mardi 8 décembre 2015

Un, deux, trois partis ou plus

La France doit donc s'habituer à un jeu à plus que deux partis. Petite revue mathématique des conséquences liées au nombre de partis. 

0 parti
C'est la royauté ou l'empire ou la dictature pure. Un système qui fait encore rêver certains et qui génère des "cours" remplies de courtisans, rarement choisis pour leurs qualités intellectuelles. Un système arbitraire que les Lumières ont démoli, via la Révolution de 1789. Un système très dépendant de la personnalité en place. 

1 parti
Le fameux parti unique qui est l'habillage du précédent en normalisant la cour et en l'organisant en cellules, lignes, colonnes et strates comme un tableur. Ça marche encore dans pas mal de pays où les dictateurs se sont mis à camoufler leur régime en "démocratie" avec des élections à plus de 90%. Ça marche aussi en Chine où l'énergie dépensée pour contrôler le parti et ses membres est perdue pour d'autres tâches. L'alerte rouge pollution à Beijing cette semaine est un bon exemple d'une dérive sans contrôle. Je ne parlerai pas de la Corée du Nord, ce serait trop facile. 

2 partis
Deux blocs en fait. C'était la France avant, droite-gauche, avec des extrêmes peu présentes au final et un centre inexistant (en tous cas au sens indépendant du terme). C'est le cas de beaucoup de démocraties en Europe par exemple. Les USA en sont un bon exemple historique même si les OVNI genre Trump fracturent leur camp originel. Ce système est confortable et rassurant, surtout pour les politiciens, dans une logique d'auto-reproduction à moyen terme. 

3 partis
"Et pour cela préfère l’Impair" disait Verlaine. Trois, c'est un équilibre pour un tabouret à trois pieds mais pas stable dès que votre centre de gravité bouge aux limites du polygone de sustentation. Trois partis, c'est souvent l'alliance inévitable de deux contre un. Alliance fluctuante et renégociée autour de compromis réguliers. En France, si l'on se dirige vers un système à trois blocs (gauche, droite, FN) il y a plusieurs possibilités d'alliances, plusieurs redécoupages possibles et même plusieurs modes de votes à imaginer pour garantir des majorités. Les centristes du type Bayrou rêvent d'un modèle droite-centre-gauche par exemple. Ces trois blocs sont donc un état temporaire, avant recomposition dans un système majoritaire très peu proportionnel. 

4 partis
Pour simplifier, soit deux à droite et deux à gauche, soit avec un centre, ces possibilités amènent à la proportionnelle et à la multiplication des alliances au coup par coup genre IVème République. Dans ce cas, il y a forte probabilité que les partis les plus motivés et les plus organisés soient au cœur de tous les dispositifs. Finalement, cela peut ressembler au modèle à un seul parti dominant. 

Il paraît qu'en démocratie ce sont les électeurs qui décident, en théorie. Ils choisissent en effet, mais uniquement dans le menu qui leur est proposé par les partis et au sein de règles fixées par la Constitution, votée par les partis. L'invocation des Lumières ne doit pas faire oublier que sans la Révolution, les Lumières seraient restées des œuvres littéraires.

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