mardi 6 octobre 2026

2026 à 2027 : Entre Acte I et Acte III

C'est le temps des manifs. Avant les vacances scolaires.

On ne parle presque plus que des lycéens. Et des violences. Et de la police. Et de LFI. Et pendant ce temps le budget a commencé à être disséqué et la commission des finances va le détricoter. Bardella essaye de se faire oublier, et son parti essaye de le faire oublier, mais les médias ne l'oublient pas.

Alors ? On commence par les actualités de la semaine dernière, avec ce que j'avais annoncé ici il y a une semaine.

Actualités de la semaine dernière

1-4/10 - Deuxième et troisième débats de la primaire à gauche

Je suppose que vous avez zappé. Il y a eu beaucoup de redites. Le deuxième était encore vaguement intéressant, mais le troisième était clairement de trop. Déclencher une mobilisation grandiose ? Raté ! Faire oublier Mélenchon ? Raté ! Promouvoir un gagnant et une dynamique autour ? Raté ! Créer les conditions d'un rassemblement ? Raté ! La seule chose réussie est qu'ils ont réussi à mobiliser un peu les électeurs à 15€ : ils avaient jusqu'à hier pour s'inscrire et cela se chiffre à 140 000. pas terrible, mais mieux que ce qu'ils espéraient. On imagine déjà les discours des vaincus après le premier tour, du dernier vaincu après le second tour, du vainqueur, et de Hollande en décembre... Ça motive, non ?

1/10 - Présentation du budget (version alpha) en conseil des ministres

Un gros document, une grosse conférence de presse : les journalistes ont très vite retenu quelques mesures marquantes, comme les droits d'inscription en classe prépa ou en BTS. Euh... Cette mesure a duré quelques heures (un record) avant d'être annulée par le ministre de l'éducation. Il faut dire que le timing était parfait avec les manifs lycéennes (rappelons que les classes prépa dépendent des lycées et du secondaire, pas du supérieur). Il y a aussi les APL seulement pour les non-riches, mais c'est pour les manifs à venir. Le budget est très agressif et tout le monde y va de ses critiques. Pas assez, trop, pas là où il faut, pas juste, pas pour les méchants riches... De toute façon, soyons réalistes, ce serait un miracle s'il était adopté, même après plein d'amendements. On se dirige donc tout droit vers une loi spéciale (au fil de l'eau par rapport à cette année) ou des ordonnances improbables. Miracle ? Le Pape est reparti...

1/10 - Rentrées parlementaires à l'Assemblée et au Sénat

RAS. Larcher a rajeuni pendant quelques heures, puis il s'est rendormi. Après les élections sénatoriales, il y a donc maintenant 10 groupes au Sénat, dont celui du RN qui est plus fourni (15) que celui des écolos (13) !? Pour mémoire il y a 11 groupes à l'Assemblée nationale.

2/10 et 5/10 - Deux matchs de foot des bleus de Zidane

Zidane a gagné son pari : une équipe rajeunie et plus joueuse. 4 matchs, 3 victoires et 1 nul. La France est qualifiée pour les quarts, avant même les deux derniers matchs de poule en novembre. Vous avez donc quelques semaines de répit avant de reparler de foot. Enjaillez-vous ! Petite consolation pour les belges en ce mardi, après leur lourde défaite 1-4, puisque c'est un belge qui a eu le prix Nobel de Physique, grâce aux neutrinos. Ballon-Neutrino, même combat pour des bombardements intensifs !

Par ailleurs :

L'affaire Bardella-Mediapart a avancé avec la publication des preuves par Mediapart. Preuves ou pas preuves, la justice tranchera si elle est saisie et va jusqu'au bout. Mais tout cela va prendre du temps et les avocats du RN se chargeront de repousser les délais comme ils l'ont fait pour Marine Le Pen récemment. De toute façon, les électeurs convaincus du RN s'en foutent et peut-être même sont-ils encore plus convaincus. Les anti-RN (dont je suis) se renforcent dans leurs opinions. Quant aux autres, le marais, le pari de Bardella est qu'ils oublient et qu'on passe à autre chose. Après tout l'anti-sémitisme, est-ce si grave ??? Dans un climat où l'anti-sémitisme et les racismes se développent, s'auto-célèbre, se désinhibent, peut-on s'en étonner ? C'est un monde triste et horrible... mais c'est notre monde. Les extrêmes se radicalisent, tant pis pour la dédiabolisation. Et, comme d'habitude, ça tombe toujours sur les mêmes, les minorités dérangeantes...

Justement, le couple du RN a présenté ce mardi son contre-budget. La cheffe a présenté une trajectoire budgétaire pour "son" quinquennat et le naïf s'est contenté du contre budget 2027. Un partage des rôles qui se maintient, entre présidente et premier ministre, autour de propositions instructives : une sorte de Frexit déguisé par exemple, et du miel dans la gorge des patrons, avec des mesurettes pour les citoyens (seulement les nationaux, hein, évidemment). Voteront-ils la censure contre le budget, après des semaines de négociations discrètes ? Si ça les arrange, oui !

