vendredi 19 mai 2017

Attention Virages électoraux


C'est aujourd'hui le dernier jour (18h) pour déposer les candidatures aux législatives des 11 et 18 juin. Les médias dissèqueront ces listes pendant au moins dix jours avec des analyses et des études par circonscription, par département ou région, par parti, par genre, par chance d'élection, par possibilités de triangulaires, par religion ou par n'importe quoi. Parlons ici d'équilibres généraux, donc de l'utilité des cardans et des amortisseurs dans les virages.

A droite, les choix sont simples :
- Marine Le Pen qui vient de reprendre les rênes de son parti, après son baby blues traditionnel post-électional, en reconnaissant que son débat était mauvais et en s'éloignant un peu de la ligne Philippot sur l'Euro et le retour au Franc. Il s'agit de se recentrer à droite si j'ose dire, sans patiner en appuyant simultanément sur les deux pédales de frein et d'accélérateur. Un dérapage contrôlé pour mieux balayer la route. Attention à ne pas sortir de la route quand même. Le FN, parti d'extrême droite essaye d'avoir quelques élus (dont Marine) et si possible beaucoup, en mangeant sur la droite de la droite et en éloignant les épouvantails de l'Euro.
- LR (et UDI à la traîne de la locomotive diesel du pauvre leader par défaut de LR) avec son train de sénateur, histoire de ne pas être derrière le FN (notamment s'il n'y a pas de triangulaire) et de constituer une minorité de blocage ou même une majorité rêvée il y a quelques mois et disparue depuis grâce à l'action à la serpe de Fillon. Le projet derrière ces élections s'est affadi puisque tout ce qui faisait l'extrémisme libéral et moral de Fillon a été gommé. Leur danger est de subsister entre le FN et LREM, le nouveau peut nom "absorbant" d'En Marche ! puisqu'il intègre le sigle LR fort habilement.
- LREM justement, comme une manière de conforter l'aile droite du château Macron, quitte à discuter après.
- Les nombreux "divers droite" qui s'abritent derrière des notables bien établis localement qui se rallieront ou pas aux groupes dominants à l'Assemblée nationale. Un ancrage sur le terrain fort bienvenu alors que Macron a adoubé des candidats souvent jeunes et inconnus du terrain.

A gauche, les choix sont complexes : laisser crever le PS en l'obligeant à sortir une crise fondamentale, due à un très mauvais score, ou le soutenir dans sa démarche avec des soins palliatifs. Entre l'aile gauche du château de Macron, de type gauche de gouvernement, et l'aile extrême de Mélenchon, là encore, les ancrages territoriaux de certains élus feront la différence, notamment par et pour les communistes.

Au centre, malgré les hésitations, on se dirige vers un pari gagné pour Macron, au-delà de quelques notables jaloux.

Beaucoup de virages en pespective donc. On n'est plus dans la raffarinade classique "la route est droite mais la pente est forte". La pente est forte, oui, mais la route n'est pas du tout droite. Même à droite.

jeudi 18 mai 2017

De la diversité comme art du gouvernement

L'Etat c'est moi, disait Louis XIV. Ce temps est révolu. Révolutionné même depuis plus de deux siècles, mais la Vème République homogène et indivisible autour d'un Chef d'Etat avec majuscules a pris un peu de jouvence depuis ce week-end.

Un Président qui veut donner une vision, une stratégie et une feuille de route à long terme, avec un premier des ministres qui arbitre le quotidien entouré de ministres experts, c'est à la fois un retour au long terme et une nouvelle façon de faire de la politique. A confronter avec la réalité du terrain et de l'action politique. Le compte rendu du Conseil des ministres de ce jour est à ce titre emblématique de cette nouvelle direction dans l'art d gouverner. Une surprise pour les vieux routards de la politique qui adoraient ls labyrinthiques couloirs du pouvoir pou mieux s'y cacher.

La composition du gouvernement, et le processus lui-même de sa nomination avec vérification a priori des capacités des ministrables, sont des preuves d'une autre méthode. Un équilibre mais une autre manière d'équilibrer. Equilibre des genres, des origines partisanes, des différentes parties de la société, des expériences et des âges. Un vrai exercice réussi, un peu magiquement il faut le dire. Pas parfait, sinon on ne serait pas en France ;) Une mosaïque, un patchwork, une symbiose, un pari ? Toutes acceptions du mot "diversité" qui est riche d'interprétations, comme lui-même l'indique.

Il manque encore des bouts dans ce gouvernement Philippe I comme l'appellent déjà les journalistes, ne croyant pas à sa durabilité. Il faut donc attendre ls décrets d'affectation de tel ou tel secteur qui ne manqueront pas d'arriver très vite. A suivre via le Journal officiel, le Bulletin quotidien ou les médias habituels (Voici, Gala, Paris Match).

J'insisterai sur quelques sujets seulement, qui me sont chers.

La Francophonie ? Pas de ministère ou de secrétariat d'Etat (encore ?) alors qu'elle était liée au développement auparavant. Une simple partie alors des affaires étrangères, elle-même suivant l'Europe dans l'ordre protocolaire. Tout cela aux mains du militaire breton. Une vision intéressante des priorités, même si l'Afrique sera bien servie, compte tenu des relations étroites avec Le Drian et du poids de l'armée française sur ce continent. Ce n'est pas une surprise, vu le faible intérêt en France pour ces questions, le peu de fois où ce sujet a été mentionné dans la campagne présidentielle sauf en terme de culture et de langue (une francophonie liée à la culture ???), et la faiblesse des ministres et secrétaires d'Etat précédents sur ces sujets du type "anciens combattants".

L'enseignement supérieur et la recherche ? Un ministère plein, pas rattaché au ministère de l'éducation nationale centrée sur le scolaire. Ce sont deux visions classiques qui s'affrontent : cohérence du système éducatif global ou spécificité du supérieur ? Chacune a ses avantages mais par rapport à l'innovation et aux questions d'employabilité il y a de vraies différences. Et tant pis pour les projets Bac-3 à Bac+3 censés faire le pont entre les deux mondes.

L'écologie ? Hulot + ministère d'Etat = priorité. Une vraie surprise et un joli coup. Il fallait oser de part et d'autre. Il faudra prouver de part et d'autre au fur et à mesure du temps.

On notera aussi le souhait de Macron de remplacer les directeurs d'administration centrale, dans un système à l'américaine. Un souhait affiché et officiel, pas caché comme dans le passé. J'en connais qui ont déjà habilement changé de poste juste avant, d'ailleurs. On notera enfin le souhait de modifier le rapport de forces entre administrations des ministères et cabinets ministérielles. Un pari osé à vérifier dans son application, vu le poids de la culture séculaire des cabinets en France.

Que du bon, donc, pour le moment. Les opposants d'ailleurs ne savent pas trop par où attaquer ce dispositif, en changeant de pied tout en restant dans leurs angles passés. La prochaine étape est la liste précise des candidats aux législatives (attendre le 19 au soir). Ensuite il y aura le premier tour, les candidats en tête et la liste des deuxièmes tours. On en reparlera mi-juin.

mardi 16 mai 2017

Premier gouvernement... L'attente est dure

Et si aujourd'hui, vous relisiez cet article ? On était le 16 mai 2012 et c'était le premier gouvernement  de Hollande... Pas grand chose n'a changé dans l'attente, si ce n'est le poids plus important de Twitter et des chaines d'info continue. Un vrai marronnier...

lundi 15 mai 2017

I'm back

Bonjour, bonjour.
C'est lundi t ce n'est pas ravioli
Mon dernier billet ici datait de dimanche soir, le jour où Macron a été élu président de la République. Vous vous souvenez ? Un événement qui n'a pas passé inaperçu je crois. L'élection, hein ? Pas mon billet... Quoique ce billet clôture la période hollandesque de 2012 à 2017.

Pendant toute cette semaine je suis parti travailler à Marrakech. Marrakech ? Travailler ? Un oxymore ? Non, non. J'ai même des photos pour le prouver. Et comme dans toute démarche qualité (on dit ce qu'on fait et on fait ce qu'on dit en le vérifiant) les preuves sont incontestables.

