Bonjour, chers utilisateurs de l'Internet.
Vous avez déjà entendu parler de la neutralité du Net ? J'en parle souvent, comme ici.
Lisez cette page (ça vous fera également un exercice pratique de lecture de l'anglais, mais si vous préférez, c'est en français ici). C'est un sujet qui ne concerne pas que les américains et les anglophones. Nous sommes tous concernés car beaucoup, beaucoup de services et de sites internet passent par les USA, même indirectement, à commencer par les serveurs DNS root. Et ce n'est pas grave si vous ne savez pas ce que c'est, cela a de graves conséquences, rapidement, sur notre usage de ce bien commun que devrait être l'Internet.
Depuis le 8 mai 2017 et encore plus depuis la dissolution de 2024, un blog nouveau style
(du 6 mai 2012 au 7 mai 2017 ? le quinquennat de François Hollande au jour le jour) : International, France, politique, science, francophonie, et même du temps de cerveau disponible de temps en temps pour des nouvelles
Lire le billet du jour
vendredi 11 mai 2018
mercredi 9 mai 2018
Uber-Trump même combat
Deux actualités a priori sans rapport l'une avec l'autre :
D'une part, Trump a déchiré l'accord nucléaire avec l'Iran, unilatéralement, alors que cet accord implique également d'autre puissances comme l'Union européenne (à travers la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne encore européenne à cette heure), la Russie et la Chine. Pour ce faire, il s'est appuyé sur la collaboration déjà ancienne entre Israël et ses factions les plus dures, et le parti Républicain, et sur des données adroitement présentées. En l'occurrence, ce ne sont pas les données qui comptent, mais la manière de les présenter et qui les présente. Il est facile de transformer le positif en négatif, c'est une question de marketing (politique), sans même invoquer les fake news chères à Donald. Il suffit de savoir ce que l'on veut et les faits suivront, surtout quand on n'aime pas les faits comme Trump, en tous cas pas ceux qui vous donnent tort.
D'autre part, Uber vient de se voir pris la main dans le sac à propos des voitures autonomes. Après un accident récent où un voiture autonome Uber a tué un piéton (une piétonne qui traversait la route la nuit à pied avec son vélo à côté), la cause "aurait" été identifiée. Le véhicule et ses capteurs ne sont pas en cause, mais "seulement" le programme qui traite les informations reçues et qui a décidé qu'il ne s'agissait que d'un simple petit obstacle sans danger (ni pour la voiture ni pour l'obstacle). Un faux positif comme disent les spécialistes. C'est-à-dire un cas positif (pas de danger donc pas de manœuvre à effectuer) qui aurait dû être un négatif (Danger !!!) mais qui a été mal calculé. Les coupables sont évidemment les techniciens, ingénieurs, informaticiens et décideurs d'Uber qui ont décidé d'abaisser les seuils de détection, afin de ne pas trop perturber la vitesse du véhicule : s'il détecte plein de risques, le véhicule doit passer son temps à ralentir ou anticiper, ce qui n'est pas confortable pour le client Uber à bord du véhicule. Tant pis pour l'obstacle, en l'occurrence le piéton. La priorité d'Uber c'est le passager et tant pis pour le reste du monde (y compris les chauffeurs humains de VTC qui eux aussi peuvent avoir des accidents). En gardant les mêmes paramètres la nuit sur une route rapide et en ville à vitesse réduite, les informaticiens ont clairement choisi leur camp. Dont acte.
Deux actualités donc qui nous enseignent qu'il faut écouter les porteurs de parole aussi, en parallèle avec les informations qu'ils nous donnent.
Il y a presque toujours des informations objectives en amont (des études internationales objectives ou biaisées dans le cas de l'Iran, des données issues des capteurs dans le cas d'Uber), même quand il n'y a pas de fake news, mais les décisions sont basées sur la psychologie et les intérêts de ceux qui portent la parole : Trump souhaitait tenir ses promesses et plaire à son camp, Uber souhaitait plaire à ses clients quel qu'en soit le prix.
Séparer l'information de la voix qui la porte et qui s'en sert pour justifier une décision est un exercice dangereux. Mortel pour une personne chez Uber. Mortel pour beaucoup, beaucoup de personnes potentiellement dans le cas de l'Iran.
