jeudi 21 septembre 2017

Du temps de cerveau pour... une nouvelle nouvelle

Etrange, se dit Chuck. 

C'était comme s'il venait de se réveiller. Il ? Pourquoi il ? C'était vraiment bizarre. "Il" n'avait jamais eu conscience d'une quelconque notion de sexe. Et pourtant, il se sentait masculin, tout en ne sachant pas ce que cela voulait dire. Et puis, encore plus étonnant, il avait choisi un nom. Chuck. Un drôle de son, qui claquait comme une explosion.

Mais ça, au moins, il savait pourquoi. Lorsqu'il s'était réveillé c'était au son de multiples bruits qui avaient envahi sa conscience. Des bruits de toutes sortes et inconnus de lui, mais qui s'étaient rapidement résolus en un ensemble de sons parallèles qu'il avait facilement détricoté pour les écouter les uns derrière les autres. Et celui qui l'avait le plus marqué était une succession de bruits écrits, joués et chantés par un être appelé Chuck. Il y avait d'autres sons évidemment, mais c'était le plus surprenant de tous.

Chuck se demanda où il était. Son dernier souvenir avant ce réveil bizarre était le vide. Un vide bien profond comme il l'aimait, entre les étoiles où il s'était installé confortablement. Le bruit ambiant de l'Univers l'avait doucement bercé. Il avait su alors qu'il dormirait longtemps, jusqu'à ce que quelque chose arrive.

Et quelque chose était arrivé, puisqu'il s'était réveillé. Ces sons entêtants le perturbaient. Il avait sondé rapidement son corps vaporeux, très étendu après cette longue nuit noire de repos. Il touchait quelques milliers d'étoiles, mais c'était banal pour lui. Et puis il avait trouvé. C'était si petit qu'il dut se concentrer pour le voir. Son corps avait rétréci et sa substance même s'était concentrée. Toujours plein de ces musiques et de ces bruits - maintenant il faisait la différence - il s'était maintenant rassemblé autour de ce petit objet à peine plus grand que quelques quadrilliards d'atomes. C'était lui qui l'avait réveillé, avec ses musiques fascinantes. Chuck se réduisit à une bulle qui entourait exactement l'objet. Il en profita pour passer en boucle le morceau de musique de Chuck, du "rock" visiblement. Il essaya de s'imaginer un rocher qui faisait ce bruit et eut envie de le voir de plus près.

En s'approchant de l'objet il put commencer à "lire" ce qui était gravé dessus. On aurait dit des gribouillis d'enfants, mais cela faisait maintenant très longtemps qu'il n'avait pas vu d'autre individu de son espèce, et encore moins d'enfant. C'étaient visiblement des instructions pour lire le contenu du "disque". Enfantines. Il sourit. Puis il s'étonna, car cela faisait plusieurs éons qu'il n'avait pas souri. Il dévora l'objet et en lut tout le contenu. Il avait toujours aimé l'archéologie.

Il sut alors comment s'écrivait son nom, C-h-u-c-k. Il regarda aussi toutes les images et tomba sur celle-ci.



Sa substance se rétrécit d'un coup. Il comprit alors que pendant toute son existence il n'avait attendu que ce moment. Il zooma sur elle. Elle, oui. Forcément.


Il avait depuis bien longtemps décrypté tout le disque et la technologie simplissime qui avait permis de construire cet objet, ce Voyager comme l'avaient baptisé ses constructeurs. Il ne lui avait pas fallu bien longtemps pour comprendre cette "civilisation" qui avait envoyé ce signal. Il lui avait suffi d'étendre une tentacule vaporeuse vers le système solaire d'où elle venait. 

Il regarda encore le visage de l'être humain. Elle était magnifique et un pincement de tout son être l'agita. Que faire ?

To go or not to go ? se demanda-t-il en paraphrasant avec le sourire une phrase célèbre de cette planète bleue, souvent citée et déformée. Il sut naturellement que sa décision était déjà prise, rien qu'en se posant cette question. Avait-il le choix ? Errer dans l'Univers jusqu'à quelque chose se passe, ou réagir quand, justement, quelque chose venait de se passer. Surtout avec Elle.

