lundi 4 juillet 2016

Trois hommes et un cercueil

Trois disparitions ce week-end. Des hommes humains et modèles pour beaucoup, qui n'ont rien à voir les uns avec les autres sauf la concordance du temps de leur mort.

Elie Wiesel
"Oublier les morts serait les tuer une deuxième fois" a écrit celui qui était de facto l'un des plus importants porte-parole de l'Holocauste auquel il avait échappé sans trop savoir comment. La Nuit a frappé les esprits dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale (ou deuxième ?) et pas seulement parce qu'il était écrit en yiddish. Prix Nobel de la Paix il y a déjà trente ans, il représentait une conscience, y compris pour ceux qui ne pouvaient supporter cette conscience du rôle de l'Homme du passé et de l'avenir. Le Pen père ne l'aimait pas, puisque rescapé pour lui d'un détail de l'Histoire, aimant broder et inventer pour le plaisir des mots. Un Homme du monde en tous cas, aimant la France et Paris. Une perte de mémoire, malheureusement, pour la planète. Une perte de conscience ?


Michel Rocard, modèle éthique d'une gauche qui n'a jamais réussi à prendre le pouvoir. On disait au début la deuxième gauche, face aux purs marxistes des années 60-70, puis on a parlé du choc avec la gauche de Mitterand, puis on s'est mis à parler des sujets de société et de politique mondiale, en bon protestant, de l'environnement à la macro-économie. Rocard a marqué beaucoup de politiques d'aujourd'hui, même s'ils pratiquent une autre politique "de gauche". La potentialité était celle d'une société différente, à la Rocard, mais elle n'a jamais existé. Faut-il le regretter ? En tous cas, l'autorité morale de cet homme politique était indéniable. Une preuve ? Le Pen père le détestait pour ses positions sur la guerre d'Algérie... Lire ici le bel hommage de Laurent Joffrin pour Libération.


Fin mai 1968 avec Pierre Mendes-France

Juste après l'élection de Giscard


Yves Bonnefoy
Quand il est mort le poète, nombreux sont ses exégèses, comme ici, dans un langage pas toujours très clair, surtout quand il s'agit d'un tel poète, né au surréalisme et converti à l'Art. A la rigueur, on peut lire Wikipédia. Il a traduit Shakespeare, de poète à poète, par exemple ici (pdf). Mais seules les paroles du poète comptent, pas celles des autres. Alors un poème. Son premier. Le Coeur-espace qui construit un monde surréel au fur et à mesure de sa lecture.






Être ou n'être pas. C'est la question.



PS : Il y avait un match de foot hier soir, parait-il (Oh l'hypocrite). Allez les Bleus... et saluons l'humour anglais

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