lundi 11 mai 2015

Cuba et les François, une longue histoire...

On ne va pas revenir aux temps de la colonisation et de l’esclavage, sujet plu que sensible dans la Caraïbe. D’ailleurs François, le nôtre, a essayé de positiver le combat contre l’esclavage, à la fois dans le passé avec l’inauguration du mémorial dans les Antilles « françaises » et dans le présent avec l’usage d’esclaves au bénéfice du terrorisme, raccourci rapide de l’histoire moderne. Cuba a été très touché, comme Haïti sa voisine qui a été le premier pays à abroger l’esclavage en même temps qu’en déclarant son indépendance à l’époque de Napoléon. Le mémorial de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe sera-t-il un lieu de réconciliation ? Le Gorée de l’Ouest ?


François, le nôtre, est à Cuba. Visite historique pour un président français. Mitterrand y était allé mais seulement en tant que premier secrétaire du PS, il y a 40 ans. Visite qui s’inscrit dans la levée de l’embargo, pour laquelle la France a toujours combattu, quels que soient ses présidents. Visite économique comme à chaque fois, avec des industriels divers et variés, d’Air France pour les liaisons aériennes à Pernod-Ricard pour l’alcool à base de canne à sucre. Donne du rhum à ton homme. Il rencontrera les autorités religieuses d’abord, car c’est un élément fondamental de la culture du pays. Il rencontrera également le président actuel, Raul, tout en ayant déclaré souhaité rencontré Fidel lui-même si les cubains sont d’accord.

Raul, justement, est aujourd’hui au Vatican pour y rencontrer François, le pape. Dans une logique géopolitique claire et parce que le Pape a toujours soutenu Cuba, en tant qu’argentin qu’il est, ne l’oublions pas. Etrange ballet politico-religieux que ces transports transatlantiques entre l’Europe et Cuba. Il faut dire que Raul revenait de Moscou pour les 70 ans de Poutine la victoire de 1945 et qu’un petit crochet par Rome ne pouvait pas faire de mal. François, le nôtre, et Raul se verront ce lundi soir. Pas très réveillés tous les deux, mais ce n’est pas grave. Ils parleront (un peu) de droits de l’Homme mais point trop n’en faut, n’est-ce pas ? Peut-être François pourra-t-il expliquer à Raul comment mettre en place une loi comme celle sur le renseignement ?

Le grand débat reste la restructuration de la dette cubaine, ou son non-remboursement en échange d’accords commerciaux, comme les spécialistes du développement préfèrent dire. Les actions de co-opération toucheront beaucoup de secteurs donc, l’éducation en particulier. Il y a pas mal de francophones et francophiles à Cuba et également une responsabilité régionale forte de cette grande île des caraïbes. Des enjeux importants dans une région où la France et la francophonie sont représentés de manière très opposée, finalement, entre Haïti et les antilles françaises, entre un pays indépendant qui a conquis son indépendance et des îles qui sont encore 100% françaises.

Il est vrai que cette dette n’est que de 5 milliards de dollars pour la France, mais cela représente quand même un tiers de la dette totale du pays. Les opportunités économiques et diplomatiques sont donc nombreuses, même si elles ne passionnent pas en France, à l’exception de photos symboliques comme celles-ci en 1974 et en 1995.

Une photo tous les vingt ans ???



MàJ : Le suspense était total. Oui, Frabçois est reçu par Fidel à 21 heures (de Paris). La photo, la photo !!!

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