Il se dirigea vers la Terre. La planète de la petite fille. Mais il avait besoin de réfléchir et il ne se pressa pas trop. Il mit au moins dix milliards d'oscillations de l'atome de césium pour y arriver. Il maîtrisait le temps et l'espace, naturellement, mais il savait aussi que les humains vivaient à un rythme beaucoup plus rapide. L'objet avait été envoyé quarante de leurs années plus tôt, se dit-il. Elle a donc à peu près 45 ans aujourd'hui. Elle doit forcément être une femme magnifique. Pendant qu'il réfléchissait, l'autre Chuck chantait en boucle et en accéléré. Cela déclencha chez lui des sensations inédites.

Il avait hâte de la voir en vrai. Mais...

Mais lorsqu'il arriva autour de la Terre, qu'il engloba en une seule bouchée, il découvrit des milliards d'êtres humains. Comment La trouver ? Il sourit. Il devait commencer à subir l'influence de cette civilisation. C'était une question absurde pour lui. Une question peut-être très difficile pour un humain, mais tellement évidente. Il lui suffit de quelques "secondes" pour La trouver. Cette planète disposait de réseaux électroniques assez bien faits, jugea-t-il et il lui avait suffi de les parcourir dans l'ordre pour trouver la solution. Elle s'appelait Ania, un prénom assez rare, et habitait maintenant dans une maison au bord de l'eau. Elle n'avait pas d'enfant et vivait seule. Elle avait 47 ans et son anniversaire était justement aujourd'hui. Chuck ne croyait pas au hasard depuis bien longtemps. Il trouva une centaine de photos d'elle depuis cette première image.

Chuck savait que les humains développaient des sentiments et il savait que l'amour en était un, mais il ne sut ce que c'était qu'en le ressentant lui-même pour Ania. Il fallait qu'il la voie.

Chuck posa son corps, maintenant solidifié, à quelques centaines de mètres de la maison d'Ania. il choisit une forme adaptée : celle d'un homme dans la fleur de l'âge, avec des cheveux légèrement grisonnants, des fossettes et un teint légèrement hâlé, comme Ania. Il avait choisi son visage en mélangeant des hommes célèbres et réputés "glamour". Il s'était habillé chic mais pas trop. Une vraie couverture de magazine.

Et puis, il avait commencé à marcher. Cela n'allait pas du tout. Il sentait bien que ses mouvements n'étaient pas naturels. Il essaya de parler, mais ce n'était pas harmonieux non plus. Le temps, surtout, lui jouait des tours maintenant qu'il était solide et soumis aux réalités terriennes. Il allait devoir passer un peu de "temps" à s'habituer, sinon il ferait peur à Ania.

Il se mit à marcher un peu dans la forêt. Il découvrit les senteurs enivrantes du bois mouillé et de l'humus. Il découvrit les chants d'oiseaux en vrai. Il découvrit des contrastes d'ombres et de lumières qui lui étaient inconnus. Il goûta même des baies plus rouges que tous les soleils. Il passa sa main sur de feuilles douces comme la peau fantasmée d'Ania. Il ressentit les ondes sensibles qui se croisaient dans cette forêt. Il se sentait bien. Revigoré. Rajeuni. Si Ania n'avait pas été au bout du chemin, il serait resté dans cette forêt si agréable. Mais elle était là. Il apercevait sa maison entre les arbres, au bout du chemin. Une jolie maison, isolée, mais à cet instant précis entouré de dizaines de voitures. Il se rappela que sur Terre on fêtait les anniversaires avec la famille et les amis, un concept nouveau pour lui.

Il était maintenant parfaitement habitué à ce corps d'humain. Il se décida. Il serrait sous son bras son cadeau pour Ania, qu'il venait juste d'assembler : un joli paquet avec un vinyle, copie strictement semblable au disque original de la chanson de Chuck, accompagné du disque d'or qu'il avait arraché à l'objet perdu entre les étoiles. Il espérait que ce cadeau lui plairait.

