dimanche 19 juin 2016

Du temps de cerveau pour... Une nouvelle du Roi de l'Univers

Le Roi de l'Univers, Jules de son nom, s'était réveillé de méchante humeur. Il avait été surpris au petit matin par le ronflement d'une de ses femmes et il ne supportait pas ça. Elles savaient pourtant toutes qu' il était maniaque et qu'il pouvait devenir méchant en cas de contrariété. Mais on ne pouvait pas tout contrôler, n'est-ce pas, quand on était un humain normal, ce qui ne s'appliquait évidemment pas au Roi. Jules avait beau sélectionner ses compagnes, il y avait de temps en temps de petits incidents. 

Jules hésita un  instant entre plusieurs solutions : soit il laissait faire, car après tout, une petite surprise de temps en temps c'était supportable, même agréable quelquefois ; soit il renvoyait cette femme, tant pis pour elle ; soit il luminait un coup pour remédier au problème. Quand il était plus jeune, il luminait tout le temps, c'était tellement simple et excitant. Mais aujourd'hui, alors qu'il approchait du demi-siècle, il hésitait à le faire pour des babioles. Les conséquences pouvaient être imprévisibles.

Il se rappela tout d'un coup la première fois qu'il avait luminé. Cela n'avait pas de nom encore et il n'avait créé ce néologisme que bien plus tard. C'était le jour de ses sept ans. Son frère jumeau, Jérémy, l'embêtait comme d'habitude sous prétexte qu'il était né une minute avant lui. Ses parents étaient émerveillés en permanence par leurs jumeaux, mais ils ne se doutaient de rien. Les deux frères faisaient leurs bêtises en douce et prenaient des airs angéliques dès qu'ils cassaient quelque chose. Cela faisait plusieurs mois que Jules en avait marre. Son frère exagérait vraiment. C'étaient des vrais jumeaux et s'ils se ressemblaient beaucoup, Jules sentait qu'il y avait une différence fondamentale entre eux. De plus en plus souvent Jules, quand il fermait les yeux, voyait une boule de lumière blanche grossir à l'intérieur de ses paupières. Il avait eu un peu peur au début, mais cette lumière était à la fois éblouissante et très douce. Elle le rassurait. D'ailleurs, quand cela lui arrivait, il prenait une expression stupéfaite. "Arrête de faire l'idiot" lui disait son frère chaque fois qu'il était comme cela. C'est comme ça que Jules comprit qu'il était différent de Jérémy, car son frère ne prenait jamais d'expression idiote. C'est aussi comme ça que Jules décida de ne pas lui en parler, ni à ses parents d'ailleurs. C'était devenu son petit secret, il avait l'impression qu'il pouvait parler à cette lumière et qu'elle le protégeait. 

Le jour de leur anniversaire, pour fêter leur entrée dans l'âge de raison, leur mère leur avait offert un jeu électronique à chacun, le même bien sûr pour qu'il n'y ait pas de jaloux. Seulement voilà, au bout d'une heure de jeu intensif, Jérémy avait atteint un bien meilleur niveau que Jules et Jules ne le supporta pas. Pendant que Jérémy ricanait, Jules ferma les yeux. La lumière était là, assez forte aujourd'hui. Il la regarda un instant et pensa "c'est pas juste, je voudrais avoir un meilleur score que lui". Il eut l'impression que la lumière vibra une seconde. Surpris, il ouvrit les yeux. Jérémy était à côté de lui, comme avant, mais il suait à grosses gouttes. Il jouait avec frénésie et de la sueur perlait sur ses joues toutes rouges. De la sueur ou des larmes ? Jules regarda l'écran de son frère. Celui-ci était bloqué sur le niveau qu'il venait de passer facilement. Jérémy était très énervé. Il cria " c'est toujours toi qui gagne, c'est pas juste". Puis il partit en courant se réfugier dans leur chambre.

Jules ne comprit pas sur le moment. Peut-être avait-il mal vu ? Il posa son écran et alla jouer dans le jardin. Sa mère lui dit de faire attention parce qu'il allait bientôt pleuvoir. Jules s'en fichait, comme tous les gamins, mais il dit "oui maman" et sortit quand même. Il avait envie de faire de la balançoire, mais le ciel avait vraiment l'air menaçant. Il eut soudain une idée et regarda le ciel, puis il dit "c'est pas juste, je voudrais qu'il fasse grand soleil". Mais rien ne se passa. Il eut à peine le temps d'arriver au fond du jardin que la pluie se mît à tomber avec violence et il dut rebrousser chemin en courant.

