jeudi 9 mars 2017

L'angoisse du blogueur devant l'absence de sujet/penalty, vive l'éphéméride !

Nous ne parlerons pas de foot aujourd'hui. Jour de deuil national et pas seulement parisien pour la mort du PSG, assassiné par Barcelone. Une remontada historique, inédite, affreuse et cryptée.

Nous ne parlerons pas de politique non plus, puisque vendredi sera un jour chargé, avec la tribune politique de soutien à Macron par l'aile "droite" du PS, et que de l'autre côté, l'UDI a préféré signer des accords avec Fillon en vue des législatives pour sauver ses notables locaux.

Nous ne parlerons pas de Johnny qui vient de confirmer officiellement son cancer du poumon, pas grave. Johnnyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy !!!

Nous ne parlerons pas de femmes, puisque la journée est officiellement terminée, quoique le film d'hier soir sur Arte ait été remarquable et très percutant sur le mouvement "Equal Pay" en Angleterre à la fin des années 60.

Nous ne parlerons pas non plus des hommes d'ailleurs, puisqu'il n'y a rien de particulier à en dire.

Nous ne parlerons pas des technologies piratées par la CIA (avec encore moins de règles que la NSA) puisque la plupart de nous en ont des exemplaires dans leur poche ou chez eux, malgré le fait que Trump critique maintenant Wikileaks qui a révélé ces piratages alors qu'il s'en félicitait lorsque c'était dirigé contre Clinton.

Nous ne parlerons pas des médias ou de l'internet, malgré le fait que sans eux, aucun des sujets précédents ne pourrait être partagé. Le monde rétréci sur lui-même avait des avantages puisqu'on n'était pas perturbé par ce qui se passait ailleurs. Certains veulent y revenir, une connerie.

De quoi parler alors ?

De l'anniversaire de Barbie, aujourd'hui !!! C'est en 1959 qu'est sortie la première poupée Barbie, sans Ken à l'époque. Une poupée américaine, copiée sur Lilli, la première poupée mannequin qui était allemande et elle-même inspirée d'une BD classique (Lili en français). Des milliers de modèles.



Et pour vous prouver que ce blog est fascinant et doté de toutes les qualités, je vous mets en plus une blague débile, macho et conn(u)e :

« Un homme va acheter un jouet à sa fille et demande à la vendeuse: 
- Combien coûte la Barbie de votre vitrine?

La vendeuse lui répond:
- Laquelle? Nous avons:
Barbie au fitness pour 19,95 euros, 
Barbie joue au volley Ball, pour 19,95 euros,
Barbie fait des courses, pour 19,95 euros, 
Barbie va au travail, pour 19,95 euros, 
Barbie va danser, pour 19,95 euros,
Barbie divorcée, pour 265,95 euros.

Tout étonné, l'homme demande:
- Pourquoi la Barbie divorcée vaut-elle 265,95 euros alors que toutes les autres ne valent que 19,95 euros pièce? 

La vendeuse :
- Monsieur, la Barbie divorcée est vendue avec:
La voiture de Ken, 
La maison de Ken, 
Le bateau de Ken, 
Les meubles de Ken, 
L'ordinateur de Ken, 
Et un ami de Ken »

mercredi 8 mars 2017

Le 8 mars, journée de la Chimère

Non, je rigole. Le 8 mars c'est la journée mondiale des droits des femmes. Une journée militante cette année (effet Trump oblige) avec une grève dans plus de cinquante pays (dont la France, à 15h42). Une politisation bienvenue, malgré les nombreuses remarques sexistes qui surnagent dans l'océan d'indifférence des politiques, justement. Une journée où la moindre blague peut être interprétée de travers ou dans l'autre sens. Je n'en ferai donc pas (Haha).

Mais je reviens sur cette déclaration de Benoit Hamon, en prélude à cette journée, appelant Emmanuel Macron "le candidat chimère: lion devant, dragon derrière, chèvre au milieu".

Le combat pour les droits des femmes n'est pas une chimère, même si c'est un peu le rocher de Sysiphe...

