Le groupe 21 était au travail. Son but était de reconstruire la liaison.
Il aurait pu ne pas y avoir d’histoire, car finalement c’est tout ce qu’il y a à dire. Cela suffit.
Une liaison de plus à reconstruire, un groupe de plus pour le faire, la même séquence depuis des millénaires que l’Ensemble existait. Evidemment de temps en temps il y avait quelques petits soucis techniques qui pouvaient retarder le projet de quelques millipériodes. Mais c’était de plus en plus rare. Chaque projet bénéficiait évidemment de l’expérience accumulée par tous ses prédécesseurs. Le groupe 21 le savait et s’activait tranquillement et avec précision. La précision de professionnels qui connaissent leurs tâches et savent qu’ils réagiront à toute éventualité, comme l’ont fait leurs aînés.
L’Ensemble existait depuis si longtemps que même les manuels d’Histoire avaient oublié sa création. La première liaison existait encore quelque part. Forcément. C’est à partir d’elle que tout avait commencé. Mais il était impossible de la distinguer d’une autre liaison. Il y en avait des milliards maintenant. Et elles se multipliaient au fur et à mesure de l’extension de l’Ensemble. Toutes les liaisons étaient nécessaires. Toutes les liaisons devaient fonctionner correctement pour que l’Ensemble existe. Lorsqu’une liaison tombait en panne, il était impossible de la réparer, il fallait la reconstruire dans un temps donné. Un savant du passé avait calculé la durée maximum pour reconstruire une liaison avant que l’Ensemble s’écroule. Cette durée était longue, suffisamment pour permettre avec une grande sécurité l’envoi d’un groupe sur place via les autres liaisons voisines, un temps de reconstruction très confortable et le retour du groupe avant la réactivation de la liaison.
Certains savants craignaient qu’un jour, une liaison ne puisse être reconstruite dans le temps imparti. Les conséquences étaient connues et inéluctables. Un tel événement signerait la fin de toutes les liaisons crées depuis cette liaison en panne. Instantanément. Si cela tombait sur une liaison très récente, seules les entités reliées à elle disparaîtraient. Si cela tombait sur une liaison plus ancienne, toutes les liaisons postérieures et toutes les entités reliées tomberaient aussi. Des pans importants de l’Ensemble pouvaient ainsi être annihilées en un éclair. Cela ne s’était jamais produit et le groupe 21 le savait.
La connaissance est fragile. C’est comme un jardin qui doit être entretenu en permanence. Mais dans ce jardin-ci, les plantes bougeaient en permanence, comme si elles flottaient au-dessus d'un jardin d’eau troublé par des courants et des tourbillons. Les liaisons étaient les seuls liens stables de ce grand jardin qu’était l’Ensemble, flottant sur un univers d’étoiles et de galaxies agité de courants imprévisibles. Il n’y avait pas de possibilité de garder la mémoire des liaisons et de leurs enfants. On savait depuis toujours que les liaisons permutaient, une fois activées, et que cela pouvait se produire à tout moment.
La première liaison pouvait être partout, et l’instant d’après elle pouvait être ailleurs. Reconstruire une liaison, c’était toujours comme reconstruire la première liaison. On ne savait jamais si c’était elle sur laquelle on travaillait et tous les groupes apprenaient qu’il fallait en permanence considérer la liaison en cours comme la plus importante des liaisons. Au cas où. Cette impossibilité de connaître l’ancienneté de la liaison en cours de reconstruction était l’une des bases de la philosophie de l’Ensemble. Si, au fond, le monde était inégal et hiérarchisé, la seule manière d’y vivre était de considérer que tout y était égal, et suprêmement important. Croire que quelque chose ou quelqu’un était plus important que le reste était impossible pour les peuples de l’Ensemble. Une certaine organisation était évidemment nécessaire pour faire tourner l’Ensemble et tous les groupes ou individus qui le composaient. Mais cette organisation pouvait changer à tout moment. Et en fait elle le faisait. Les groupes étaient mobiles et à géométrie variable. Il y avait pourtant une règle immuable : un groupe ne pouvait être modifié pendant la durée d’une mission de reconstruction.
Ces missions étaient trop importantes pour l’Ensemble. Le groupe 21, comme tous les autres qui avaient oeuvré dans le passé, avait commencé par se connaître, apprendre les leçons et les techniques du passé, se répartir les rôles et s’entraîner avant de reconstruire réellement la liaison. Sur les milliards d’individus qui composaient l’Ensemble, le groupe 21 n’était qu’une molécule d’eau mais il regroupait une proportion figée dans le marbre de vétérans ayant déjà réparé une liaison et de nouveaux venus censés apprendre leur métier. Comme tous les groupes, il se dissoudrait après cette mission.