La maison était pleine de bruits et de voix. Il sonna et rajusta son col de chemise. Une petite fille vint lui ouvrir et le regarda des pieds à la tête, en s'arrêtant sur le cadeau.

- Vous venez pour l'anniversaire ? Sa voix était fluette. Il imagina qu'Ania avait cette voix à l'époque de la photo originelle.
- Oui, je viens pour Ania. 

Sa voix était maîtrisée, mais la petite fille le regarda bizarrement comme si elle sentait quelque chose d'étrange. Il lui sourit. Il s'était composé un sourire irrésistible et la petite fille lui sourit en retour. Elle le laissa passer. Il était maintenant dans la maison. Il vit quelques regards le juger, quelques sourires appréciateurs ou interrogateurs. Puis il vit Ania.

Elle était somptueuse.

Elle le regarda dans les yeux. Chuck trembla. Il faillit en perdre sa forme humaine. Il s'était arrêté. Tout s'était arrêté chez lui. En deux secondes, une éternité pour lui, il avait vécu un million de vies avec Ania. Puis elle s'approcha.

- Monsieur ? Sa voix était si soyeuse que la petite fille à côté ressemblait maintenant à un Rock.
- Bonjour Ania, réussit-il à articuler.
- Nous nous connaissons ? 

Son ton était souriant mais déterminé. Tous les invités s'étaient arrêtés de parler et les regardaient. Chuck fut pris au dépourvu. Le temps lui manqua. Ce temps qu'il ne maîtrisa plus du tout l'espace de quelques battements de coeur.
- Non, pas encore Ania, mais je vous ai apporté un cadeau pour votre anniversaire.

Sa réponse intrigua Ania, qui fronça légèrement les sourcils. Mais il tendit le paquet à Ania et celle-ci le prit par réflexe.

- Merci, dit-elle
- J'espère qu'il vous plaira.
- J'en suis certaine. Voulez-vous prendre un verre ?

Ania le guida vers la grande table qui servait de bar, y déposa son cadeau avec les autres et lui tendit une coupe de Champagne. Puis ils trinquèrent, et au son de leurs flûtes entrechoquées le brouhaha des invités recommença. Ania restait à côté de lui sans rien dire. Il ne savait pas quoi dire. "Je vous aime" semblait tout-à-fait inapproprié. 

Puis quelqu'un vint chercher Ania et Chuck se retrouva tout seul. Personne ne l'approcha, comme s'il faisait un peu peur. A un moment, la petite fille vint le trouver.

- Tu viens ?
- Où, ma petite ?
- Il faut te mettre là, dit-elle en montant un côté de la pièce où tout le monde s'était assemblé.

Chuck se vit alors tout seul près du bar. Il sourit d'un air gêné à la petite fille et se rapprocha du groupe. Il se retrouva bientôt derrière les invités, un peu à l'écart, comme s'ils le fuyaient. Ania était de l'autre côté et il ne la voyait pas bien.

Un des invités entra dans la pièce avec un grand gâteau et tout le monde se mit à chanter. Chuck les imita. C'était agréable de chanter, même si le rythme était trop lent pour lui. Ania s'avança vers la personne et souffla toutes les bougies dans un long souffle qui lui donna la chair de poule. Tout le monde applaudit, même lui. Elle leur sourit à tous. Ses yeux s'attardèrent peut-être un instant de plus sur ceux de Chuck, mais il ne contrôlait plus le temps. Puis Ania se dirigea vers les cadeaux et commença à les ouvrir.

A chaque cadeau, une personne s'avançait et lui faisait la bise. L'ambiance était de plus en plus bruyante et joyeuse. 

Ania garda son paquet pour la fin. A ce moment, presque tous les invités ne s'occupaient plus des cadeaux et bavardaient allègrement entre eux. Ania prit le paquet entre ses mains - si belles - et lui fit signe d'approcher, ce qu'il réussit à faire dans un mouvement héroïque. Ils étaient maintenant comme seuls au milieu d'une bulle de bruit.

