mardi 13 mai 2014

L'Europe de l'Atlantique au Caucase ?

Mais pourquoi donc François est-il en Azerbaïdjan et en Arménie (et en Géorgie en passant) ? Il y a bien sûr les questions commerciales et d'échanges universitaires comme d'habitude. Il y a aussi Aznavour, notre arménien national... vu ici sur le site de l'Elysée avec le président arménien


Mais la raison principale est celle-ci : déclaration du groupe de Minsk (France, Etats-Unis et Russie) le 12 mai 2014, pour les vingt ans du cessez-le-feu entre Azerbaïdjan et Arménie. Au moment où les relations sont fraîches entre ces pays à propos de l'Ukraine voisine (de la Géorgie), François joue une carte d'intermédiaire, de truchement, de catalyseur. N'oubliez pas que Poutine sera en France le 6 juin pour un autre anniversaire, celui du débarquement. Il est de temps en temps défendable de plaider pour l'auto-détermination des peuples, et de temps en temps pas. C'est affaire de goût... et surtout de point de vue.

La situation n'est toujours pas claire, vingt ans après, entre ces deux pays. La déclaration commune entre France et Azerbaïdjan mentionne évidemment ce sujet (pdf). On trouvera ici celle (à venir à cette heure) avec l'Arménie. La trêve qui a été instaurée à l'époque, il y a vingt ans, reste fragile car la situation n'est pas résolue au Sud sur le plateau du Haut-Karabagh (à ne pas confondre avec Kirikou et la Sorcière éponyme). Les richesses pétrolières et minières sont nombreuses dans la région et les endroits où faire passe des pipe-lines peu nombreux. Petite carte géo-pétrolo-politique du coin :


La Géorgie, c'est une autre affaire. De manière encore plus pressante que l'Azerbaïdjan, ce pays souhaite son entrée dans l'UE et dans l'OTAN. La Russie a déjà "annexé" deux régions de ce pays lors de la récente guerre qui s'est terminée en 2008. A l'époque Poutine était moins décomplexé qu'aujourd'hui. S'il avait déjà eu l'attitude qu'il a en Ukraine, le pays aurait été encore plus dépecé ou même annexé. L'équilibre est fragile et la Russie risque de ne pas voir d'un bon oeil tout mouvement de la Géorgie vers l'Occident haï. En tous cas ces différents pays, farouchement indépendants souhaitent le rester et ils craignent une extension du conflit ukrainien dans leur région, un peu plus à l'est mais toujours aux frontières de la Russie. Soit une extension du conflit, soit une extension de la méthode d'auto-détermination qui semble prisé par Poutine en ce moment, comme dans cette petite comptine qu'il chante tous les soirs aux pro-russes de la région :

Je te fournis des armes et des roubles
Tu votes pour ton autonomie
Il nous regarde, paralysé, le pantin national au pouvoir
Nous t'accueillons chez nous
Vous participez à mon grand projet russe
Ils se mordent les doigts, les occidentaux

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