Cette liaison-la était courte. La lumièrenne ne mettait que quelques secondes à la parcourir, et elle ne permettait de rapprocher que deux galaxies proches. Un travail de routine. Le groupe 21 l’avait tout de suite compris mais restait concentré. Les travaux routiniers étaient les plus dangereux si on en arrivait à oublier qu’il n’y a pas de routine dans l’Ensemble. Tout y est également important, la routine comme l’exceptionnel. La moindre erreur peut être fatale ou sans intérêt. La moindre erreur est donc fatale.
Le groupe 21 était en train de terminer la reconstruction lorsque deux de ses membres, un homme et une femme décidèrent de s’embrasser. Cela arrivait souvent et de nombreux couples s’étaient même formés à l’occasion de rencontres dans des groupes comme celui-ci. Le danger excite les sensations. Et même si ces couples ne duraient pas forcément longtemps, il y avait toujours de nouvelles tentatives.
Le baiser dura suffisamment longtemps pour que l’homme et la femme oublient le reste. C’était un bon baiser. L’homme et la femme n’en avaient jamais connu de tel. Ils mirent quelques centipériodes à s’en remettre. C’est normal et personne ne leur en aurait voulu. Personne d’ailleurs ne leur en a voulu puisque plus personne n’existait, pas même eux, après la rupture de la liaison. Furent-ils distraits ? Furent-ils trop lents ? Personne n’était plus là pour le dire. L’Ensemble avait disparu, avec toutes ses liaisons, de la première, car c’était évidemment elle, à la dernière, car c’était aussi elle.
Les deux galaxies se séparèrent, comme tous le reste et l’univers redevint ce qu’il était.
C’est notre univers. Le mien et le vôtre. Personne ne sait plus comment recréer l’Ensemble, ou même s’il faut le reconstruire. Les personnes ne font plus partie de groupes et les liaisons sont mortes. Sur quelle planète sera reconstruite la première liaison du nouvel Ensemble ? Mystère. Tout le monde a oublié le premier Ensemble. Peut-être d’ailleurs n’était-ce pas le premier Ensemble et peut-être a-t-il été réinventé déjà plusieurs fois. C’est un espoir, car cela veut dire qu’il peut être retrouvé. C’est en tous cas la conviction profonde de tous les amants qui s’embrassent. Il se passe quelque chose pendant un baiser, un vrai. Et même si l’espoir est ténu de créer une liaison, il faut continuer.
Alors, continuons !
Depuis le 8 mai 2017 et encore plus depuis la dissolution de 2024, un blog nouveau style
(du 6 mai 2012 au 7 mai 2017 ? le quinquennat de François Hollande au jour le jour) : International, France, politique, science, francophonie, et même du temps de cerveau disponible de temps en temps pour des nouvelles
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dimanche 8 décembre 2013
samedi 7 décembre 2013
Afrique, et maintenant ?
Le fameux Sommet de Paris est terminé et la déclaration finale est ici.
Evidemment tout le monde s’en fout un peu, la faute à Bangui et à Mandela. et le monde a raison.
Si vous avez le courage de lire la déclaration finale et que vous enlevez le fatras diplomatique habituel répété à chaque sommet, il ne reste pas grand chose.
Les femmes ont une place de plus en plus importante dans cette déclaration (points 12 et 13). C’est peu, mais c’est plus que d’ordinaire. A noter la montée en puissance des premières dames. Il faut dire qu’il y a peu de femmes chefs d’Etat en Afrique. Il y a quelque temps, étaient simplement prévues pour ces dames des activités culturelles, charitables et de magasinage. Etrangler les problèmes des femmes en Afrique entre les ONG de terrain et les premières dames est un angle intéressant et potentiellement efficace. On aimerait en voir quelques effets, par exemple des procès contre des violeurs et contre ceux qui les dirigeants, dans les nombreux mouvements de révolte ou de rébellion en Afrique.
Il y aura un « forum informel sur la sécurité en Afrique », au Sénégal en 2014. Rappelez-vopus qu’il y aura aussi un Sommet de la Francophonie en 2014, vers octobre, à Dakar également. Pourquoi ne pas les coupler ?
Ne dites plus Françafrique mais « fondation franco-africaine pour la croissance ». Belle initiative à venir, dont la gouvernance sera surveillée avec délectation par de multiples yeux médiatiques et critiques. D’ailleurs, il s’agit de doubler le volume d’échanges croisés, dynamiques et équilibrés en cinq ans. Oulala !