En y repensant, si longtemps après, Jules essaya de se souvenir du moment où il comprit ce qui lui était arrivé ce jour-là. Comme tous les gamins de son âge, il ne se souvint rapidement plus de l'incident de la console de jeux. Son frère non plus, qui recommença à l'embêter comme d'habitude. Jules ne se souvenait plus d'autres incidents de même nature, mais il en avait pourtant existé, car petit à petit il était devenu superstitieux. Lorsque quelque chose ne lui plaisait pas, il avait pris l'habitude de fermer les yeux, de prendre sa mine stupéfaite et de demander à la lumière blanche que ça aille mieux. Et ça allait mieux ! Toujours. C'était devenu naturel chez lui et plus personne ne s'inquiétait de le voir faire sa mine d'idiot de temps en temps. Jules était devenu bon élève. Il avait toujours la meilleure note, y compris devant son frère. C'était facile pour lui, il n'avait qu'à souhaiter avoir la meilleure note pour l'avoir. 

Lors de son entretien annuel avec la psychologue, et parce qu'il était joyeux ce jour-là, Jules lui raconta son petit cérémonial intime. La psychologue l'écouta avec bienveillance et lui expliqua que c'était tout-à-fait normal, qu'on avait tous des petits rituels et que cela nous donnait confiance. C'est pour cela qu'on réussissait. Jules fut impressionné par ces explications, mais il sentait que ce n'était pas suffisant. C'est pourquoi il décida de tenter une expérience objective. Le soir même, en regardant le journal à la télé, il comprit que quelque chose d'important venait de se passer, une déclaration de guerre entre deux pays voisins ou quelque chose comme ça. Ses parents prirent un air soucieux et s'isolèrent pour parler. Ils étaient très inquiets pour la famille de sa mère qui habitait l'un des deux pays. Puis ils revinrent à table. Jules leur demanda si tout allait bien et ils se lancèrent dans des explications brumeuses pour dire que c'étaient des affaires de grands mais que oui, c'était grave. Alors Jules ferma les yeux et demanda à la lumière blanche de faire qu'il n'y ait pas de guerre. Quand il rouvrit les yeux, ses parents se souriaient. Ils étaient parfaitement détendus et Jules fut un peu surpris. Il leur demanda si tout allait bien et ils répondirent que oui évidemment, pourquoi cette question mon chéri ?

Le lendemain dans le journal, personne ne parlait d'une guerre ni même de ces deux pays. Jules comprit qu'il avait un pouvoir.

Et Jules commença à en user. Il s'amuse à changer tout ce qui lui passait par la tête. Le grand vase bleu de l'entrée devint rouge sans que personne ne proteste ou même s'en rende compte, ses parents eurent un chien alors que son frère aurait préféré un chat, et la petite voisine se mît à fréquenter assidûment leur maison. Jules était heureux car tout lui souriait. La lumière blanche grandissait sous ses paupières. C'est le jour de leur huitième anniversaire que tout bascula. Ce jour-là Jeremy était en forme et leur petite voisine riait aux éclats quand il faisait des grimaces. Jules rongea son frein une partie de la matinée, puis il décida que cela suffisait. Il ferma les yeux et demanda à la lumière de faire disparaître son frère. Quand il rouvrit les yeux, sa petite voisine le regarda avec un grand sourire. "Tu en fais une drôle de grimace, toi !" Lui dit-elle en riant. Jules regarda autour de lui et rit un air satisfait. Son frère n'était pas là, il avait disparu comme il l'avait demandé. Tant mieux, se dit-il, enfin tranquille ! Il joua le reste de la matinée avec sa voisine, puis sa mère les appela pour le déjeuner. Jules fut étonné de voir qu'il n'y avait que quatre assiettes sur la table. "Tu ne manges pas là ?" demanda-t-il à sa voisine. "Mais si bien sûr, nigaud, tu vois bien qu'il y a une assiette pour moi" lui répondit-elle en s'asseyant. "Et Jérémy ?" demanda Jules. "Jérémy ?", dit sa mère, " c'est qui Jérémy ?"...

Jules sut plus tard qu'il s'était évanoui à ce moment. Le docteur appelé en urgence lui prescrit du repos et lui donna un calmant léger qui le fit dormir plusieurs jours. Quand il se leva, une semaine après, Jules était devenu un autre. Il avait beaucoup réfléchi. Il avait essayé de changer des choses pendant sa convalescence et tout s.etait passé comme il le demandait. C'est à ce moment qu'il inventa le verbe luminer pour décrire son pouvoir. C'est pendant cette période qu'il décida de ne plus luminer avant de comprendre. Il avait tout de suite essayé de faire revenir son frère, mais rien ne s'était passé. En comprenant qu'on ne pouvait pas revenir en arrière, il eut un frisson. D'une certaine manière il venait de tuer son frère. Il ne lumina plus. 