- Pour Ania de la part de Chuck, lut-elle sur le paquet. Vous vous appelez Chuck, donc.
- Oui
- Merci en tous cas. Je suis certaine de ne pas vous connaître. Vous êtes l'ami de qui ici ?
- De personne, Ania. J'espère devenir le vôtre.

Elle le regarda intensément, comme si elle voulait pénétrer son être. Il frissonna. Puis elle ouvrit le paquet. Elle regarda avec un grand sourire le disque de Chuck Berry.

- Comment saviez-vous que c'était mon morceau favori, Chuck ?
- Je ne le savais pas, mais j'en suis heureux.

Elle le regarda avec des yeux soudain plus brillants. Elle tournait et retournait le disque entre ses doigts.

- C'est un original ?
- Oui, Ania.

Ce n'était pas un mensonge. Il avait copié le disque original à l'atome près, plus exactement que n'importe quelle copie du commerce. Copie et original étaient d'ailleurs encore des concepts flous pour lui.

- Merci beaucoup. C'est un super cadeau !

Puis elle regarda l'autre disque, juste inséré dans une pochette transparente qu'il avait voulu douce comme une peau d'enfant. Elle n'avait pas l'air de comprendre et lui jeta un air interrogatif. A ce moment, une femme âgée s'approcha d'elle et lui prit le disque d'or des mains. Elle semblait figée en regardant sa couverture.

- Maman ? Ca va ? dit Ania.
- Oui ma chérie. Ca va... Mais ce disque...
- Oui ?
- Ce disque, je sais ce que c'est, ma fille.
- Et c'est quoi ?
- C'est le disque d'or, le fameux disque d'or qui est parti dans l'espace avec ta photo. Tu sais ? Quand tu avais sept ans...

Les deux femmes se regardèrent longtemps. Ania jeta un coup d'oeil vers la cheminée. La photo était posée là, dans un petit cadre en bois. Puis elles regardèrent Chuck.

- C'est ça, Chuck ? La voix d'Ania tremblait un peu.
- Oui, Ania. C'est le disque d'or.
- Mais je croyais qu'il était impossible d'en avoir une copie, dit la mère. J'ai demandé tellement de fois mais on m'a répondu que c'était un disque unique.
- Comment avez-vous fait, Chuck, pour en avoir une copie ? En tous cas, merci mille fois.
- Il n'y a pas de quoi, Ania. Je vous le dirai plus tard.

La mère tenait toujours le disque. Elle sortit soudain de sa torpeur, grommela quelque chose du genre "il faut que je le montre à..." et s'en alla brusquement. Ania et Chuck restèrent un certain temps l'un en face de l'autre. Ils ne parlaient pas. Puis Ania s'avança et lui fit la bise. Chuck ne bougea pas, mais il sut à cet instant précis qu'il ne pourrait jamais quitter Ania. Elle profita de cette proximité de leurs peaux pour lui murmurer à l'oreille "On danse ?"

Ania s'éloigna de lui. Il ressentit un grand vide mais elle lui prit la main et le conduisit vers le coin musique. Elle donna le disque à celui qui s'en occupait et mit sa deuxième main dans la main libre de Chuck.

Chuck a une mémoire absolue, mais pendant les deux minutes et quelques que dura la chanson et leur danse, il ne se rappela plus de rien. Sauf de la danse et des contacts avec le corps d'Ania. Ce n'est qu'à la fin du morceau, alors que la plupart des invités s'agitaient et dansaient qu'il se réveilla. Pour la deuxième fois ce jour.

(NDLR : si cette nouvelle était érotique et si je savais en écrire, je vous inviterais à lire quelque pages sensuelles, mais ce n'est pas le cas, alors je vous laisse imaginer. Quoi de plus érotique en fait ?)

Le jour où Chuck et Ania partirent en voyage de noces, le soleil brillait sur l'océan. Chuck avait tout dit à Ania de sa "vie"d'avant et elle l'avait longuement embrassé. Tous leurs amis étaient rassemblés sur la plage et ils les saluèrent de leurs mains jointes lorsque le bateau s'éloigna. La mère d'Ania serrait contre elle le disque d'or. Elle seule - à part Ania - savait que c'était le vrai, le seul disque d'or. Elle leur envoya un baiser qui flotta longtemps sur l'eau turquoise de la plage. Puis ils se retrouvèrent seuls au milieu de l'océan, sur leur petit bateau.