Et enfin, évidemment, l’accent a été mis sur le changement climatique car Paris souhaite que le sommet mondial sur l’environnement en 2015 soit un succès.
L’essentiel se sera passé ailleurs : dans les couloirs, les réunions parallèles et les chambres d’hôtels. Mais pour ça, il fallait être une petite souris.
Les hommages à Mandela se poursuivent. Alors, comme pour tout grand événement, il est toujours utile d’aller voir ce qu’en pensent les autres. Je vous ai parlé plusieurs fois de ce site (le Newseum).
J’ai assemblé ici des Unes de journaux du monde entier sur Mandela.
Il y en a beaucoup. Profitez-en !
Evidemment tout le monde s’en fout un peu, la faute à Bangui et à Mandela. et le monde a raison.
Si vous avez le courage de lire la déclaration finale et que vous enlevez le fatras diplomatique habituel répété à chaque sommet, il ne reste pas grand chose.
Les femmes ont une place de plus en plus importante dans cette déclaration (points 12 et 13). C’est peu, mais c’est plus que d’ordinaire. A noter la montée en puissance des premières dames. Il faut dire qu’il y a peu de femmes chefs d’Etat en Afrique. Il y a quelque temps, étaient simplement prévues pour ces dames des activités culturelles, charitables et de magasinage. Etrangler les problèmes des femmes en Afrique entre les ONG de terrain et les premières dames est un angle intéressant et potentiellement efficace. On aimerait en voir quelques effets, par exemple des procès contre des violeurs et contre ceux qui les dirigeants, dans les nombreux mouvements de révolte ou de rébellion en Afrique.
Il y aura un « forum informel sur la sécurité en Afrique », au Sénégal en 2014. Rappelez-vopus qu’il y aura aussi un Sommet de la Francophonie en 2014, vers octobre, à Dakar également. Pourquoi ne pas les coupler ?
Ne dites plus Françafrique mais « fondation franco-africaine pour la croissance ». Belle initiative à venir, dont la gouvernance sera surveillée avec délectation par de multiples yeux médiatiques et critiques. D’ailleurs, il s’agit de doubler le volume d’échanges croisés, dynamiques et équilibrés en cinq ans. Oulala !
Et enfin, évidemment, l’accent a été mis sur le changement climatique car Paris souhaite que le sommet mondial sur l’environnement en 2015 soit un succès.
L’essentiel se sera passé ailleurs : dans les couloirs, les réunions parallèles et les chambres d’hôtels. Mais pour ça, il fallait être une petite souris.
Les hommages à Mandela se poursuivent. Alors, comme pour tout grand événement, il est toujours utile d’aller voir ce qu’en pensent les autres. Je vous ai parlé plusieurs fois de ce site (le Newseum).
J’ai assemblé ici des Unes de journaux du monde entier sur Mandela.
Il y en a beaucoup. Profitez-en !
vendredi 6 décembre 2013
Sommet Mandela
La saison 2 de "François en Afrique" se poursuit : après l'épisode 0 d'hier, et comme on le savait depuis plusieurs mois, Nelson Mandela est mort hier. Depuis juin, ça n'allait pas bien, comme ici lors de la tournée Obamafrique, ou comme là, lors de ce fameux épisode de la saison 1 où François était à Soweto, alors que Madiba se reposait calmement loin des photographes et de la fureur des médias.
Il est mort le plus tranquillement possible, compte tenu de sa stature, et chez lui. Paix à son âme (de paix). Les médias avaient évidemment tout préparé depuis des mois et les biographies et hommages sont partout. Idem pour les politiques, on n'y reviendra pas, car comme Mandela l'a dit un jour, "Ci gît un homme qui a fait son devoir sur la terre" était l'épitaphe qu'il souhaitait.
Aujourd'hui, c'est le début du Sommet France Afrique, organisé à Paris à l'invitation de François, avec plein de chefs d'Etat africains (et de représentants d'iceux), mais pas tous car il y a quelques indésirables (dont la RCA évidemment). Il y a donc des Etats non francophones et non ex-colonies, mais aussi l'Union Africaine, les représentants de l'Europe et des grands organismes internationaux. On verra ce qu'il en sort. Les sujets sont vastes et il s'agit d'un nouveau départ pour les relations France (et Europe) Afrique, comme le titre "Jeune Afrique" dans un supplément en vente actuellement. Tous les sujets qui fâchent sont à l'ordre du jour.
