mardi 20 octobre 2026

2026 à 2027 : un 17 octobre qui laisse son empreinte

La manif du 17 a eu lieu. Les manifs plutôt, et ce qu'il y a eu autour aussi. On en reparle plus bas, puisque c'est l'événement de la semaine (et plus). Je parlais d'un calme entre deux tempêtes, il n'a pas duré longtemps et le prochain "calme" risque le même sort.

À ce propos, allez voir cette page spéciale de mon blog avec 106 Unes de la presse française et internationale suite à la journée et la nuit du 17 octobre. La plupart parlent du chaos, mais de très rares parlent de la forte mobilisation lors des manifs. En voici quatre, presque au hasard :






Alors ? On commence par les actualités de la semaine dernière, avec ce que j'avais annoncé ici il y a une semaine.

Actualités de la semaine dernière

13/10 - Vote solennel de l'Assemblée sur le projet amendé de loi intégrale sur les violences sexuelles et sexistes

Ça y est. Un vote à l'unanimité (avec des abstentions, notamment de tout LFI), c'est rare. Le texte a été expurgé de certaines phrases, puisque chacun y est allé de son écot, et que le consensus était recherché. Rappelons que même si ce texte est imparfait et critiqué par de nombreuses associations c'est un paradoxe : il faudrait aller plus loin, oui, mais comme c'est un premier texte intégral fondateur, il a une valeur certaine de premier jalon, même s'il aura besoin de textes pour son application... et au fait qui sera au pouvoir pour les textes d'application ?

17/10 - Dernier concert de Céliiiiiiiiine à Paris (Enfin on va pouvoir parler d'autre chose)

 Ouf. Votre blogueur favori ne l'a pas vue en direct, mais Macron, Brigitte et leur famille y étaient (balcon et loge VIP of course). Si ça ne s'appelle pas du mépris social de classe, je ne sais pas quoi écrire. Beaucoup de médias l'ont relevé, car le choc des photos est terrifiant. Il dira naturellement que c'était prévu depuis longtemps et blablabla, mais l'Histoire retiendra ces images, genre Néron regardant Rome brûler. C'est un anachronisme et une erreur de 24 heures, mais les réseaux sociaux s'en foutent.


17/10 - Manif et suites

C'était la plus grosse manif depuis longtemps, puisqu'on oscille entre 500 et 800 000 participants partout en France. Elle n'était pas du tout unitaire, puisqu'elle mêlait les lycéens et étudiants, un peu de CGT, des gilets jaunes (le retour), des associations et groupes d'intérêt, des partis politiques principalement de gauche, et des citoyens contre la vie chère. Les promoteurs et partis parlent de convergence des luttes mais c'est de la méthode Coué politique puisque les revendications étaient notoirement contradictoires, entre jeunes et vieux par exemple. Pas important. C'était une belle manifestation. LFI a organisé dans la manif à Paris un meeting pro-Mélenchon comme d'hab, mais se défend d'avoir organisé quoi que ce soit. C'était en tout cas une belle occasion pour faire son marché d'électeurs de tous profils et de planter les graines de la révolution souhaitée.

Mais... il y a eu autre chose. Un chaos mémorable avec un mélange de black blocs, d'ultra-gauche comme on dit maintenant (voir d'autonomes ou de trotskistes-léninistes comme on disait avant), de casseurs-pilleurs habituels, de pilleurs-casseurs occasionnels ou d'opportunité comme on commence à dire aujourd'hui, de policiers de tous profils, provocateurs ou provoqués, de pompiers applaudis ou empêchés, et de citoyens spectateurs, victimes ou pas, avec des commerçants paniqués et heureusement non armés. Tous avec des téléphones pour prendre des photos et vidéos, voire des selfies, ou pour connaitre les rues où aller (et où ne pas aller), puisque les réseaux sociaux sont de facto l'alpha et l'oméga de tout, il faut que vous vous y fassiez. La police en a pris plein la gueule, les renseignements en ont pris plein le cerveau (lent) et le ministre de l'intérieur a même dû s'excuser.

Après un week-end stressant, le calme est revenu. Pas vraiment à cause du discours vide de Macron, ou des couvre-feux partiels et locaux annoncés par le gouvernement, ni même en attendant la future démission du pauvre Nunez. Mais parce que c'est la semaine, que ce sont les vacances et que tout le monde se prépare pour l'acte 2 des gilets jaunes le 24. Les gens ne parlent que de ça, pendant que MacNéron est parti chercher du gazole au Moyen-Orient. Et comme les premiers frimas arrivent, le moral est dans les baskets (pas ceux que vous pouvez acheter à prix réduit, neufs et encore emballés, sur LeBonCoin ou Vinted depuis samedi soir).