Du coté de Mélenchon, il commence à se lâcher. L'armure de bonhommie de l'été commence à se fragiliser. La posture était pourtant simple : le gourou est calme et en retrait, et ses proches lieutenants crient très fort. Je ne pense pas que ça puisse fonctionner longtemps. Exemples : 

  • Le gouverneur de la Banque de France qui parle de la dette et du déficit public a commis un acte de trahison et il sera poursuivi pour cela. Olala, il doit avoir peur, comme le gouverneur de la banque centrale des USA a peur de Trump.
  • Le lycéen qui dénonce la récupération politique du mouvement, tout en étant lui-même engagé chez Renaissance, est devenu une cible. C'est cocasse non ?
  • La police tue, mais il n'aime pas la pagaille, même si ses lieutenants disent que la violence est légitime. Ce n'est plus le fil du rasoir, c'est la blanche colombe qui virevolte dans l'air tel un drone russe au-dessus des victimes ukrainiennes...
Et pour les manifestations lycéennes (et un peu plus), les discours commencent à se structurer. Acte III ce mardi, sur le modèle des gilets jaunes et d'un opéra classique où certains espèrent que le commandeur meure à la fin (ou le héros). Il n'y a toujours pas de mot d'ordre global, même en restant au sein du monde de l'éducation car tout est complexe dans un tel système : il y a la norme nationale, les variantes locales ou par établissement ; il y a la multiplication des options en cours et au bac et ensuite dans les filières du supérieur ; il y a des contraintes contradictoires, par exemple pour les emplois du temps - comment plaire aux élèves, aux profs, aux chefs d'établissements, aux parents, aux périscolaires, aux commerçants du tourisme ? 


J'ai particulièrement aimé cette proposition de doter les établissements d'outils IA pour les aider à construire des emplois du temps efficaces et qui soient optimisés. C'est ce qui se fait sans IA depuis longtemps, et il y a un savoir-faire certain dans le milieu de l'éducation pour ça. Mais beaucoup de profs négocient officieusement des aménagements de leurs emplois du temps, et c'est un processus très peu transparent, qui ne sera pas facile à "automatiser". Les élèves veulent des horaires plus compacts et plus courts mais ne veulent pas qu'on réduise les vacances. Bon, c'est pas grave il suffit de supprimer les cours de musique, de sport et de matières sans intérêt comme l'histoire, l'éducation civique ou la philo. Il suffira aux élèves d'aller dans la rue, d'écouter les manipulateurs et autres influenceurs cultivés (?), de passer leur temps sur les réseaux sociaux, et tout ira bien, non ?

Les violences ? C'est pas nous, c'est les autres... Lorsqu'il y a manif organisée, avec des services d'ordre de la CGT par exemple, la situation est calme et ça ne surprend personne. Mais à la fin des manifs, c'est autre chose. Être policier ou gendarme, ce n'est pas facile aujourd'hui. Être prof ou parent, non plus.

Actualités de la semaine à venir (à voir si on en parle la semaine prochaine)

5-12/10 - C'est la semaine des prix Nobel (Trump à la Guerre ?)

7/10 - Troisième anniversaire de l'attaque du Hamas en Israël : quels commentaires ?

9-10/10 - Premier tour de la primaire à gauche

11/10 - 75 ans de JJ Goldman et meeting de Mélenchon (qui a eu 75 ans en août)

Liste des candidatures déclarées 

Cette liste est amenée à évoluer régulièrement, jusqu'au dépôt officiel : 6 octobre matin

Les 34 candidatures déclarées, dont 5 à la primaire PS, Place publique et al :

  • Nathalie Artaud (Lutte ouvrière)
  • François Asselineau (Union populaire républicaine)
  • Gabriel Attal (Renaissance)
  • Delphine Batho (Génération Écologie)
  • Olivier Becht (Renaissance)
  • Xavier Bertrand (Nous France)
  • Karim Bouamrane (La France Humaine et Forte)
  • Juan Branco (Les Ruches)
  • Bernard Cazeneuve (La Convention)
  • Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)
  • Sylvain Durif (Sans étiquette)
  • Clara Egger (Solution démocratique)
  • Olivier Faure (Parti socialiste) - Primaire
  • Raphaël Glucksmann (Place publique) - Primaire
  • Jérôme Guedj (Parti socialiste) - Primaire
  • Anasse Kazib (Révolution permanente)
  • Selma Labib (NPA-Révolutionnaires)
  • Francis Lalanne (France libre)
  • Marine Le Pen (Rassemblement National)
  • David Lisnard (Nouvelle Énergie)
  • Lydie Massard (Union démocratique bretonne)
  • Benoît Mathieu (Sans étiquette)
  • Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste) - Primaire
  • Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)
  • Antoine Mikolajczak (Équinoxe)
  • Manolo Mlékuz (Trajectoires)
  • Édouard Philippe (Horizons)
  • Florian Philippot (Les Patriotes)
  • Bruno Retailleau (Les Républicains)
  • Fabien Roussel (Parti communiste français)
  • Ségolène Royal (Parti socialiste) - Primaire
  • François Ruffin (Debout !)
  • Marine Tondelier (Les Écologistes)
  • Eric Zemmour (Reconquête)

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