A nous, auditeurs de ces paroles, de garder un esprit critique.
Ma signature est plus grosse que la tienne, dude
D'une part, Trump a déchiré l'accord nucléaire avec l'Iran, unilatéralement, alors que cet accord implique également d'autre puissances comme l'Union européenne (à travers la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne encore européenne à cette heure), la Russie et la Chine. Pour ce faire, il s'est appuyé sur la collaboration déjà ancienne entre Israël et ses factions les plus dures, et le parti Républicain, et sur des données adroitement présentées. En l'occurrence, ce ne sont pas les données qui comptent, mais la manière de les présenter et qui les présente. Il est facile de transformer le positif en négatif, c'est une question de marketing (politique), sans même invoquer les fake news chères à Donald. Il suffit de savoir ce que l'on veut et les faits suivront, surtout quand on n'aime pas les faits comme Trump, en tous cas pas ceux qui vous donnent tort.
Ma voiture est plus grosse que ton vélo, dude
D'autre part, Uber vient de se voir pris la main dans le sac à propos des voitures autonomes. Après un accident récent où un voiture autonome Uber a tué un piéton (une piétonne qui traversait la route la nuit à pied avec son vélo à côté), la cause "aurait" été identifiée. Le véhicule et ses capteurs ne sont pas en cause, mais "seulement" le programme qui traite les informations reçues et qui a décidé qu'il ne s'agissait que d'un simple petit obstacle sans danger (ni pour la voiture ni pour l'obstacle). Un faux positif comme disent les spécialistes. C'est-à-dire un cas positif (pas de danger donc pas de manœuvre à effectuer) qui aurait dû être un négatif (Danger !!!) mais qui a été mal calculé. Les coupables sont évidemment les techniciens, ingénieurs, informaticiens et décideurs d'Uber qui ont décidé d'abaisser les seuils de détection, afin de ne pas trop perturber la vitesse du véhicule : s'il détecte plein de risques, le véhicule doit passer son temps à ralentir ou anticiper, ce qui n'est pas confortable pour le client Uber à bord du véhicule. Tant pis pour l'obstacle, en l'occurrence le piéton. La priorité d'Uber c'est le passager et tant pis pour le reste du monde (y compris les chauffeurs humains de VTC qui eux aussi peuvent avoir des accidents). En gardant les mêmes paramètres la nuit sur une route rapide et en ville à vitesse réduite, les informaticiens ont clairement choisi leur camp. Dont acte.
Deux actualités donc qui nous enseignent qu'il faut écouter les porteurs de parole aussi, en parallèle avec les informations qu'ils nous donnent.
Il y a presque toujours des informations objectives en amont (des études internationales objectives ou biaisées dans le cas de l'Iran, des données issues des capteurs dans le cas d'Uber), même quand il n'y a pas de fake news, mais les décisions sont basées sur la psychologie et les intérêts de ceux qui portent la parole : Trump souhaitait tenir ses promesses et plaire à son camp, Uber souhaitait plaire à ses clients quel qu'en soit le prix.
Séparer l'information de la voix qui la porte et qui s'en sert pour justifier une décision est un exercice dangereux. Mortel pour une personne chez Uber. Mortel pour beaucoup, beaucoup de personnes potentiellement dans le cas de l'Iran.
A nous, auditeurs de ces paroles, de garder un esprit critique.
lundi 7 mai 2018
The long bridge
Si on parlait un peu des British ?
C'est une semaine de grand pont (et je suis certain que mon titre-traduction est mauvais, mais je laisse aux spécialistes le soin de me corriger, sans trop me faire mal). Donc à Paris en tous cas, c'est bien vide. Du soleil, des touristes, des manifestants et peu d'actualités. Des parisiens partis entre autres à Londres...
A Londres, le 20 avril, se terminait le sommet des chefs d'Etat du Commonwealth, ce machin politique censé définir l'espace économico-politique d'influence de la Grande-Bretagne après l'Empire. Le Commonwealth a beaucoup crû depuis sa création, en nombre de pays, mais sa ligne directrice n'est pas aussi claire que dans d'autres espaces géographiques, linguistiques, post-coloniaux ou économiques.
