jeudi 27 novembre 2014

Et maintenant une page de publicité

La vie politique trépidante laisse de temps en temps des moments vides. La vie politique vide également laisse de temps en temps des moments encore plus vides. Empressons-nous donc de remplir ce jeudi avec de la publicité avant que l'actualité s'emballe pour des choses toutes plus excitantes les unes que les autres, je vous laisse juger :
- la conférence environnementale, troisième du nom sous François, qui est paradoxalement organisée par Ségolène - vous savez, la ministre qui était à Strasbourg pour accueillir le Pape en terre française européenne il y a peu - alors même que les écologistes sont sortis du gouvernement et se déchirent entre eux quand ils ne sont pas en train de chercher un bouc émissaire externe à leurs partis et à leurs égos. On attend en théorie des actions concrètes suite à cette conférence, mais c'est de l théorie.
- le voyage de François en Guinée, terre d'Ebola et de non démocratie, mais également grosse terre de contrats industriels pour la France, en prélude au Sommet de la Francophonie à partir de vendredi soir.
- le Sommet donc, avec un ou une secrétaire général(e) à nommer dans une séance à huis clos où tout est possible. Jacques Attali était auditionné par le Sénat à propos de son rapport dont on a parlé ici sur ce blog et il sera dans la délégation puisque la Francophonie économique est censée être le nouveau truc (RFI parle même de dada !) dont tout le monde parle sans avoir forcément d'action à proposer, et sans aucun consensus entre Nord et Sud, libéraux et socio-démocrates, industriels et Etats, cerveaux exportés et cerveaux importés...
- l'élection du président de l'UMP avec la dernière ligne droite qui voit Sarkozy toujours dominer mais avec de moins en moins d'avance et de charisme. C'est fatigant une campagne. Heureusement il n'y a que les adhérents de l'UMP actuelle qui votent.

Donc avant cette tornade actualitaire quelques informations sur la pub qui nous entoure et nous enserre dans ses petits bras musclés comme la lessive de la pub dans le sketch de Coluche.

Facebook va changer ses conditions - que personne ne lit - au premier janvier. Lorsque vous surferez sur l'Internet, même hors de Facebook, ils mémoriseront les sites visités pour vous envoyer de la pub ciblée. Par exemple si vous allez sur un site de tourisme vous aurez sur votre mur des publicités de voyages correspondants, que FB aura vendu très cher à des tour operators évidemment. Vous pourrez vous désengager de ce type de truc mais le bouton ne sera pas facile à voir. Cela s'appliquera à presque tous les sites et pas seulement ceux où il y a un bouton "Like". Dans sa grande magnanimité Facebook vous permettre de voir votre profil publicitaire ciblé et de l'ajuster. Ne le faites pas, car c'est un moyen pour eux de mieux vous cibler encore ! Si vous trouvez que cela ne suffit pas, Facebook met des cookies partout, vous envoie de la pub ciblée en fonction de votre lieu de localisation et garde en mémoire tous vos moyens de paiement et vos codes, pour peu que vous achetiez sur un site lié à FB et il y en a beaucoup.

Twitter va sortir une nouvelle version de son application mobile (iPhone et Androïd, autrement dit Apple et Google) qui va regarder la liste de toutes les applications installées sur votre téléphone et ajuster ses publicités à ça. Sympa aussi, non ? Faites gaffe aux applis que vous avez installées si vous ne voulez pas voir votre fil twitter pollué encore plus. Evidemment il y aura un bouton pour éviter cette "collecte". Que ne ferait-on pas pour augmenter sa valeur en bourse !

Et Google, le roi de la pub ? Toujours discrets sur ce qui reste leur coeur de métier - la pub - les cerveaux derrière Google s'inquiètent des réflexions de la Commission européenne qui souhaiteraient (ceci est un conditionnel) voir Google éclater en plusieurs compagnies, justement pour éviter ces amalgames entre résultats objectifs issus du moteur de recherche, applications avec vos contenus en ligne explorables à volonté et publicités ciblées et payantes. Bizarre, non ? Un peu comme si on demandait à la presse de séparer la rédaction de la régie publicitaire. Ah bon ? C'est déjà le cas pour la presse ?

Sympa tout ça, non ? Allez, vite, qu'on ferme cette page de pub pour revenir à l'actualité. Ah zut, la page de pub ne se referme pas !

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