samedi 23 juillet 2016

Qu’est-ce qu’un terroriste ?

Nous savons tous que ce mot est galvaudé.

C’est un mot qui a des significations différentes selon ceux qui l’utilisent et ce depuis qu’il a été inventé. Entre la grande Terreur de 1793-94 et les terroristes de Daesh, on est passé par des terroristes tchétchènes, d’Al-Qaida, irlandais, italiens, allemands ou résistants. Très souvent on est le terroriste de l’autre. Avec les islamistes, il n’y a pas de doute cependant, chacun en est convaincu, sauf à être complice. Objectivité ?

Mais hier, avec ce qui est arrivé à Munich, le mot terrorisme a été utilisé largement, par un peu tout le monde, puisque un acte de violence barbare est devenu synonyme de terrorisme, avant de réfléchir. Les têtes sont remplies de peur, du commerce de la peur comme dit Taubira. Et la peur est devenue synonyme de terreur. Il n’y a plus de « poristes », qui sèment la peur mais des terroristes qui sèment la terreur. Avec un regard malsain le citoyen informé regarde, effrayé et voyeur, content de voir que le boulet est passé à côté cette fois et triste d’une réalité qui s’impose à nous de plus en plus. Ou alors il préfère ne pas regarder. Or à Munich, il s’agit d’un « forcené », d’un homme devenu amok, sans motivation ou revendication (Relisez « Tous à Zanzibar » de John Brunner pour une mise en scène des amoks, déjà en 1968). Un simple produit individuel de la violence quotidienne , une violence de plus en plus fréquente et déguisée sous d’autres noms pour se banaliser : accidents de la route, tabagisme, mondialisation sociale, désespoir des pauvres, crimes passionnels...

Pourtant, en même temps, le vrai terrorisme de Daesh a frappé dans la capitale de l’Afghanistan, Kaboul : 80 morts avec une bombe placée au bord d’une manif pacifique de chiites contre la violence. Et il frappe ailleurs, en Lybie, au Nigéria... Sans beaucoup d’émoi ici en Occident.

Alors, au-delà du refus de ces actes de violence, terroristes ou non, refusons de tomber dans le piège des marchands de peur qui arrosent les semis de terreur plantés par d’autres.

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