Gibraltar et son rocher, monsieur l'ambassadeur. Histoire de passer le moins de temps possible au-desus de la Mer ou de l'océan. On ne distingue pas bien les bateaux de migrants.

Un hôtel, des contrastes entre l'ombre fraîche et la lumière chaude du soleil. Dans un pays plan de couleurs

La preuve. Je vous avais bien dit que c'était une semaine de travail. Epuisant.

On s'marre à Kech, non ? Joli logo sur ces babouches sino-soukiennes. Cadeau, cadeau.

C'est du travail et pas n'importe quoi : une photo numérique d'un écran dans la salle, montrant un film numérique d'un conférencier montrant lui-même un écran sur lequel est projeté une présentation numérique transmise numériquement à partit du petit ordinateur en bas à gauche. J'aime surtout sa main blanchie par la lumière du projecteur.

Une autre preuve encore plus incontestable de travail, avec mes lunettes. Même à l'aéroport, vous vous rendez compte ?

Bon, au fait, il s'est passé quoi pendant cette semaine en France ?

C'est terrible. Vous partez un lundi matin et vous rentrez un dimanche soir et entre les deux il y a un nouveau président de la République. Intronisé hier sans pluie ou presque. Une stature, des symboles, une hauteur pour le moment. C'est toujours très intéressant de prendre du recul (géographique) par rapport à l'actualité, et le désir s'accroît... (mes lecteurs habituels finiront tous seuls l'alexandrin).

Je n'ai pas pu résister au plaisir de publier quelques Unes du lundi 8 mai, avec retard. En fait, il y en a quand même 141.


Et au fait ?

Oui, oui, le blog continue. Il ne sera plus quotidien et sera mis à jour au gré de mes humeurs, au moins une fois par semaine et peut-être même plusieurs fois par jour s'il le faut.

Plus plein de nouvelles et moins de nouvelles.
Ahlala, la langue française.
Je voulais dire more short stories and less news.

dimanche 7 mai 2017

Dernier et premier, en temps réel

7 mai 2017 - 19h00

Je commence ce billet, pour des publications régulières au cours de la soirée électorale. Revenez ici de temps en temps et rafraîchissez vous et l'écran. A coup de Champagne si votre candidat a gagné et à coup de Champagne s'il a perdu pour vous consoler.

C'est un jour très spécial ici sur ce blog. Vous lisez le dernier billet quotidien d'un blog qui aura duré 5 ans entre deux soirées électorales de présidentielles françaises. Mes lecteurs réguliers le savent bien. A partir de demain, ce sera un autre rythme que je vous laisse découvrir : rythme des mots, rythme des publications, rythme de la vie aussi.

C'est aussi un jour spécial pour la France. Un choix entre deux options très différentes. Nous sommes beaucoup à espérer que le favori des sondages gagnera, mais un vote reste un vote.

L'abstention était à 17 heures supérieure de 4 points à celle du premier tour. Elle peut encore être rattrapée, mais c'est bien là le signe d'un vote de défiance. C'est le premier indicateur, celui qui mesure le nombre de ceux qui n'ont pas voulu choisir. Le second indicateur sera le pourcentage de Marine, sur les suffrages exprimés donc. A 20h on en parlera.

Macron a annoncé qu'il ferait une déclaration juste après 20h, de son QG et de son bureau, seul face à la caméra (avec Brigitte ?), pas devant des militants joyeux (on espère pour nous et pour eux). Une nouvelle tradition. Puis il y aura le bain de foule nécessaire, au Carrousel du Louvre, entre la pyramide et l'arc de triomphe. Marine sera au Châlet du Lac, sur une fête intime sur cette petite île du Bois de Vincennes. Histoire de filtrer les participants, d'interdire à quelques journalistes d'être là, et peut-être de fonder une nouvelle France si elle n'est pas élue, puisqu'elle va entrer en résistance.

Cette soirée sera intéressante à suivre, car beaucoup de discours auront été préparés à l'avance, ainsi que les réactions des principaux politiciens. On y parlera, bilan, législatives, presse, sondages, scandales, Macronleaks et autres demandes insidieuses pour devenir ministre ou député. Hollande parlera-t-il ? Normalement oui, puisque dès demain 8 mai il se retrouvera avec le nouveau président pour les célébrations de la dinde la deuxième guerre mondiale, encore seconde à cette heure.

A tout à l'heure...


19h15

On saura ce soir dans quel ordre seront les trois camps : celui qui a voté Macron, celui qui a voté Marine et celui qui a choisi de ne pas choisir. Au-delà des pourcentages, il faudra donc additionner les nombres de voix. Pour Macron et Marine cela sera facile. Pour la troisième voix du non choix, il faudra additionner les abstentions, et les votes blancs ou nuls.

Ce qui serait bien, de mon point de vue, c'est que Marine soit troisième en nombre de voix, derrière Macron et derrière ceux qui n'ont pas choisi. Ce serait une belle gifle. Mais Macron pourrait aussi avoir moins de voix que les non-choix, ce qui poserait un vrai problème politique. On verra

19h51


Une grosse fête se prépare au Louvre alors que l'intimité de l'île de Vincennes est un contraste saisissant à la télé en tous cas. A la télé ils ont tous le sourire et j'ai entendu au moins deux lapsus. Il est vrai que le neutre n'existe pas en français et que c'est donc le masculin qui prévaut. Mon oeil...

20h00 moins quelques secondes

Moment fatidique avant les chiffres. Mais on y est dit France 2. 12 secondes... 65,1 !
Et les blancs et nuls ? Seconds ou troisièmes ? Visiblement seconds, donc Marine est derrière les non-choix aussi ! Super ! Un mauvais score pour elle !!! Bye bye

Bon, une bonne chose de faite.

Réactions :
Bayrou, un résultat magnifique. Sauf qu'il ne sait toujours pas compter (ministre des finances ?) et parle de deux français sur trois.
Ségolène : un jeune, un non-violent de la politique
Dupont gnangnan : une vieille politique. Maintenant une recomposition politique (avec lui en passerelle, méprisante pour les autres).

Marine très vite : il est la continuité, je suis la première force d'opposition. Elle a parlé du FN !!! incroyable. Mais pour mieux le transformer et en faire une alliance (le parti de Marine). Dis-court, très court. Re-dé-composer le FN ? Oui, oui, oui, asap.

Baroin : évidemment dans l'opposition, il mènera (dans le mur) les républicains dans la bataille des législatives.

L'écart s'accroît avec 65,5

Villepin parle de l'Europe en vrai ministre des affaires étrangères ?

On attend le discours de Macron bientôt, mais en attendant Collomb et Baroin s'engueulent. Normal. Bayrou parle de signal fort et d'une dimension planétaire. Wow. Corbières est content et furieux comme d'hab. Piteux.

21h 65,8
Macron parle, mais de son QG devant ses supporters, pas derrière son bureau. Quelle arnaque. Une fake news ??? Je suis scandalisé. Que va-t-il dire ??? Créer un empire ?
Alors ? Attente intolérable.
Il a dit, gravement des tas de choses. Il remercie (comme aux Oscars). Il est bien sérieux. Il ne méconnait rien. Pas de voix de partisans, puisque finalement il est seul. Il protégera les plus fragiles, dit-il. C'est étrange un tel discours sans cris derrière. Son discours est sérieux et marque une différence certaine. On est dans un discours plus posé, sans violence. Je défendrai la France, je défendrai l'Europe. Il salue le mode de manière fraternelle et s'excite un peu, y compris en parlant de changement climatique. Une nouvelle page s'ouvre ce soir, celle de l'espoir. Renouvellement, moralisation, pluralisme. Une voix douce et pas du tout fanfaronne.
Il salue François (d'une seule phrase) et puis passe à autre chose ;) très très vite.
Aimons la France. Avec humilité, dévouement et détermination.

Ce silence autour de lui a donné une autre dimension à sa stature présidentielle. Sérieux, mais pas d'âme. Comme si on entrait dans la cour des grands. Peur ? Calme ? Responsable. Un autre ton. On n'est pas dans l'émotion. Un changement intéressant, pas un espoir fou ni une arnaque de comm. Mais, vu en tant que spectateur-blogueur, par très mobilisateur.

