mardi 21 juillet 2015

De la Terre à la Lune

Le 20 juillet 1969, un homme marchait pour la première fois sur la Lune (en vrai). En France, c'était le 21 juillet vers 3 heures du matin si je me souviens bien, tandis qu'aux USA - le pays à l'origine de l'expédition - c'était encore le 20 au soir. 46 ans...

Le scaphandre original est à restaurer...

Ceux qui sont assez vieux se souviennent presque certainement de ce qu'ils faisaient à ce moment précis. Les autres n'ont qu'à regarder Mad Men dans l'une de ses dernières saisons pour avoir une idée de l'excitation de l'instant.

Moi j'étais en vacances dans un beau villag-hotel en Corse et il faisait beau. Les télés du bar et du restaurant étaient allumées exprès et les gens devisaient dans la nuit agréablement fraîche, en buvant des coups évidemment ou même en dansant. Personne n'avait voulu se coucher pour profiter de la beauté de la nuit et du moment attendu avec frémissement. Et puis les images sont arrivées, avec un commentaire lancinant en français sur un commentaire en anglais que les journalistes ne comprenaient pas toujours bien. Il faut dire que le son venait de bien loin et que les images étaient bien fixes et floues.

Le moment qui m'a marqué, moi, c'est ce pas de côté à un moment donné. Imaginez une télé derrière un bar, avec une foule calme et agitée à la fois, puis un pas de recul que vous prenez pour continuer à voir la télé mais en étant sur la terrasse extérieure cette fois, puis un lever de votre regard vers le ciel avec la pleine Lune en vrai dans toute sa splendeur. Deux Lunes pour le prix d'une. Une recherche idiote mais inévitable de l'endroit où ils pouvaient bien être sur ce petit disque blanc lointain. Un étrange décalage réel-virtuel.

A l'époque, le web n'existait pas et ce décalage était absolument inédit. Voir la Lune en vrai, avec deux distances essentiellement différentes - entre celle de la télé et celle de l'astronomie - et savoir qu'on ne pourra pas y aller, c'est un choc. Je crois que c'est l'un des moments qui m'a poussé à devenir un scientifique. Banal évidemment. Mais c'est ce qui m'est arrivé. Aujourd'hui les possibilités de voyages dans l'espace se sont développées, mais rien ne remplace une présence humaine. Elles se font rares en ce moment, devant la baisse des ambitions et des crédits.

Alors chaque 21 juillet (en France) j'y repense. Et je sais que pour Lisa, ce moment avait compté. Aussi.

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