Les conséquences de ce week-end sont complexes à analyser et la plupart des commentateurs, même les plus aguerris, ne s'y risquent pas. M'y risquerais-je ? Allez, oui. Les commentaires de ce blog sont ouverts pour me taper dessus : 

  • Tout cela fait le jeu des deux extrêmes, LFI et RN, et condamne les petits candidats qui auraient pu émerger. Cela remet en question les équilibres politiques entre les deux. La bataille pour la seconde place, derrière l'indéboulonnable Le Pen se resserre entre Mélenchon, Philippe et Glucksmann. Les tensions sociales vont s'intensifier. 
  • Sur le plan budgétaire, tout dépend de la note de Moodys cette semaine : soit elle reste identique et on aura un budget au fil de l'eau avec peu de mesures pour calmer le jeu, donc des mouvements sociaux et de société importants, pendant longtemps ; soit elle baisse, et le gouvernement pourra refaire des cadeaux financiers pour calmer le jeu, en laissant les conséquences sur la dette et les taux au futur gouvernement issu des élections de 2027, puisque la note aura déjà baissé. Lâcher du lest ou pas ? Je pense qu'ils en lâcheront en essayant de mettre la responsabilité sur les autres (LFI of course). 
  • Sur le plan politique, le RN et Le Pen sont évidemment les vainqueurs du chaos actuel, ce qui pose la question du vote. Marine Le Pen ne se sent plus et son "allocution" à la mode "moi présidente" en a été la preuve absolue. Zemmour s'est régalé avec son racisme anti racailles, et l'ultra-droite en est sortie renforcée en paradant dans les rues de Lyon.  Si on a un deuxième tour Mélenchon - Le Pen, LFI gagne dans les deux cas : Si Mélenchon est élu il essayera d'appliquer son programme et la révolution par la voie légale, s'il est battu, il organisera la révolution dans la rue, accompagné de tous les anti-RN et il y en a ! Si on a un deuxième tour avec Le Pen et un autre, et si c'est l'autre qui est élu, rebelote avec la situation actuelle, sauf extreme habileté et bon leadership de l'autre. Pas simple, hein ? Mélenchon a changé de ton ce week-end d'ailleurs. Pas sûr que la situation actuelle lui apporte des voix pour ce premier tour...

On en reparlera.

19-20/10 - Procès correctionnel de Rima Hassan pour apologie du terrorisme en ligne

La première journée a été épique et pleine d'injures. Rima Kalimero Hassan, évidemment parée de son keffieh, a dit par exemple " Je suis l’élue la plus poursuivie de l’histoire de la Ve République "... Elle a aussi dit " Je veillerai à l’avenir à prendre davantage le temps sur ce type de posts "... Dont acte LOL.
Seconde journée ce mardi. À suivre pour le verdict.

Par ailleurs :

Le budget s'enlise au point que les débats à l'Assemblée ont été reportés à la fin octobre pour laisser la place au PLFSS. Beaucoup d'amendements ont été examinés et votés, un peu dans tous les sens, surtout celui du laxisme, puisque c'est la saison des promesses électorales : ne pas froisser ses électeurs ou potentiels électeurs, montrer ses gros muscles pour préparer la campagne, coincer les autres partis/candidats. Les chances d'adoption d'un budget (avec certains amendements intégrés mais pas tous, à la discrétion du gouvernement) sont de plus en plus minces, mais il est trop tôt pour que les positions finales se fixent, principalement pour le RN et ses alliés. On vit dans un drôle de monde où un budget pourrait être voté par des gens qui sont contre, mais rejeté par d'autres qui sont pour...

Anecdotiquement, Natacha Polony a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle. Aucune chance évidemment mais ça fera parler d'elle et vendre son bouquin. Tapez-moi dessus en mars si je me trompe. Elle a d'ailleurs des solutions pour la crise actuelle, des mesures immédiates. Si vous avez le courage, regardez son clip de lancement de campagne, en mode Gaullo-Chevènemento-Chiraco-Mitterrandien. Je vous laisse le trouver.

