vendredi 27 décembre 2013

Optimiste ou pessimiste ?

Petite réaction à une phrase lue ce matin ici, de Jean-Claude Mailly, patron de FO, le syndicat le plus à droite de tous les syndicats de gauche : "Un optimiste, c’est un pessimiste mal informé". Il réagissait ainsi évidemment à l'optimiste de Francois suite aux mauvais chiffres du chômage d'hier. Certains parlent même de déni, malgré le caractère aléatoire de ces chiffres d'un mois sur l'autre. On en a parlé hier et je ne reviens pas sur le chômage.

Mais je reviens sur optimisme et pessimisme, éternel débat entre un verre à moitié plein ou à moitié vide.

Un verre de champagne ou un verre de blanquette ? Une moitié d'un mariage heureux ou d'un divorce raté ? Un plein de batterie électrique ou de gazole qui tue ? Un vide intersidéral qui fait rêver ou un vide béant qui fait peur ?

Tous les concepts peuvent être vus de deux faons et en plus ça dépend de notre moral. Il y a quand même des constantes et on reconnaît un optimiste naturel face à un pessimiste obstiné à plusieurs caractères. La liste qui suit n'est pas objective puisque je suis un optimiste naturel. Que les commentateurs pessimistes la commentent !

Un optimiste est souriant différemment d'un pessimiste : ce ne sont pas les mêmes muscles qui agissent et en général un optimiste utilise plus de muscles pour sourire qu'un pessimiste, car les yeux sourient aussi et tout est tiré vers le haut. Statistiquement, il est prouvé que les pessimistes se font d'ailleurs plus lifter que les optimistes qui se liftent tout seuls en rigolant (non je rigole !)

Un optimiste ne choisit pas de l'être. Il l'est et quand on lui fait remarquer il doit faire un effort pour l'admettre. Tandis qu'un pessimiste assume son statut, le revendique même souvent. Quand on le lui fait remarquer, il l'affirme fièrement. A mon avis, il y a peu d'exceptions à cette règle, mais il y a toujours des exceptions à toutes les règles, y compris à celle-ci... Vous me suivez ?

Un optimiste ne se comporte pas de la même façon qu'un pessimiste devant un flot d'informations. Il ne vont pas trier les mêmes actualités ni les mêmes faits. Tout le monde pratique une auto-censure devant des nouvelles en trop grand nombre qui encombre nos cases mémoire. Heureusement on en à plus que les quatre cases des Shadoks qui ne peuvent stocker que Ga Bu Zo Meu et qui doivent donc choisir avec soin quoi conserver... c'est d'ailleurs pour ça qu'il n'y a pas de Shadok pessimiste. Le pessimiste ne va donc garder que les nouvelles qui renforcent son pessimisme et inversement pour l'optimiste. La neutralité n'existe pas (confère la règle au paragraphe précédent), c'est pourquoi tout dirigeant dot avoir plusieurs conseillers qui couvrent le spectre pessimisticoptimiste, qu'il dirige un pays, un syndicat ou lui-même.

Un optimiste serait-il moins intelligent qu'un pessimiste en refusant explicitement d'être informé ou en ne cherchant même pas à l'être ? Pas de différence ici avec un pessimiste qui choisit de même ses sources. On comprendra ici que M. Mailly est un pessimiste obstiné qui en plus utilisé ce pessimiste pour imposer ses points de vue. A sa décharge tous les responsables font pareil, optimistes ou pas. Il n'empêche que même si les optimistes et les pessimistes font le même usage "marketing" de leur statut, ils sont quand même essentiellement différents.

Les optimistes sont-ils plus dynamiques ou actifs que les pessimistes ? Non. La force de chacun et sa tendance à vouloir faire bouger les choses n'a rien à voir avec ça. Évidemment chacun va vouloir faire bouger les choses pour conforter son statut optimiste ou non. Quant à ceux qui sont plus passifs, ils choisiront le côté le plus avantageux.

Peut-on passer d'optimiste à pessimiste ou le contraire ? Bonne question. Très très bonne question. La réponse est oui, mais c'est très difficile et on ne peut pas le faire tout le temps ni sur tous les sujets ni avec tout le monde, pour paraphraser cette citation célèbre de Lincoln : "On peut mentir une fois à tout le monde, on peut mentir tout le temps à une personne, mais on ne peut pas mentir tout le temps à tout le monde". A propos il s'agit d'une vraie citation pleine d'optimisme (e de réalisme à la fois). Au fond, notre personnalité varie très peu et lentement. On peut choisir de se comporter différemment dans certaines circonstances, mais le naturel revient au galop.

Fin de la leçon d'aujourd'hui, vous avez quatre heures pour disserter sur la question suivante : "Le monde doit-il etre gouverné par des pessimistes ou par des optimistes ?"




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