lundi 24 novembre 2014

Florange : un Gandrange passe...

François veut clamer que Florange c'est l'anti-Gandrange. Explications.

Gandrange, Florange et d'autres sites industriels en Lorraine (bientôt Alsace-Lorraine), étaient des hauts lieux de l'aciérie française, avec leurs hauts-fourneaux et tout ce qui va avec, de la minette lorraine aux aciers de toutes formes qui en sortaient. (Minette vient de mine, bande d'ignares). Avec la crise et la concurrence internationale - indienne par exemple d'où le Arcelor-Mittal - les hauts fourneaux sont tous appelés à fermer.

Tout est donc dans le projet pour exploiter ces sites, pour créer de nouvelles activités, y compris industrielles, ou pour les laisser à l'abandon, dans une vraie logique capitalistique et maîtres de forges. Sarkozy avait bien raté son coup sur Gandrange et cela avait pesé sur la prise de conscience des français sur l'incapacité de la droite à traiter ce type de situation à l'avantage de la population. Florange était le prochain sur la liste au moment où François est arrivé au pouvoir et les promesses ont été nombreuses pour revitaliser ce site. Gros débats, promesses largement tenues sauf la principale, ramener à Florange un haut-fourneau.

Les élus s'y sont mis, comme par exemple ce numéro un sur la liste PS aux européennes qui est un ancien syndicaliste du site, ou comme une certaine Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la culture et qui, partie avec Montebourg, est devenue l'une des plus farouches opposantes à son propre parti. Les français adorent se battre contre d'autres français. C'est notre sport national et il est pratiqué partout, surtout dans les réunions internationales au sein même des délégations françaises. Dans le cas d'une région industrielle sinistrée et en pleine reconversion, il est pourtant connu que seule une alliance entre les différents pouvoirs en place peut donner des chances de victoire. Et quand ce n'est pas le comportement culturel dominant, il faut alors disposer justement d'un pouvoir dominant qui "tire" les autres et qui soit capable d'affronter le patronat et la toute-puissante Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie au coeur du MEDEF.

Alors, autant Florange reste un geste fort et symbolique de François qui a promis qu'il viendrait chaque année les voir, comme aujourd'hui, autant la capacité de la France à bouger d'un même pas sur ces dossiers reste encore trop faible. On osera le parallèle avec les allemands par exemple, dont l'industrie lourde reste forte et qui ont encore beaucoup de centrales électriques au charbon. Les discussions pour réduire leur part dans la production allemande d'électricité sont houleuses, naturellement, mais les différents acteurs s'arrangent progressivement entre eux au plus grand bénéfice de chacun. Le système allemand est beaucoup plus décentralisé qu'en France, depuis des siècles. Et pourtant les décisions lourdes y sont plus facilement prises et mises en oeuvre. Où est l'erreur ?

En tous cas François, qui cherche à relancer une dynamique positive et un optimisme bien congelé en ce moment, sait qu'il y a peu de symboles de ce type. Lorsque les élus locaux et régionaux sont perturbés et ne prennent pas le relais, c'est au pouvoir central de mouiller la chemise. Sans faire de promesse. Juste en étant là et en prenant des mesures concrètes, visibles et efficaces. Dans la dynamique actuelle, alors que des broncas sont organisées partout où il passe, il faut un certain courage pour résister. Il pourra compter ce soir les coups qui lui seront tombés dessus.

Reste à agir de manière plus directe. Car la communication ne suffit pas surtout quand elle est déconnectée de la vie réelle et des réels résultats depuis l'année dernière. La commune d'Hayange - il y a beaucoup d'anges en Lorraine - est passée récemment à l'extrême-droite et l'on peut supposer que les batailles inter-collectivités ne vont pas arranger les choses, avec ces élus qui cherchent à protéger leur territoire et les élections professionnelles de branche qui approchent pour les syndicats. Et tous ceux qui croient au coup de baguette magique pour installer des industries lourdes dans un peux où ce n'est pas possible, sauf si c'est autour de nouveaux matériaux et de technologies innovantes. Et un Haut-fourneau ou une mine, ce ne sont résolument pas des nouvelles technologies sur le fond.

Allez, je vais faire des courses et acheter une tarte aux mirabelles (de Lorraine, les seules, les vraies) pour ce soir ! A ne pas confondre avec les entartages à la tarte à la crème...

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