vendredi 8 juillet 2016

Germania Kaputt 2-0

Ce titre n'est pas de moi mais d'un journal. Je vous ai mis plein de Unes en-dessous. Petit jeu, trouvez le journal qui a ce titre (indice : c'est dans un pays récemment battu par l'Allemagne)...

On est, on est, on est en finale... Popopopo... Chou. On notera avec grand plaisir la reprise par l'équipe de France et son public du Ahou islandais (le clapping en bon français). Un hommage profond et aussi une manière de respect pour l'Islande, même si ce cri pulsé a été inventé par les écossais (absents de cet Euro) dans le club de Motherwell, à cause justement de leurs ancêtres vikings, pour imiter le bruit des rames qui frappent la mer. Dans un stade ou chez les supporters, les chants sont à la fois souvent les mêmes et souvent très différents. Les supporters irlandais ont même reçu une médaille de la Ville de Paris pour leur fair-play et l'ambiance qu'ils ont mis. Ils ont leurs chants à eux - seuls - mais ils reprennent aussi les chants et autres gestuelles devenus universels sur la planète foot (ou en tous cas l'Europe du foot). Quand on est dans un stade, c'est fascinant de participer à ces chants et en même temps de les écouter venus du virage d'en face avec des sons (ou des paroles quand il y en a) différents. Gageons que le Ahou islandais se reproduira souvent maintenant. Du vol ? Non, de la circulation d'un enthousiasme populaire qui chauffe le coeur, vide le cerveau et fait mal aux mains.



Le match d'hier n'était qu'une demi-finale, mais battre l'Allemagne est une sorte de catharsis pour la France du foot. C'est plus qu'une finale gagnée dans la tête de beaucoup. Il reste quand même la finale et d'autres Unes de journaux à afficher lundi si la France gagne. On a vu jeudi soir François bousculer de joie le président de la Fédération. Une première. Plutôt sympa ! Un vrai geste de supporter qui ne pense à rien d'autre, même si pépé Le Graet doit bien avoir dans les 90 ans...

Voici donc les Unes, en majorité françaises, mais pas que. La dernière est intéressante à regarder dans la perspective de dimanche. J'aime regarder ces Unes qui tournent autour d'un même thème car elles montrent à la fois des images et des titres intéressants à comparer, dans leur contenu, leur mise en page et leur taille. Dans la marge de droite de ce blog, en bas, il y a une liste de telles "PAGES" qui sont pour la plupart consacrées à des Unes lors de grands événements. A savourer, comme une mémoire de l'éphémère.




Avant-Après


The Guardian

jeudi 7 juillet 2016

Dure journée en attendant le soir

Que faire ?

A Paris il fait très beau et c'est difficile de rester concentré sur son travail, quel qu'il soit. Même le chauffeur du bus ce matin avait l'air rêveur, du bleu dans les yeux. Pour tous ceux qui attendent (tous genres confondus) la demi-finale de ce soir, la journée sera longue. Que faire donc ?

Pour ceux qui ne savent pas qu'il s'agit de foot, de l'Euro2016 ou de France-Allemagne, la cause est désespérée. Je vous conseille donc de vivre normalement dans votre bulle. Il n'y a pas de problème particulier à prévoir sauf si vous habitez à Marseille ou près d'une fan zone. Vous pouvez vous consoler en lisant le Canard enchaîné d'hier qui inclut un fac similé de son numéro 1 d'il y a cent ans. J'en avais déjà parlé lors de la première célébration de leur centenaire ou ici. Pour ceux qui n'aiment ni le foot ni la presse (même celle qui ne parle pas de foot), la cause est perdue. Prenez un bon bouquin ou regarder une connerie à la télé, à vous de voir ce qui est le plus important pour vous. Variante : discutez avec d'autres être humains.


On peut passer sa journée à lire des articles sur le foot si on est vraiment sévèrement atteint. Je vous conseille les dessins humoristiques comme ceux sur ce blog ou celui-là, histoire de prendre un peu de recul et de recontextualiser le foot, ou pourquoi pas même le déconstruire, comme ici (attachez-vous)


On peut célébrer Rocard, soit au Temple, soit aux Invalides soit au PS suivant sa tendance politico-religieuse, entre le protestantisme chrétien, l'Etat refusant de voir les protestations et le PS plein de protestataires se reconnaissant plus ou moins dans l'héritage d'un penseur. C'est sa journée, planifiée par lui, comme tout grand homme qui pense aussi à son avenir posthume.

