lundi 20 mai 2013

Quelques nouvelles du monde arabe

Les nouvelles, mauvaises, s'empilent du côté du monde arabe en cette fin mai, à moins de deux mois du Ramadan début juillet.

Extrait du nouvel atlas du Monde diplomatique

En Syrie évidemment, où l'armée officielle tente de reprendre un noeud stratégique tenu par les "rebelles" depuis de longs mois. Un carrefour sur la route du pays alaouite et un refuge pour de nombreuses familles. Cette offensive de printemps, soutenue par le Hezbollah libanais (et donc l'Iran), est semble-t-il en voie de réussir. Après les soupçons de plus en plus appuyés pour des armes chimiques et afin de vider de son sens la conférence internationale prévue, cette offensive risque d'annoncer d'autres massacres de civils. Le timing est bien choisi. La conférence internationale ne peut qu'être repoussée. Pendant ce temps, le syriens souffrent.

En Tunisie, le réveil des extrémistes islamistes, les djihadistes salafistes, a pris de court le pouvoir en place, pourtant dirigé par d'autres islamistes, censés être plus modérés. Un premier mort dans une manifestation impromptue dans un quartier sensible de Tunis. Un retour à des tensions violentes accompagné du désespoir de révolutionnaires convaincus qui voient leur printemps arabe se déliter sous leurs yeux. Chaque fois que l'un d'entre eux vient à Paris, il raconte la même histoire, les mêmes problèmes et la même absence de solution à court terme. Le peuple tunisien souffre toujours de la pauvreté, et la saison touristique semble encore une fois bien mal partie. En tuant la possibilité de cette ressource traditionnelle, les tensions se rassemblent et les défenseurs du grand soir espèrent en profiter. Ca risque de marcher plus qu'en France. Pendant ce temps, les Femen nous font rigoler ici alors que la jeune tunisienne qui s'en réclame vient d'être finalement arrêtée. Un gage ? Un alibi ? Une bouc émissaire ?

En Algérie, les tensions montent à un an de l'élection présidentielle, avec le retour officiel de la censure dès qu'un sujet le mérite. La santé du président Boutef est un sujet tabou. Deux journaux viennent de le réaliser en pleine figure. Cela promet, pendant cette année électorale. Le modèle algérien est fragile car il tient sur quelques individus et un consensus mou. Quelques attentats ou quelques manifestations de pauvres et les réactions de l'armée sont prévisibles.

La Lybie recommence également à s'agiter. Depuis deux ans, les attentats n'ont jamais cessé, mais il semble que les autorités n'arrivent pas (encore ?) à organiser le pays. Le récent attentat contre l'hôpital de Benghazi, symbole de la victoire contre l'ex-dictateur, en est le plus vibrant exemple.

En Irak, le mois d'avril a été le plus meurtrier depuis cinq ans et le mois de mai s'annonce déjà pour battre ce record. Les batailles entre les deux groupes religieux s'étendent maintenant à l'ensemble du pays. Sauf chez les kurdes qui se regroupent petit à petit dans leur partie du territoire, accélérant ainsi la résolution de leur conflit avec la Turquie... provisoirement.

En Afghanistan, la vague printanière annuelle d'attentats et d'attaques a repris. Mais c'est à partir du Parlement que les signes d'un retour à l'ère des talibans sont les plus forts. Ainsi ce vote avorté pour garantir les droits des femmes, car une majorité l'a jugé contraire à la charia. Violences habituelles. Tous attendent 2014 et le départ des troupes américaines et de l'OTAN. Comme si une décision d'un Parlement pouvait tenir contre des militaires décidés...

En France, heureusement, tout va bien. Attention toutefois à ne pas tomber dans votre piscine vide, car il pleut et les sols sont glissants.


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