C'est à l'âge de seize ans qu'il eut une explication, en discutant avec son professeur de physique. En tous cas une explication plausible. L'Univers était composé d'un nombre infini d'univers parallèles qui ne divergeaient souvent que par des détails infimes. Son pouvoir lui permettait peut-être de passer d'un univers à l'autre, à chaque fois qu'il demandait quelque chose à la lumière. Les autres univers continuaient leur destin comme ils l'entendaient, mais lui se déplaçait comme il le voulait. Il fut grandement soulagé par cette explication, car cela voulait dire qu'il n'avait pas tué son frère, mais que celui-ci vivait dans un nombre infini d'univers parallèles. Il ne pourrait jamais plus le revoir, mais cela n'empêchait pas Jérémy de vivre ailleurs.

Jules commença alors sa vraie carrière de Roi de l'Univers, puisqu'il lui suffisait de souhaiter quelque chose pour que cela se réalise, en tous cas dans l'Univers où il arrivait, et donc dans tous ceux où il irait ensuite. La lumière blanche derrière ses paupières grandit jusqu'à emplir tout son champ de vision. Jules devint l'homme le plus riche du monde, le plus beau, le plus intelligent, avec le plus possible de femmes toutes plus séduisantes les unes que les autres. Il était adulé de tous et la paix régnait dans son univers. C'est l'une des raisons pour lesquelles il commença à luminer de moins en moins : ses désirs étaient satisfaits et même ses lubies étaient moins intéressantes. L'autre raison ? Elle faisait peur à Jules. De temps en temps, et de plus en plus souvent quand il luminait, apparaissaient de petits points noirs sur la lumière blanche et ses désirs n'étaient pas toujours exaucés comme il le voulait. Comme si le nombre d'Univers possibles se réduisait, comme si le sombre grignotait le lumineux,

C'est pourquoi ce matin-là, devant la femme qui ronflait à côté de lui, il hésita à luminer. Récemment les points noirs avaient commencer à dessiner un motif abstrait sur l'écran blanc de la lumière. Le mouvement s'accélérait. Jules décida de se lever. Sans bruit pour ne pas réveiller celles qui dormaient autour de lui. Il vola jusqu'au balcon. Il avait eu une bonne idée en se dotant plusieurs années auparavant de cette capacité, c'était à la fois utile et agréable. Il arriva sur le balcon au moment précis où le soleil sortait complètement au-dessus de l'eau, là-bas sur la ligne d'horizon. C'était un très beau lever de soleil, sur une mer paradisiaque, mais il trouva qu'il manquait un petit nuage devant pour donner de jolis reflets. Il ferma alors les yeux, regarda la lumière blanche et la forme abstraite qui était dessinée devant par les points noirs. Cela lui donna une idée et il souhaita qu'un joli petit nuage de cette exacte forme apparaisse devant le soleil. Puis il rouvrit les yeux.

Jérémy se tenait devant lui, lui cachant le soleil.  "Enfin", dit Jérémy, "tu y a mis le temps".
- Jérémy ? Dit Jules d'un air surpris
- Arrête de prendre ton air idiot, Jules, c'est fini maintenant. A mon tour.

Et Jérémy ferma les yeux une seconde, puis disparut. Jules s'ébroua. Il avait dû rêver. Le soleil était toujours là, aussi beau qu'avant et sa lumière inondait les sables du désert. Jules fut obligé de fermer les yeux, ébloui. La lumière sous ses paupières prirent une jolie couleur repose orangée. Il se tourna vers sa tente. Il était tôt encore mais il devait aller chercher l'eau au puits avant que son grand frère se réveille. Lui et ses brutes de gardes n'aimait pas qu'il traîne. Jules ne voulait pas être battu. Il ramassa ses seaux et partit. La vie était belle pourtant, même s'il aurait préféré ne pas avoir de frère...

samedi 18 juin 2016

Mille cinq cents billets de zéro euro

Cette semaine, j’ai publié ici mon mille cinq centième billet quotidien. Petite revue de détail, tous les cent billets, en laissant de côté le numéro 1 puisqu’il n’y a pas eu de numéro zéro, si vous me suivez. Evidemment, en sautant comme cela de centaine en centaine, il n’y a que quinze billets affichés, un peu au hasard, sauf celui du numéro mille ;- qui avait été pensé pour cela. Une vue forcément partielle de ce blog, mais finalement une manière de comprendre les sujets qui y sont abordés. Et de vous donner envie, peut-être, de taper au hasard une date et de voir ce qui est paru ce jour-là, en traitant à part les dimanches et en n’oubliant jamais que ce blog ne comporte aucune pub.