Bonne chance. A lui, à la France et à vous. A moi aussi dans cette nouvelle étape de ce blog.
A partir de demain...

PS (si j'ose dire) : Mélenchon ne barguigne pas et rappelle, comme ici plus tôt, que Marine est troisième. Un tribun habitué au combat. Fédérez-vous les gens ??? Il n'a plus quinze ans, il pourrait parler mieux.

PPS : Le discours au Louvre sera certainement plus flamboyant. Un calme, un agité. Un symbole d'un discours d'un nouveau genre, entre deux. Un ton impalpable. Sur lequel les critiques glissent. Une force, en fait. Quand un Rachline parle, par exemple, on sent le discours répété, sans changement.

Bon, maintenant on passe à SuperMarioKart à plusieurs. Ciao !!!



samedi 6 mai 2017

Cinq ans pile poil

6 mai 2017. 1827ème billet posté sur ce blog depuis le premier, le 6 mai 2012. 

Cinq ans. 
Un lustre. 

(Parenthèse matheuse)
1827 = 5x365 + 1 + 1. Un pour l'année bissextile et un pour aujourd'hui.
Notons que si un tel blog avait existé pendant le quinquennat précédent (horreur sarkozienne) il aurait comporté un billet de plus puisqu'il y avait alors deux années bissextiles. 
(Fin de la parenthèse matheuse)

Pour ne pas parler de la campagne, période de réserve oblige, malgré la tentative de déstabilisation de Macron via un Macronleaks cette nuit, il suffira de parler d'autres choses. Comme souvent sur ce blog où j'ai abordé beaucoup de sujets, en mini-Cyrano que je suis. 

International ?
L'Afrique se moque de la paralysie en Algérie, suite à des élections sans surprise, mais aussi sans innovation et message mobilisateur. Rien à attendre de ce côté sauf la mort du chef d'Etat. Une abstention record et calculée à la décimale près pour être honorable. 
Trump célèbre la mort de l'Obamacare, votée par des députés qui n'ont même pas lu son remplaçant, dans un mépris assumé des pauvres. 

Francophonie ?
Rien à signaler, comme souvent depuis la prise de fonctions de sa secrétaire générale actuelle. Aucun combat fort mené par elle, alors que l'UE par exemple a, par la bouche de Juncker, porté un coup symbolique mais fort en choisissant de parler en français plutôt qu'en anglais dans une conférence publique. 

Science ?
Hawking nous alerte sur le fait que l'Homme devra avoir trouvé une autre planète d'ici 100 ans car la nôtre commencera à être difficile à vivre. Pendant ce temps l'Antarctique se fracture et Trump coupe des crédits partout. 

Internet ?
Google prospère et va s'attaquer à de plus en plus de données qui nous concernent, notamment dans la santé. Pourquoi avoir peur des robots puisqu'on devient petit-à-petit comme eux sous les ordres du Général Google comme dans Le Prisonnier. Non, nous ne sommes pas des numéros, petits ou grands, limités ou de l'ordre du gogol. 

Art et Culture ?
Urgence de l'Art, partout, tout le temps mais surtout ici et maintenant. De la musique à la peinture, en passant par le jeu vidéo. Et par le livre sous toutes ses formes, moi qui aime bien le numérique. Ne ratez pas le festival Quartier du Livre au quartier latin du 17 au 24. Vous risquez même de m'y voir ;)

Sport ?
Du foot mal en point en France au hockey sur glace en coupe du monde à Paris (et Cologne). Ou plutôt de ce faux sport que Nike vient d'inventer ? Le coup marketing à grands coups de millions, de chaussures truquées, de voiture aspirante et de coureurs lièvres remplacés à chaque tour ? Tout ça pour faire descendre le marathon en-dessous de deux heures ??? Raté, et heureusement. Les technophilocrates n'ont qu'à travailler avec des robots, non mais !

Paris ?
Paris retrouve des couleurs chez les touristes. Et cela sera encore mieux avec l'opération marketing de la Mairie sur la vente d'œuvres d'art composées de cadenas venus des ponts sacrifiés alors à l'amour destructeur des touristes irresponsables. A l'époque nous avions conduit ce combat contre la bêtise humaine. Maintenant c'est devenu de l'art et si vous voulez avoir un tel "machin" chez vous, ça se passe la semaine prochaine. Ce sera cher mais les bénéfices iront à des associations qui aident les migrants et autres réfugiés. 

 

Télé ?
De moins en moins de trucs à regarder, surtout pour les jeunes qui regardent d'autres choses ou en différé. Un média de plus en plus vieux, comme son auditoire ou qui se met en abîme en parlant de plus en plus de lui au passé. Une lucarne sur le monde qui est devenue un monde recroquevillé sur lui/même. On notera quand même quelques pépites par-ci par-là. Et un contraste saisissant entre l'éphémère et le durable. Je m'en suis rendu compte à chaque fois que bloguais en direct pendant un événement sportif, politique, culturel ou ludique. En relisant le lendemain la description en temps réel, l'écart est terrible, comme si on n'avait pas vu la même chose à quelques heures d'intervalle que soi-même la veille. 

L'humour ?
Beauf !

L'amour ?
Oui !

Et d'autres mots-clés utilisés ici ?

monde (349) hollande (255)déontologie (245) temps de cerveau (243) partis (186)nouvelle (171) europe (144) art(142) internet (141) fête (127) finance(125) social (106) Paris (104) science(96) élection (93) afrique (88)gouvernement (85) foot (82) loi (76)presse (62) été (62) sport (59) sarkozy(57) Z (49) éducation (46)environnement (41) histoire (39)francophonie (37) religion (35) télé (34)législatives (32) santé (32) France (26)musique (17) finances (11) feuilleton (9)aujourdhui (8) lovelocks (7) quinquennat (6)Gentilliti (5) simulation (5) animaux (4) conseil (3)lettres (3) Livecode (2) Manif (2) roman (2) restaurant(1)

Alors, oui, il y en a des sujets possibles ! Choisir est difficile mais nécessaire. S'abstenir ou se retirer de ce choix n'est pas possible. Sauf à déjà être un robot lobotomisé. 

A bon entendeur salut ! Moi je suis très occupé à nettoyer le lustre, à en raviver les couleurs et à m'assurer qu'il tient bien. Et pour longtemps encore, même si j'ai choisi de le raccrocher ailleurs. 

vendredi 5 mai 2017

Sale temps pour les extrême-droite, en cette fin de campagne. En fin !

Dernier jour pour parler de la campagne électorale ici.
Demain samedi, on parlera d'autres sujets, période de réserve oblige, souvent abordés sur ce blog en pleine renaissance.
Dimanche soir, pour suivre la soirée électorale évidemment, comme le 6 mai 2012, date du premier billet de ce blog.
Quant à lundi... je vous laisse haleter en plein suspense !

Alors, cette fin de campagne ?

Prenez les britanniques, enfermés dans leur Brexit plus ou moins dur et leurs prochaines élections générales début juin. Il y avait hier les élections locales, et à la surprise générale, l'UKIP a perdu tous ses sièges locaux. Tous. Pour ceux qui ont oublié, l'UKIP c'est le FN britannique, ardent défenseur du Brexit et farci d'affaires judiciaires. Au plan européen - un paradoxe - un concurrent du FN. Ils pourront se consoler ensemble à partir de lundi, j'espère. On prédit à l'UKIP une terrible défaite aux élections générales équivalente, disent même certains médias du Royaume-Uni, à une disparition.

La situation est très différente en France, dira Marine qui s'est consolée de son débat raté devant des partisans regroupés dans un petit village très FN (à ne pas confondre avec un autre village gaulois). Mais elle est bien isolée. Beaucoup de cadres de son parti et de ses militants se déclarent déçus par la tactique frontalement agressive qu'elle a adoptée pendant le débat. Une sorte d'orgie de mots et d'expressions violentes contre tout ce qui n'est pas elle. Une super manière de rassembler et de développer des arguments pour elle. On reparlera certainement de ce débat pendant longtemps !