On peut se morfondre un jour de plus, car la saison 6 de Game of Thrones est terminée et, patatras, les producteurs viennent d'annoncer que la saison 7 sera diffusée plus tard que prévu (quelques mois ?) car l'Hiver est venu et donc pour le tournage en plein été c'est plutôt râpé. Les producteurs doivent donc attendre le mauvais temps. Attendre, toujours attendre... Quelle catastrône ! Reste à revisionner toutes les saisons en attendant celle de l'Hiver. Jamais le mot saison n'aura pris autant de sens !

On peut enfin aller à la Japan Expo, avec des hordes de jeunes fascinés par l'univers moderne du jeu, du manga, du cosplay et de tout ce qui fait la culture actuelle en ligne, malgré les articles de vieux qui n'y comprennent rien. Le mot Japan n'est pas le plus important dans cette expo du loisir moderne et culturel de la génération actuelle Y ou Z ou même A. On y parlera peu foot et les écrans gigantesquissimes diffuseront autre chose que les sourires crispés ou détendus de Ronaldo (enfin je suppose...)

C'est pour changer des habituelles jeunes filles en jupe courte, comme dirait Shakespeare 
dans Macbeth (traduction libre)

mardi 5 juillet 2016

Carpe Diem

5 Juillet.

Autre temps, autre temps. L'année dernière, à cette même date, je publiais ce billet. C'était un dimanche - deux jours d'écart car nous sommes dans une année bissextile - donc un temps de cerveau disponible pour...

Ce que je retiens de ce billet, un an après, c'est l'espoir. J'y écrivais ainsi "il faut toujours garder espoir et se battre et profiter des moments quand ils se présentent. Dans la confiance, l’amour et la volonté de vivre."

On peut perdre des combats. Mais à part le dernier, pour chacun d'entre nous, la vie est là et se développe. Cette vie qu'il faut chérir pour ce qu'elle est, un moment fabuleux pour chercher, vivre et répandre le bonheur en soi et autour de soi. Pour les gens qu'on aime, maintenant, en pensant aux jours et aux nombreuses années à venir et sans oublier la mémoire ce celles et ceux qui ont disparu de la réalité physique.

Pas besoin de savoir philosopher pour ressentir ce qu'un être humain ressent, à partir du moment où l'on a compris la place de la vie dans la vie et de l'amour dans l'amour, à moins que cela ne soit le contraire. Tout a été dit depuis des millénaires sur la mort des êtres chers et sur la manière de vivre après. Mais on se fout de ce qui a été dit ou écrit, puisque c'est dans son coeur et dans son âme que l'on fait ses choix. J'ai fait mes choix, je les assume, un an après et même avant. Car je sais, je sens, au fond de moi, qu'ils sont vrais et sincères, beaux et respectueux, vitaux et souriants, pleins de larmes de bonheur et de mémoire. Personne ne réagit pareil dans la vie, malgré les typologies que les journaux et les spécialistes essayent de nous vendre. Mais on peut essayer de comprendre les réactions des autres, par empathie ou simple respect. De les accepter.

La mémoire est un monde bizarre dans lequel se mélangent des rythmes très divers, des zones de clarté et d'ombre, des fulgurances sorties de nulle part et des douceurs ambiantes. La mémoire est aussi quelque chose qu'on construit en permanence, pas comme un palais de mémoire de la Renaissance ou comme un château qui recouvre les ruines des châteaux précédents en les cachant. Chaque seconde apporte sa mémoire. Chaque minute la sublime. Chaque heure l'assimile. Chaque jour lui permet de s'habituer aux autres mémoires. Chaque mois l'adoucit et l'intègre. Chaque année l'arrose avec l'eau de la vie.

Et la mémoire n'est rien sans la vie de ces secondes, de ces minutes, de ces heures, de ces jours, de ces mois et de ces années. La mémoire sans la Vie est un piège douloureux et infécond. Car c'est la vie qui compte, c'est la vie qui sublime la mémoire pour la transformer et la mettre au service du bonheur. Et de l'amour.  Alors oui, la mémoire est fondamentale. Elle l'est d'autant plus qu'on sait la dépasser et l'intégrer dans la Vie elle-même.

J'aime. Je suis aimé.

Demain, 6 juillet, je ne bloguerai qu'un mot.
Pourquoi plus ? Pourquoi un hommage devrait-il être plus long qu'un mot ?

En attendant, Carpe Diem !