mardi 6 août 2013

The Washington Bezost

Une nouvelle insignifiante ce jour.

Jeff Bezos, le patron fondateur d'Amazon vient de racheter, à titre privé, le Washington Post, un des principaux journaux d'influence aux USA.

250 millions de dollars seulement, tant le titre était déficitaire et au bord de la faillite, la famille ne pouvant plus suivre. La presse est un gouffre ans tous les pays du monde. Mais 250 millions de dollars c'est 1% de la fortune estimée de Citizen Bezos et en moyenne les pertes ou les gains journaliers sur les actions Amazon qu'il détient... Une paille.

Il y a toujours eu des tycoons, des grands patrons de presse, portés par de grandes visions ou de grandes ambitions, avouées ou non. Souvent de grands industriels dans le dur, en France des marchands d'armes principalement, ou alors des patrons très politisés et souhaitant défendre leur camp, comme le très républicain/conservateur Murdoch... ou les deux, comme en France, toujours.

Un tycoon venu de l'internet c'est plus rare. Surtout venu du milieu qui tue les éditeurs, les libraires et les journaux papier. Il y a forcément des intentions dans cette aventure :

- une respectabilité nouvelle pour un homme qui est accusé de partout de ne pas aimer le papier qui pourtant l'a fait devenir ce qu'il est, la première librairie au monde.

- une neutralité par rapport au contenu, puisqu'il s'engage, comme Tapie à la Provence, à ne pas intervenir dans le rédactionnel tenu par la même équipe qu'avant. On le(s) croit ?

- un investissement pour tenter des expériences numériques et couplées avec le numérique. On remarquera qu'il n'a pas acheté slate.com (ou slate.fr) qui étaient pourtant propriété du même groupe. Les ambitions numériques sont clairement d'une autre nature.

- un lieu pour faire de la pub pour ses produits, notamment les Kindle, sans évidemment mélanger avec la ligne éditoriale qui a quand même produit le Watergate il y a une quarantaine d'années et qui soutient officiellement Obama.

- un signe de maturité personnelle. Il est plus vieux que d'autres e-patrons et c'est un bon moment pour commencer à se recycler, être admis dans le cercle des milliardaires influents et respectés, et montrer qu'il est un bon américain, même si questions impôts il pourrait faire mieux.

La presse n'est pas morte, elle intéresse encore quelques acheteurs. Je retire le mot "insignifiant" du début de ce billet ;) Quand est-ce que que Xavier Niel achète un journal ? Ah zut, il s'achète un hôtel particulier dans le XVI°... et il est déjà actionnaire du Monde... A chacun ses tycoons.


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