coupe de monde pour les femmes, mais c'est quand même à noter. Pas d'entraîneur femme non plus, on peut rêver... Beaucoup d'entre eux (les joueurs) sont mariés mais je n'ai pas trouvé la statistique, ni le nombre d'enfants.

Championnats
Plus intéressant, dans quels championnats nationaux évoluent les joueurs sélectionnés ? Classement par ordre décroissement de pays qui ont le plus de joueurs dans leur propre pays :

Les bons élèves

Angleterre : 23 en Angleterre !!! (Rule Britannia !!!)
Russie : 21 en Russie, 1 en Espagne et 1 en Belgique (Effet Poutine ?)
Arabie Saoudite : 20 dans le pays, 3 en Espagne (Naturalisés ?)
Espagne : 17 en Espagne, 4 en Angleterre, 1 en Allemagne, 1 en Italie (Et la France ?)
Allemagne : 15 en Allemagne, 2 en France
Corée (du Sud) : 12 en Corée, 5 au Japon
France : 9 seulement en France, 6 en Espagne, 5 en Angleterre, 2 en Allemagne et 1 en Italie
Iran : 9 en Iran, 2 au Qatar, le reste en Europe (dont Russie évidemment)
Mexique : 8 au Mexique, 3 aux USA, le reste en Europe
Japon, 7 au Japon, 7 en Allemagne, 1 au Mexique, le reste en Europe (Ah, l'Axe !)
Portugal : 6 au Portugal, 1 en Chine, le reste en Europe
Tunisie : 6 en Tunisie, 7 en France, 8 dans d'autres pays musulmans

Les autres

Belgique : 1 seul en Belgique, 2 en France, 12 au Royaume-Uni
Argentine : 18 en Europe (langue latine), 1 en Chine (?!?) et le reste en Amérique latine
Australie : seulement 3 dans leur pays
Brésil : Seulement 3 au Brésil, 19 en Europe et 1 en Chine
Colombie : 9 en Amérique latine
Costa-Rica : 16 dans les Amériques
Croatie : 2 dans leur pays, tout le reste en Europe
Danemark : 3 au Danemark
Egypte : 13 dans la région
Islande : 1 en Islande
Maroc : 2 au Maroc, 2 en France, 4 en Turquie, 1 aux EAU
Nigéria : 2 en Afrique, 2 en Chine, 4 en Turquie, le reste en Europe
Panama : 18 aux Amériques
Pérou : 18 aux Amériques
Pologne : 4 en Pologne, le reste en Europe
Sénégal, 1 en Afrique (Guinée), 7 en France
Serbie : 3 en Serbie, 1 en Israël, le reste en Europe
Suède : 1 au Danemark, 1 aux USA, 1 aux EAU et le reste en Europe
Suisse : 1 en Suisse, 10 en Allemagne, 5 en Italie, 1 en France (poids des langues...)
Uruguay : 2 en Uruguay, 7 en Amérique latine, le reste en Europe

Il y a évidemment l'attrait de l'Europe, les pays riches et avec des clubs riches, mais il y a aussi des effets de bord, politiques et historiques, voire linguistiques.

Taille et poids
Le plus grand ? Un croate culmine à 2m01 suivi par un danois à 2m00
Le plus petit ? Un panaméen et un saoudien arrivent à 1m65
Le plus lourd ? Un panaméen et un saoudien atteignent 99 kilos (un peu d'effort pour arriver à 100 !)
Le plus léger ? Un marocain pèse 59 kilos, le seul en-dessous des 60

Taille du pénis :
Désolé, je n'ai pas trouvé cette information. Si quelqu'un l'a... C'est comme pour la taille de l'égo, pas trouvée non plus (aucun rapport évidemment).

Fortune
Il parait que c'est l'équipe de France la plus chère, en additionnant le prix de marché de ses joueurs.
O tempora, O mores...

