vendredi 14 mars 2014

Elections = Cirque ? Attention aux cadenas

Paris est une ville mythique mais la bataille pour en devenir maire n'excite pas les foules.

Aujourd'hui, nous sommes entre deux cirques. Hier Anne Hidalgo était au Cirque d'hiver, et ce soir c'est NKM. Ensuite les clowns ne reprennent pas leurs droits puisque la saison d'hiver est terminée au cirque et reprendra en octobre. Sinon, on ne dirait pas cirque d'hiver...  On espère que les odeurs des animaux ont eu le temps de disparaître. Tout ça se passe à pas de loups, ou plutôt place Pasdeloup (si,si, c'est le nom de la place devant le cirque d'hiver).

Au-delà des meetings, le mot cirque va bien à une élection. Il y a plein d'artistes, des grands et des petits. Il y a plein de gens qui s'affairent dans les coulisses pour tirer les ficelles (qui montent les trapèzes). Il y a des numéros d'équilibriste, dangereux, rigolos, magiques. A chacun de choisir son registre. L'avantage du cirque, quand même, c'est qu'à chaque spectacle, il faut tenir ses promesses, celles de l'affiche. Quand l'homme canon est annoncé, il doit s'envoler et atterrir là où il faut. Lors d'une élection, les promesses s'envolent bien mais elles atterrissent rarement !

Les catalogues de promesses sont donc bien remplis, y compris de temps en temps par des promesses dans des domaines qui échappent complètement aux domaines où le/la maire de Paris joue un rôle. C'est savoureux et ceux qui font de telles promesses montrent par là-même leur belle ignorance des dossiers, ou les faible compétences de leurs conseillers qu'ils ont choisis, ou simplement leur cynisme politique. Il y a pourtant beaucoup à faire à Paris, pour les parisiens et pour les prochains "grands parisiens" autour de la capitale. Aujourd'hui et ce week-end, les transports en commun sont gratuits à cause de la pollution, essentiellement causée par les véhicules diesel (taxis, camions et particuliers) et leurs particules fines qui s'insinuent dans nos poumons encore plus perfidement que les promesses des politiques.

Ce n'est donc pas le moment d'aller se promener, quoique... En cas de pollution comme celle-ci (vivement un coup de vent), quels sont les modes de transports les plus sains ? Voiture, puis bus, puis métro, puis à pied, puis vélo. Voici le palmarès. Sauf qu'il est dans l'ordre inverse !!! En effet c'est dans les voitures qu'on risque le plus la pollution, surtout quand on roule les vitres fermées !!! Et c'est à vélo que c'est le plus sain. Surprenant, hein ? Allez donc faire un tour.

Et pourquoi ne pas visiter le Pont des Arts, ou d'autres ponts et passerelles métalliques de Paris ? Vous pourrez avec raison vous horrifier devant le nombre de "cadenas d'amour" - lovelocks en anglais international - accrochés par des touristes (étrangers ou non) en signe de leur amour éternel. Si vous aimez ces cadenas rouillés, plein de graffitis, abandonnés là, tant mieux pour vous. Si vous n'avez pas d'opinion, allez les voir et vous en aurez vite une : la mode était peut-être romantique au début (en 2008) mais elle a dépassé toutes les bornes maintenant. Si vous n'aimez pas, donc, chers lecteurs et chères lectrices et chers couples, allez voir ici et signez la pétition en ligne sur change.org.

Il s'agit d'une initiative lancée par deux américaines (dont on avait parlé au lancement) et la pétition a déjà été signée par presque 1000 personnes en quelques jours, sans relais médiatique ou presque. J'aime bien le sigle de "No Love Locks" ;)

Ca pose une question intéressante, au-delà des opinions de chacun, respectables par définition. Que doit faire une ville - et surtout une ville comme Paris symbole du romantisme, de l'amour et des lumières - face à un tel phénomène ? Faut-il laisser faire, comme c'est le cas depuis quelques années, tant que le nombre de cadenas est à peu près sous contrôle et en espérant qu'il n'y aura pas d'accident, tout en changeant régulièrement les rambardes qui s'écroulent ? Faut-il contenter les parisiens qui tiennent à leur patrimoine sans tomber dans une ville-musée ? Faut-il contenter et attirer les touristes en leur faisant croire que les cadenas ainsi posés seront éternels ? Comment agir sans mécontenter certains ?

Ce n'est certainement pas la plus urgente des questions à Paris, même si Paris vit aussi grâce au tourisme et reste la première destination au monde. Mais le fait que la Mairie ait pour le moment décidé de ne pas agir, en attendant les élections et alors que le phénomène a crû hors de tout contrôle en 2013, montre bien qu'il faudrait plus se concentrer sur des équations simples. En ce sens, ce combat, comme celui pour refaire de Paris une ville qui sait vivre la nuit et attirer des fêtards tout en protégeant ses résidents, sont des combats qui devraient doper la créativité parisienne plutôt que nous entraîner dans un immobilisme et un attentisme nuisibles.

Paris a suffisamment de ressources, d'artistes, de créateurs, d'activistes et de simples citoyens militants pour imaginer des solutions qui permettent, dans le cas des cadenas d'amour, de rendre aux ponts et à la Seine leur beauté, d'attirer des amoureux qui veulent y laisser une trace symbolique, de protéger les symboles déposés et de trouver des moyens de les accueillir sans devenir une immense décharge publique. Regardez bien la photo ci-dessous. Elle date de 2010, lorsque les cadenas étaient moins de 2 000 contre au moins 100 000 aujourd'hui... Explications ici ;)


Petits combats évidemment. Mais même dans un cirque, tout dépend du moindre petit détail, sinon le chapiteau s'écroule.

La ville de Paris doit jouer un rôle clé pour libérer et ouvrir ces cadenas d'amour !


17 juillet 1789, déjà...

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