La reine Elisabeth qui a quand même 92 ans est la chef du Commonwealth. C'est un titre honorifique, puisque chaque Etat est indépendant des autres. Ce n'est donc pas un titre héréditaire comme la couronne d'Angleterre. Lors de ce Sommet, elle a vendu l'idée que son successeur soit son filsadoré, le prince Charles, l'homme qui a cru toute sa vie qu'il serait roi. C'est une décision qui a été actée par les dirigeants présents. "Un jour...", c'est-à-dire, à ma mort. On appelle ça l'understatement à l'anglaise. A lire aussi, dans cet article, les positions bien "conservatrices" de Charles, le roi de la lorgue pompeuse (au moins).
Voici donc un beau lot de consolation tout trouvé pour Charles après la mort de sa mère. Il est évidemment de plus en plus question que Charles ne règne pas après sa mère, mais que la couronne passe directement à son fils ainé, le père maintenant de trois enfants, depuis la naissance de Louis (et si vous ne savez pas de quoi ou de qui je parle, il est temps de vous réveiller, de prendre une douche, de boire un jus d'orange et de sortir de votre hibernation). Au moins donc, Charles aura un titre et pourra faire, comme Ulysse, de beaux voyages. Ses fils, le deuxième sera marié dans une dizaine de jours, seront aux commandes de la vraie royauté.
On appelle cela de la diplomatie. Que chacun croie avoir gagné quelque chose, alors que c'est moi qui rafle tout. Le fameux vieux dicton de la diplomatie anglaise, mais qu'on pourrait attribuer à tous les pays : "Ce qui est à toi est à moi et ce qui est à moi, on le partage (ou je le garde, dans la version plus trash)". À ce jeu, Charles n'est pas le gagnant. Mais on ne sait jamais.
En France, le pays de Macron, il n'y a pas de royauté. Il n'y en a plus. Nous sommes une République laïque et sociale. Enfin ça dépend des interprétations de ces trois mots. République dans la réalité juridique, mais avec beaucoup de pouvoirs concentrés dans les mains d'un seul homme quand même. Laïque, mais avec des définitions parfois limites entre Etat et religion, Histoire et monde réel, temporel et spirituel. Sociale... Euh, est-ce bien le moment d'en parler ?
Macron, sort ce soir à la télé une petite phrase qui a fait déjà beaucoup parler d'elle. "ceux qui pensent que le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL, ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays"
C'est intéressant comme phrase, au-delà de la morgue présidentielle (et non royale). Mettre en parallèle les grands mouvements de l'Histoire et des détails (Attention à l'effet Jean-Marie) est un exercice périlleux. Car, même quand on a une "vision" pour la France, il faut faire attention à bien écouter le monde.
Il y a des signaux forts, ce sont ceux dont tout le monde parle, impossible de les louper. On les entend ou on les refuse, mais ils sont là. Et puis, il y a les signaux faibles. Ceux qui sont difficiles à observer, délicats à interpréter. Refuser d'entendre les signaux faibles, c'est se couper de l'avenir, tous les innovateurs le savent, quel que soit leur domaine d'activité. L'APL est un signal faible, largement déconstruit depuis son annonce d'ailleurs par tous les autres responsables impliqués. Mais c'est un signal dont on ne doit pas se moquer et qu'on ne doit pas mettre impunément en balance avec des grands courants de l'Histoire. Comme si seules les grandes luttes épiques étaient nobles et comme si tous les actes du quotidien étaient négligeable. Un fossé immense. Comme s'il existait "un et un seul" summum de la lutte... Mais Macron ne lit pas ce blog et doit être entouré de conseillers craintifs qui choisissent leurs mots. Lui, il croit/sait que sa lutte est la seule. Magie du pouvoir solitaire.
En Grande-Bretagne, la royauté a connu plusieurs crises ces dernières années. Ils en sont toujours sortis. Tellement sortis, d'ailleurs, qu'ils quitteront l'Union européenne dans un an, maintenant.
Question : qui règnera lors du Brexit ? et où ?
C'est une semaine de grand pont (et je suis certain que mon titre-traduction est mauvais, mais je laisse aux spécialistes le soin de me corriger, sans trop me faire mal). Donc à Paris en tous cas, c'est bien vide. Du soleil, des touristes, des manifestants et peu d'actualités. Des parisiens partis entre autres à Londres...