Macron a annoncé ce matin qu'il avait choisi son/sa premier ministre, mais qu'il ne dirait rien avant d'être élu et que le gouvernement ne serait évidemment pas en place avant la passation de pouvoir. A suivre dimanche soir pour son discours devant la Pyramide du Louvre, puisque c'est le lieu (central) retenu pour la victoire, ni à droite de Paris où la droite a déjà manifesté, ni à gauche de Paris où la gauche a déjà manifesté. Je vous renvoie à la carte publiée dans ce billet ;) en plein dans le jaune. N'oubliez pas que la passation de pouvoir n'aura lieu que le 13 ou le 14 mai.

Marine, elle, est accroché à son "Dubon Nanan" de premier ministre, de plus en plus contesté dans ses propres rangs, lui aussi, pour avoir rallié l'ennemi de tout gaulliste déclaré. A Yerres, sa ville, il y a eu des manifestations contre lui, le Maire absolu pourtant. Des manifs à Yerres ??? Invraisemblable il y a encore dix jours.

Cette campagne a été très différente des autres présidentielles. Elle en a frustré beaucoup, énervé autant et découragé un nombre trop important de citoyens. La faute en particulier aux égos démesurés de certains individus.

- Mélenchon, prêt à tout pour rester numéro 1, quitte à déplacer son combat dans la rue comme un tribun de foire - en 3D ou non - au mépris d'un mouvement collectif qui est pourtant riche de potentiel républicain, d'insoumission et d'indignation debout. L'homme du refus des alliances et des prises de position stratégiques, et en même temps l'intellectuel intelligent et idéologue.
- Fillon, le destructeur de la droite républicaine, persuadé et convaincu qu'il avait un destin devant lui et qui a fermé ses oeillères pour ne pas voir qu'il se faisait distancer par lui, accusant la terre entière de sa défaite sans voir la poutre qu'il avait dans l'oeil. L'homme de l'extrême rigueur et exigence... pour les autres, pas pour sa famille.
- Marine, l'héritière heureuse d'avoir tué le père, en tous cas amélioré son score, entourée d'une cour de flatteurs, genre grand siècle proche du vrai peuple qui ne mange pourtant pas de la brioche tous les jours. Elle se rendrait aujourd'hui à la Cathédrale de Reims ? La femme politique qui a montré son incompétence au-delà des discours enflammés, convaincue que sa force à la tribune suffisait.
- Hamon, Valls et les autres socialistes, chacun persuadé de présenter la synthèse, à court ou moyen terme, d'un parti important historiquement et brisé dans une bataille de personnalités, même pas comme d'habitude une bataille de courants (ou de motions comme on dit au PS). Incapables de passer de nouveaux accords.
- Dubon-Nanan qui a vendu sa liberté affichée contre quelques centaines de milliers d'euros pour sa campagne et le plaisir de parler devant des milliers de personnes dans un grand meeting en vedette américaine du FN. Encore un qui a raison, seul contre tous, y compris dans sa définition du gaullisme.

Il en manque deux dans la liste.

François ? Il visait à empêcher Marine d'être la prochaine présidente, ce qui aurait fait/ferait de lui un président honni de tous. Il visait à empêcher la publication et la discussion de son bilan, jugé bon par lui et qui a été égrené tout au long de ces cinq années sur ce blog. Un égo plus discret mais qui a visé à sortir le plus possible par le haut de cet épisode de sa vie, en attendant le suivant, marié ou non, en poste ou pas.  Les derniers chiffres du chômage ou de sa popularité montrent qu'il n'y est évidemment pas parvenu. On attend le bilan du passé qui ne manquera pas d'être fait pour les législatives.

Et enfin Macron ? Un homme qui a eu une chance incroyable, qui a su saisir les opportunités qui se sont offertes à lui, qui a su organiser sa trajectoire. Un égo apparemment plus faible. A voir avec le temps. Pas une bataille d'égos de son côté, mais une logique d'action groupée. Un yoyo dans les sondages et les opinions, en fonction de la lente affirmation de sa force tranquille, de son calme volontariste et de son apprentissage initiatique du pouvoir, salué même par Obama.

Nous, citoyens et électeurs, on en a marre de cette campagne étrange. On a envie qu'elle se termine dimanche à 20 heures. On a envie de passer à la suite, même si on n'est pas d'accord sur la suite.

Et puis, pour mémoire, what else ? Allez voter dimanche. Macron of course.

jeudi 4 mai 2017

Buckingham

Réveil douloureux ce matin. Genre gueule de bois après le débat d'hier soir. Se faire engueuler pendant plus de deux heures, c'est dur, même pour le téléspectateur lambda que je suis. J'imagine le stress des deux journalistes envoyés à l'abattoir médiatique par leurs confrères plus avisés et je leur conseille de se mettre en vacances jusqu'à dimanche, pour garder un peu de leur santé et sanité.

Quand on n'a pas l'habitude de regarder Marine pendant plus de quelques minutes, on ne peut pas imaginer la quantité de rancoeur déversée par elle. C'est étourdissant. Au-delà de son parti d'extrême-droite et de ses valeurs plus que critiquables, au-delà de la famille Le Pen où elle puise plus de ressources du côté de son père que de sa nièce, au-delà de son programme à peine entrevu et d'une incohérence évidente, sa personnalité a remporté la palme : Brrrrrrrrrr.

J'ai relu ce matin mon billet d'hier, blogué en direct pendant le débat au fur et à mesure. Glaçant. Encore plus à froid.

Alors ?

Alors ce matin, enfin une nouvelle différente, pour nous changer les idées, à nous pauvres français. Il s'agit d'une nouvelle venue du Palais de Buckingham, à Londres, avec une annonce importante attendue de manière imminente. Les médias français commencent à en parler, mais les britanniques sont sur le pont (bridge over troubled water ?)

Alors ???

C'est le Prince Philip (95 ans quand même) qui annonce renoncer à tous ses engagements publics à partir de septembre; Un tremblement de terre qui a même fait frémir la Corée du Nord. Une annonce en urgence, histoire de refaire parler de royauté. En attendant d'autres annonces...

Je sais, je sais. C'est une nouvelle terrifiante. Il faut que vous la digériez. J'y reviendrai plus tard dans la journée.



May the fourth be with you

mercredi 3 mai 2017

D'ébats amoureux, sportifs ou politiques ?

Soirée complexe. 

Pas d'ébats amoureux et de toutes façons je ne vous en parlerais pas ici ;)

Pas d'ébats sportifs puisque la priorité sera donnée au débat de l'entre deux. 

 

D'ébats politiques donc. Pas du tout amoureux, mais un peu sportifs pour les deux candidats. 

Comme de temps en temps, ici et maintenant,quelques reactions au fil du débat, de la part de quelqu'un qui va voter Macron. 

Attaque frontale et individuelle de Marine avec une réponse plutôt calme de Macron. 

Sur le plan économique, comme d'habitude, elle ne parle pas de son programme mais attaque le passé et le futur de Macron. Une tactique classique de sa part. Un moyen à la fois de ne pas répondre et de critiquer l'autre. Saura-t-il éviter ce piège ?

Au début ils parlent donc de deux choses différentes : le passé contre le futur, le travail des dossiers en amont ou des petites phrases perfides comme sur l'élève et le professeur, les gros contre les petits. 

Très pesant, comme débat, Marine ne voulant qu'interrompre et les journalistes étant impuissants. Elle continue tranquillement sa tactique à coups de déformation de la vérité selon Macron ce qui lui permet de parler plus sans être interrompue. Bien joué. Il parle trop.  

Débat sur acheter et donner, machine et humain, individu et famille. Des approches binaires donc simplistes. Mais efficaces. 

Pour la santé, attaques directes de Marine sur Servier. Quelques points d'accord quand même, notamment sur les déserts médicaux des Tartares. On dirait, à l'entendre, qu'elle se Mélenchonise sur l'économie. Hilarant. 

Enfin le terrorisme ! Marine sourit enfin. Enfin, elle parle. Longuement. Et lui l'accuse de poudre aux yeux de perlimpinpin et de sauts de cabri. 

Quand on regarde leurs visages, on est étonné. Elle a un air méchant, vraiment. Et il reste calme. Impressionnant. Une simple analyse en coupant un peu le son, une astuce toujours utile. Regard méchant contre regard hautain, un bon résumé de cette campagne où les débats de fond sont à sens unique. J'aime particulièrement quand Marine regarde désespérément ses fiches. Elle en a une grosse pile. Et ses yeux sont souvent baissés. 

