mardi 21 janvier 2014

Montreux, sa plage et son cirque

Ah, la riviera suisse, au bord du lac. Le Léman (ou le Lac de Genève mais pas ici à Montreux), ses bateaux à aube, ses pensionnats de jeunes filles pour riches émirs, ses joailliers, ses banques, ses festivals, (son sommet de la Francophonie que tout le monde a déjà oublié), son palais des congrès, la propreté de ses rues, son mini-golf, son golf, ses hôtels de luxe...

Mercredi c'est le début de la réunion sur la Syrie. Une journée à Montreux. Pas plus, car sinon il faudrait rentrer dans des discussions plus précises dont personne ne veut encore. Pas moins, car sinon il aurait fallu avouer l'échec de la diplomatie internationale. L'ONU est aux commandes et comme dans toutes les réunions de ce type, tout évolue jusqu'au dernier moment.

Il y a eu l'invitation de l'Iran, rétractée hier par l'ONU pour éviter que d'autres participants claquent la porte. Il y a eu le difficile accouchement d'une délégation de l'opposition syrienne qui a fait durer le suspense et qui a peur de se sentir piégée. Il y a eu l'annonce de la candidature d'El Assad pour les prochaines élections (en tous cas comme très probable de son point de vue), alors que plusieurs parties - dont la France - font de sa sortie un préalable à toute solution. Il y a eu les révélations sur des charniers suite à des massacres par le pouvoir en place.

Le décor est en place, les acteurs ont posé leurs bombes réelles et médiatiques.

Que peut-il sortir d'une réunion d'un jour ? Tout et rien, ça dépend et c'est quelque part ça la beauté d'une réunion ONU d'un jour. Ca peut suffire, comme ça peut tout faire empirer - si c'est encore possible en Syrie. Cette réunion de Montreux, avec plein de "partenaires" autour de la table n'est qu'un apéritif où chacun fera jouer ses muscles. La vraie réunion de Genève II commencera vendredi ... à Genève, entre syriens au pouvoir et dans l'opposition : pas tous évidemment. Le fameux CNS n'y participera pas.

Avant un repas, tout le monde sait que c'est l'apéritif qui donne le ton : un amuse-gueule convivial et goûteux aide à dégeler l'atmosphère. (Je dis ça parce qu'hier c'était le premier épisode de la nouvelle saison de Top Chef sur M6). Les vraies discussions ont lieu sur la durée, à des moments clés, vers la fin du repas en général, jamais à l'apéritif. Surtout quand le menu est un plat unique très consistant : la mise en place d'une autorité de transition, dotée de tous les pouvoirs exécutifs, rien que ça. (C'est moins bon que les petits filets de perche du lac, mais c'est une autre histoire, miam).

Espérons que l'ingestion et la digestion ne seront pas trop lourdes.
Il n'y a pas le feu au lac.


Mise à jour : Athènes ?, Athènes ?

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