A Londres, le 20 avril, se terminait le sommet des chefs d'Etat du Commonwealth, ce machin politique censé définir l'espace économico-politique d'influence de la Grande-Bretagne après l'Empire. Le Commonwealth a beaucoup crû depuis sa création, en nombre de pays, mais sa ligne directrice n'est pas aussi claire que dans d'autres espaces géographiques, linguistiques, post-coloniaux ou économiques.
La reine Elisabeth qui a quand même 92 ans est la chef du Commonwealth. C'est un titre honorifique, puisque chaque Etat est indépendant des autres. Ce n'est donc pas un titre héréditaire comme la couronne d'Angleterre. Lors de ce Sommet, elle a vendu l'idée que son successeur soit son fils
Voici donc un beau lot de consolation tout trouvé pour Charles après la mort de sa mère. Il est évidemment de plus en plus question que Charles ne règne pas après sa mère, mais que la couronne passe directement à son fils ainé, le père maintenant de trois enfants, depuis la naissance de Louis (et si vous ne savez pas de quoi ou de qui je parle, il est temps de vous réveiller, de prendre une douche, de boire un jus d'orange et de sortir de votre hibernation). Au moins donc, Charles aura un titre et pourra faire, comme Ulysse, de beaux voyages. Ses fils, le deuxième sera marié dans une dizaine de jours, seront aux commandes de la vraie royauté.
On appelle cela de la diplomatie. Que chacun croie avoir gagné quelque chose, alors que c'est moi qui rafle tout. Le fameux vieux dicton de la diplomatie anglaise, mais qu'on pourrait attribuer à tous les pays : "Ce qui est à toi est à moi et ce qui est à moi, on le partage (ou je le garde, dans la version plus trash)". À ce jeu, Charles n'est pas le gagnant. Mais on ne sait jamais.
En France, le pays de Macron, il n'y a pas de royauté. Il n'y en a plus. Nous sommes une République laïque et sociale. Enfin ça dépend des interprétations de ces trois mots. République dans la réalité juridique, mais avec beaucoup de pouvoirs concentrés dans les mains d'un seul homme quand même. Laïque, mais avec des définitions parfois limites entre Etat et religion, Histoire et monde réel, temporel et spirituel. Sociale... Euh, est-ce bien le moment d'en parler ?
Macron, sort ce soir à la télé une petite phrase qui a fait déjà beaucoup parler d'elle. "ceux qui pensent que le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL, ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays"
C'est intéressant comme phrase, au-delà de la morgue présidentielle (et non royale). Mettre en parallèle les grands mouvements de l'Histoire et des détails (Attention à l'effet Jean-Marie) est un exercice périlleux. Car, même quand on a une "vision" pour la France, il faut faire attention à bien écouter le monde.
Il y a des signaux forts, ce sont ceux dont tout le monde parle, impossible de les louper. On les entend ou on les refuse, mais ils sont là. Et puis, il y a les signaux faibles. Ceux qui sont difficiles à observer, délicats à interpréter. Refuser d'entendre les signaux faibles, c'est se couper de l'avenir, tous les innovateurs le savent, quel que soit leur domaine d'activité. L'APL est un signal faible, largement déconstruit depuis son annonce d'ailleurs par tous les autres responsables impliqués. Mais c'est un signal dont on ne doit pas se moquer et qu'on ne doit pas mettre impunément en balance avec des grands courants de l'Histoire. Comme si seules les grandes luttes épiques étaient nobles et comme si tous les actes du quotidien étaient négligeable. Un fossé immense. Comme s'il existait "un et un seul" summum de la lutte... Mais Macron ne lit pas ce blog et doit être entouré de conseillers craintifs qui choisissent leurs mots. Lui, il croit/sait que sa lutte est la seule. Magie du pouvoir solitaire.
En Grande-Bretagne, la royauté a connu plusieurs crises ces dernières années. Ils en sont toujours sortis. Tellement sortis, d'ailleurs, qu'ils quitteront l'Union européenne dans un an, maintenant.
Question : qui règnera lors du Brexit ? et où ?
lundi 9 avril 2018
L'attaque du sperme rouge
Sourire à la lecture de cet article du Monde sur le "sperme rouge".