Journalistes énervés car dépassés. Fascinant. Le maquillage de Marine rougit. Les journalistes essayent de reprendre la main mais c'est dur pour eux, quitte à passer pour des anti-Marine. 

L'Europe enfin ! Un vrai désaccord. Sur l'Euro évidemment. Macron exploite les flous de Marine sur la monnaie qui mélange tout (une impréparation crasse !!!). Des discours complexes à suivre. Un débat Melenchon - Macron en fait. Effrayant comme mélange. 

Ah ! Enfin Marine dit du mal d'Angela ! Et Macron fait rigoler Marine sur le nationalisme et la sortie de l'Histoire. Sur Trump et Poutine, il attaque (enfin).  Elle répond qu'elle sera La France, respectueuse de toutes les nations. Mais son discours est quand même très délicat : équidistance entre USA et Russie. 

Elle est la mieux parlée ? Fatigant ce débat, pour eux et surtout pour nous ;)

Conclusion ? On se dépêche. 

Ah oui. L'école ? Un peu à la va-vite. Macron parle beaucoup de la mère des batailles, sur le primaire ici. Marine privilégie la langue française et la discipline. 

Et sur les institutions, ils sont plus pacifiés, parce qu'en fait, tout le monde s'en fout. Et Marine attaque sans répondre, genre diffamation et insinuations. Macron répond en l'accusant d'être indigne. Cool, ce couple. 

Macron est debout et Marine l'accuse d'être soumis. On tombe dans le sado-maso. Elle est très folle, non ?

Carte blanche : Macron parle de l'outre-mer un peu et beaucoup du handicap. Marine, elle, parle de ? Immigration ? Zut raté. Elle continue sur le handicap. Et sa carte blanche alors ? Ah, elle parle de solidarité nationale ? Ah non. Elle parle en général contre lui encore une fois, genre bouledogue. Pas clair. On dirait une conclusion... Macron en profite pour détruire sa campagne de désinformation, pendant qu'elle se marre. 

Critique du Macron socialiste ou républicain contre projet plus ou moins ? Un bon résumé de ce débat. 

Conclusion : Marine se prend pour Marianne ! Une conclusion contre lui et sa déstructuration. Macron parle de ce que la France mérite, du doute moral à combattre, de la nécessité de l'unité, de l'ouverture. 

Finalement, il s'en est bien sorti !

mardi 2 mai 2017

En mai, fais ce qu'il te plaît, mais ne vote pas Marine et reprends-toi

Un titre de billet un peu simpliste, mais qui est incontournable. Moi, je voterai Macron et cela ne surprendra pas les lecteurs de ce blog. On notera qu'aujourd'hui a été publié les résultats de la consultation sur la plateforme des insoumis. Trois choix seulement étaient possibles : Macron, blanc ou nul, abstention. C'est presque trois tiers (34, 36, 29). On remarquera qu'il y a eu beaucoup d'abstention sur cette plateforme - d'ailleurs - et un sondage réalisé sur les électeurs de Mélenchon (beaucoup plus nombreux que les inscrits sur la plateforme, naturellement plus militants) a mis Macron à 51% et avec une petite vingtaine de % pour Marine, quand même. Le débat fait toujours rage : sans moi ou à contrecoeur. Un vieux débat à la Jean Valjean... Pourtant... Pourtant... Imaginer le FN à plus de 40% est en soi déjà un cauchemar.

Les votes blancs, nuls et abstentions ne changeront pas les pourcentages entre les deux candidats, sauf... si les électeurs possibles de Macron préfèrent ne pas choisir, car alors ils font mécaniquement augmenter le pourcentage du FN. Ce serait la même chose pour des électeurs de Marine qui préféreraient voter blanc par exemple, mais personne n'envisage ce cas de figure. Comment ne pas afficher un pourcentage élevé pour le FN - 40% c'est beaucoup, beaucoup trop ? En votant Macron, c'est simple. Tout le reste est paroles.

Mais en mai, il se passe d'autres choses, sur le plan économique.

Gibert Joseph, la créature du frère aîné, absorbe Gibert Jeune. Une première depuis la séparation entre les deux frères en 1929... Le haut du Boul'Mich achète le bas et la boutique historique du père fondateur. Une révolution chez les intellos du quartier et dans le monde de la librairie, puisqu'on parle ici de très grandes librairies, parmi les plus importantes de France. Un soulagement pour les lecteurs qui ne savaient jamais chez lequel aller, même si les deux marques devraient cohabiter. On espère quand même une rationalisation dans les librairies spécialisées, et le monde de l'occasion. A titre personnel, j'aime aller au rayon littérature de Joseph Gibert lors d'une rentrée littéraire, histoire de picorer dans les piles de livres neufs des livres d'occasion revendus dès réception par des journalistes ou des collègues écrivains, histoire de se faire un peu de ronds comme Du Bon Nanan (le nouvel allié de Marine), des livres souvent dédicacés à des chers amis qui s'en sont séparés plus vite que le son ne passe entre les deux Gibert.

Tati cherche un repreneur, pour ses magasins un peu partout et aussi pour son navire amiral à Barbès. Pas la fin de la marque, qui a déjà été rachetée plusieurs fois depuis la cessions par son fondateur. Tati reste un symbole de ce quartier populaire et un lieu où les produits sont aussi peu chers que les vendeuses ont du caractère, deux avantages inestimables. Les vendeurs d'objets cheaps se bousculent pour reprendre en entier ou par morceaux cette enseigne qui a encore une bonne image et qui a banalisé à la fois le vichy et le gros sac en plastique renforcé.

Enfin, bonne nouvelle d'aujourd'hui, la France (comprendre : une entreprise française) récupère des marques étrangères et pourtant appréciées de tous : Malabar, Carambar, Rochers Suchard, Poulain, Krema, La Pie Qui Chante, Pastilles Vichy... Au lieu de se faire intoxiquer par des bonbons immigrés même si les usines sont en France, nous pourrons nous plonger dans les délices de la confiserie française. Le bonbon patriotique, il n'y a que ça de vrai !

lundi 1 mai 2017

Premier mai, fleurs, soleil et... Madrid

J'étais il y a peu, les lecteurs fidèles s'en souviendront, en épousailles donc en voyage de noces, àdonques. Ola. A Madrid, rien de moins. Je vous narre donc en ce beau jour de fête quelques histoires madrilènes, entre deux photos.

L'architecture à Madrid est très hétéroclite. Ici une petite maison très meringuée typique de certaines rues, à Chueca, quartier très hétéroclite par ailleurs. Ca dégouline comme la confiture mais la pierre est belle et très lumineuse.

Les madrilènes aiment le monumental, pour la justice ou l'armée, ce qui a longtemps été la même chose. Derrière ces grilles, de la verdure et des palais. Devant ? Des touristes.

Le musée du Prado reste un incontournable pour ses Vélasquez et ses Goya. Il y a en ce moment une exposition sur l'Amérique hispanique, dont je ne retiens que cette carte de l'Afrique (zoomez) aux grands moments de la conquête, de l'esclavage et de la richesse de l'Espagne. Et à propos de Goya n'oubliez pas, si vous allez à Madrid, de visiter absolument le tombeau de Goya, petite chapelle loin de tout, décorée de peintures et de trompe-l'oeil du peintre, avant sa période noire et terrifiante.

A côté du Prado, le jardin botanique (royal of course). Des rhododendrons de toutes les couleurs et plein de plantes bizarres, y compris une superbe collection de Bonsaï, dont certains ont été tellement torturés qu'ils en font mal aux tripes.

Dans ce même jardin, une serre. Tropicale évidemment. On y ressent une moiteur certaine et une profondeur de champ aussi étroite que dans une vraie forêt africaine.

Il y a tellement de parcs à Madrid. Paris est ridicule à côté. Certains arbres ont aussi été bien torturés et ont pris des formes dérangeantes. Ni françaises ni anglaises. Madrilènes !