Et le reste ? Et le foot, le sport ??? A voir à partir du 14 juin...
Allez les Bleus  !

jeudi 31 mai 2018

Du temps de cerveau pour une nouvelle rôtie

Jules s’essuie avec lenteur, avec plaisir. Il aime ce moment juste après la douche. Il se sent vivre pleinement, avec tous ses sens. Et ce soir, c’est encore plus vrai. Car ce soir, elle vient dîner et il a prévu un programme particulier. Un programme pour eux deux, rien qu’eux deux. Jules se regarde dans le miroir, il se trouve beau. Il sait qu’il est bel homme, il sait qu’il est séduisant, en plein âge mûr avec un soupçon de cheveux couleur de mercure sur sa tête d’ange. Il se sourit, il se plaît. Ce soir sera grandiose, pense-t-il. Son corps nu en frémit.

*

Jules est maintenant habillé, très simplement mais avec son bon goût habituel. Une chemise dont les deux boutons du haut sont ouverts, des manches retroussées, un pantalon léger et des mules élégantes. Rien d’autre. Il se sourit et sort de la salle de bains. L’odeur le saisit instantanément. Il tourne à droite vers le salon, comme un loup sur la trace d’un mouton. Elle est là. L’odeur. Elle vient de la cuisine ouverte. Du four exactement. Du rôti. Il adore cette odeur de viande rôtie. Les narines de Jules s’agrandissent, c’est comme une drogue. Il enfile rapidement son tablier de Chef et ouvre la porte du four. L’odeur le frappe en plein visage. 

Il en pleure presque mais ses yeux se fixent sur la couleur du rôti. Pas encore, pense-t-il. Il faut encore un petit peu de temps pour atteindre cette couleur de viande brunie, entre le brûlé et le pâle, entre le cru et le cuit. Une couleur excitante. Une symphonie de marrons qui transcende le rouge violent de la viande crue. Jules se repaît de cette vision si douce et si violente. Puis il prend une longue cuillère et arrose le rôti avec son jus. Surtout ne pas le laisser sécher. Puis il referme la porte du four et reste devant à attendre.

Le frisotement du rôti arrive progressivement à ses oreilles, une douce musique qui lui rappelle à la fois la mer, de l’autre côté de la plage, et la pluie lorsqu’elle tombe doucement pendant des heures. Il aime cette musique rôtie et en bon cuisinier il sait l’interpréter. Mais Jules s’ébroue. Il reste tant à préparer avant qu’elle arrive. Il s’active entre la cuisine et le salon, au rythme de ce frémissement qui l’enrobe. Son téléphone vibre. Un SMS. Elle sera là dans cinq minutes. Il sourit. Tout est prêt.

Une dernière vérification ? Il ouvre le four et enfonce avec délectation le thermomètre à viande dans le rôti. Depuis qu’il l’a acheté, il s’en sert le plus souvent possible. Il aime cette sensation d’intimité, de contact entre lui et le rôti. Jules a toujours été un tactile. Il ne peut pas toucher le plat avec ses mains, alors le thermomètre lui sert d’ersatz. Tout à l’heure. Tout à l’heure il la touchera directement, elle. Bientôt. Le rôti est d’ailleurs presque à la bonne température. Il trempe la sonde dans le jus et referme la porte du four avec un sourire. Il éteindra le four au moment où elle sonnera pour que le rôti soit parfait.

Jules souffle sur le thermomètre pour le refroidir et lèche le bout de la sonde métallique. Un cuisinier doit toujours goûter, c’est un principe absolu. Jules hésite. Peut-être un peu plus de sel ? Un peu moins ? Il ne sait pas. Soudain, il ne sait plus que penser. Il reste là, comme un homme frappé de stupeur. Peur, oui. Peur de ce qui va se passer. Il regarde songeur le thermomètre et le repose sur la planche à découper, à côté du couteau qu’il a spécialement aiguisé.

*

Jules bouge lentement, comme s’il était ailleurs. Toutes sortes de pensées lui viennent à l’esprit. Ses décisions qui semblaient si mûres l’instant d’avant semblent maintenant si fragiles. Il regarde la planche. A découper. Puis il entend la sonnette. Elle est là. Il sort d’un coup de sa transe. Il ôte rapidement son tablier, éteint le four et ouvre la porte d’entrée. Elle est là, devant lui. Magnifique et souriante. Cela dure comme à chaque fois une éternité, sur ce paillasson pourtant si banal. Il s’écarte pourtant et la laisse entrer. Il la regarde marcher, pris d’un désir fou de se lancer maintenant, tout de suite. Mais il se retient. Ils doivent parler d’abord, c’est important. Il doit savoir. Avant.