Chimère a plein d'homonymes, certains plus agréables que d'autres. Je ne vous dirai pas ma chimère préférée, elle se reconnaîtra, je l'embrasse. Il y a de belles chimères et d'affreuses, évidemment.

Hamon faisait référence évidemment à La Chimère de la mythologie grecque, et plus spécifiquement à celle décrite pour la première fois par Homère. Cette Chimère originelle est généralement considérée comme étant de sexe féminin, et de multiples interprétations contradictoires du mythe en ont été tirées. En tous cas, courir derrière une chimère est délicat, surtout si elle est en marche (Haha).


La symbolique de la chimère désigne toutes les créatures composites possédant les attributs de plusieurs animaux ainsi que les rêves ou les fantasmes et les utopies impossibles. On suppose que c'est sur ce dernier point que Macron est attaqué. N'est pas Thomas More qui veut. Le veut-il d'ailleurs ? "Une chimère, est une idée irrationnelle produite par l'imagination, un fantasme irréalisable. Ce terme de chimère peut être trouvé dans différentes œuvres littéraires, notamment parmi les œuvres poétiques, et est le sens utilisé dans Les Chimères de Nerval", comme dit Wikipédia.

Evidemment, lorsqu'un symbole peut être interprété de manière négative, il est souvent associé à la femme. La mythologie grecque connait peu d'exception à cette règle. Associer aujourd'hui la Chimère à Macron, c'est insister sur plusieurs points importants :
- Hamon attaque Macron, le plus à gauche des candidats de droite et inversement, et essaye de faire appel à l'imaginaire. Battre l'idée par l'idée. Un point qui a du mérite, mais qui ne touche que quelques personnes abstraites.
- Hamon prouve sa culture importante (il sait lire Wikipédia) mais ne développe pas plus loin la symbolique des animaux : une tête de lion rugissant et dominateur ? Une traîne longue et incandescente ? Un corps sympathique et nourricier ?
- Hamon insiste sur l'incohérence de Macron, objet hétéroclite (et non homoclite), mais pas sur l'utopie de son projet. Il se revendique comme une anti-chimère. C'est un acte manqué puisque c'est lui, Hamon, qui est accusé en permanence d'un projet utopique, non réalisable et pas fait pour gouverner en mai.

A quelle créature mythologique comparer alors les autres hommes politiques ? Petit exercice naïf et inutile, donc essentiel :

  • Hamon et Mélenchon ? Charybde et Scylla, indissociables avec peu d'espace pour se faufiler entre eux, à moins qu'on ne parle des têtes (à gauche) de l'Hydre de Lerne
  • Fillon ? Le Sphinx (et Juppé dans le rôle d'Oedipe) avec beaucoup d'énigmes non résolues
  • Le Pen ? Cerbère, sans espoir de retour après les enfers, évidemment.

mardi 7 mars 2017

Vitry-le-Fillon

Fillon a donc réussi son coup de parti et son coup de militants.

Son coup de militants, en se montrant entouré de fidèles accrochés à lui comme la vérole sur le bas-clergé, au Trocadéro mais aussi à chaque meeting. Rappelons, que comme les autres candidats, les images diffusées pour ces meetings sont toutes sous le contrôle de son équipe de campagne. Les militants ne font pas le peuple, ni le peuple habituel de droite et du centre-droit, ni le peuple en général, mais ils font du bruit, c'est même leur raison d'être essentielle.

Son coup de parti, en obligeant le "comité politique" à voter pour lui à l'unanimité, malgré les défections définitives ou temporaires, à la droite du centre ou au centre de la droite surtout. L'abandon du vieux Juppé a été déterminante et maintenant la seule question est celle du "ticket" comme on dit aux USA, puisque Fillon va annoncer bientôt ses principaux ministres. La distribution de sucettes approche, restez à l'écoute. Et Sarkozy positionné en vieux sage, vous trouvez ça comment, vous ? C'est dingue. Il doit sourire à pleine dents acérées.

