lundi 10 décembre 2012

Journée internationale des droits de l’Homme

10 décembre, comme chaque année, une petite pensée pour ceux qui n'ont pas ou peu de droits et pour ceux qui les défendent.

La France donne des leçons au monde entier depuis la déclaration de 1789. Elle est pourtant en retard sur certains dossiers, la corruption par exemple. Nous avons un ambassadeur français des droits de l'Homme, François Zimeray, dont on parle rarement. A certains moments ces combats sont mis en avant, à d'autres non. Espérons que cela sera un peu plus le cas, en France ou à l'étranger dans nos relations extérieures.

Les droits de l'Homme recouvrent plusieurs droits. C'est un champ à géométrie variable suivant les points de vue. Pour prendre un exemple parlons juste de l'Homme.

Dans beaucoup de pays, on parle de droits humains ou de droits de la personne pour marquer le caractère asexué de l'Homme avec un H majuscule. Non seulement les féministes, mais un certain nombre d'autres militants se sentent heurtés par le mot Homme pour couvrir l'ensemble de l'espèce humaine. C'est un problème lié évidemment à la langue française dans laquelle le neutre n'existe pas. On dit déjà LE droit (et on dit LA droite), alors pourquoi doubler avec un autre masculin ? La majuscule change tout, parait-il, mais il suffit de regarder les titres des journaux pour voir que cette majuscule est rarement utilisée. Les discussions sur ce point sont sans fin, entre des linguistes grammairiens, des militants d'une cause ou d'une autre, des juristes persuadés d'avoir raison et capables de le démontrer ainsi que le contraire, des citoyens comme vous et moi.

Derrière ces combats de mots, il y a des combats d'idées, comme toujours. Les traditionalistes considèrent que l'Homme est englobant. Ils rappellent aussi qu'en 1789, on disait : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune". Ce qui ne couvrait pas les droits des femmes en totalité. Ils rappellent que l'égalité hommes - femmes date en France de 1946 seulement. Et même si Carla Bruni déclare qu'elle n'est pas féministe mais bourgeoise et qu'il ne sert à rien d'être féministe, il y a là des combats pour beaucoup d'hommes et de femmes.

Le H majuscule a une vocation universelle pour l'être humain, en faisant l'impasse sur la notion de genre, un peu comme le U majuscule dans l'Université au sens large, censée englober toutes les universités du monde, qu'elles soient privées, publiques, laïques ou religieuses, généralistes ou ultra-spécialisées. Ce H majuscule masque mal les divergences au sein de notre société entre tradition et modernisme. A lire sur Libération cet article sur la condamnation par des UMP de la théorie du genre et des "gender studies" toutes droit venues d'Amérique du Nord, par exemple.

A suivre donc le traitement médiatique de ce sujet. Quelle place aura-t-il entre les mauvais résultats du PS aux législatives partielles de ce week-end (des hommes en tête), ou le prix que payera DSK pour transiger avec sa rencontre d'un matin à New-York (un homme en queue).

En attendant, réfléchissons à ce que nous pouvons faire pour ces fameux droits de l'Homme, là où nous sommes. Après on est tranquilles pour une année...

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