Mais il n'y a pas que des arbres à Madrid. Il y a des salles de spectacle bondées et des habitants joviaux et souriants. Une ville où il fait bon se balader à toute heure (surtout la nuit because la vie et la chaleur) dans un sentiment de sécurité qui fait du bien, aux français que nous sommes. Sentiment illusoire et éphémère peut-être, mais bien réel.

Le monument à Cervantès représente deux personnages bien connus Macroñ y Mélecchoñ Don Quichotte et Sancho Panza. Il est facile à trouver.

Pas comme ce petit bar à Tapas. Authentique et sans touristes. Bon, aussi. Pour le découvrir, nous avons eu de la chance. En nous promenant pour aller voir Rossinante, nous avons décidé de suivre trois vieux messieurs qui marchaient tranquillement dans la rue. L'un d'eux, avait un chapeau noir, l'autre des cheveux blancs et le troisième était un peu chauve. Des vieux locaux, s'attardant devant certaines devantures et discutant en marchant d'un pas lent mais décidé. Ils passaient par des petites rues tranquilles, sans touristes, et allaient à peu près dans notre direction initiale. C'est agréable de se promener comme cela derrière trois cicérones inconscients de notre présence. 
Nous essayions de deviner où ils allaient.
Ils sont arrivés sur cette grande place et puis ils ont tourné à gauche, après au moins un kilomètre ou deux. Nous voulions aller à droite. Nous avons hésité. Que faire ?
Mais après vingt mètres, ils sont entrés dans ce bar à Tapas.
Qu'auriez-vous fait ? Nous y sommes entrés aussi, pour un repas superbe, simple et bon. Parfait.
Merci messieurs.

A propos d'art, cette jolie carte d'Europe vous plaira peut-être. Chaque pays/nation y est représenté par un tableau symbole de ses musées. Pour l'Espagne, c'est Guernica de Picasso et nous avons justement eu la chance de voir l'expo Guernica, 80 ans après. Le tableau lui-même évidemment, impressionnant, mais aussi des études préalables, des influences antérieures et postérieures. Une petite expo, mais très marquante.

Madrid c'est aussi le flamenco. On n'est pas en Andalousie, mais Madrid est la capitale de la musique et les meilleurs danseurs et musiciens de flamenco y passent. Une photo de la scène avant - ou après. Car avant le flamenco, et après, c'est déjà et encore du flamenco. Une danse qui résonne au plus profond et qui fait vibrer tout ce qui peut vibrer en vous. 
Avec un verre de vin, évidemment. 
C'est mieux.

Autre spectacle, avec du tango argentin. Avant le récital. Remarquez bien plusieurs détails : les vieilles espagnoles botoxées au premier rang ; les verres de vin rouge à côté de la chanteuse et des musiciens (guitare, violoncelle, contrebasse et piano) ; la belle salle de musique tout en bois acoustique - la salle de l'école de musique à côté de l'Opéra. 
Le tango, c'est triste à pleure, mais c'est beau.

Et pour rester dans l'art, une expo Escher en visite à Madrid. Certainement pour y retrouver cet immeuble eschérien permanent et très métamorphosé...

et pour y jouer à Escher lui-même en incrustation. Votre serviteur en grouillot.

Madrid vu d'en haut. D'un Roof Top branché comme disent les jeunes. Histoire d'admirer les madrilènes en train de rêver travailler.

Avec vue sur le Prado et ses toits derrière les arbres.

Un voyage de noces n'est évidemment pas un voyage comme les autres, mais Madrid est une superbe capitale. On a envie d'y revenir, d'y manger des tapas, d'y déambuler dans ses rues très différentes d'un quartier à l'autre, d'y faire des emplettes typiques, comme chez Maty pour les éventails et accessoires de flamenco, de respirer l'air et les sourires des madrilènes. Il parait en plus que l'extrême droite est pratiquement inconnue en Espagne. Une autre qualité, non ?


dimanche 30 avril 2017

Passé et avenir se rejoignent en ce dernier vrai temps de cerveau. Vraiment ?

Ce blog s'arrête dans une semaine comme promis depuis son premier jour il y a quasiment cinq ans, sous cette forme quotidienne.
Ce dimanche est donc le dernier temps de cerveau créatif, puisque celui du 7 mai sera consacré au second tour des présidentielles et au deuxième tour sur les quatre des élections de ce printemps en France.

C'est donc le moment, entre deux tornades, de parler de la suite du blog.

Et du passé. Depuis le 6 mai 2012, il y a eu approximativement 260 dimanches et donc autant de temps de cerveau. Le mien en tant qu'auteur et le vôtre en tant que lecteurs et lectrices. Au début ces dimanches étaient consacrés à des articles "de fond" sur des sujets variés, souvent scientifiques mais pas toujours. Certains ont eu beaucoup de lecteurs, comme celui qui reste le numéro 1 encore aujourd'hui, sur l'histoire du Web le 16 septembre 2012. Et puis, petit à petit sont apparues des nouvelles, des short stories, émaillées de quelques feuilletons. Aujourd'hui (titre de mon premier feuilleton), le dimanche ce sont presque toujours des nouvelles, que je prends grand plaisir à écrire et à lire un peu avant vous, puisque j'ai souvent l'impression que l'histoire s'écrit devant mes yeux, ce qui me donne envie de finir vite de l'écrire pour en découvrir la fin. L'auteur est un lecteur privilégié, dans le temps, puisqu'il est le premier à découvrir l'histoire, avant vous tous.

1821 billets à ce jour, ça commence à faire beaucoup. La contrainte du temps a été productive et agréable pour moi. Mais la contrainte doit pouvoir se desserrer et changer de temps en temps, sinon cela devient une maniaquerie, voire même une névrose.

Alors mes projets ?

D'abord, ce blog continuera à cette même adresse, par le même Georges Lauteur, mais sous une autre forme. J'avais expliqué pourquoi écrire un blog quotidien. C'était le 30 novembre 2012. Je n'ai pas un mot à changer à ce billet. C'est le monde qui a changé. Ce blog continuera à exister, avec toutes ses archives, journal étrange d'un quinquennat en montagnes russes. Avec des nouveaux articles. Mais d'une autre manière que vous découvrirez à partir du 7 ou 8 mai 2017. Je dis 7 ou 8 parce que logiquement il s'arrêterait dimanche 7 prochain au soir pendant la soirée électorale, mais qu'on ne sait jamais ce qui va se passer et que de toutes façons j'aime à publier le lendemain d'un gros événement des Unes de journaux de France et du monde. Ne vous attendez donc pas à lire ensuite chaque jour un billet. Peut-être deux par jour, peut-être un ou trois par semaine... Ca dépend s'il y a du vent.

J'ai plusieurs projets. Dans le désordre :

  • Trier, éditer et publier mes nouvelles et feuilletons, largement plus d'une centaine à ce jour. Merci aux éditeurs intéressés de me contacter directement, sinon je me débrouillerai tout seul. La plupart sont dans le domaine du mystère comme disait Maurice Leblanc, du merveilleux, du fantastique ou de l'étrange, sans oublier la science-fiction. L'étrange surprise.
  • Créer une archive facilement exploitable de ce blog lié au quinquennat de François, qui va redevenir Hollande dans peu de temps, vers le 14 mai au plus tard. Un site à part, une application pour mobiles et tablettes, et pourquoi pas un livre qui en reprendrait les meilleurs pages. Avis encore une fois aux éditeurs (mais ce ne sont pas les mêmes) ou aux chercheurs intéressés.
  • Continuer à écrire des nouvelles. Au moins une par semaine sinon plus, et d'autres textes, car j'ai appris à aimer à écrire à moi et à vous. Aàààààààààààààààh.
  • Développer d'autres contenus autour de cette adresse 2012a2017 qui a une petite notoriété avec ses 250 000 pages vues. Des contenus qui dépassent le simple format du blog. A expérimenter. Puisque - c'est ma thèse - l'Internet est le lieu du détournement et sa conséquence. Détournement et Internet sont indissolublement liés aujourd'hui et pour longtemps. Tout cela prend du temps et en prendra, mais je suis prêt à accueillir quelques barjos qui ont des idées aussi étranges que les miennes, ici et maintenant, là et demain.
Cette dernière semaine sera bizarre, pour moi, ce blog et la France. Une semaine entre deux. Un bon moyen de se poser les bonnes questions. Soyez assurés, chers lecteurs et chères lectrices, que je me les poserai en pensant à vous. Si vous le voulez bien. C'est vous qui voyez.