Irai-je de mes réflexions sur ce sujet hautement (ou bassement) politique ? Oserai-je ? Oui, allez, je me lance.
L'inné et l'acquis, vieux débat. Est-ce qu'en devenant un bon membre du parti communiste chinois, nos gênes sont modifiés et cette orthodoxie se transmet-elle à notre progéniture via nos spermatozoïdes ? La réponse scientifique est non, en occident, mais sait-on jamais, la médecine chinoise fait des merveilles et peut-être que contrairement aux fils de bourgeois qui lançaient des pavés il y a cinquante ans pour ne pas faire comme leurs pères, les chinois communistes font ils comme les paires de leurs pères les ont configurés ? Ce serait intéressant et un champ très prolifique pour les industriels, notamment ceux du numérique : imaginez un peu les enfants des fans d'Apple acheter automatiquement des Apple. Quelle manne !
L'eugénisme, qui consiste à ne garder que les individus jugés corrects, aptes et conformes à l'immoralité ambiante (cf Hitler par exemple) est un concept qui a vécu, mais dont la progéniture revient régulièrement dans l'actualité. Entre Trump qui rêve à des américains blonds, anglophones et chrétiens, et les chinois qui rêvent à une armée de clones de Xi, on est mal barrés, non ?
Vous remarquerez d'ailleurs qu'on parle ici de donneurs de sperme, donc de mâles. Les femelles ne servent donc visiblement pas à grand chose dans l'hérédité chinoise. Serait-ce pour contenter des vieux caciques du parti, incapables d'enfanter, afin de les récompenser par de beaux bébésaryens communistes ? Mes études en SVT sont lointaines mais je crois me souvenir que la femme joue un rôle dans l'héritage génétique.
Moi, je pense qu'il s'agit en fait de récompenser les cadres du parti (donc insoupçonnables, évidemment), surtout ceux en pleine possession de leurs forces intimes de conviction, en leur permettant d'aller (contre rémunération et lecture de journaux interdits ailleurs, avec des illustrations en couleur sur papier glacé pour durer plus longtemps) se masturber dans des banques capitalistes du sperme, après leurs dures journées de travail, comme les boutiques soviétiques réservées à la Nomenklatura de l'époque (avant Poutine évidemment). Ils sont payés (71 euros par don de soi, selon Le Monde toujours très bien informé). Est-ce plus cher qu'un acte sexuel illégal en Chine, je ne saurai dire. Un beau geste. On peut supposer, avec une telle annonce, que les donneurs potentiels de sperme pas tout-à-fait certains de leur qualité idéologique hésiteront à aller dans ces banques, de peur d'avoir à subir des tests déroutants et au risque de se faire mettre en taule s'ils ne réussissent pas à les passer.
La nouvelle annoncée a été retirée parce qu'un officier de censure s'est réveillé après le mauvais buzz créé par cette stupéfiante nouvelle. On ne saura donc pas comment mesurer la teneur en "haute qualité idéologique" des spermatozoïdes. On ne peut qu'imaginer... Imaginons alors des tests :
- utiliser un colorant, comme la fleur de cochinchine, pour détecter le sperme rouge dans un océan de sperme blanc (ou jaune).
- distiller les spermatozoïdes dans un tube à essai avec un filtre ne laissant passer que les objets communistes.
- installer une bifurcation avec un portrait de Xi et un portrait de Trump en face de chaque spermatozoïde, afin de ne prendre que ceux qui tournent vers le soleil levant.
- utiliser un boulier (évidemment) légèrement adapté
- n'utiliser que du sperme émis pendant que le donneur écoute de la musique militaire chinoise, sans image et mettre en prison tous les autres donneurs pervertis par l'imagerie occidentale nuisibles à la culture chinoise.
- mettre tous les lots dans les mêmes conditions climatiques identiques (l'air pollué de Pékin) et au bout de quinze jours n'utiliser que ceux qui ont survécu, car l'air est pur à Pékin pour ceux qui le croient et tant pis pour les autres.
On se moque, on se moque. Mais de telles dérives déontolo-idéologiques peuvent nous tomber dessus à tout moment, car les pressions politiques et financières sur les scientifiques sont telles que certains n'y résistent pas. Et pas qu'en Chine, n'est-ce pas ?