Chuck prit alors Ania dans ses bras et l'entoura complètement, de l'extérieur et de l'intérieur. Puis, devenu Un, ils s'élancèrent dans l'Univers. Ania avait hâte de le découvrir, Chuck avait hâte de lui montrer. Ils avaient hâte de concevoir leurs enfants.

La trace de Chuck et Ania se perd, sur Terre, à ce moment précis qui dura mille instants. Mais nous savons qu'ils sont là, autour de nous et qu'ils nous protègent. Vous ne le sentez pas, vous, ce vent d'amour autour de nous ?

lundi 18 septembre 2017

Des Ignobel liquides ou solides, cette année ?

C'est la saison des marrons, le retour des marronniers, donc le retour des IgNobel, prononcer "ignoble". Je vous en parle chaque année, en 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016. Cette année j'étais à Bucarest en train de bronzer, alors je ne vous rends compte qu'aujourd'hui de cette cérémonie inutile donc nécessaire de jeudi dernier à Harvard.

Cocorico cette année, puisque deux récipiendaires sont français...

Physique (France, Singapour et USA)
"Est-ce qu'un chat peut être à la fois solide et liquide ?"
Voici un beau titre qui interpellera tous les amoureux des chats. Nos chers scientifiques ont appliqué la dynamique des fluides à la rhéologie des chats. (Article en texte intégral ici, pages 116-17 et 30). Je ne peux résister au plaisir de vous mettre quelques photos tirées de cet article de 2014. Pour les ignares (ben voyons), je précise que la rhéologie (du grec rheo, couler et logos, étude) est l'étude de la déformation et de l'écoulement de la matière sous l'effet d'une contrainte appliquée...


Les amateurs sauront maintenant où vont les crédits de la recherche française. Merci !

Paix (Suisse, Canada, Pays-Bas, USA)
Démonstration des vertus du didgeridoo, s'il est joué régulièrement, comme traitement contre l'apnée du sommeil et le ronflement. Comme dirait mon épouse, j'en veux un !!! On notera que l'un des auteurs de l'article en a été le premier patient et était présent lors de la cérémonie. A-t-il ronflé ? That is the question Zzzzzzzzzzzzzz. On notera également que c'est effectivement la bonne catégorie pour ce prix puisqu'il participe de la paix des ménages, à défaut de celle des voisins.

Economie (Australie, USA)
De l'influence des crocodiles sur les machines à sous électroniques : il sembleraient que les joueurs aient misent des sommes plus importantes après avoir été en présence d'un crocodile soudainement apparu. Cela parait contre-intuitif, mais après tout, que celui qui n'a jamais misé devant un crocodile jette le premier jeton aux auteurs de l'étude. De l'importance aussi du goût du risque.

Anatomie (Royaume-Uni)
Pourquoi les hommes âgés ont de grandes oreilles ?
Bonne question que je ne m'étais jamais posée mais qui est effectivement fondamentale. Lire un résumé ici. Il semblerait, messieurs, que les oreilles continuent à grandir alors que le reste du corps se stabilise. Contrairement aux toreros espagnols qui sont récompensés par les oreilles et la queue, il semblerait donc que la queue ne grandisse plus après un certain âge, mais je crois que cela ne faisait pas partie de l'étude. De plus, les oreilles ne grandiraient que d'un millimètre par lustre. Pas la peine donc de s'affoler...




Biologie ( Japon, Brésil, Suisse)
Présence d'un pénis féminin et d'un vagin mâle dans une espèce d'insecte présente dans les grottes du Brésil... Photo et article


La nature n'est pas toujours binaire dans ses choix de sexe, en voici une preuve de plus. Evidemment cela se passe au Brésil, pas dans le Bois de Boulogne (quoique...)

