jeudi 13 octobre 2016

Alfred Dylan ???

Bob Dylan, prix Nobel de littérature 2016, le premier musicien à l'être, pour la poésie de sa musique et donc la littérature de ses paroles.

Bravo. Récompenser ainsi un jeune dynamiteur de la musique américaine de 75 ans est un bel exploit pour les héritiers de l'homme qui a inventé la poudre (ou presque). Une belle reconnaissance pour un artiste qui a accompagné la jeunesse des vieux d'aujourd'hui. Un OVNI tombé d'on ne sait où sur une "icône" comme ils disent. On attend qu'il se retourne dans son lit pour réagir, lui qui n'aime pas les armes.

Dylan n'est pas encore mort, malgré son âge. Il a sorti son dernier album il y a un peu plus de six mois. On attend le suivant, financé avec le million de dollars qu'il va recevoir. C'est une surprise et on imagine tous les journalistes ressortant la nécrologie toute prête, allant sur Wikipédia ou fouillant dans leurs vieux albums. Je vous laisse le plaisir de le (re)découvrir ici par exemple...

Alors, après avoir ouvert le Nobel à la musique et à ses paroles, que sera la prochaine étape ? les oeuvres des hommes politiques, retranscrites plus ou moins bien par des journalistes, comme le papatras qui est tombé cette semaine sur la tête de François ? les notes de pressing et autres post-it laissés en héritage aux Archives nationales par Giscard après la fin de son mandat ? l'humour à travers les chroniques sur les radios ou avec les sketches politiques ? des formes multimédias de la littérature, puisqu'il y a aussi de l'écriture scénaristique ?...

La surprise créée par cette annonce est totale. L'époque des "crazy speculations" est loin. Il y a pourtant un culte "Dylan" chez les scientifiques en Suède... Le favori était Adonis, le grand poète syrien, mais cette année la Syrie n'a pas eu de chance, sans jeu de mots. Le coup de jeune (paradoxal) pour les Nobel est bien calculé, très folk lore (en deux mots). "The great American tradition", comme ils disent ? Une idée contre Trump ? Un message subliminal contre Poutine ? Meuh non, juste un hommage.


La littérature a un son donc, depuis aujourd'hui, au sens planétaire des prix Nobel. Celui de la voix grinçante de Dylan et d'un rythme entêtant, autour de mots combattifs. Et les Nobel peuvent ainsi profiter de l'image de Dylan, plus que l'inverse.

Un commentaire sur Dylan et le Nobel, avant ?

After these possibilities, there is the category of long shots, led by the poet and musician Robert Allen Zimmerman, aka Bob Dylan. Daniel Karlin, Dylan maven and professor of English literature at the U.K.’s University of Bristol, told the Forward, “I have less faith than I did when I was younger that the Nobel Committee would have the gumption to [award Dylan the prize]. The Nobel Prize would ‘add’ nothing to Dylan; Dylan’s name would add luster to the prize.” If the unlikely occurred and he received the honor? “[Dylan] would accept it,” Karlin suggested, “and would make some odd, unpredictable, possibly offensive statement about it. I like to think that his acceptance speech would consist of a performance of ‘Long and Wasted Years’ from ‘Tempest.’”

Yet the eminent aficionado Christopher Ricks, literary critic and author of “Dylan’s Visions of Sin,” is not holding his breath. Dylan’s “art is that of tripled media, compounded: voice, music, words,” Ricks cautioned, adding, “Literature is probably best thought of — most of the time — as the art of a single medium, language… And the prize for literature may be best left to literature, I think, not to arts that have words as one among several media… A price is paid for these crossings over, and the price is probably not worth paying when Dylan’s name and fame — and achievement — are such as to make his art stand in need of no such recognition.”

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