Irai-je de mes réflexions sur ce sujet hautement (ou bassement) politique ? Oserai-je ? Oui, allez, je me lance.
L'inné et l'acquis, vieux débat. Est-ce qu'en devenant un bon membre du parti communiste chinois, nos gênes sont modifiés et cette orthodoxie se transmet-elle à notre progéniture via nos spermatozoïdes ? La réponse scientifique est non, en occident, mais sait-on jamais, la médecine chinoise fait des merveilles et peut-être que contrairement aux fils de bourgeois qui lançaient des pavés il y a cinquante ans pour ne pas faire comme leurs pères, les chinois communistes font ils comme les paires de leurs pères les ont configurés ? Ce serait intéressant et un champ très prolifique pour les industriels, notamment ceux du numérique : imaginez un peu les enfants des fans d'Apple acheter automatiquement des Apple. Quelle manne !
L'eugénisme, qui consiste à ne garder que les individus jugés corrects, aptes et conformes à l'immoralité ambiante (cf Hitler par exemple) est un concept qui a vécu, mais dont la progéniture revient régulièrement dans l'actualité. Entre Trump qui rêve à des américains blonds, anglophones et chrétiens, et les chinois qui rêvent à une armée de clones de Xi, on est mal barrés, non ?
Vous remarquerez d'ailleurs qu'on parle ici de donneurs de sperme, donc de mâles. Les femelles ne servent donc visiblement pas à grand chose dans l'hérédité chinoise. Serait-ce pour contenter des vieux caciques du parti, incapables d'enfanter, afin de les récompenser par de beaux bébés
Moi, je pense qu'il s'agit en fait de récompenser les cadres du parti (donc insoupçonnables, évidemment), surtout ceux en pleine possession de leurs forces intimes de conviction, en leur permettant d'aller (contre rémunération et lecture de journaux interdits ailleurs, avec des illustrations en couleur sur papier glacé pour durer plus longtemps) se masturber dans des banques capitalistes du sperme, après leurs dures journées de travail, comme les boutiques soviétiques réservées à la Nomenklatura de l'époque (avant Poutine évidemment). Ils sont payés (71 euros par don de soi, selon Le Monde toujours très bien informé). Est-ce plus cher qu'un acte sexuel illégal en Chine, je ne saurai dire. Un beau geste. On peut supposer, avec une telle annonce, que les donneurs potentiels de sperme pas tout-à-fait certains de leur qualité idéologique hésiteront à aller dans ces banques, de peur d'avoir à subir des tests déroutants et au risque de se faire mettre en taule s'ils ne réussissent pas à les passer.
La nouvelle annoncée a été retirée parce qu'un officier de censure s'est réveillé après le mauvais buzz créé par cette stupéfiante nouvelle. On ne saura donc pas comment mesurer la teneur en "haute qualité idéologique" des spermatozoïdes. On ne peut qu'imaginer... Imaginons alors des tests :
- utiliser un colorant, comme la fleur de cochinchine, pour détecter le sperme rouge dans un océan de sperme blanc (ou jaune).
- distiller les spermatozoïdes dans un tube à essai avec un filtre ne laissant passer que les objets communistes.
- installer une bifurcation avec un portrait de Xi et un portrait de Trump en face de chaque spermatozoïde, afin de ne prendre que ceux qui tournent vers le soleil levant.
- utiliser un boulier (évidemment) légèrement adapté
- n'utiliser que du sperme émis pendant que le donneur écoute de la musique militaire chinoise, sans image et mettre en prison tous les autres donneurs pervertis par l'imagerie occidentale nuisibles à la culture chinoise.
- mettre tous les lots dans les mêmes conditions climatiques identiques (l'air pollué de Pékin) et au bout de quinze jours n'utiliser que ceux qui ont survécu, car l'air est pur à Pékin pour ceux qui le croient et tant pis pour les autres.
On se moque, on se moque. Mais de telles dérives déontolo-idéologiques peuvent nous tomber dessus à tout moment, car les pressions politiques et financières sur les scientifiques sont telles que certains n'y résistent pas. Et pas qu'en Chine, n'est-ce pas ?
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