mercredi 27 juillet 2016

Quelle énergie pour demain dans le ciel, après le tour du monde de Solar Impulse ?

Solar Impulse a bouclé son tour du monde. Enfin. Les données issues de cet exploit sont impressionnantes : treize ans de préparation, deux pilotes seulement qui se sont relayés à chaque étape pour 23 jours de vol effectif (étalés sur deux ans et 17 étapes), la plus longue étape a fait 20% du trajet (8 000 sur les 40 000) et elle date d'il y a un peu plus d'un an, j'en avais parlé ici. 72 mètres d'envergure et des tranches de sommeil de 20 minutes entrecoupées de poses yoga. Un projet suisse, monégasque et financé par Abou Dhabi entre autres, puisqu'on est dans la vitrine de luxe de demain. Une vitrine pour la Suisse comme elle n'en a plus connu depuis sa perte de vitesse historique dans l'horlogerie avec l'arrivée massive de montres connectées non suisses.

Mais au-delà des données, que se passe-t-il dans le domaine de l'énergie pour l'aérien ?

Solar Impulse est avant tout une aventure humaine (les pilotes et leurs équipes) et logistique. Pour la mise au point des batteries et des techniques de vol, Solar Impulse n'est pas le plus important.  C'est un beau symbole, face à une réalité complexe en matière d'énergie électrique : car il faut la capter (par plein de moyens, dans ce cas précis, les moyens solaires), la stocker (dans des batteries de plusieurs sortes, légères et fiables, car le soleil ne brille pas la nuit, je crois savoir) et savoir l'utiliser de manière efficiente (et efficace, sans perte d'énergie ou de chaleur intempestive). C'est aussi un bon moyen pour les sponsors de se faire valoir, même ceux qui sont actuellement les champions des énergies non renouvelables ou de leur utilisation dans la chimie par exemple.

Car les experts sont partagés sur l'exploit technique, alors que personne ne conteste le symbole et l'exploit humain d'un Piccard digne de Star Trek. Même en Suisse, on considère que Solar Impulse (2) a ainsi apporté la preuve que le vol solaire est impossible pour transporter des personnes ou des biens. Les difficultés techniques pour ne transporter qu'une personne montrent qu'on ne pourra pas transformer ces vols en vols commerciaux, tant il faudrait de panneaux et de batteries pour contrebalancer un poids plus important de l'avion. Lorsque Blériot a traversé la Manche, il était seul, pourtant, il y a 107 ans à quelques jours près. Il est clair que les technologies doivent évoluer pour être utiles.

Alors la question est bien celle de l'impulsion donnée au solaire pour des exploitations commerciales. C'est pour moi le vrai sens du mot impulse dans ce projet. Entre les drones solaires et autres usages des technologies "propres" dans le ciel, il y a beaucoup de pistes possibles. Beaucoup de sueur et d'énergie humaine à dépenser aussi. Mais finalement, on a besoin de rêve, non ? Un rêve positif, teinté de science et non de religions qui passent leur temps à s'entretuer ou à se mépriser. Un rêve à long terme qui donne envie aux enfants, un peu comme en 1969 lorsqu'une ou deux générations a voulu devenir scientifique lorsque l'Homme a marché sur la Lune. Un rêve qui fasse aussi taire les politiques qui ne parlent qu'à court terme pour réagir à une actualité forcément négative.

Solar Impulse au-dessus d'Abu Dhabi, son fric, ses mosquées, son pétrole et ses financements bizarres


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