La droite, sauf n-ième épisode de ce feuilleton de chiens broyés par les machinations et les manipulations de toute nature, accompagnées de mensonges distillés avec soin par toutes les parties, choisit donc un candidat moralement déconsidéré, mais le moins mauvais d'entre tous, ce qui en dit long sur l'état de la droite en France. Une sorte de coup d'Etat sans Etat, mené de main de maître, dans une droite gaullienne ou bonapartiste, c'est selon vos préférences. Un grand signe d'autorité en tous cas, même si l'éthique et les devoirs sont passés à la trappe.

Place à une campagne normale ? Hum... Déjà que d'habitude on ne fait pas beaucoup attention aux programmes et qu'on ne croit pas aux promesses de campagne, cette fois-ci, cela va être pire. Quelque part Fillon y est gagnant, lui qui a le programme le plus droitier du paysage actuel, et le plus violent. Place aussi aux manoeuvres pour les législatives qui suivront puisqu'il est vraisemblable que le président élu n'aura pas derrière lui une majorité franche et à sa botte, mais au mieux une mosaïque de tendances avec lesquelles il faudra composer. Le temps des deux grands partis homogènes est passé et personne ne sait s'il reviendra, ou si c'est même souhaitable.

Et pendant ce temps, l'autre François, notre président, continue à se promener. En plus de gérer les affaires courantes, il se concentre sur la lutte contre le Front National. Discours attendu ce soir à Vitry-le-François entre Champagne et Grand Est. A la nouvelle médiathèque Albert Camus, un symbole évident en cette période agitée. Encore un François, me direz-vous ? En l'occurrence il s'agit de François Premier qui avait renommé cette petite ville, moules fois détruites puisqu'elle est au coeur du passage nord-sud est-ouest (en TGV, en diligence quand on s'appelle Louis XVI ou en tank quand on passe par Verdun).


Puisque la moralité est foulée aux pieds par la droite dans cette campagne, au profit des égos, il est bon qu'on parle du fond un peu, à défaut de morale et de "tempérance des tempéraments". Il s'agit d'une campagne en plusieurs temps, comme à chaque fois. Maintenant que Fillon a fait son trou (sauf démenti cinglant de l'actualité), on peut passer à la campagne de premier tour. Ensuite il y aura celle pour le second tour, puis celle des législatives. Pour le premier tour, il s'agit d'éliminer ses adversaires directs et de terminer dans les deux premiers. Rien de moins, rien de plus. Terminer premier est plus sûr, c'est certain, mais deuxième, c'est bien aussi. Il n'y a que la médaille de bronze-chocolat qui est mauvaise.

Donc Fillon va dézinguer Macron (Hollandais parait-il) pour se retrouver pénard face à Marine.
Donc Marine va dézinguer tout le monde comme d'hab pour être certaine de finir première
Donc Macron va dézinguer Marine et Fillon, les représentants d'une droite dogmatique et figée
Donc Hamon va dézinguer tout ce qui est moins à gauche que lui pour espérer arriver en finale
Donc Mélenchon va dézinguer tout le monde sauf lui, ce qu'il sait faire le mieux
Et les autres vont se dézinguer entre eux pour grapiller quelques dixièmes de pourcent.

Super, non ? Vivement le Canard de ce soir et la publication des parrainages par le Conseil Constitutionnel pour voir où on en est (et combien à Juppé ???). Le CC a dû commettre un communiqué hier pour expliquer les règles, c'est touchant... Pour mémoire, la publication officielle des candidatures est le 20 mars, journée de la Francophonie. Aucun rapport, mais puisqu'on parlait de François 1er, autant rappeler ce fait.

PS : Le titre de ce billet n'a rien à voir avec les yeux de François-le-Vitreux

lundi 6 mars 2017

Et pendant ce temps, les travaux continuent

Quittons un peu l'atmosphère délétère de l'affaire Fillon et du bourbier dans lequel s'enferme chaque jour un peu plus la droite (et le centre droit ?). Fillon est sorti encore candidat de la journée de dimanche, même s'il a fait un beau lapsus en direct sur France 2 en disant qu'il ferait des choix, alors que son choix définitif du moment venait d'être annoncé, par lui. Sortira-t-il ce soir dans la même position ? Et demain ? Puisque Juppé annonce sa non-candidature, définitivement, le désarroi est complet à droite : garder Fillon et risquer une défaite mais préserver des législatives correctes ensuite (cohabitation ?), ou alors trouver un(e) remplaçant(e) plus jeune mais avec le même programme.