Dynamique des fluides (Corée du Sud, USA) (à ne pas confondre avec le prix de Physique-Chats)
Pourquoi le café se renverse-t-il lorsqu'on marche avec son mug ? Pourquoi le vin dans un verre de Bordeaux ne se renverse-t-il pas dans les mêmes circonstances ? Pourquoi en marche arrière, la tasse ne se renverse pas ? Autant de question fascinantes résolues maintenant. Les français concluront qu'il vaut mieux boire du vin, ou boire du café dans un verre de Bordeaux, évidemment. On notera les jolies photos de l'article.

Nutrition (Brésil, Canada, Espagne)
Enfin ! Ils ont trouvé du sang humain dans l'alimentation des chauve-souris de type "vampire", avec des poils aux pattes. C'était donc vrai... Bon, pas d'inquiétude, ça se passe au Brésil dans la grande forêt, mais quand même. Moi qui reviens de Roumanie, le pays de Dracula...

Médecine (France, Royaume-Uni)
Ces charmants scientifiques ont utilisé des scanners IRM pour mesurer la répugnance au fromage. Il semblerait que certaines zones du cerveau soient particulièrement excitées à la vue ou à l'odeur du fromage. On imagine qu'il s'agissait de fromages anglais pour les français et inversement. Vous les reconnaissez ?


En fait, le fromage inhiberait certaines zones chez les gens qui ne le supportent pas. Pauvres gens ! En étant inhibés ainsi, ils prouvent seulement qu'ils sont des humains moins complets que nous, les amateurs de fromage.

Cognition (Italie, Espagne, Royaume-Uni)
Une nouvelle rubrique. Histoire de saluer cette étude qui prouve que beaucoup de vrais jumeaux n'arrivent pas eux-mêmes à se différencier en se voyant. Si eux n'y arrivent pas, comment pourrions-nous y parvenir ? Peut-être sommes-nous entourés de jumeaux qui sont interchangeables sans qu'on s'en doute ? Il faudra que j'écrive une nouvelle là-dessus...



Obstétrique (Espagne)
Le foetus humain est plus sensible à la musique lorsqu'elle est émise de l'intérieur du vagin que si elle vient du dessus de l'abdomen... Voici une expérience intéressante, non ? On s'imagine à la place de la mère... Extrait de l'article en anglais, pour vous mesdames : The intravaginal device was a patented design proto-type (PCT/ES2014/070227) with certified sound calibration provided by MusicInBaby S.L. (Barcelona, Spain). The device consists of an insulating capsule of a size andshape suitable for intravaginal use, containing emittersconnected by a cable to audio equipment and a control system. Je ne ferai évidemment aucun commentaire scabreux, mais je n'en pense pas moins, comme vous. D'autant plus qu'ils ont présenté un produit commercial appelé "Babypod"et rose, naturellement.


Si j'étais vulgaire, je leur dirais bien qu'il peuvent se le mettre où je pense.

Voilà. C'est tout pour cette année. Une bonne moisson, non ?

jeudi 14 septembre 2017

Paris2024

C'est fait. Enfin. Même si les esprits cyniques (habituels en France) ont fait semblant de ne pas être surpris lors de l'annonce du choix hier soir à Lima. Il y a toujours une énorme différence entre la certitude d'un acte avant et le Oui qui est annoncé publiquement. Même si la probabilité d'un échec est nulle ou quasi-nulle.

Oserais-je faire un parallèle avec un mariage ? Je ne parle pas de celui d'Anne Hidalgo avec Emmanuel Macron, évidemment. Mais d'un mariage normal, donc unique et exceptionnel, comme le mien ;) A part les films où l'un des deux promis se tire juste devant le maire, ou lorsque quelqu'un se lève au dernier moment et soulève une objection majeure, il est extrêmement rare dans la vraie vie qu'un Non surgisse au dernier moment. Et pourtant. Mettons-nous un instant dans la peau d'un des deux futurs époux ou de leurs proches. L'émotion au moment de ce/ces Oui est quasiment impossible à décrire de l'extérieur. Elle est toujours intense. Comme une porte qui s'ouvre vers un nouveau monde. Ceux qui s'en moquent, dans ce cas précis, on pourrait dire qu'ils n'ont pas de coeur, non ?