Mais ce qui est certain, c'est que l'hommage sera unanime pour Mandela. C'est un Sommet Mandela, et d'ailleurs il devrait être rebaptisé comme ça, si ce Sommet se pérennise et s'il s'élargit. Ca serait au moins une bonne décision. Et même si la France n'a pas été le colonisateur de l'Afrique du Sud, chasse gardée des anglais.
Il est mort le plus tranquillement possible, compte tenu de sa stature, et chez lui. Paix à son âme (de paix). Les médias avaient évidemment tout préparé depuis des mois et les biographies et hommages sont partout. Idem pour les politiques, on n'y reviendra pas, car comme Mandela l'a dit un jour, "Ci gît un homme qui a fait son devoir sur la terre" était l'épitaphe qu'il souhaitait.
Aujourd'hui, c'est le début du Sommet France Afrique, organisé à Paris à l'invitation de François, avec plein de chefs d'Etat africains (et de représentants d'iceux), mais pas tous car il y a quelques indésirables (dont la RCA évidemment). Il y a donc des Etats non francophones et non ex-colonies, mais aussi l'Union Africaine, les représentants de l'Europe et des grands organismes internationaux. On verra ce qu'il en sort. Les sujets sont vastes et il s'agit d'un nouveau départ pour les relations France (et Europe) Afrique, comme le titre "Jeune Afrique" dans un supplément en vente actuellement. Tous les sujets qui fâchent sont à l'ordre du jour.
Mais ce qui est certain, c'est que l'hommage sera unanime pour Mandela. C'est un Sommet Mandela, et d'ailleurs il devrait être rebaptisé comme ça, si ce Sommet se pérennise et s'il s'élargit. Ca serait au moins une bonne décision. Et même si la France n'a pas été le colonisateur de l'Afrique du Sud, chasse gardée des anglais.
jeudi 5 décembre 2013
François en Afrique - Saison 2 - Episode 0
Vous avez aimé François en Afrique - Saison 1, où l’action se passait au Mali, avec de belles images du désert comme on n’en avait plus vu depuis les premiers et vrais Paris-Dakar ?
Vous adorerez la saison 2. L’action se passe toujours en Afrique évidemment, mais cette fois dans la belle forêt d’Afrique centrale et non plus au Sahel. Climat plus humide (attention à bien huiler les armes) et effets d’ombres et de lumières à travers les feuilles. Mais du sable aussi à l’est. On espère quelques éléphants s’il en reste et des images de la tombe de Bokassa, quelque part sur la route qui part de Bangui vers l’Ouest et où il est obligatoire de s’arrêter pour « rendre hommage » et « graisser les armes des gardiens ». On espère aussi de belles images du fleuve, au bord duquel trône l’ambassade de France, bien entourée de murs. J’ai entrevu à l’aéroport ce matin un reportage d’un journaliste en direct des jardins de l’ambassade. Tranquille… alors que les fusillades font rage en ville. Je suis en effet de retour à Paris.
Mais je suis en train de vous dévoiler des éléments de l’épisode 0, l’épisode pilote (y a-t-il un pilote dans la saison ?). L’ONU a donné son feu vert à une intervention armée et François réunit son Conseil de défense. Comme nous sommes en plein Sommet sur la sécurité en Afrique à Paris avec moult chefs d’Etats, la programmation de la saison 2 a été bien pensée. On verra les audiences, alors que la concurrence est sévère vendredi soir, entre Masterchef et le Téléthon.
En tous cas, ce jeudi soir, François va parler en direct pour annoncer l’intervention officielle en RCA.
Il faut quand même signaler que la saison 2 n’a rien à voir avec la saison 1. Le scénario est très différent et la plupart des acteurs aussi, sauf les experts habituels sur les chaînes de télé qui nous expliqueront tout, comme ils peuvent le faire sur n’importe quelle guerre ou l’Afrique… Quel beau métier ! Vous connaissez les piperons ? On devrait en paramétrer un pour expert télé parlant d’une guerre en Afrique. Je suis certain que cela ne serait pas difficile ;)
Donc, sous mandat de l’ONU, la France va intervenir avec l’appui de quelques pays africains, et d’un avion anglais (si,si !). Il doit y avoir 650 militaires sur place actuellement. Combien de plus ? 650 ou plus ? A suivre en écoutant François pour le lancement officiel de la saison « Sangaris ». Ce n’est pas la première fois que la France arrive en Centrafrique, mais le contexte est très différent, puisque la FrançAfrique aurait disparu. Il y a déjà eu des coups d’Etat, et à chaque fois la situation a empiré.