Commentaires appréciés, même anonymes. Bises.

samedi 29 avril 2017

Politique fiction : dans 115 jours...

Exercice de style horrifique, histoire de voir.
Message non subliminal à ceux qui ne voteront pas Macro dans 8 jours.
Aujourd’hui cela fait cent jours que Trump dirige l’Amérique. Un bilan très négatif selon la presse et positif selon ses conseillers. Un boulot qu’il n’aime pas car lui demandant de trop travailler. Un modèle. Il y a ceux qui en rient et ceux qui en pleurent. Une impopularité inédite aux USA, un chômage à la hausse, des avantages pour les riches et une image internationale écornée. Quel bilan !

Et la France si Marine est élue ?
Projetons-nous dans 115 jours, c’est-à-dire cent jours après avoir été élue.

Juste après avoir été élue, Marine décide de créer un nouveau parti, une alliance plutôt de plusieurs partis, le FN, Debout la France et le machin de de Villiers, dans le RBM, le Rassemblement Bleu Marine. En s’étant démarqué très habilement de l’extrême droite, du FN et de son nom de famille Le Pen, Marine a bien trompé son monde. En nommant Dupont-Aignan premier ministre dès son entrée en fonctions, lui qui l’a rejointe pour écluser ses pertes financières dans la campagne et pour avoir un poste proportionné à son (gros) ego, Marine et son rassemblement déposent des candidatures partout sous ce nom. Les premières mesures immédiates ferment les frontières et imposent la Marseillaise dans toutes les écoles le matin. Ces mesures sont bien sûr contestées et hérissent l’UE mais pendant ce temps elles sont effectives et plaisent à un électorat soulagé et son RBM gagne les élections : 40% des sièges, contre 30% pour Macron et le reste éparpillé entre anciennes droites et gauches.

Sa minorité est bientôt rejointe par des hommes et femmes de droite et de gauche, puisque tout est conçu autour de sa personne, bien différente de son parti d’origine. Guaino est nommé ministre de la liberté, on s’en souvient. Jean-Marie meurt d’apoplexie le 30 juin et a droit à des funérailles nationales (si, si) qui donne lieu à des violences extrêmes. Grâce à l’état d’urgence, Marine fait enfermer plein d’hommes politiques et de journalistes soupçonnés de terrorisme. Un nouveau journal est lancé (je suis debout et partout) et devient l’organe officiel du pouvoir. Pénélope Fillon devient ambulancière et ouvre le manoir de Sablé-sur-Sarthe à Les Républicains qui souffrent de troubles psychologiques, comme son mari devenu débile.

Nous sommes aujourd’hui fin août, au moment de l’anniversaire de la Libération de Paris. Les manifestations sont interdites et la Maire de Paris est inculpée de troubles à l’ordre public. Une milice parisienne est créée pour faire respecter l’ordre dans la capitale, la Mairie n’en étant pas capable.

Au plan international, l’Europe est furieuse mais n’a rien pu faire. Le référendum pour la sortie de l’Euro a été largement favorable au Oui début juillet et les négociations ont commencé. L’accord France + Royaume-Uni + Russie est entré en vigueur le 15 août. Angela Merkel est annoncée battue aux élections allemandes et la guerre en Ukraine a repris, débordant sur la Moldavie, la Roumanie et même la Turquie.

Les attentats ont cessé en France. Le journal du pouvoir s’en félicite. Le sport à l’école aussi puisque les gymnases sont réquisitionnés pour parquer les musulmans, les fichés S et les journalistes politiques.

Au plan économique, le franc n’a pas encore été rétabli, mais l’inflation est déjà là. La popularité de Marine est en baisse légère. Car à chaque mesure discriminatoire qu’elle prend, il y a un volet social à court terme pour les français de souche.

La popularité de Marine a baissé un peu, ce qui est normal. On annonce pour ce centième jour, à la Napoléon, un coup de Trafalgar.

Mais on frappe à la porte. Des coups violents. Des cris. La milice ? Je dois ouvrir. Au revoir chers lecteurs (s’il en reste d’autres que ceux du Ministère de la liberté). Bientôt ?


vendredi 28 avril 2017

Un vendredi entre deux prises

Le vendredi, ici, on aime bien fureter un peu partout et rapporter dans nos filets des objets intéressants, mais depuis que Marine pêche les dauphins dans un bateau de "pêcheur du FN" au large du Grau-du-Roi, on se méfie de la pêche. Les photos de touristes en goguette, la comm' à tout va et l'éphémère érigé en statue, ce ne sont pas nos tasses de thé à la haine ici.

Alors quelques mots en cette fin de première semaine de campagne.

Mélenchon tarde à parler, on attend son discours sur Youtube ici. Peut-être a-t-il fait plusieurs prises dont il n'est pas content ou une prise par prise (de position) : Macron, blanc, nul, abstention et même Marine pour rire (très, très jaune). Il y a ceux qui l'aiment en le connaissant depuis longtemps (ce qui inclut 2002), il y a ceux qui le connaissent depuis longtemps en n'aimant pas ses positions de tribun auto-centré mais intelligent, il y a ceux qui ne le connaissent que depuis cette campagne ou presque et qui ne l'aiment pas, et il y a enfin ceux qui ne le connaissent pas depuis longtemps et qui l'aimen(. Qui m'aime me suive comme disait un autre autocrate. Son discours est attendu mais, en attendant, le gros Ni-Ni qu'il prône (avec d'autres à droite toute) fait des dégâts. Et Le Pen en rajoute une couche en publiant sur Twitter (14h39) un appel à ses électeurs...

Mise à jour : il a parlé. Tout en ne votant personnellement pas Marine, il saute allègrement par-dessus le second tour de la présidentielle et vise les législatives, groupés. Pathétique mais prévisible. Une séance d'auto-justification digne d'une auto-psychanalyse...

Un autre tarde à se prononcer, c'est Dupont-Gnangnan, à l'autre bout de l'arc populiste. Ralliement, position Ni-Ni ? Le fait qu'il hésite aussi longtemps, en pesant le pour et le contre, en dit au moins aussi long sur lui que sa position finale du moment éphémère. Le Pen et ses sbires frétillent d'aise. Ce serait une bonne prise. Et puisque l'ineffable Poisson et son minuscule partie a choisi le Ni-Ni, ce serait une occasion de se démarquer de cet adversaire sans arête dorsale. Heureusement les poissons savent nager, ce en quoi les hommes politiques leur ressemblent.

Le FN justement vient de changer de président par intérim. Intéressant. Après un premier choix négationniste et trop marqué FN historique qui fait tache sur la robe bleue de Marine, immaculée et sans aucun détail qui ressorte, le nouveau président, actuel maire d'Hénin-Beaumont, semble plus lisse et policé. Apparence encore une fois. Tout cela est ridicule mais a au moins le mérite de nous montrer que les vice-présidents du FN sont tous aussi peu reluisants les uns que le autres. Aliot est trop occupé à soutenir sa compagne et Philippot à courir les plateaux des médias pourtant tellement décriés. Ces mêmes médias qui viennent de publier une pétition dénonçant le refus du FN de les laisser travailler normalement (c'est à dire honnêtement) notamment dans leurs réunions publiques. Ah ! La comm et l'anti-comm, c'est un métier. Il ne fait d'ailleurs pas toujours bon d'être dans un meeting FN, comme à Nice, où l'on crie sans retenue des "Macron, Macron, on t'encule"...

Les arguments ceux qui disent (à ce jour) ne pas vouloir mettre un bulletin Macron dans l'urne ressemblent de plus en plus à ceux invoqués par les victimes d'un deuil, le deuil de leur candidat du coeur ou de la tête battu au premier tour (je reprends en italiques l'article susnommé de Wikipédia) :

Choc, déni : cette courte phase du deuil survient lorsqu'on apprend la perte. La personne refuse d'y croire. C'est une période plus ou moins intense où les émotions semblent pratiquement absentes. La personne affectée peut s'évanouir et peut même vomir sans en être consciente. C'est en quittant ce court stade du deuil que la réalité de la perte s'installe
Beaucoup sont encore dans cette phase puisqu'ils publient des textes vantant le programme de leur poulain vaincu. On n'en est pas encore aux législatives !