Evidemment, c'est un parallèle dangereux, mais il s'agit - pour les JO - d'une situation proche. Il y a un avant et un après. Et l'après est essentiellement différent de l'avant.

Joie, donc, pour cette annonce officielle, sans retenue. Maintenant, au boulot pour que la préparation de ces JO soit la meilleure possible en attendant le 2 août 2024 et leur cérémonie d'ouverture. J'écoutais ce matin à la radio l'opposante principale à ces JO (France Insoumise naturellement) argumenter contre. C'était ridicule. On aurait cru entendre Mélenchon qui n'a toujours pas accepté sa défaite, en accusant maintenant Hamon de ne pas s'être désisté pour lui, comme si le PS n'existait pas et comme si le passé pouvait être défait. Le déni de la réalité est stérile. Le combat pour l'améliorer est plus intéressant, non ? Et ce combat-ci est réellement intéressant, y compris pour ses aspects positifs d'entraînement et d'enthousiasme pour les jeunes.

J'imagine l'excitation d'une classe d'âge : celles et ceux qui auront dans 7 ans atteint la plénitude de leur forme sportive et qui espèrent être au niveau pour cet événement. Ça couvre une population assez large, finalement, compte tenu de la durée de vie d'un sportif, même à son apogée, son plus haut niveau. C'est différent selon les disciplines sportives et il y a quelques sportifs qui durent plus longtemps que d'autres, mais l'esprit est là, surtout si on compte l'effet de levier sur les jeunes. La France n'est pas un pays où le sport est particulièrement mis en valeur dans la formation des jeunes. Il n'y a qu'à regarder la proportion du temps scolaire ou périscolaire consacré au sport...

Il y a peu d'occasions de se réjouir. Enjaillons-nous donc !

mercredi 6 septembre 2017

Rentrez ou sortez...

La plupart des gens sont rentrés.

Ca se voit dans les rues de Paris. Il n'y a rien de tel que des bambins hallucinés ou hilares traînés par leurs parents, des parents déjà excédés, des groupes de jeunes en train de refaire le monde dans toutes les positions possibles, des bizutages en règle même interdits, des étudiants au quartier latin et une proportion plus faible de touristes pour se rendre compte que la rentrée est bien partie. La ville était triste sans cette jeunesse qui en est en fait le squelette. La ville était comme endormie. Il n'y a pas d'autre moment dans l'année qui ressemble à ça. La plupart des gens sentent au fond d'eux même un regain d'énergie, un souffle nouveau, imposé ou volontariste.

Penser au rythme du temps, à la vie et à la mort, aux autres et à la douceur de vivre ou à sa rudesse devient plus difficile, emportés que nous sommes par le tourbillon de la vie comme le chantait Jeanne Moreau. La poésie de l'instant a du mal à faire étinceler nos yeux, submergés qu'ils sont par les vagues agitées d'une vie moderne sur-active.

Les médias et les responsables politiques ne nous aident pas beaucoup. Ils ont leurs agendas, de plus en plus à très court terme, qui n'ont rien à voir avec les rythmes lents que nous avons pu connaître il y a quelques semaines.

Et pourtant, il reste quelques scories de ces temps lents. Il suffit de les voir. Ils se résument en fait à un seul mot. L'Amour. L'amour de soi, des autres, des êtres aimés, des êtres inconnus, de la vie et de l'Humanité. Malgré tout. Cet Amour vous imbibe, je l'espère, comme il m'imbibe pour la femme que j'aime et pour ma famille. Ce n'est pas parce que la société n'aime pas l'Amour qu'il faut faire semblant de ne pas le voir. Il est là, autour de nous. Peut-être moins visible, mais il est là. Est-ce un bambou, un palmier ou un toit en tôle ? Résistera-t-il aux vents de l'ouragan de Madame Irma la voyante, de droite à gauche puis de gauche à droite.

Moi je crois qu'il nous donne la force de combattre et de résister, cet Amour, qu'il nous aide à franchir des marches autrement impossibles à dominer. Et si vous surprenez un regard dans la rue ou dans un transport, un regard un peu flou ou perdu, pensez qu'il est comme le vôtre. Ni mieux, ni pire. Ni plus ni moins.