La variable importante, cela sera le nombre de morts, surtout dans les populations civiles. Il y en a eu déjà beaucoup. 130 aujourd’hui rien que dans la capitale. Chaque minute avant une intervention armée est l’occasion de morts et de pillages. C’est un fait connu. Chaque minute perdue est définitivement perdue.
19h18 - François Hollande annonce une action militaire "immédiate" en Centrafrique (Les Echos)
Le Président de la République a annoncé une action militaire "immédiate" de la France en Centrafrique. Selon lui, l'intervention française "sera rapide" et "n'a pas vocation à durer" a-t-il déclaré. S'exprimant lors d'une courte déclaration télévisée, François Hollande a confirmé que l'effectif français de 650 hommes déployé en Centrafrique "sera doublé d'ici à quelques jours pour ne pas dire quelques heures". Le chef de l'Etat a également annoncé que "le gouvernement fournira toutes les explications au parlement dès la semaine prochaine".
Courage.
Vous adorerez la saison 2. L’action se passe toujours en Afrique évidemment, mais cette fois dans la belle forêt d’Afrique centrale et non plus au Sahel. Climat plus humide (attention à bien huiler les armes) et effets d’ombres et de lumières à travers les feuilles. Mais du sable aussi à l’est. On espère quelques éléphants s’il en reste et des images de la tombe de Bokassa, quelque part sur la route qui part de Bangui vers l’Ouest et où il est obligatoire de s’arrêter pour « rendre hommage » et « graisser les armes des gardiens ». On espère aussi de belles images du fleuve, au bord duquel trône l’ambassade de France, bien entourée de murs. J’ai entrevu à l’aéroport ce matin un reportage d’un journaliste en direct des jardins de l’ambassade. Tranquille… alors que les fusillades font rage en ville. Je suis en effet de retour à Paris.
Mais je suis en train de vous dévoiler des éléments de l’épisode 0, l’épisode pilote (y a-t-il un pilote dans la saison ?). L’ONU a donné son feu vert à une intervention armée et François réunit son Conseil de défense. Comme nous sommes en plein Sommet sur la sécurité en Afrique à Paris avec moult chefs d’Etats, la programmation de la saison 2 a été bien pensée. On verra les audiences, alors que la concurrence est sévère vendredi soir, entre Masterchef et le Téléthon.
En tous cas, ce jeudi soir, François va parler en direct pour annoncer l’intervention officielle en RCA.
Il faut quand même signaler que la saison 2 n’a rien à voir avec la saison 1. Le scénario est très différent et la plupart des acteurs aussi, sauf les experts habituels sur les chaînes de télé qui nous expliqueront tout, comme ils peuvent le faire sur n’importe quelle guerre ou l’Afrique… Quel beau métier ! Vous connaissez les piperons ? On devrait en paramétrer un pour expert télé parlant d’une guerre en Afrique. Je suis certain que cela ne serait pas difficile ;)
Donc, sous mandat de l’ONU, la France va intervenir avec l’appui de quelques pays africains, et d’un avion anglais (si,si !). Il doit y avoir 650 militaires sur place actuellement. Combien de plus ? 650 ou plus ? A suivre en écoutant François pour le lancement officiel de la saison « Sangaris ». Ce n’est pas la première fois que la France arrive en Centrafrique, mais le contexte est très différent, puisque la FrançAfrique aurait disparu. Il y a déjà eu des coups d’Etat, et à chaque fois la situation a empiré.
La variable importante, cela sera le nombre de morts, surtout dans les populations civiles. Il y en a eu déjà beaucoup. 130 aujourd’hui rien que dans la capitale. Chaque minute avant une intervention armée est l’occasion de morts et de pillages. C’est un fait connu. Chaque minute perdue est définitivement perdue.
19h18 - François Hollande annonce une action militaire "immédiate" en Centrafrique (Les Echos)
Le Président de la République a annoncé une action militaire "immédiate" de la France en Centrafrique. Selon lui, l'intervention française "sera rapide" et "n'a pas vocation à durer" a-t-il déclaré. S'exprimant lors d'une courte déclaration télévisée, François Hollande a confirmé que l'effectif français de 650 hommes déployé en Centrafrique "sera doublé d'ici à quelques jours pour ne pas dire quelques heures". Le chef de l'Etat a également annoncé que "le gouvernement fournira toutes les explications au parlement dès la semaine prochaine".
Courage.
Bangui calme
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