Colère : phase caractérisée par un sentiment de colère face à la perte. La culpabilité peut s'installer dans certains cas. Période de questionnements.
La plupart y sont. Colère légitime, mais insuffisante pour sortir du deuil.

Marchandage : phase faite de négociations, chantages
Une phase réservée aux politiciens professionnels, pour négocier des accords, No comment. Pour les autres, une phase propice à la discussion, à l'argumentation et au dialogue, si on y est prêt.

Dépression : phase plus ou moins longue du processus de deuil qui est caractérisée par une grande tristesse, des remises en question, de la détresse. Les endeuillés dans cette phase ont parfois l'impression qu'ils ne termineront jamais leur deuil car ils ont vécu une grande gamme d'émotions et la tristesse est grande.
Dur, dur. Sortir de cet état peut être long et rendre apathique. Peut-être que le calendrier électoral peut donner un coup de pied au cul pour s'en sortir plus vite ?

Acceptation : Dernière étape du deuil où l'endeuillé reprend du mieux. La réalité de la perte est beaucoup plus comprise et acceptée. L'endeuillé peut encore ressentir de la tristesse, mais il a retrouvé son plein fonctionnement. Il a aussi réorganisé sa vie en fonction de la perte.
Espoir et prise de décision en toute conscience. Après avoir convaincu l'intelligence ou persuadé la passion.

Le problème est le temps. Un deuil, ça prend du temps et il ne reste que 8 jours avant le vote décisif du 7 mai. Pas facile de faire tout le cycle en 14 jours tout compris. Mais c'est possible, car il y a une échéance incontournable. Restons positifs !

PS : Ah si, quand même, une image en ce vendredi. Bureau de vote par bureau de vote à Paris, celui qui est arrivé en tête : la gauche à gauche, la droite à droite et le centre macronien au centre. Impressionnant non ? (source)





jeudi 27 avril 2017

Hollande et le Mobilier national

Parlons meubles, un peu, en ces temps de nettoyage de printemps, de lessive électorale et de grands déménagements à venir. Ca nous changera de l'air vicié de cette campagne où les mauvais coups pleuvent, histoire de motiver les jeunes générations à militer et à croire en la politique plutôt que la rue. Déplacements de poubelles et blocages devant certains lycées parisiens ce matin, suite à un appel lancé par les anti-fafs et à des tentatives des jeunes fascistes pour le contrer. Du banal dans les rues.

François est donc en visite ce matin au Mobilier national. Pourquoi ?


Les deux bureaux du PR à l'Elysée

Pour solder l'affaire de la scène de ménage entre lui et Valérie à l'annonce de sa rupture because of Julie ? A époque, en janvier 2014, on parlait de 3 millions d'euros de dégâts pour le Mobilier national responsable des meubles de l'Elysée (entre autres). Rumeur, démenti, retrait du démenti... Il reste peut-être des choses à payer ?

Pour choisir le mobilier de son futur bureau d'ex-président qui lui sera automatiquement accordé ? On imagine un divan pour la sieste, une grande télé pour le foot et peut-être un bureau empire déchu.

Pour choisir le mobilier de Macron à l'Elysée, s'il est élu, en fonction du mobilier qu'il avait à l'époque où il travaillait à l'Elysée, comme une sorte de clin d'oeil nostalgique ? Il a peut-être une wish list.

Pour faire le bilan des cadeaux reçus pendant le quinquennat en tant que PR ? Normalement la plupart de ces cadeaux reviendront au Mobilier national pour décorer les bâtiments publics prestigieux, ces fameux palais de la République que le monde nous envie.

Pour parler de l'exposition sur les sièges organisée depuis peu par le Mobilier national ? Il y en a de beaux, mais pas d'éjectable. Un siège par personne, pas de "un siège pour deux", il faut choisir comme au second tour de la présidentielle. Et la politique de la chaise vide n'a jamais été efficace.

 

Cette visite, la seule à son agenda aujourd'hui, avant un conseil européen ce week-end, est tout à fait symbolique. Qu'on parle de vacance du pouvoir, ou d'entre-deux, cette image d'un fauteuil vide est saisissante.




mercredi 26 avril 2017

Marine (Le Pen du FN, parti d'extrême-droite)


La campagne pour le deuxième tour bat son plein. Tel le lièvre qui est parti très vite, Marine a doublé au démarrage un Macron un peu assoupi après ses célébrations, les bulles de Champagne et de célébrité lui ayant monté un peu à la tête. Comme s'il avait le temps.


Une campagne de second tour des présidentielles, c'est pour ratisser plus large que ses électeurs du premier tour (pour attirer les électeurs des candidats battus et les abstentionnistes/blanquistes. A chacun sa tactique et son slogan. Ensemble pour Macron (histoire d'insister sur le côté rassembleur et sur l'exclamation), Choisir pour Marine comme si c'était elle, la France.

Mais Marine a choisi une tactique très personnelle, Trumpienne, elle seule contre tous, et contre Macron évidemment. Elle ne parle plus d'extrême-droite, espérant nous faire oublier cet aspect fondateur de son parti ; elle ne parle plus du FN que comme un parti (le parti) qui la soutient depuis qu'elle n'en est plus la présidente pour une quinzaine de jours ; elle ne parle plus des Le Pen, cette famille sulfureuse, pour se distancier de son père à l'image mauvaise et de sa nièce un peu trop envahissante, comme si cette histoire familiale était indissociable de son histoire à elle, elle qui vante son côté "maman".

Marine n'est plus que Marine, rétrécie à ce seul prénom et à cette couleur envahissante. Un choix très personnel, égotiste même. Un choix qui l'amène à marquer à la culotte de manière agressive son concurrent direct pour, clairement, le pousser à la faute. C'est là qu'on reconnait l'expérience des magouilles politiques de base de son parti, ces fausses vérités proférées avec force pour les rendre vraies, et cette capacité à déplacer les guerre sur le terrain qui l'arrange, en bonne lectrice de l'Art de la Guerre de Sun Tzu. En envahissant sa bulle WhirlPool dans sa ville natale, elle veut le forcer à s'énerver, ce qu'il a déjà fait dans le passé. Histoire de démontrer qu'il a "aussi" des faiblesses et qu'il est beaucoup plus loin du peuple qu'elle. Très habile, surtout pour les électeurs de Mélenchon toujours pris dans le déni de leur gourou. Le questionnaire de consultation des militants ne prévoit pas de case "Je vote pour Marine Le Pen" mais c'est comme un acte manqué, c'est une sécurité pour ne surtout pas voir ce chiffre s'afficher : combien d'électeurs de Mélenchon préfèreront voter Le Pen que Macron, la France plutôt que l'Europe, la rue plutôt que les urnes ?

L'accélération de la campagne de Macron tarde à se faire sentir, alors que plus son score sera élevé plus l'impact du FN sera faible. Il ne doit pas oublier que plein de gens ont intérêt à ce qu'il soit élu, mais avec le score le plus faible possible, pour le lier dans de futures cohabitations. A ce jeu, il risque de ne pas être élu, ce qui reviendrait à une élection de Marine, Horreur suprême. Sans atteindre les 80-20 de Chirac contre son père, Marine aimerait dépasser les 60-40 qui lui sont actuellement promis. C'est comme le marketing dans les magasins pour les prix. 59 c'est beaucoup moins que 60 et très proche dans la tête des gens de 50-50. Une dynamique forte pour remporter plein de sièges de députés, au nom du parti "Marine" évidemment...

Le moment est bien choisi pour elle d'accélérer comme le lièvre de la fable. Gageons qu'elle ne s'endormir pas au bord de la route comme chez La Fontaine et que Macron a intérêt à changer d'animal totem, car la tortue c'est pas terrible.


PS : Aviez-vous remarqué qu'en enlevant Mar de chacun des deux noms il restiez Ein (zwei drei) chez Marine et Con chez Macron ? Attention à ne pas transformer ce jeu de mots piteux en réalité authentique.