jeudi 8 mai 2014

Anniversaires du 8 mai

En attendant les cérémonies du 6 juin (70 ans) pour le débarquement en Normandie, avec Poutine (ce qui est normal), c’est aujourd’hui celle de la fin officielle de la deuxième guerre mondiale (69 ans) avec la reddition de l’Allemagne. Fin en Europe en tous cas. Il faudra attendre les bombes américaines et atomiques pour l’Asie.

Les dates de célébration font toujours débat sur les guerres en France, entre le 11 novembre pour la Grande guerre et le 8 mai pour la deuxième. Est-ce que la deuxième a été moins grande que la première ? Est-ce qu’on dit deuxième en pensant qu’il y en aura peut-être une troisième, alors qu’on aurait pu dire seconde guerre mondiale, comme on dit Second Empire, ce qui suppose qu’il n’y aura plus de nabot empereur ?
D’ailleurs le 8 mai 1870, ce second empereur avait été plébiscité encore une fois juste avant de se lancer dans l’aventure prussienne qui a été à la base de trois guerres, en 1870, 1914 et 1939. Vive les empereurs à court terme.

Il ne faut pas tomber dans la magie des anniversaires qui tombent le même jour, par hasard. Voir Wikipedia pour un éphéméride complet chaque jour par exemple. Par contre certaines dates restent symboliques et sont « recyclées » pour d’autres événements. Ainsi, pour clore le sujet de ces empereurs, ils ont abusé du 2 décembre, depuis Austerlitz, pour leurs coups d’Etat. Paris le leur a bien rendu quand la rue du 2 décembre a été rebaptisée rue du 4 septembre, pour remplacer la date d’un coup d’état par la date de création de la III° république...

Au plan international, le 8 mai est le plus reconnu, car la capitulations été signée en deux fois, le 7 à Reims et le 8 à Berlin. On notera qu’il était très tard ce soir-là et que c’était déjà le 9 mai à Moscou. A Moscou donc on célèbre la victoire le 9 mai, qui est la journée de l’Europe dans le reste de l’Europe… C’est clair ? Mais la Grande guerre s’est passée sur notre sol car les allemands ont capitulé avant de se faire envahir et malgré la disparition des derniers poilus, il reste d’autres guerres dont il faut se souvenir. Sarkozy qui se rêvait en empereur faiseur de la France avait étendu le 11 novembre à toutes les guerres. L’idée cachée était évidemment de diminuer puis effacer le 8 mai. Un pont trop loin ?

N’oublions quand même pas le 8 mai 1429 avec la chute d’Orléans, aux mains des anglais, délivrée par Jeanne d’Arc. On n’est plus le premier mai avec le symbole Jeanne approprié par l’extrême droite, mais dans une date réelle et le rétablissement d’une France qui était alors réduite à quelques villes. Pas la fin d’une guerre mais le début d’un renouveau à l’époque où on comptait les guerres en dizaines d’années.

Célébrer, c’est se souvenir et ne pas seulement profiter d’un jour férié ou d’un pont comme cette année. Célébrer c’est en profiter pour réfléchir à ce qu’on va faire de ces souvenirs. Oublier c’est régresser. Mais rester coincé dans le passé, c’est obérer l’avenir.

8 mai. L’Europe a réglé le problème. L’Union européenne a apporté la paix dans la région. C’est demain le jour de l’Europe et dans un peu plus de deux semaines les élections pour le parlement européen et donc son président. Dernière célébration du 8 mai avant un président élu en Europe, même si c’est au suffrage censitaire. Et ce président sera peut-être un allemand ou un luxembourgeois. Les bruits de bottes ont été remplacés par des vrombissements de drones et les points rouges des snipers. Les armées de métier ont été remplacées par des milices et des guérillas, accompagnées du ciel par des frappes « chirurgicales ». Mais la guerre existe encore. Et célébrer la fin d’une guerre est toujours une fête.


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