Vu de loin, quand on n'est pas électeur de droite, c'est quand même une image piteuse de cette "droite la plus bête du monde" qui avait un boulevard devant elle et 100% d'être au pouvoir à l'automne dernier.

Alors, et les autres candidats ? Que font-ils ? Commençons par les deux cibles de la droite, celles à abattre pour se retrouver au second tour.

Marine Le Pen parle peu, puisque comme d'habitude, moins elle parle, plus elle engrange de voix, de ses fans ou des dégoûtés de tous bords. Elle au moins ne se présentera pas chez le juge d'instruction et ne pourra donc pas être mise en examen avant les élections du printemps. Il a fallu un an pour qu'on lève son immunité dans l'affaires des photos d'atrocités de Daesh publiées par elle. Son programme se dévoile petit à petit, mais elle n'en a pas besoin pour le moment. Il lui suffit d'une posture simple pour étoffer son électorat. Le FN est devenu l'obsession, par ailleurs, de François (le président actuel, comme on l'appelle ici) qui ne voudrait certainement pas rester dans l'Histoire comme le président qui a conduit l'extrême-droite au pouvoir en France.

Macron a publié son programme la semaine dernière dans un brouhaha tellement fort qu'il n'a pas été audible. Son programme est étoffé et encore en jachère sur pas mal de points, mais il est posé sur la table (et imprimé à quelques millions d'exemplaires). Il poursuit ses meetings d'un genre différent et parlera des femmes, comme tout le monde, en ce mercredi 8 mars. Samedi soir, il était à Caen. Oui, oui. Comme moi, mais pas du tout pour les mêmes raisons... Je comprends mieux pourquoi les trains Paris-Caen de samedi après-midi étaient bondés.

Hamon ? Euh... On ne sait pas très bien en fait. Il est pour le moment dans le Sud (Corse et Marseille, car il fait un temps de chien à Paris) et il tiendra un grand meeting à Paris le 19 mars, veille du débat télévisé (à cinq ?) sur TF1. Après avoir signé un pacte avec Jadot et rompu tout engagement avec Mélenchon, il essaye maintenant de rassembler au-delà de la gauche de la gauche et des fidèles du PS qui croient en l'avenir de ce parti historique.

Mélenchon continue sa campagne sans sourciller. Il tient toujours le même discours, sans se lasser mais en lassant un peu. Son positionnement est résolument du côté du programme, et il espère donc qu'on va se mettre un peu à parler du fond (et pas du fond vaseux de la rivière de droite).

D'habitude, dans une campagne à ce stade (sept semaines d'intense bonheur), on a bien quelques attaques ad hominem, mais on a aussi des débats sur le fond. On assiste aux débats et on lit les commentaires pour comprendre ou se délecter des batailles homériques sur des oppositions ou des nuances. Cette année, on se délecte à l'envers et jusqu'à l'écoeurement de ces batailles d'égos à droite, comme si on était déjà devant les législatives ou même les sénatoriales.

La France retrouve ses démons, par rapport à l'homme providentiel qui l'a si souvent entraîné sur des routes bourbeuses. Qu'il y ait un besoin évident de renouvellement du "personnel politique" ne suffit pas à traiter cette élection comme si elle était un jeu. On a l'impression que les deux grands partis traditionnels ne veulent ni l'un ni l'autre gagner cette présidentielle. Comme si les législatives suffisaient. Comme si le président était dévalorisé dans son rôle, soit parce que François aurait été un président nul, soit parce que cela sonne la fin de la Vème République et de son rôle institutionnel déterminant.

Qui voudrait d'un président à la Trump en France ? Ca fait froid dans le dos. Autant que l'élection de Marine. C'est pourquoi, il faut s'occuper du fond, une fois balayés les menteurs et les gens malhonnêtes ou qui clament leurs droits en oubliant leurs devoirs. Imaginez un peu un deuxième tout Fillon contre Le Pen... Trouver un job au Canada ?