mercredi 18 septembre 2024

Prédictions, prévisions, espérances, craintes, souhaits, manipulations... Quelques exemples

Lorsque les temps sont incertains, les experts du futur ressurgissent des profondeurs où on les enterre entre deux crises. Et les médias en parlent. Et quand il y en a un qui ressort, les autres reçoivent comme un signal et sortent aussi.  Il y a naturellement des différences, notamment entre prévision et prospective, ou court et long terme, mais des ressemblances sont apparentes.

Aucun parallèle avec l'attaque des pagers du Hezbollah par les services secrets israéliens qui ont explosé tous en même temps à l'occasion visiblement d'un message codé qui aurait déclenché un explosif caché en leur sein. Une éventualité que seuls les écrivains de SF envisageaient ou les experts en espionnage. Un tournant dans les guerres au Moyen-Orient.

Aucun parallèle non plus avec le réveil tous les 17 ans des cicadas aux USA, des cigales qui se réveillent toutes en même temps. D'ailleurs en 2024, il y a deux espèces différentes de cicadas qui émergent et comme elles ont des cycles différents, c'est la première fois depuis 1803. En matière de prévision, on est ici dans l'exactitude et une grande précision. Un peu comme le cycle du soleil tous les 11 ans.

Mais sur d'autres sujets, les experts sont évidemment partagés entre des prédictions opposées, correspondant souvent à leurs désirs. Quelques exemples :

Aux USA, les prévisions sur l'élection présidentielle du 5 novembre se multiplient. Il faut noter celle-ci, en vidéo et intéressante, du Pr. Allan Lichtman, qui s'appuie sur 13 clés et avec laquelle il a prédit exactement les résultats de 9 sur les 10 dernières élections. Je vous laisse découvrir sa conclusion, mais elle est plutôt optimiste.

En Europe, les prévisions sur l'acceptation ou non par le Parlement européen des commissaires fraîchement annoncés reste une possibilité qui déclenche de nombreuses prévisions (Hongrie, Italie ou France, par exemple ?). Evidemment, cela n'intéresse pas grand monde, alors même que c'est un peu notre avenir qui se joue là.

En France, le jeu est évidemment sur "qui sera ministre, avec quels portefeuilles et quelle politique". C'est un jeu banalisé, mais qui agite forcément beaucoup les concernés. Je vous renvoie à un de mes premiers billets de mai 2012 qui est toujours valable.

Et il reste l'affaire de l'élection présidentielle en France. La recevabilité de la procédure de destitution a été acceptée par le bureau de l'Assemblée, grâce à la paresse des députés Renaissance qui avaient préféré dormir lors de l'élection des membres du bureau. Je ne suis pas constitutionnaliste, mais ils s'affrontent sur le bien fondé de cette décision. Pas grave, puisque les votes à venir amèneront au refus de cette destitution (c'est une prévision certaine). L'enjeu est ailleurs, comme quoi les prévisions ne sont jamais neutres, mais servent des objectifs plus ou moins avoués. En l'occurence, la gauche, le NFP, LFI cherche plusieurs objectifs avec cette procédure :

- conforter Mélenchon comme le seul candidat possible de la "gauche" à la prochaine présidentielle. Exit Lucie Castets qui aura duré un été, exit les héritiers officiels de JLM qui avaient été faussement annoncés après la dernière défaite pour faire croire que Mélenchon n'irait pas.

- entretenir le bordel à l'Assemblée et dans les manifs pour donner un os à ronger à tous ceux qui vivent des réseaux sociaux et qui utilisent leur influence.

- démontrer que la gauche n'existerait pas sans JLM (et LFI) puisque tous les mouvements tactiques et stratégiques sont impulsés par lui.

- préparer la fin de la Ve République et l'annonce d'une Constituante pour une Vie République, à la main des élites représentant et conduisant le Peuple. D'ailleurs cela permet aussi d'empêcher toute modification partielle de notre actuelle Constitution : c'est tout ou rien, comme d'hab. Ainsi l'introduction de la proportionnelle est de moins en moins vraisemblable, car elle redonnerait aux autres partis de gauche une indépendance par rapport à LFI : on vote chacun pour soi et ensuite on fait une alliance, c'est très différent de on fait une alliance avant l'élection à ma botte et ensuite on continue. En plus une telle proportionnelle donnerait plus de voix au RN (et aux extrêmes).

Pour vous faire sourire, voici ce que disait Mélenchon en 2016 à propos de la victoire de Trump, en essayant de faire croire à sa vision. Un exercice fascinant de manipulation pour lequel il est très doué.

Finalement, les prévisions sont là pour occuper le terrain. Ce qui compte c'est le vote, l'action et le fait de ne pas se faire manipuler. Dur, dur. Pas facile. Mais ça vaut le coup d'essayer.

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