13 août 2012
Numéro 100 : C’est un dimanche et je publiais alors un feuilleton dans le cadre du « Temps de cerveau ». Ce jour-là, le troisième épisode d’Aujourd'hui. J’ai retiré le feuilleton en ligne pour le publier chez un « vrai » éditeur. Si ça vous intéresse, dites-moi. J’ai plusieurs feuilletons disponibles et une centaine de nouvelles écrites... A bon entendeur éditeur salut !

21 novembre 2012
Numéro 200 : Un petit tour du monde et des politiques internationales, notamment en Asie, car je parle souvent d’international ici, et un peu plus souvent des Afriques.

1er mars 2013
Numéro 300 : Politique intérieure en France avec le numérique et le développement, mais aussi cette phrase : "Sinon, le gouvernement continuera à parler, parler, parler »... Déjà ??? Et même pas un an de gouvernement. L’enthousiasme initial a vite baissé, dites-moi !

9 juin 2013
Numéro 400 :  C’est un dimanche, cette fois pour un billet scientifique autour des cicadas et autres cigales. Très appétissant pour le déjeuner du dimanche. Entre billets documentés et nouvelles, les dimanches se suivent et ne se ressemblent jamais.

17 septembre 2013
Numéro 500 :  Entre dette abyssale de la France qui remonte plus vite qu’elle ne baisse et remise à flots du Concordia, il y a un parallèle évident comme disait Raymond Devos avec son « Le flux et le reflux ça me fait marée ».

26 décembre 2013
Numéro 600 :  Lendemain de Noël où la courbe du chômage non seulement ne s’inverse pas, mais continue à monter, avec une petite leçon de statistique à la clé. On a entendu ce discours tellement de fois...

5 avril 2014
Numéro 700 :  Les billets auxquels vous avez échappé, pas très!s joyeux, ni en France ni dans le monde, mais il faisait beau à Paris... Alors, c’est un moyen de se dégager de l’actualité pour vivre, tout simplement.

14 juillet 2014
Numéro 800 :  Un billet de touriste comme il y en a quelques-uns, cette fois à Londres, avec force photos. Logique pour un 14 juillet, non ?

22 octobre 2014
Numéro 900 :  Pose de la première pierre de l’incubateur de Xavier Niel à la Halle Freyssinet, une occasion de parler d’innovation et de TIC (pas tac, mais TIC) comme j’aime le faire régulièrement, en bon geek.

30 janvier 2015
Numéro 1000 :  Célébration en images du nombre mille, sous forme d’exercices de style, puisque Queneau est l’un des Dieux incontestés de ma planète.

10 mai 2015
Numéro 1100 : Un autre dimanche, avec une nouvelle cette fois-ci. De la science-fiction pure et dure, mais un brin poétique et nostalgique.

18 août 2015
Numéro 1200 : Les parapluies de Saint-Raphaël, dans le Var, mis en lumière avec le cinéma. Une forme différente de tourisme culturel.

26 novembre 2015
Numéro 1300 : Thanksgiving, sus aux dindes, avec photos et recette inspirée. Un autre tropisme anglo-saxon de ce blog, assumé lui aussi comme les autres.

5 mars 2016
Numéro 1400 : La beauté pure de l’art sous toutes ses formes, ici avec des billes et un ballet fantastique. L’Art est indispensable, comme la beauté. Les deux ensemble, quand ils se rejoignent, me fascinent.

13 juin 2016
Numéro 1500 :  Lundi dernier avec ce coup de gueule contre tous les racismes, anti homo ou autres, puisque la connerie n’a pas d’autre limite qu’elle-même et c’est une loi récursive jusqu’à l’infini.

vendredi 17 juin 2016

Jo Cox, une mort qui doit servir à nous rebeller

Il y a des assassinats tout le temps, ici et ailleurs, pour toutes sortes de raisons. Certains assassinats individuels portent plus de sens que d'autres. L'assassinat de Jo Cox députée anglaise, militante de la diversité, de gauche et du "In" au Brexit est plus qu'un assassinat. Trois balles et sept coups de couteau, dit le Sun, c'est bien plus qu'un meurtre de passage. C'est une obstination meurtrière contre un symbole.

