mardi 9 juillet 2024

Géométrie politique

Puisque nous sommes en suspens avant de connaître notre prochain gouvernement, si nous révisions notre géométrie politique ? Il y a plusieurs approches possibles, simultanément bien entendu :

Nombre de dimensions : 1, 2, 3, 4 ou plus ?

Combien de blocs à l'Assemblée ? Qu'on les appelle des groupes, des intergroupes, des coalitions ou des machins, la situation est évidemment différente selon les cas.

Le 1 n'est pas envisageable, car il suppose un consensus général ou un coup d'état. Il y a quand même eu dans le passé plusieurs textes votés à l'unanimité ou presque, mais cela ne fonctionne que sur des textes rarissimes. 

Le 2 est le canal historique de la Ve République, mais il n'existe plus vraiment depuis longtemps, même si certains, nostalgiques, aimeraient qu'on y revienne. Même les anglais, adeptes du binaire sont en train de s'en éloigner. 

Le 3 est le nombre le plus souvent cité en ce moment entre gauche, centre et extrême-droite, mais il est fictif et instable. En géométrie un équilibre à 3 est stable (comme un tabouret) mais en politique c'est toujours deux contre un, comme disait Machiavel. 

Le 4 correspond plus à la réalité d'aujourd'hui : une gauche, un centre, une droite et une extrême-droite. Mais là l'équilibre n'est plus stable. Il est métastable. Je n'ai pas dit métastasé.

Le "plus" est vraisemblable si les groupes et les coalitions éclatent. Les Républicains ont déjà explosé, Ensemble le fera bientôt. Jusqu'à combien ?

Directions : à droite, à gauche ou au centre ?

Le centre peut avoir plusieurs définitions : centre de gravité des poids électoraux ; médiane avec la moitié à gauche et la moitié à droite ; moyenne avec le plus "moyen" ; médiocre avec le moins séduisant mais le plus vraisemblable ?

De toute façon, aller vers la droite ou la gauche, pour le centre, est délicat, quelle que soit la définition : aller plus à gauche aller plus à droite, aller des deux côtés à la fois ? C'est un peu le problème classique de l'approfondissement ou de l'extension qui se pose à tous les entrepreneurs pour se développer. Par exemple, à force d'étendre un centre, on ne sait plus où il est, et où est le centre du centre. On voit bien que la notion de bloc central remplace dans les médias petit à petit la notion de majorité présidentielle ou de macronisme.

Demi cercle : comment le couper ?

Quand on regarde notre hémicycle parlementaire et toutes ses représentations graphiques, avec plein de couleurs, on voit beaucoup de scénarios pour le découper, comme un gâteau. Se partager le gâteau est d'ailleurs un des exercices favoris des politiques. Il est toujours intéressant d'ailleurs de regarder les couleurs utilisées, je vous ferai un article là-dessus bientôt. On dirait que pour couper l'hémicycle en tranches, le couteau utilisé n'est pas très bien affûté : les traits ne sont pas nets et il y a des bavures autour des traits de coupe. Pas très mathématique, tout ça. Sans compter les non-inscrits et autres transfuges, qui apparaissent comme des points aberrants. D'ailleurs la répartition des sièges physiques sera intéressante à suivre, pour voir réellement l'imbrication des groupes.


Changer de repère et d'espace : IVe, Ve, Ve ?

Certains disent qu'il faut changer de coordonnées ou de repère. Sommes-nous dans la géométrie classique, celle qu'on apprend à l'école, ou dans une géométrie riemannienne, algébrique, à 11 dimensions quantiques ? La question politique est limitée à 4, 5 ou 6 ? Mais est-ce en changeant d'espace qu'on change les votes ? Hum... 

Tout ou parte : quel programme ?

C'est pareil pour les programmes ou les gouvernements ou les votes : on applique tout le programme, rien que le programme - comme le dit el Che Mélenchon - car il est cohérent, absolu et qu'il ne faut surtout pas en retirer une ligne sinon quelques-uns ne seront pas content et le diront. Ou alors, on constitue des bouts de bric et de broc, comme toujours.

En plus, la question principale est celle des méthodes pour appliquer le programme : votes, décrets, arrêtés, circulaires, ordonnances, motions de confiance, motions de censure, 49-3, dissolution, démission ?

Avoir un programme sans avoir de méthode pour l'appliquer, cela me rappelle quelque chose : imaginez une organisation qui définit un beau programme, ou une belle stratégie, et qui ne s'en occupe plus après en le rangeant sur le haut d'une armoire, tout en continuant à mettre en oeuvre des tactiques qui n'ont rien à voir avec, tout en disant que c'est pareil. Mais qui va vérifier ? C'est de la dystopie, évidemment. Qui peut imaginer une organisation qui ferait ça, hein ?

Et la France ?

Les cartes de France sont nombreuses après les élections, mais il y en a une qui vous intéressera. C'est l'INSEE qui la produit et elle permet partout en France, sur des carreaux de 200 mètres de visualiser plein de statistiques. C'est très instructif et je vous encourage à l'utiliser (pour chez vous ou ailleurs).

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