- Tu as préparé un rôti ?
- Oui. Ça sent bon, non ?
- Oui ! Miam !

Il aime sa voix douce. Il n’aime pas toujours ce qu’elle dit, naturellement, et même de moins en moins avec le temps, mais il aime sa voix. Dommage de ne plus l’entendre. Il soupire. Mais elle est déjà arrivée près du canapé. 

- Tu viens ? dit-elle en s’asseyant au milieu du canapé.

*

Ils s’embrassent à pleine bouche. Il adore le goût salé de ses lèvres. Elles sont toujours salées à point. Un équilibre qu’il n’atteindra jamais dans sa cuisine. Un goût qui l’enivre. Un goût qui lui manquera. Comme le goût de sa peau, dans le cou. Elle aime qu’il la morde un peu. Pas jusqu’au sang, mais un peu plus qu’un baiser. Il la mord.

Maintenant ils sont nus, blottis sur le canapé. Ils profitent l’un de l’autre, de cet instant qu’il sait être parmi les derniers avec elle. Ils parlent. Ils parlent d’eux, de ce qui fût et de ce qui aurait pu être. Un dîner d’adieux. Un dîner pour se dire tout ce qu’ils ne sont pas avoués auparavant. Il leur a toujours été plus facile de parler nus. Nous formons un étrange couple, pense Jules. Nous formions. Un silence s’établit. Elle frissonne et lui aussi. C’est le moment. Il va se lever et aller dans la cuisine, sous prétexte de sortir le rôti. Mais elle a posé une paume contre son torse. Elle le regarde dans les yeux. Il attend encore quelques secondes. Puis il sent le couteau pénétrer sa poitrine. Il le sent entrer en lui avec une puissante lenteur. Un couteau merveilleusement aiguisé. Il n’a pas réalisé qu’elle en avait apporté un dans son sac, là, sur le canapé. Et dire que le sien est toujours dans la cuisine.

Il crie. Comme une bête blessée, comme une bête qui pousse son dernier cri. Elle sourit toujours mais il doit fermer les yeux. Son cri emplit le salon, s’amplifie avec la douleur comme si son corps n’était qu’une corde vibrante. Il essaye d’attraper le manche du couteau, mais elle a attrapé ses mains. Jules s’entend gargouiller, s’étouffer.

Jules s’affaiblit. Il réussit à rouvrir les yeux. Elle est encore en face de lui. Ses yeux dans les siens. Elle sourit toujours, d’un sourire qui le transperce aussi sûrement que la lame qui le déchire. Puis elle se lève et s’éloigne de quelques pas. Il la voit en entier. Elle est de dos. Nue. La couleur laiteuse de sa peau lui a toujours plu. On n’y voit aucune marque. Une couleur et des formes qui le paralysent, à moins que cela ne soit son cœur qui lâche. Il aimerait tant la toucher.

Elle s’éloigne vers la cuisine. Il la perd de vue. Ses paupières se ferment. Son univers se rétrécit. Seul reste son odorat. Elle a dû ouvrir la porte du four car l’odeur du rôti l’assaille. Une odeur de rôti cuit à la perfection. Pourtant... Pourtant, il sent une autre odeur, une odeur parasite. Comme une odeur de sang. Comme l’odeur de son sang.

*

Julie sort le rôti du four, le pose sur la plance et en découpe une belle tranche avec le couteau de Jules. Elle sourit. Un beau couteau. Elle a toujours adoré le rôti de Jules. Dommage ! Mais il ne faut pas gâcher, alors elle déguste sa tranche de rôti, puis elle se rhabille. Elle ne jette même pas un regard vers le cadavre de Jules, là-bas sur le canapé. Avant de sortir, elle allume un feu au milieu du salon avec les journaux de Jules. Ça brûlera bien, pense-t-elle, c’est ça l’avantage des maisons en bois.