Jo Cox était inconnue de tous, en tous cas en France, simple étoile montante d'un parti travailliste un peu à la dérive, militante des droits de l'Homme et de l'humanitaire. C'est le premier assassinat d'un membre du Parlement en Angleterre depuis 26 ans, à la grande époque de l'IRA irlandaise. Les médias anglais sont outrés mais ne savent pas sur quel pied danser, en pleine dernière ligne droite du référendum sur le Brexit, dont la campagne a été suspendue (quelques heures) :

The Financial Times se focalise sur le nécessaire changement de ton dans les débats politiques au Royaume-Uni, devenu trop haineux à l'occasion du Brexit mais aussi de l'immigration et d'autres questions clivantes.  The Guardian oppose la compassion de la députée tuée à la bêtise des débats politiques britanniques. The Sun, qui n'en rate pas une dans le populisme se focalise sur les personnes et leurs histoires, mais adopte un ton mesuré, on dirait cette fois, malgré sa prise de position pour le "Out". The Mirror s'engage aussi, de manière surprenante, avec ces phrases par exemple : "Please vote. Please read the news. Please care what happens to us and not just to you. The world is full of decent and good people doing their best, and now that we're one down we all need to work harder.
We all want our country back - heart and soul."

Photo de la mère de famille, dangereuse militante et députée assassinée

Alors, quand les tensions s'exacerbent au point d'aboutir sur ce type d'acte, on a le droit de dire que ça suffit. Que ceux qui déclenchent les violences en accusant toujours l'autre d'avoir commencé se regardent un peu dans leur glace, le matin en se rasant par exemple. La violence est une foule incontrôlable. Il suffit d'une étincelle pour mettre le feu à une forêt sèche, il suffit d'un con dans une foule pour mettre la panique, alors qu'une personne intelligente dans une meute de cons ne pourra rien. C'est comme ça. C'est comme ça ? Et si cela pouvait être autrement ? Avec notre action ? Votre action ?

Think !

jeudi 16 juin 2016

Révolution en Chine : culturelle ou business ?

Il y a des petites et des grandes révolutions.

Disney vient d'ouvrir un de ses parcs à thème à Shanghai en Chine. Visite guidée ici, en mandarin ou en anglais, je vous conseille en chinois, c'est plus fun.


C'est le premier parc Disney en Chine, dans un marché en pleine expansion, avec au moins 300 millions de chinois (et moi et moi et moi) "aisés" de la bourgeoise classe intermédiaire, qui sont solvables pour ce type d'activités. Il y a déjà pléthore de parcs à thème dans la région et le grand groupe chinois Wanda prend du poids sur ce marché où il ne voit pas d'un bon oeil l'arrivée de l'impérialiste américain : objectif avaler Disney en Chine (et pourquoi pas au plan mondial un jour ?).

De gauche à droite : Wanda, Disney, Les cultures des autres pays du monde

Le marché chinois est immense, même quand il baisse et que la population réclame plus de pain (et de jeux). 33 milliards de Yuan et 100 000 personnes pour construire le parc  quand même... Pour fêter son apparition officielle, Disney a donné la première représentation dans le parc du Roi Lion, une comédie musicale (super) qui n'avait jamais été jouée en Chine, allez savoir pourquoi... Pourtant il n'y a pas de poisson dedans ??? Ah mais, ils n'y a pas de roi non plus...

En écoutant ce matin une universitaire chinoise venue présenter la grande activité de la Chine dans le domaine des MOOCs et de la formation à distance "de masse", j'ai découvert une nouvelle expression : l'espoir réside dans les technologies (chinoises évidemment) et après le iCloud (qu'on croyait être la propriété d'Apple), attendez vous à avoir le iRain, car avec les nuages vient la pluie (si, si, je vous assure, elle a dit ça). Sauf que la pluie chinoise, c'est une mousson violente et longue, pas une bruine parisienne (quoique). Déferlement attendu de cours chinois, en chinois et dans toutes les langues.

Autre temps autres moeurs, on célèbre cette année les 50 ans de la grande révolution culturelle prolétarienne, en 1966 en Chine, conduite par Mao et ses gardes rouges. Il y a du retournement dans les tombes en voyant Disney remplacer les bouddhas... Images nostalgiques

Témoignage historique rare en 1966 dans Paris-Match

Quelques gardes rouges

Beaucoup plus de gardes rouges en 1966




Shanghai dans les années avant Mao

Shanghai, aujourd'hui