Encore plus anecdotiquement, Macron a parlé dimanche soir. Il aurait mieux fait de se taire. Le meilleur commentaire de ce discours est celui de Raymond Devos. Le voici en intégralité :

D'ailleurs je vous signale tout de suite mesdames et messieurs que
Pour rester dans le vent je vais parler pour ne rien dire. Non je
Sais vous pensez s'il a rien à dire il ferait mieux de se taire
Évidemment c'est trop facile, c'est trop facile. Vous voudriez que
Je fasse comme tous ceux qui n'ont rien à dire et qui le gardent pour
Eux? Eh ben non mesdames et messieurs, ah non. Moi quand je n'ai
Rien à dire je veux qu'on le sache. Je veux en faire profiter les
Autres. Et si vous-même mesdames et messieurs vous n'avez rien à
Dire, eh bien on en parle, on en discute. Je ne suis pas ennemi du
Colloque. Mais me direz-vous si nous parlons pour ne rien dire de
Quoi allons-nous parler? Eh bien de rien. Mais de rien car rien ce
N'est pas rien. La preuve c'est qu'on peut le soustraire. Rien moins
Rien égale moins que rien. Si on peut trouver moins que rien c'est
Que rien vaut déjà quelque chose. On peut acheter quelque chose avec
Rien en le multipliant. Une fois rien c'est rien, bon. Deux fois rien
C'est pas beaucoup. Mais trois fois rien, pour trois fois rien on
Peut déjà acheter quelque chose. Et pour pas cher! Alors maintenant
Si vous multipliez trois fois rien par trois fois rien, rien
Multiplié par rien égale rien, trois multiplié par trois égale neuf
Ça fait rien de neuf. Ça fait rien, ça fait rien, parlons d'autre
Chose. Parlons de la situation, tenez! Parlons de la situation sans
Préciser laquelle hein. Je vais essayer de vous parler de la
Situation le plus évasivement possible et en évitant de me
Compromettre. Si vous le permettez je vais faire brièvement
L'historique de la situation, quelle qu'elle soit. Il y a quelques
Mois souvenez-vous la situation pour n'être pas pire que celle
D'aujourd'hui n'en était pas meilleure non plus. Déjà nous allions
Vers la catastrophe et nous le savions, nous le savions, nous en
Étions conscients car il ne faudrait pas croire que les responsables
D'hier étaient plus ignorants de la situation que le sont ceux
D'aujourd'hui. D'ailleurs ce sont les mêmes. Oui, oui la catastrophe
Nous le pensions était pour demain. C'est-à-dire qu'en fait elle
Devrait être pour aujourd'hui d'ailleurs, si mes calculs sont justes
Or que voyons-nous aujourd'hui? Qu'elle est toujours pour demain
Alors je vous pose la question mesdames et messieurs, est-ce en
Remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous pourrions
Faire le jour même que nous l'éviterons? D'ailleurs je vous signale
Entre parenthèses que si le gouvernement actuel n'est pas capable
D'assumer la catastrophe, il est
Possible que l'opposition s'en empare

Actualités de la semaine à venir (à voir si on en parle la semaine prochaine)

23/10 - Note de Moodys

23-25/10 - Congrès du RN (Bardella ?)

26/10 - Ballon d'Or (oui, je sais, vous vous en footez...)

Liste des candidatures déclarées 

Cette liste est amenée à évoluer régulièrement, jusqu'au dépôt officiel : 20 octobre matin

Les 31 candidatures déclarées, puisque Natacha Polony a rejoint le peloton :

  • Nathalie Artaud (Lutte ouvrière)
  • François Asselineau (Union populaire républicaine)
  • Gabriel Attal (Renaissance)
  • Delphine Batho (Génération Écologie)
  • Olivier Becht (Renaissance)
  • Xavier Bertrand (Nous France)
  • Karim Bouamrane (La France Humaine et Forte)
  • Juan Branco (Les Ruches)
  • Bernard Cazeneuve (La Convention)
  • Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)
  • Sylvain Durif (Sans étiquette)
  • Clara Egger (Solution démocratique)
  • Raphaël Glucksmann (Place publique, Parti socialiste, et Gauche républicaine)
  • Anasse Kazib (Révolution permanente)
  • Selma Labib (NPA-Révolutionnaires)
  • Francis Lalanne (France libre)
  • Marine Le Pen (Rassemblement National)
  • David Lisnard (Nouvelle Énergie)
  • Lydie Massard (Union démocratique bretonne)
  • Benoît Mathieu (Sans étiquette)
  • Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)
  • Antoine Mikolajczak (Équinoxe)
  • Manolo Mlékuz (Trajectoires)
  • Édouard Philippe (Horizons)
  • Florian Philippot (Les Patriotes)
  • Natacha Polony (Nous sommes la France)
  • Bruno Retailleau (Les Républicains)
  • Fabien Roussel (Parti communiste français)
  • François Ruffin (Debout !)
  • Marine Tondelier (Les Écologistes)
  • Eric Zemmour (Reconquête)

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