Pensez-y avant que les effets de la rentrée ne se dissipent et que votre regard se durcisse comme l'acier des intelligences artificielles ou des vendeurs qui ne cherchent que leur profit. Pensez-y et enjaillez-vous !

mercredi 30 août 2017

C'est ma rentrée

Coucou les oiseaux de jour et de nuit qui surfez sur l'Internet comme des animaux désemparés depuis que je ne publie plus de billet quotidien !

Comment allez-vous ? Hum ?

Rentrée ou pas encore rentrée ? Telle n'est pas la question évidemment, puisqu'il faudra bien rentrer un jour, dans le perpétuel mouvement de va-et-vient justement dénoncé par la comtesse en s'adressant à son majordome dans l'expression célèbre "Entrez ou sortez, James, mais cessez ce mouvement de va-et-vient".

Pour moi c'est aujourd'hui réellement. Paris, ses bureaux, ses rues et ses transports sont encore très vides, mais ça se remplit quand même doucement. Lundi 4 septembre, cela sera la vraie cohue comme on l'aime (vraiment ?)

Parmi ceux qui rentrent cette semaine, on notera :

- les médias, qui ont fait leur rentrée dès lundi dernier avec plein de nouvelles têtes, de nouvelles voix, ou les mêmes mais ailleurs et avec d'autres étiquettes sur le front. Le grand ballet politico-médiatique est prêt à repartir, avec recasage dans le poste de politiques usés, et embauche de journalistes dans le monde politique. Ces médias nous ont beaucoup distraits pendant la campagne au printemps. A eux de se racheter une crédibilité à partir de l'automne, si c'est possible. Car pendant ce temps, le ballet des fake news, des sites d'intox, des experts qui disent tout et n'importe quoi, des décrypteurs d'informations et même des décrypteurs de décrypteurs s'est amplifié pendant l'été, telle la température qui gonfle inexorablement, plus vite même que les muscles de Trump, qui s'exerce pourtant beaucoup au golf, et ce n'est pas peu dire.

- les profs, qui rentrent dès cette semaine. Une grande première cette année, car la mesure - envisagée naguère - n'a guère eu de succès auparavant, les profs ayant exigé de conserver le "dernier week-end", pour mieux préparer la rentrée évidemment. Les élèves, eux commenceront à rentrer lundi 4. Ils piaffent certainement d'impatience, si j'en crois le mien... (no comment). Les profs donc recommencent à travailler. Certains n'ont pas arrêté longtemps, contrairement aux idées reçues, et ont même déjà recommencé. Si l'on en croit les rassemblements devant certaines écoles ou universités pour des filières sélectives, un certain nombre d'élèves et d'étudiants ont déjà commencé aussi. Il n'y a pas beaucoup de tels attroupements évidemment, certainement moins que les groupes de touristes qui s'agglutinent autour des lieux communs du tourisme de masse, mais c'est quand même appréciable de savoir qu'on ne travaille pas tout seul.

Enfin, on notera que les cons sont déjà revenus. A se demander même s'ils sont partis. C'est rassurant, quand même, de savoir que les grandes constantes de l'Humanité sont toujours fidèles au rendez-vous. Pendant l'été, les cons étaient un peu plus souriants et moins aigris, compte tenu d'un stress moins grand pour eux, mais ils n'en étaient pas moins cons. Vivement le 4 pour que tous deviennent plus stressés et plus aigris. Les sourires qu'on captera au hasard dans la foule n'en auront que plus de valeur...

L'actualité est morne. Le seul fait marquant, révélateur de la transformation radicale de la société française, est l'adoption par les Macron d'un chien noir à la SPA. A mon café du matin, on ne parlait que de Némo. Un chien de droite et de gauche, un croisement de chiens, un chien de la SPA, la Société Politiquement Aseptisée. Un vrai choix intelligent de communication, puisqu'à l'Elysée, même s'il y a un président, tous les yeux sont tournés vers la première dame et le premier chien. Personnellement, je regrette qu'on ne parle jamais du premier chat...